Actualités de la convergence

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Sénégal: Les questions du droit d'auteur sont à étudier sous l'angle du numérique

Les questions du droit d'auteur peuvent valablement être étudiées sous l'angle du numérique, a souligné vendredi à Dakar, le professeur André Lucas, expert en propriété intellectuelle, précisant que l'idée qu'Internet soit "un monde sans droit" est une idée "baroque" qui n'est plus sérieusement défendue.

"L'idée d'extraire des questions du droit d'auteur de manière spécifique ce qui touche au numérique est une idée irréaliste. C'est dire l'importance de cette problématique (... ) et le poids qu'a pris le numérique dans les industries culturelles", a t-il dit.

M. Lucas, docteur en droit et professeur à l'Université de Nantes, s'exprimait lors d'un débat sur le thème "Sénégal, le droit d'auteur et les droits voisins à l'épreuve des technologies de l'information et de la communication".

Il s'est demandé, en rapportant les préoccupations de certains auteurs, s'il est "normal" au Sénégal de parler du numérique alors que ce pays est confronté à "tellement d'autres difficultés", mais il a dit que "c'est une mauvaise façon de voir les choses".

Pour lui, "le droit d'auteur ne peut être étudié autrement que dans le cadre de l'environnement numérique".

L'expert en propriété intellectuelle a trouvé "insensé" que beaucoup de personnes considèrent aujourd'hui qu'"Internet est un monde sans droit, le droit d'auteur, pas plus que les autres disciplines juridiques, n'a à être considéré" comme tel.

"Je sais bien que les pionniers d'Internet étaient des libertaires et que ce courant de pensée continue à s'exprimer car il y a une méfiance pour tout ce qui est réglementation", a t-il indiqué, non sans souligner l'existence de lois pour réglementer Internet et pas seulement sur le terrain des droits d'auteur.

"Les juges passent leur temps à rendre des décisions qui sont applicables car contrairement à ce que l'on dit, on peut très bien prendre des mesures contre des sites même si l'efficacité de ces mesures judiciaires n'est jamais à 100%. Mais dans le monde analogique, ce n'est pas non plus a 100 %", a soutenu le conférencier.

En revanche, pour l'expert, Internet est une menace pour les créateurs et est porteur de tous les dangers. La difficulté de les faire sanctionner est "très réelle", car la plupart du temps, "les infractions ont lieu à partir d'autres pays".

André Lucas a toutefois relevé l'aspect positif de l'accès à Internet qu'il considère comme "une chance pour les créateurs car ce sont de nouveaux espaces de diffusion que les auteurs peuvent maîtriser beaucoup plus facilement".

"Avant, toute exploitation des œuvres passait obligatoirement par la médiation de ces exploitants institutionnels que sont les éditeurs, les producteurs et, aujourd'hui, Internet permet aux auteurs de conquérir directement un public", précise-t-il.

Même pour la défense du droit d'auteur, explique M. Lucas, "Internet offre des pistes intéressantes et des possibilités de tatouer électroniquement ses œuvres" de façon à bien établir sa paternité.

Source: APS

Afrique: La création numérique sur le continent

C'est le fruit de dix ans de travail. Chef de projet et auteur multimédia, basée depuis dix ans à Dakar, Karen Dermineur a dressé un état des lieux des différentes pratiques de la création numérique en Afrique.

En tant que rédactrice en chef invitée d'une édition spéciale de mcd, elle a établi la première cartographie de l'Afrique digitale affichant toutes les tendances artistiques dans ce domaine : installations, art vidéo, photographie numérique, Netart, art sonore jusqu'aux festivals, plateformes, blogs, Fablabs... Entretien.

Comment caractérisiez-vous aujourd'hui l'état de lieu de la création numérique en Afrique ?

