Actualités de la convergence

Actualités de la convergence

Sénégal: Les nouvelles technologies sont une nécessité pour le cinéma sénégalais

Cyril Thurston, le directeur de Xenix, une société suisse de distribution de films, a recommandé aux professionnels du cinéma sénégalais de s'adapter aux nouvelles technologies relatives au septième art, dont la "digitalisation".

"Aujourd'hui, pour projeter un film, il faut un équipement digital, qui remplace les 35 millimètres. Et ce sont les projections de qualité qui peuvent inciter le public à aller dans les salles" de cinéma, a-t-il expliqué.

Il animait une conférence-débat sur "la distribution des films : enjeux et perspectives à l'heure de la diffusion internet. Quelle place pour les productions sénégalaises, quelle place pour le cinéma francophone ?"

Cette conférence était organisée par l'Association panafricaine pour l'alphabétisation et l'éducation des adultes (PAALAE) et la Fédération des professionnels du cinéma et de l'audiovisuel du Sénégal (FEPROCINE).

"En Europe, et en Suisse surtout, depuis plusieurs années, beaucoup de salles de cinéma sont passées au numérique, avec une norme supérieure à la haute définition et plus connue sous le sigle DCP (Digital Cinema Package)", a-t-il signalé.

Selon Cyril Thurston, cette exigence technologique est indispensable pour une bonne distribution des films. "Le développement d'une industrie cinématographique passe par une bonne distribution des films", a-t-il ajouté.

Abdou Aziz Cissé, un cinéaste sénégalais, a pour sa part mis l'accent sur la formation des distributeurs des productions cinématographiques et du public.

La dépendance du public sénégalais de produits cinématographiques étrangers est un obstacle au développement du cinéma local, a-t-il signalé.

Le président du PAALAE, Babacar Diop, a insisté sur l'importance des ciné-clubs dans les universités. De nombreux pays en créent dans leurs universités, pour booster leur industrie cinématographique, selon lui.

Source: APS

Afrique de l'Ouest: Vers la télévision numérique terrestre

Le ministère de la Communication a, à la faveur de la 9e édition des Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO), organisé un petit-déjeuner de travail sur la Télévision numérique de terre (TNT). La séance était présidée par le ministre du Développement de l'économie numérique et des postes, Jean Koulidiaty, qui s'est fait représenter.

Des acteurs de la TNT et des ministres de l'espace UEMOA ont pris part aux échanges. De ces échanges, il est essentiellement ressorti les difficultés financières auxquelles font face les pays pour faire cette transition qui, selon le ministre de la Communication, Alain Edouard Traoré, nécessite 30 à 50 milliards de F CFA.

17 juin 2015, c'est l'échéance butoir, pour la bande UHF et le 17 juin 2020, pour la bande VHF, pour la transition de la radiodiffusion analogique à la radiodiffusion numérique de terre. Le Burkina Faso est engagé dans ce processus et s'avère, selon l'expert en technologie de l'information et de la communication de la Commission de l'UEMOA, Abossé Akué-Kpakpo, l'élève modèle.

Le pays se heurte cependant, tout comme les sept autres pays de l'espace UEMOA, à des difficultés majeures notamment financières. Pour être au rendez-vous de 2015 donc, la commission de l'UEMOA devra venir en aide aux Etats financièrement, la transition étant un passage obligé. C'est l'essentiel de ce qui est ressorti des échanges, le jeudi 21 novembre dernier, lors du petit-déjeuner de travail tenu dans le cadre de la 9e édition des UACO.

A cette rencontre d'échanges, Abossé Akué-Kpakpo a présenté aux participants, le synoptique du processus de cette transition vers le numérique dans les pays de l'espace. Pour lui, la transition requiert l'implication de tous les acteurs, de l'ensemble des populations et de toutes les télévisions dans les délais requis.

Pour ce faire, un certain nombre de dispositions devraient être prises dont, entre autres, la mise en place d'un comité national de transition, l'élaboration d'une stratégie nationale de transition. Le processus est en cours au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d'Ivoire, au Mali, au Niger, au Sénégal et au Togo.

