Actualités de la convergence

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En bref - Actualités de la convergence

Kenya : L'opérateur Safaricom lance un fonds de capital risque pour soutenir la production d’applications. Lire+

Tanzanie: Tigo redistribue 1,8 million $ de profit aux utilisateurs de son service Mobile Money. Lire+

MTN s'apprête à lancer son service de VoD

MTN s'apprête à lancer son service de vidéo à la demande (VoD).

En Octobre 2014, l’opérateur mobile sud-Africain MTN avait déclaré que son service de vidéo sur demande (VOD) était proche d’être lancé sur le marché. Le groupe a récemment annoncé qu'il allait lancer son service sur abonnement, en partenariat avec Discover Digital, une société de divertissement numérique établie en Afrique du Sud.

Larry Annetts, directeur du marketing (CMO) avait dit à BusinessTech lors d’une conférence téléphonique le jeudi 23 Octobre 2014 que MTN a piloté le service hors ligne, et "cherche à lancer à la fin de Novembre".

Annetts a déclaré que le processus a pris un peu plus longtemps que prévu.

«MTN est actuellement en cours de tests sur ses systèmes et équipements de communication, qui sera bientôt suivie par le lancement de la vidéo à la demande. Ce processus devrait prendre quelques semaines," Annetts a ajouté plus récemment.

Le service mensuel permettra aux clients de télécharger des films, en tant que service de vidéo à la demande transactionnelle (T-VOD).

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En Bref - Actualités de la convergence

L'un des plus gros acteurs de la TV et VoD par satellite aux Etats Unis pourrait faire son entrée dans le paysage des médias Africains. L'annonce sera faite plus tard dans l'année et l'acteur désire rester confidentiel pour le moment.
Source : Balancing Act, nov. 2014.

Netflix commence a avoir des utilisateurs en Afrique, particulièrement en Afrique du Sud et ceci malgré le fait que le géant de la VoD n'a pas encore lancé son service en Afrique! En Afrique du Sud, les rumeurs abondent sur un parc qui pourrait atteindre plusieurs dizaines de milliers d'utilisateurs. Ces dernier utiliseraient une adresse IP d'autres pays ou Spotify est autorisé. Source : Balancing Act, nov. 2014.

Sénégal: la licence 4G pour 3 acteurs

Rencontre Macky Sall-club de la presse : « 100 milliards de FCfa injectés dans le monde rural en deux ans ».

La Sonatel voit sa licence expirer en 2017. Naturellement, elle va négocier avec l’Etat pour son renouvellement. La Sonatel comme les autres opérateurs veulent avoir une licence 4G.

Celle-ci étant nouvelle, nous sommes en train de voir quel est le mécanisme par lequel l’Etat pourra la vendre. Le but de l’opération, c’est de permettre aux sociétés opératrices de développer leurs affaires et à l’Etat, donc à la communauté nationale, d’avoir un gain dans ce business des télécommunications. Il faut saluer l’apport des télécoms dans l’économie et dans la croissance.

Nous sommes aussi en discussion avec Tigo, Expresso. Et cela pourrait être élargi mais tout dépend des acteurs. Si les opérateurs nous donnent suffisamment d’éléments qui permettent de limiter le périmètre à eux, l’Etat n’a pas de problèmes. Mais si nous n’avons pas d’offres satisfaisantes, rien ne nous empêchera d’ouvrir davantage. Mais, je pense que nous pourrons trouver l’équilibre entre les trois opérateurs et l’Etat du Sénégal.

Source : www.lesoleil.sn - 10 November 2014

Algérie : Alcatel-Lucent modernise le réseau de DJEZZY (OTA) pour un meilleur accès très haut débit

Alcatel-Lucent fournit une solution de transmission par faisceaux hertziens pour moderniser le réseau de DJEZZY (OTA) en Algérie et répondre à la demande en accès très haut débit.

La solution de transmission par faisceaux hertziens en mode paquet va fournir à DJEZZY (OTA) la connectivité 3G requise actuellement, ainsi qu’un accès très haut débit 4G LTE à l’avenir.

Alcatel-Lucent (Euronext Paris et NYSE : ALU) annonce la fourniture de sa solution de transmission par faisceaux hertziens en mode paquet 9500 MPR (Microwave Packet Radio), leader du marché, à DJEZZY  (OTA). Ce projet va permettre de moderniser l’architecture de backhauling mobile de l’opérateur, afin de répondre à la demande liée à l’explosion de l’utilisation de smartphones.

OTA, une division de Vimpelcom, est le principal fournisseur de services mobiles algérien. Le système 9500 MPR longue distance d’Alcatel-Lucent va doter l’infrastructure OTA d’une capacité huit fois supérieure, avec un encombrement géographique trois fois inférieur aux systèmes traditionnels.

Source : 14 octobre 2014 - ALU.