J'ai été assez agréablement surprise de découvrir beaucoup plus de profils, d'activités, d'initiatives que j'aurais imaginé à trouver. Je peux dire qu'il existe aujourd'hui un panel assez large et très diversifié d'initiatives autour du numérique en Afrique sachant que sur le continent on part de l'idée qu'un Africain sur deux n'a pas l'électricité. Et Internet est assez peu développé sur le continent d'une manière générale.

On connait des peintres africains comme le Congolais Chéri Samba, des sculpteurs africains comme le Sénégalais Ousmane Sow, des photographes africains comme le Malien Seydou Keïta ou des cinéastes africains comme le Tchadien Mahamat Saleh Haroun. Pouvez-vous citer un créateur numérique africain très connu ?

Il y a le travail très original de Jean Katambayi Mukendi. C'est un jeune homme qui habite à Lubumbashi en République Démocratique du Congo. Il travaille beaucoup sur l'état de l'électricité et la desserte de l'énergie dans sa ville, mais aussi dans son pays. Il propose des machines assez originales faites de carton et d'électronique pour réguler l'électricité qui continue à faire dans sa ville de nombreux dégâts et d'incendies avec beaucoup de morts à cause de ces installations très précaires dans sa ville. Jean a présenté il y a deux ans au Festival Mal au pixel à Paris son travail Pixelec, un réseau autour de la création numérique entre plusieurs pays... Il n'est pas extrêmement connu, mais on a beaucoup parlé de lui. Sinon, vous avez quelqu'un qui vient du Cap de l'Afrique du Sud, James Webb. Il fait un grand nombre d'installations sonores. Il commence à être très connu. Il déplace des environnements sonores, par exemple des chants d'oiseaux migrateurs. Il fait des installations sonores dans des endroits très divers comme la muraille de Chine ou dans un musée à Johannesburg où il recrée des ambiances sonores venues d'autres endroits du monde et d'Afrique.

La création numérique en Afrique est-elle encore en gestation ?

Ce domaine est en plein développement, même si je n'aime pas le mot « développement » pour cela. Ça se cherche. Ce qui est intéressant, c'est qu'on trouve chez ces artistes une identité vraiment africaine dans beaucoup de travaux, dans le sens qu'on retrouve l'idée du partage et du faire ensemble. Il y a surtout la volonté de ne plus copier l'Occident, mais de proposer des choses spécifiques et surtout - en parlant d'innovation technologique - de proposer des solutions pour les populations locales, donc des choses qui sont utiles, accessibles à tous, dans l'idée de l'open source et du partage et qui aide véritablement les populations à mieux vivre, à mieux survivre.

En Afrique, le taux de pénétration du réseau Internet filaire est le plus faible du monde avec 15,6 % en juin 2012. Le taux de pénétration des technologies mobiles se situe aujourd'hui à 40 %. Le coût de connexion à Internet en Afrique subsaharienne demeure le plus cher du monde. Peut-on dire que sans connexion à Internet, il n'y pas de création numérique possible ?

Farah Khelil, artiste tunisienne, née en 1980 à Carthage, elle fait des créations en art numérique, en multimédia, en dessin, en peinture...

Non, je ne dirais pas cela, parce qu'il y a beaucoup d'ateliers autour de l'électronique qui se mettent en place, tout ce qui est Fablab [de l'anglais FABrication LABoratory, laboratoire de fabrication, ndlr] et d'autres qui se développent un peu partout. Il y a effectivement des initiatives qui peuvent s'en passer.

Votre carte, publiée dans mcd, montre plusieurs « Afriques » digitales : le Maghreb, l'Afrique de l'Ouest, le Kenya à l'Est et surtout l'Afrique du Sud. Est-ce que Johannesburg est aujourd'hui la capitale africaine de la création numérique ?

On peut effectivement dire cela. En même temps, cela m'embête un peu de dire ça, parce que je n'ai pas envie de mettre en avant une zone plutôt qu'une autre. Mais dans les faits, on voit effectivement une majorité d'initiatives dans ce pays.