En Guinée-Bissau, le comité a déjà été mis en place mais n'est pas fonctionnel, selon l'expert. En termes de perspectives, Abossé Akué-Kpakpo, a noté l'organisation d'ateliers de sensibilisation et d'information. Il a aussi souligné qu'il faudra lever les entraves constatées lors des ateliers, dans les sept pays de l'UEMOA et accélérer le rythme des activités pour relever le défi de la transition d'ici à 2015.

Le directeur de la prospective à la Radiotélévision du Burkina (RTB), Philippe Kahoun, a, quant à lui, fait une revue de l'état d'exécution du processus de la TNT au Burkina Faso. Concernant les aspects organisationnels, il a déclaré que le pays a déjà créé un comité de pilotage et une commission technique nationale, élaboré une stratégie nationale de migration et une feuille de route qui, à ce jour, a permis la réalisation de plusieurs autres aspects.

La contrainte majeure reste cependant la mobilisation des fonds nécessaires au déploiement de la TNT dans un espace de temps réduit. Sa mise en œuvre a, selon M. Kahoun, un coût global énorme pour les budgets des Etats africains qui ont plusieurs priorités à la fois.

En termes de perspectives, il a noté une réorganisation du secteur de l'audiovisuel pour une meilleure adaptabilité à la nouvelle vision de télévision en termes d'organisation administrative et en terme de stratégie de production de contenu. Il a aussi relevé une prospection de mécanismes de financement du projet TNT dans l'espace UEMOA/CEDEAO/UA.

Source: Le Pays

En Bref – Actualités de la Convergence

- L'organisation Internationale de la Francophonie (OIF) dans son projet dénommé « Capital numérique » entame dés 2014 une vaste opération de numérisation de films et téléfilms. Au total 3018 œuvres seront numérisées et cataloguées par la Bibliothèque Nationale de France (BNF).

- Au Sénégal, le président de la République a décidé de confier la présidence du Comité de pilotage de la transmission de l'analogie vers le numérique dans le domaine de l'audiovisuel au Conseil national de régulation de l'audiovisuel (CNRA).

Cote d'Ivoire: Transition numérique - "Il nous faut aller à des solutions plus avancées", selon Sy Savané

« Libéraliser, ce n'est pas substituer un monopole public à un monopole privé. La libéralisation dont nous parlons doit être transparente, réelle et équilibrée », a tenu a précisé Sy Savané.

Le président de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (Haca), Ibrahim Sy Savané, s'est prononcé, le 6 novembre dernier, à Abidjan-Cocody, sur les enjeux de la libéralisation de l'espace audiovisuel et le basculement de la Côte d'Ivoire vers le « tout numérique. »

C'est à travers la conférence-inaugurale qui marque la rentrée académique 2013-2014 de l'Institut des sciences et techniques de la communication (Istc) que Sy Savané a expliqué la politique de transition numérique de l'État. Cette migration vers la télévision numérique, selon lui, a pris forme avec l'installation du comité de pilotage le 30 octobre dernier.

« Libéraliser, ce n'est pas substituer un monopole public à un monopole privé. La libéralisation dont nous parlons doit être transparente, réelle et équilibrée », a tenu a précisé Sy Savané.

« En ce qui concerne la transition numérique, il nous faut aller vers les solutions avancées », a-t-il suggéré. Car, dira-t-il, si nous enclenchons un système au rabais, cela se fera au détriment de nos chaînes de télévision à venir. D'où un enjeu technologique.

Insistant sur les « enjeux de la libéralisation et du tout numérique », il a dit qu'ils sont énormes et en a identifié cinq essentiels. Il s'agit des enjeux démocratiques, culturels, sociétaux, technologiques et géopolitiques.