Quelle est aujourd'hui la place de l'Afrique numérique sur la carte mondiale ?

C'est vraiment en pleine effervescence, et encore peu interconnecté, mais c'était cela aussi l'intérêt de cet ouvrage. Avec le développement de la téléphonie mobile, l'Afrique prend une place importante au niveau de la création et la diversité, mais certainement bien moins représentatif qu'en Occident, l'Europe ou même l'Asie avec un pôle assez important en Indonésie. Les mentalités sont très différentes et les besoins aussi. Donc je dirais que l'Afrique n'est pas négligeable dans son

Lors de la présentation du numéro spécial Digitale Afrique à Paris, il y avait la présence de trois créateurs tunisiens qui travaillent tous aussi en France. Est-ce que pour un créateur numérique africain, la France ou l'Europe reste un passage obligatoire pour réussir, se faire connaître ou se développer ?

Je ne dirais pas cela comme ça. Quand un artiste commence à être connu ou commence à être invité dans des stages ou des festivals en Europe, c'est sûr qu'il a une facilité plus grande à voyager par la suite, et il a accès à des technologies, des infrastructures, du matériel et des formations qui ne sont pas forcément en place en Afrique.

Vous dites « La Révolution en Afrique, elle sera, elle est déjà, numérique ». Est-ce que cette révolution est en marche ?

C'est pour dire que le numérique en Afrique est à la fois une solution et à la fois un enjeu de développement. Il y a un certain nombre de projets qui permettent au niveau du continent de mettre en place des solutions que ce soit au niveau de la circulation de l'information, comme le réseau www.ushahidi.com [société basée à Nairobi, Kenya, spécialisée dans le développement de logiciels libres, ndlr] par exemple, qui va dans le sens d'une certaine démocratisation de l'information, d'un partage des savoirs et de l'information. C'est une révolution dans le sens d'une ouverture. Dans la plupart des projets présentés dans la revue, on retrouve cette identité africaine et l'idée du partage et du faire ensemble.

Source: RFI

Côte d'Ivoire: Applications mobiles - Les développeurs en compétition

Le concours Application Day initié par la société de téléphonie mobile Mtn, a été lancé, récemment, au cours d'une conférence de presse, à l'hôtel Novotel Plateau.

Selon Ismaël Diabaté, spécialiste des services à valeur ajoutée de la compagnie, il s'agit de mettre en compétition les développeurs d'application de la place. L'objectif étant de créer des applications mobiles innovantes pour simplifier la vie de ses clients.

Les candidats auront le choix entre les thèmes suivants : éducation, finance, divertissement, alimentation et boisson, jeux, forme et santé, musique, actualité. Les candidats devront se rendre sur le site de la compagnie pour remplir un formulaire d'inscription entre le 6 août et le 15 septembre. Du 15 septembre au 15novembre, c'est le début du concours.

De manière pratique, les participants commenceront à développer les applications. Du 15 au 30 novembre, le jury siègera pour opérer le premier niveau de tamis. Le 13 décembre, les vainqueurs seront proclamés au cours d'un gala. Le grand gagnant, celui qui aura développé l'application la plus téléchargée, repartira avec 5 millions F Cfa et un ordinateur portable.

Trois autres suivront avec 2 millions F Cfa chacun. "Nous voulons faire sortir tous les génies informatiques cachés et leur proposer un partenariat gagnant-gagnant. Les applications qui auront retenu notre attention pourraient être proposées au niveau des 22 opérations du groupe, un marché de 200 millions d'abonnés repartis sur 3 continents", a fait observer Ismaël Diabaté.

Source: Notre Voie

En Bref – Actualité de la Convergence

- 1st TV se définit elle-même comme première chaîne de télévision indépendante du Zimbabwe. Basée en Afrique du Sud, elle a commencé à émettre le 19 juillet. Le paysage médiatique du pays a longtemps été dominé par la ZBC, Zimbabwe Broadcasting Corporation, gérée par l'État - un État dirigé par le président Robert Mugabe depuis 33 ans.