Pour ce qui est de l'enjeu démocratique, le président de la Haca a indiqué que la pluralité des chaînes entraînera une diversité de contenus des programmes de télévision. « On comprendra mal qu'une seule chaîne de télévision prenne en compte l'ensemble des préoccupations du peuple », a-t-il précisé.

Sur le plan culturel, la libéralisation peut être un atout, selon lui, pour véhiculer la culture ivoirienne sur de nombreuses chaînes. « Nous sommes convaincus que la libéralisation peut avoir un impact sur la culture. La monoculture est une erreur et l'importation de ce que nous consommons est également une erreur », dira-t-il. Avant de déplorer: « l'influence culturelle de la Côte d'Ivoire ne se traduit pas dans sa politique audiovisuelle.» Mieux, le président de la Haca a affirmé: « la jeunesse ivoirienne a influencé toute l'Afrique de l'Ouest (... ) en revanche, la Côte d'Ivoire se contente d'ingurgiter les productions de la sous-région.»

Quant à l'enjeu économique, le conférencier a souligné que les milliards de francs Cfa qui servent à acheter des films pourront être économisés et orientés vers le développement des productions locales. Par ailleurs, la publicité y trouvera également son compte. A cela, il faut ajouter la création d'emploi vu que beaucoup de métiers s'emboîtent avec le « tout numérique. »

En ce qui concerne le plan géopolitique, il a donné l'exemple dela chaîne Al Jazeera, a influencé le monde des médias. C'est la preuve, à l'en croire, de l'importance de la télévision à positionner un État quelle que soit sa taille sur le plan international.

Abordant le retard qu'a pris la Côte d'Ivoire dans le cadre de la libéralisation, le ministre Sy Savané a soutenu que ce n'est pas pertinent de libéraliser en analogie. Surtout que le basculement vers le numérique est attendu pour le 17 juillet 2015 conformément à l'accord entre les États de la sous-région et de l'Union internationale de la télécommunication (Uit).

« L'ambition de l'État, c'est d'offrir des chaînes économiquement viables. C'est pourquoi, il faut engager d'abord le basculement », a-t-il indiqué.

Expliquant le risque qu'il y a à ne pas libéraliser, il a soutenu que cette position figéeest mise en touche par l'avancée technologique. « Les enjeux techniques font que des gens peuvent créer des chaînes sans s'en référer aux États. Il y a eu des télévisions pirates en Côte d'Ivoire », dira-t-il.

Par ailleurs, le président de la Haca, Ibrahim Sy Savané, a tenu à préciser que le milliard de francs Cfa demandé aux éventuels opérateurs n'est pas une caution mains plutôt un cautionnement. Il s'agit, selon lui, d'une attestation dans laquelle une banque s'engage à financer les investissements de l'opérateur.

Évoquant l'avenir de la chaîne publique Radiodiffusion télévision ivoirienne (Rti), il a soutenu que la libéralisation peut être une plus-value. Avant de souligner: « tout changement devient une menace dès que vous n'anticipez pas. »

Source: Fraternité Matin

En Bref – Actualités de la Convergence

- En Côte d’Ivoire, le ministre d'État, ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, Hamed Bakayoko, représentant le Premier ministre, a procédé à l'installation du comité de pilotage du Comité national de migration vers la Télévision numérique terrestre (Cnm-Tnt).

Afrique: Combler les espaces blancs - déployer le haut débit en Afrique

Selon des estimations publiées en 2012, la pénétration d'Internet en Afrique atteint 15,6% de la population. Bien que le nombre réel de personnes influencées par l'utilisation d'Internet soit sans doute beaucoup plus élevé, cette statistique démontre une importante disparité infrastructurelle entre l'Afrique et d'autres continents.

Actuellement, cet écart de connectivité est comblé par d'autres médias, si l'on en croit l'étonnant taux de croissance du marché « mobile » en Afrique. Il y a en outre, sur le continent, l'importante présence de la radio et la télévision.

En comparaison avec Internet, ces anciens médias semblent plutôt simplistes ; la radio reste néanmoins l'un des médias les moins coûteux, il est le plus polyvalent et le plus répandu parmi les moyens de communication de masse. La radio reste également un puissant outil pour les éducateurs africains, en dépit de l'absence manifeste d'interactivité. Mais peut-être existe-t-il une manière de combiner l'omniprésence de la radio au pouvoir croissant d'Internet ?

Un récent article de Mawuna Remarque Koutonin, rédacteur en chef de Silicon Africa, est allé jusqu'à proposer d'« oublier Internet ; l'éducation par le biais de la radio est plus importante et plus abordable ! » Il y détaille un argument convaincant en faveur de la radio comme solution partielle aux récurrents problèmes d'infrastructures sur le continent où les réseaux de diffusion déjà existants offrent pour sûr une méthode essentielle pour la transmission des informations, tout du moins jusqu'à ce que le support Internet ait rattrapé son retard actuel. Car lorsque nous parlons de diffusion, nous parlons d'infrastructures souvent déjà en place et qui, contrairement aux câbles permettant l'accès à Internet, couvrent simultanément de vastes zones. Pour tirer parti des avantages liés à ce constat, des entreprises américaines ont commencé à expérimenter dès 2007 l'utilisation d'ondes radio en vue d'améliorer l'accès à Internet, plus précisément en exploitant le potentiel sur des fréquences inutilisées, habituellement réservées à la télévision.

Les fréquences sur lesquelles télévision et radio sont diffusées sont soigneusement réparties, dans la plupart des pays, de manière à éviter les interférences entre les divers canaux. Ceci induit la présence d'«espaces blancs», de fréquences uniquement utilisées comme des « tampons » entre les différentes stations. Attendu que les services de télévision passent progressivement au numérique, les zones tampons en très hautes fréquences (300-3000 MHz) ne sont plus nécessaires, de larges portions sont ainsi libérées et permettent d'autres utilisations, tel des services à haut débit sans fil. Grâce à la technologie de la radiodiffusion, il est possible de fournir une telle connexion Internet.

Le principal avantage infrastructurel des espaces blancs est que les ondes sont propagées de la même manière que celles de la télévision. Les signaux d'une station peuvent ainsi parcourir jusqu'à dix kilomètres dans toutes les directions, couvrant une superficie de plus de 300 kilomètres carrés. Les ondes ne sont entravées ni par les murs ni par les obstacles. Transmises et relancées sur de longues distances, elles sont en mesure de couvrir d'immenses étendues pour un prix dérisoire (comparé à celui qu'impliquerait une pose de câbles spéciaux). Qui plus est les relais hertziens qui diffusent les signaux n'ont besoin que de simple énergie solaire pour fonctionner, tandis que les utilisateurs finaux n'ont même pas besoin de raccordement direct au réseau.

Microsoft a entamé, en février dernier, des essais en vue de tester la viabilité des espaces blancs en Afrique. Les premiers bénéficiaires en furent les écoles, les centres de soins et les bibliothèques situées près de la petite ville de Nanyuki, de même que dans le village kenyan de Kalema, dans la vallée du Rift. Les élèves de l'université de Dar-es-Salam, en Tanzanie, ont par la suite été connectés. Plus récemment, fin juillet 2013, Microsoft a jeté son dévolu, dans le cadre de sa troisième tentative, sur la province de Limpopo, l'une des régions les plus pauvres d'Afrique du Sud. Microsoft fut soutenu dans ce cadre par l'Université de Limpopo, afin d'assurer un accès à haut débit aux écoles les plus éloignées de la région, fournissant également ordinateurs portables et panneaux solaires dans les régions dans lesquelles l'électricité fait défaut.

Ces essais ont prouvé la grande polyvalence dans l'utilisation des « espaces blancs ». Leur succès démontre que le développement rural ne doit pas relever de la simple connexion électrique et Internet en Afrique. Le futur peut, et doit, arriver plus rapidement, attendu que les infrastructures sur le continent se développent au gré de la croissance économique. Et les « espaces blancs » pourraient bien prendre une place non négligeable dans la solution à ces problèmes.