Sénégal: Dakar Bus Time remporte la finale de l'App Challenge

L'équipe Team Dakar Bus Time a remporté la finale du concours d'idées d'applications web et mobile, lancé le 27 novembre dernier par l'opérateur Mobile Orange, annonce un communiqué reçu à l'APS.

Le jury final du challenge composé d'éminentes personnalités du monde l'entreprenariat a porté son choix sur le projet de l'équipe Team Dakar Bus Time "interface d'info trafic sur les horaires et itinéraire de bus sur le réseau du bus de Dakar", renseigne le texte.

L'application Dakar Bus Time est "une plateforme qui, grâce à un dispositif GPS placé à bord du bus, permet de donner une visibilité aux usagers sur l'état du trafic : informations sur les horaires de passage et sur les itinéraires des différentes lignes de bus".

Selon le texte, pour gagner ce challenge, "il fallait avoir le génie de l'innovation et faire preuve de persévérance et l'équipe Team Dakar Bus a su faire la différence et est montée sur la première manche du podium" face à 4 autres projets.

Pour cette finale, indique le communiqué, cinq projets étaient pré-sélectionnés.

Source: APS

Côte d'Ivoire: Basculement des médias au numérique - Le délai fixé pour juin 2015

Le directeur général de la Haute autorité de communication audiovisuelle (Haca), Me René Bourgouin, a révélé lundi que le délai du basculement des médias vers le numérique est fixé pour juin 2015. Il l'a annoncé au cours d'un séminaire de l'Organisation des journalistes professionnels de Côte d'Ivoire (Ojpci), à Abidjan-Plateau.

« Le basculement au numérique est proche. C'est dans 2 ans, précisément en juin 2015 », a dit Me René Bourgouin.

Selon lui, la libéralisation de l'audiovisuel prendra effet avec le basculement. « Il ne faut pas en faire une fixation du fait de la connotation politique. Nous avons plusieurs chaînes de radio et le bouquet », a rassuré le directeur général de la Haca.

Répondant à la préoccupation des participants au séminaire sur les raisons de la lenteur de cette libéralisation, il affirme: « si nous libéralisons dès maintenant les chaînes qui sont pour la plupart en analogie, il y aura des investissements. Puisque le numérique a un coût ».

Abordant le chapitre des nouveaux médias, il souligne que ces outils qui ont une incidence sur les médias traditionnels, tirent 70% de leur contenu des anciens supports de communication.

Source: Fraternité Matin

Afrique: Instances de régulation de la communication en Afrique - Plaidoyer pour l'harmonisation des législations

Le séminaire régional sur la communication audiovisuelle et la convergence numérique a clos ses portes, le mercredi 26 juin 2013 à Ouagadougou. La quinzaine de pays participants a plaidé pour une harmonisation des textes législatifs des instances de régulation affiliées au Réseau des instances africaines de la communication (RIARC).

Les instances de régulation membres du Réseau des instances africaines de la communication (RIARC), ont bouclé les travaux du séminaire régional sur la communication audiovisuelle et la convergence numérique sur une note de satisfaction. Au terme de deux jours de réflexion, les participants ont formulé des recommandations à l'endroit des gouvernements dont les instances de régulation sont membres du RIARC.

Face à l'essor technologique, les participants recommandent le rapprochement, voire l'harmonisation des législations dans le secteur de la communication dans l'espace du RIARC et une approche concertée sur la conduite du processus de la Télévision numérique terrestre (TNT).

Ils plaident également pour une constitutionnalisation des instances de régulation de la communication, l'élaboration de mécanismes juridiques et institutionnels pour un renforcement de la collaboration entre ces entités et celles en charge des télécommunications.

Pour que les conclusions de cette importante rencontre ne restent pas sans suite, les instances de régulation présentes à Ouagadougou, se sont engagées à intensifier leur coopération.

Les régulateurs s'engagent en outre, à mettre en place une équipe d'experts, en synergie avec les organisations sous-régionales, dans le but de procéder à un inventaire et à une étude comparée des législations des Etats dont les instances sont membres du réseau. Cela, dans la perspective de leur rapprochement.

La présidente du Conseil supérieur de la communication (CSC) du Burkina, Béatrice Damiba, a salué la participation des instances de régulation qui a permis au rendez-vous de la capitale burkinabè, de tenir toutes ses promesses.

« Nos débats ont été riches, intenses et parfois passionnés. En tous les cas, à la hauteur de l'ampleur des défis auxquels exposent les mutations technologiques dans la régulation de la communication audiovisuelle », a-t-elle affirmé.

Pour elle, il faut saluer l'excellence des contributions aux travaux, dont les conclusions indiquent les voies à suivre dans la mutualisation des compétences et des expériences.

Elle a soutenu que l'approche des nouveaux défis de régulation échappe aux ressorts des instances respectives, d'où l'impérieuse nécessité de renforcer la coopération entre les instances par une harmonisation « à minima des législations".

Mme Damiba a toutefois souligné que les instances de régulation ne peuvent rester en marge des politiques d'intégration entreprises sur le continent.

« L'intégration des espaces médiatiques ne pourrait qu'être au service de ces politiques d'intégration économique, devenues impérieuses au regard des données de la géopolitique mondiale. C'est une œuvre à laquelle nous ne devrions donc pas renoncer en dépit des difficultés », a-t-elle insisté.

Elle a aussi fait le constat du retard accusé par les pays-membres du RIARC dans le processus de mise en œuvre de la TNT. Sur une note de satisfaction générale, les participants ont saisi l'occasion pour féliciter la présidente du CSC du burkina et son équipe, les autorités burkinabè qui ont contribué au succès des travaux, avant de se donner rendez-vous à Niamey, au Niger, en novembre 2013 pour la 7e Conférence des instances de régulation de la communication africaines (CIRCAF).

Source: Sidwaya

Afrique: TV White Spaces – L'internet accessible via les fréquences de télévisions libres

Le monde est sur le point de découvrir une innovation technologique de taille devant contribuer à la démocratisation de l'accès à l'internet. Il s'agit du TV White Spaces qui permet de fournir de l'internet sans fil via les fréquences de télévision non utilisées.

L'Afrique va bientôt bénéficier de la pointe d'une révolution technologique. Il s'agit du TV White Spaces. Un outil dont le principe de base consiste à utiliser les bandes de fréquences inutilisées par les télévisions pour mettre en place des communications sans fil. « Il coûte moins cher et offre d'importantes capacités de bande passante. C'est une opportunité pour amener l'internet en milieu urbain et rural avec des stations de base qui ont des portées de 5 kilomètres », assurent les initiateurs.

L'outil a été présenté à Dakar lors d'un forum international sur les TV White Spaces et Spectre Dynamique en Afrique, tenue les 30 et 31 mai 2013. Une rencontre organisée en partenariat avec l'Association pour le Progrès des Communications (APC), Afrinic, Google, ISOC SN, Microsoft, le Ministère des Télécommunications et de l'Économie Numérique du Sénégal.

Les participants ont découvert que la faisabilité technologique du TV White Spaces a été prouvée et testée avec des essais concluants en Europe, aux États-Unis et à Singapour. De plus, Microsoft a fait des déploiements au Kenya et Google a connecté des écoles de quartiers défavorisés à Cap-Town, en Afrique du Sud, avec l'aide de cet outil.