Source: eLearning Africa

Sénégal: Les questions du droit d'auteur sont à étudier sous l'angle du numérique

Les questions du droit d'auteur peuvent valablement être étudiées sous l'angle du numérique, a souligné vendredi à Dakar, le professeur André Lucas, expert en propriété intellectuelle, précisant que l'idée qu'Internet soit "un monde sans droit" est une idée "baroque" qui n'est plus sérieusement défendue.

"L'idée d'extraire des questions du droit d'auteur de manière spécifique ce qui touche au numérique est une idée irréaliste. C'est dire l'importance de cette problématique (... ) et le poids qu'a pris le numérique dans les industries culturelles", a t-il dit.

M. Lucas, docteur en droit et professeur à l'Université de Nantes, s'exprimait lors d'un débat sur le thème "Sénégal, le droit d'auteur et les droits voisins à l'épreuve des technologies de l'information et de la communication".

Il s'est demandé, en rapportant les préoccupations de certains auteurs, s'il est "normal" au Sénégal de parler du numérique alors que ce pays est confronté à "tellement d'autres difficultés", mais il a dit que "c'est une mauvaise façon de voir les choses".

Pour lui, "le droit d'auteur ne peut être étudié autrement que dans le cadre de l'environnement numérique".

L'expert en propriété intellectuelle a trouvé "insensé" que beaucoup de personnes considèrent aujourd'hui qu'"Internet est un monde sans droit, le droit d'auteur, pas plus que les autres disciplines juridiques, n'a à être considéré" comme tel.

"Je sais bien que les pionniers d'Internet étaient des libertaires et que ce courant de pensée continue à s'exprimer car il y a une méfiance pour tout ce qui est réglementation", a t-il indiqué, non sans souligner l'existence de lois pour réglementer Internet et pas seulement sur le terrain des droits d'auteur.

"Les juges passent leur temps à rendre des décisions qui sont applicables car contrairement à ce que l'on dit, on peut très bien prendre des mesures contre des sites même si l'efficacité de ces mesures judiciaires n'est jamais à 100%. Mais dans le monde analogique, ce n'est pas non plus a 100 %", a soutenu le conférencier.

En revanche, pour l'expert, Internet est une menace pour les créateurs et est porteur de tous les dangers. La difficulté de les faire sanctionner est "très réelle", car la plupart du temps, "les infractions ont lieu à partir d'autres pays".

André Lucas a toutefois relevé l'aspect positif de l'accès à Internet qu'il considère comme "une chance pour les créateurs car ce sont de nouveaux espaces de diffusion que les auteurs peuvent maîtriser beaucoup plus facilement".

"Avant, toute exploitation des œuvres passait obligatoirement par la médiation de ces exploitants institutionnels que sont les éditeurs, les producteurs et, aujourd'hui, Internet permet aux auteurs de conquérir directement un public", précise-t-il.

Même pour la défense du droit d'auteur, explique M. Lucas, "Internet offre des pistes intéressantes et des possibilités de tatouer électroniquement ses œuvres" de façon à bien établir sa paternité.

Source: APS

Afrique: La création numérique sur le continent

C'est le fruit de dix ans de travail. Chef de projet et auteur multimédia, basée depuis dix ans à Dakar, Karen Dermineur a dressé un état des lieux des différentes pratiques de la création numérique en Afrique.

En tant que rédactrice en chef invitée d'une édition spéciale de mcd, elle a établi la première cartographie de l'Afrique digitale affichant toutes les tendances artistiques dans ce domaine : installations, art vidéo, photographie numérique, Netart, art sonore jusqu'aux festivals, plateformes, blogs, Fablabs... Entretien.

Comment caractérisiez-vous aujourd'hui l'état de lieu de la création numérique en Afrique ?

J'ai été assez agréablement surprise de découvrir beaucoup plus de profils, d'activités, d'initiatives que j'aurais imaginé à trouver. Je peux dire qu'il existe aujourd'hui un panel assez large et très diversifié d'initiatives autour du numérique en Afrique sachant que sur le continent on part de l'idée qu'un Africain sur deux n'a pas l'électricité. Et Internet est assez peu développé sur le continent d'une manière générale.

On connait des peintres africains comme le Congolais Chéri Samba, des sculpteurs africains comme le Sénégalais Ousmane Sow, des photographes africains comme le Malien Seydou Keïta ou des cinéastes africains comme le Tchadien Mahamat Saleh Haroun. Pouvez-vous citer un créateur numérique africain très connu ?

Il y a le travail très original de Jean Katambayi Mukendi. C'est un jeune homme qui habite à Lubumbashi en République Démocratique du Congo. Il travaille beaucoup sur l'état de l'électricité et la desserte de l'énergie dans sa ville, mais aussi dans son pays. Il propose des machines assez originales faites de carton et d'électronique pour réguler l'électricité qui continue à faire dans sa ville de nombreux dégâts et d'incendies avec beaucoup de morts à cause de ces installations très précaires dans sa ville. Jean a présenté il y a deux ans au Festival Mal au pixel à Paris son travail Pixelec, un réseau autour de la création numérique entre plusieurs pays... Il n'est pas extrêmement connu, mais on a beaucoup parlé de lui. Sinon, vous avez quelqu'un qui vient du Cap de l'Afrique du Sud, James Webb. Il fait un grand nombre d'installations sonores. Il commence à être très connu. Il déplace des environnements sonores, par exemple des chants d'oiseaux migrateurs. Il fait des installations sonores dans des endroits très divers comme la muraille de Chine ou dans un musée à Johannesburg où il recrée des ambiances sonores venues d'autres endroits du monde et d'Afrique.

La création numérique en Afrique est-elle encore en gestation ?

Ce domaine est en plein développement, même si je n'aime pas le mot « développement » pour cela. Ça se cherche. Ce qui est intéressant, c'est qu'on trouve chez ces artistes une identité vraiment africaine dans beaucoup de travaux, dans le sens qu'on retrouve l'idée du partage et du faire ensemble. Il y a surtout la volonté de ne plus copier l'Occident, mais de proposer des choses spécifiques et surtout - en parlant d'innovation technologique - de proposer des solutions pour les populations locales, donc des choses qui sont utiles, accessibles à tous, dans l'idée de l'open source et du partage et qui aide véritablement les populations à mieux vivre, à mieux survivre.

En Afrique, le taux de pénétration du réseau Internet filaire est le plus faible du monde avec 15,6 % en juin 2012. Le taux de pénétration des technologies mobiles se situe aujourd'hui à 40 %. Le coût de connexion à Internet en Afrique subsaharienne demeure le plus cher du monde. Peut-on dire que sans connexion à Internet, il n'y pas de création numérique possible ?

Farah Khelil, artiste tunisienne, née en 1980 à Carthage, elle fait des créations en art numérique, en multimédia, en dessin, en peinture...

Non, je ne dirais pas cela, parce qu'il y a beaucoup d'ateliers autour de l'électronique qui se mettent en place, tout ce qui est Fablab [de l'anglais FABrication LABoratory, laboratoire de fabrication, ndlr] et d'autres qui se développent un peu partout. Il y a effectivement des initiatives qui peuvent s'en passer.

Votre carte, publiée dans mcd, montre plusieurs « Afriques » digitales : le Maghreb, l'Afrique de l'Ouest, le Kenya à l'Est et surtout l'Afrique du Sud. Est-ce que Johannesburg est aujourd'hui la capitale africaine de la création numérique ?

On peut effectivement dire cela. En même temps, cela m'embête un peu de dire ça, parce que je n'ai pas envie de mettre en avant une zone plutôt qu'une autre. Mais dans les faits, on voit effectivement une majorité d'initiatives dans ce pays.

Quelle est aujourd'hui la place de l'Afrique numérique sur la carte mondiale ?