Des prototypes d'équipements adaptés ont déjà été fabriqués et les constructeurs sont attendus sur la conception à grande échelle. D'où la pertinence de la rencontre de Dakar qui a réuni régulateurs de la sous-région, décideurs, universitaires, société civile, fournisseurs d'accès, chercheurs, opérateurs, fabricants de composantes électroniques, développeurs de base de données, investisseurs…

Lors de ce forum de deux jours, ces acteurs ont partagé et évalué les potentialités de l'une des innovations les plus récentes dans le domaine des télécommunications par rapport aux écosystèmes de gestion du spectre.

La mise au point de cette innovation est parti du constat que les technologies traditionnelles comme le Wifi, le Why Max et autres actuellement utilisés, présentent un certain nombre de contraintes qui font que l'accès à internet est toujours difficile pour certaines couches de la population. Devant cet état de fait, la faiblesse de l'utilisation de la bande passante réservée à la télévision en Afrique est perçue comme une opportunité. En Europe et aux États-Unis, à cause de la transition vers le numérique, cette bande passante est en train d'être libérée.

Certains observateurs avancent avec conviction que TV White Spaces, qui fait partie de la quatrième génération des technologies, est une aubaine pour démocratiser l'internet en la rendant accessible à tous. Ce qui est la condition sine qua non pour traduire en acte concret l'ambition consistant à faire de l'économie numérique la locomotive de l'évolution des pays vers l'émergence.

« Les pays africains sont en train de prendre des positions très claires. On doit déjà se positionner pour pouvoir en bénéficier le plus rapidement possible. Il faut passer aux étapes de standardisation et de régulation pour que les fabricants puissent concevoir en masse des outils adaptés à cette technologie », relève M. Tidiane Dème de Google Afrique.

Soucieux de la réduction de la fracture numérique, les autorités africaines, qui ont pris part à cette rencontre de Dakar, espèrent que les opportunités offertes par le TV White Spaces au même titre que la 3G et le Why Max, sauront répondre définitivement à la problématique de l'accès à l'internet sur le continent. Elles estiment que la question de la pénétration d'internet très haut débit reste  une des préoccupations auxquelles des réponses définitives devront être apportées afin de garantir aux populations un accès de bonne qualité et au meilleur prix.

Venu présider la rencontre, le ministre sénégalais en charge des Télécommunications et de l'Economie Numérique considère qu'il reste à proposer des orientations en vue de décider des contours des mutations réglementaires nécessaires. Mais aussi d'identifier les plus-values, que des technologies telles les TV White Spaces peuvent engendrer aux bénéfices des populations. « Il faut aller vers des perspectives qui vont dans le sens de la réduction des barrières à l'accès pour tous, notamment en zone rurale », souligne M. Cheikh Bamba Dièye.

Il est à signaler que les spécialistes ayant travaillé sur la mise en place du TV White Spaces ont déjà proposé des standards prêts à être utilisés ainsi qu'un cadre de régulation. Ils espèrent que le TV White Spaces bénéficiera des mêmes conditions d'ouverture et d'exploitation que le Wifi et les autres outils déjà utilisés.

Cheikh Bamba Dièye assure que ces assises de Dakar réconfortent la possible intégration du TV White Spaces dans le dispositif de télécommunication au Sénégal du moment que les nouvelles tendances de gestion du spectre vont de plus en plus dans le sens de la bonne définition des conditions d'utilisation.

Tidiane Dème de Google Afrique confie que les opérateurs, les fournisseurs d'accès internet, les gouvernements peuvent se saisir de cette technologie et la déployer immédiatement avec des applications pour connecter les écoles, les campus universitaires. Ce qui permet à l'Afrique de régler deux problèmes notamment la disponibilité et le prix. C'est ainsi que le conclave de Dakar cherche à amener opérateurs, régulateurs et fabricants d'équipements et ceux qui font les bases de données à voir ensemble comment aller plus loin. « En Afrique tout est prêt parce que les fréquences sont généralement vides ».

Si cette nouvelle technologie semble susciter un engouement au niveau des autorités, des régulateurs et multinationales, la question qui reste entière est de savoir la posture que vont adopter les opérateurs qui puisent une bonne partie de leurs ressources de la connexion internet.