C'est vraiment en pleine effervescence, et encore peu interconnecté, mais c'était cela aussi l'intérêt de cet ouvrage. Avec le développement de la téléphonie mobile, l'Afrique prend une place importante au niveau de la création et la diversité, mais certainement bien moins représentatif qu'en Occident, l'Europe ou même l'Asie avec un pôle assez important en Indonésie. Les mentalités sont très différentes et les besoins aussi. Donc je dirais que l'Afrique n'est pas négligeable dans son

Lors de la présentation du numéro spécial Digitale Afrique à Paris, il y avait la présence de trois créateurs tunisiens qui travaillent tous aussi en France. Est-ce que pour un créateur numérique africain, la France ou l'Europe reste un passage obligatoire pour réussir, se faire connaître ou se développer ?

Je ne dirais pas cela comme ça. Quand un artiste commence à être connu ou commence à être invité dans des stages ou des festivals en Europe, c'est sûr qu'il a une facilité plus grande à voyager par la suite, et il a accès à des technologies, des infrastructures, du matériel et des formations qui ne sont pas forcément en place en Afrique.

Vous dites « La Révolution en Afrique, elle sera, elle est déjà, numérique ». Est-ce que cette révolution est en marche ?

C'est pour dire que le numérique en Afrique est à la fois une solution et à la fois un enjeu de développement. Il y a un certain nombre de projets qui permettent au niveau du continent de mettre en place des solutions que ce soit au niveau de la circulation de l'information, comme le réseau www.ushahidi.com [société basée à Nairobi, Kenya, spécialisée dans le développement de logiciels libres, ndlr] par exemple, qui va dans le sens d'une certaine démocratisation de l'information, d'un partage des savoirs et de l'information. C'est une révolution dans le sens d'une ouverture. Dans la plupart des projets présentés dans la revue, on retrouve cette identité africaine et l'idée du partage et du faire ensemble.

Source: RFI

Côte d'Ivoire: Applications mobiles - Les développeurs en compétition

Le concours Application Day initié par la société de téléphonie mobile Mtn, a été lancé, récemment, au cours d'une conférence de presse, à l'hôtel Novotel Plateau.

Selon Ismaël Diabaté, spécialiste des services à valeur ajoutée de la compagnie, il s'agit de mettre en compétition les développeurs d'application de la place. L'objectif étant de créer des applications mobiles innovantes pour simplifier la vie de ses clients.

Les candidats auront le choix entre les thèmes suivants : éducation, finance, divertissement, alimentation et boisson, jeux, forme et santé, musique, actualité. Les candidats devront se rendre sur le site de la compagnie pour remplir un formulaire d'inscription entre le 6 août et le 15 septembre. Du 15 septembre au 15novembre, c'est le début du concours.

De manière pratique, les participants commenceront à développer les applications. Du 15 au 30 novembre, le jury siègera pour opérer le premier niveau de tamis. Le 13 décembre, les vainqueurs seront proclamés au cours d'un gala. Le grand gagnant, celui qui aura développé l'application la plus téléchargée, repartira avec 5 millions F Cfa et un ordinateur portable.

Trois autres suivront avec 2 millions F Cfa chacun. "Nous voulons faire sortir tous les génies informatiques cachés et leur proposer un partenariat gagnant-gagnant. Les applications qui auront retenu notre attention pourraient être proposées au niveau des 22 opérations du groupe, un marché de 200 millions d'abonnés repartis sur 3 continents", a fait observer Ismaël Diabaté.

Source: Notre Voie

En Bref – Actualité de la Convergence

- 1st TV se définit elle-même comme première chaîne de télévision indépendante du Zimbabwe. Basée en Afrique du Sud, elle a commencé à émettre le 19 juillet. Le paysage médiatique du pays a longtemps été dominé par la ZBC, Zimbabwe Broadcasting Corporation, gérée par l'État - un État dirigé par le président Robert Mugabe depuis 33 ans.

Syndicate content