Source: All Africa

Afrique du Nord: Lancée hier par Interface Médias, «Maghreb M», la petite radio sur le web est née

«Bienvenus à Maghreb M. la web radio du Maghreb. Avec vous Nedjma Rondeleu... ».

Ce sont les premiers mots prononcés hier par une jeune journaliste sur Maghreb M, une web-radio lancée hier par Interface Médias, l'agence éditrice de Maghreb Emergent. Son lancement qui a eu lieu hier en présence de représentants de la presse nationale, intervient à l'occasion du troisième anniversaire du journal, né en avril 2010, qui s'est paré d'une nouvelle plateforme technique et d'une nouvelle Interface, depuis un mois. Après les premiers tests techniques du format magazine, lors d'une conférence de presse diffusée en direct à partir du siège de l'Agence, à Alger-centre, ses initiateurs, en l'occurrence le directeur de la publication, El Kadi Ihsane, et le directeur des éditions, Saïd Djaâfar, ont évoqué avec les confrères, l'historique de Medias interface et les contraintes de la presse électronique en Algérie.

M. El Kadi devait marquer quelques haltes, pour rappeler que son site était déjà présent sur le web, par le biais notamment du premier journal électronique Algeria-interface, qui a cessé en 2002, et les lancements successifs de l'agence de presse en 2007, et celui du journal économique online Maghrebemergent.info, en 2010. Puis, en mai 2013, le lancement de la nouvelle interface de Maghreb Emergent. Il devait annoncer également, à l'occasion, quelques données à même de juger de la place de son journal électronique online, en affirmant qu'il a enregistré 3 millions de pages vues par mois, plus de 30 000 visiteurs par jour. Une précision toutefois, Maghreb Emergent ne se développe pas encore comme un Pur Player. Pour notre confrère, les raisons qui empêchent le développement de la presse électronique sont inhérents à la fracture numérique, notamment le faible taux de pénétration d'Internet par rapport à nos voisins immédiats, qui est de

14% en Algérie alors qu'il est de 51% au Maroc et 40% en Tunisie, et au fait que l'Internet mobile n'a pas démarré, d'une part, et d'autre part, cela s'explique aussi par le fait que la quasi-totalité des annonceurs se recrutent au sein des entreprises privées. «Il n'y a pas de partenaires publics qui nous accompagnent dans notre aventure», a lancé El Kadi Ihsane, relevant une «attitude hostile de l'Etat a l'égard de l'édition web». Cela ne concerne «pas uniquement la publicité, mais aussi les autres formes d'aides publiques», a-t-il ajouté. En revanche, il a indiqué que la pub sur Internet est celle qui croît le plus vite, même en Algérie, en précisant que Maghreb Emergent a doublé sa publicité. Et ce, avant de faire état d'un partenariat développé par son journal avec Le Quotidien d'Oran, qui participe à hauteur de 39% de revenus publicitaires de l'agence. Sur sa lancée, le directeur de la publication a annoncé le lancement dès octobre 2013 d'un mensuel papier, Maghreb Emergent magazine, qui ambitionne d'être le plus grand périodique qui manque à l'édition spécialisée. Cela étant, notre confrère s'est dit «optimiste pour l'avenir du web en Algérie» pour plusieurs raisons, notamment la fin du monopole d'Algérie Telecom sur l'Internet fixe, l'arrivée de l'Internet sur mobile (3G, 4G). «Le gros de la croissance est devant nous», a-t-il lancé enfin.

Source: La Tribune

En bref – Actualités de la Convergence

- La création de la Haute instance indépendante de la communication audiovisuelle (Haica) est en soi une bonne nouvelle. Après de longs mois de négociations, d'atermoiements et de faux fuyants, on s'est enfin entendu sur la composition de cette Haica appelée à mettre de l'ordre et à réguler les médias concernés en Tunisie.