BAD : des programmeurs russes réalisent «l' Autoroutes de l’Information de l’Afrique »

A partir de cette année, la Banque africaine de développement n’imprime plus ses rapports annuels traditionnels sur le papier. Désormais, un site Internet contient toutes les données statistiques et il est possible de voir la mise à jour de toutes ces informations en temps réel.

Le nouveau site a pu servir de base pour l’apparition des sites analogues dans chaque pays africain, simplifiant le travail d’une vingtaine d’organisations internationales. Tout cela grâce aux informaticiens russes. Aujourd'hui, les employés des différents bureaux de la Banque, situés dans plusieurs pays d’Afrique, ainsi que des membres des organisations internationales différentes utilisent les données de ce site dans leur travail quotidien.

Un projet à grande échelle, baptisé « Autoroutes de l’information de l’Afrique », a été réalisé par la société russe Prognoz qui a remporté l’appel d’offre lancé par la Banque africaine de développement. Les spécialistes de cette entreprise élaborent les systèmes d’information et d’analyse, des sites Internet et des applications mobiles depuis plusieurs années. Et ces systèmes sont utilisés dans plusieurs pays à travers le monde. Au cours de l’année précédente, Prognoz a informatisé presque tous les pays d’Afrique.

Source :  lundi 20 octobre 2014 - Écrit par La Voix de Russie 

Rapport général de la conférence internationale sur l’avenir des médias francophones

En partenariat avec le Pôle médias HEC Montréal, Montréal, 8 – 10 octobre 2014.

Par Monsieur Ibrahim SY SAVANÉ, Rapporteur général de la Conférence.

Préambule
Dans sa très grande diversité, la Francophonie ne donne pas toujours le même sens aux mêmes mots. Ainsi lorsqu'on m'a demandé d'être le Rapporteur général de cette conférence, je me suis demandé quelle signification se cachait derrière ce terme. Dans certains contextes, rapporteur peut avoir un sens très noble, dans d'autres, rapporteur n'est pas le compliment le plus recherché. Durant ces deux jours, j'ai surpris beaucoup de soupirs de commisération à mon égard : comment en effet rapporter ce genre de rencontre ?

Mais dans ce genre de situations, il ne faut pas se poser trop de questions métaphysiques. Et de toutes les façons, nous avions convenu, avec les organisateurs, qu'il s'agissait de capter quelques mots clés, de saisir l'esprit, au-delà des mots, tout en s'autorisant quelques commentaires.
Évidemment, il ne s'agit donc pas d’un verbatim. Qui prendrait le risque de transmettre aux chefs d'Etats et de gouvernements francophones tout ce que l’on a pu dire lors de ces journées. Sauf à prendre le risque de nous faire passer pour des gens qui ne se sont pas contenter de sirop d'érable mais ont envisagé bien d'autres breuvages !

De même que Clément Duhaime, Administrateur de l'OIF, disait qu'il ne s'agissait pas d'Etats généraux des médias, ce rapport n'est pas, non plus, un rapport général.
Séance d’ouverture

Parfois, les cérémonies d'ouverture sont redoutables. On les considère comme des sessions protocolaires, un peu ennuyeuses. Or, force est de reconnaître qu'il n'en fût rien, que, bien au contraire, des choses essentielles ont été dites à l'entame de la Conférence. L'on pouvait craindre un trop grand consensus. Or, bien souvent, derrière un consensus, il y a un malentendu. Il est vrai que le but n'était pas, non plus, de créer des « dissensus » juste pour épicer les choses.
[J'entends d'ici quelque puriste se demander si le mot dissensus existe. Il faudrait savoir : on ne peut pas à la fois demander à la Francophonie de faire preuve d'audace et récuser les mots qui expriment le mieux certaines idées.]

Toujours est-il que chaque intervenant a délivré sa part de message avec ses propres nuances.
Madame Sylvie Barcelo par exemple, a insisté sur la diversité qui fait partie de l'ADN de la Francophonie, mais elle a également pointé la nécessité de préserver une information de qualité qui doit prendre le pas sur la rumeur. [Il est vrai que l'Internet, ce merveilleux internet est aussi parfois un système de blanchissement de l'information].

Une des réponses à cet état de fait ainsi qu'à la domination de l'anglais est selon Mme Barcelo, le développement d'une offre de contenus de qualité équivalente ou supérieure à ce qui se fait.
Toutefois, cela suppose, au-delà de l'énonciation et nécessairement, le renforcement de l'espace économique francophone.

L’Honorable Christian Paradis a ainsi mentionné les grandes lignes de cette stratégie économique de la Francophonie. Tout en rappelant à son tour, l'obligation pour les médias francophones d'innover. Son intervention fut empreinte de beaucoup de volontarisme qui manque parfois.
Faisant échos tout en prolongeant, Clément Duhaime, Administrateur de l'OIF, note que l'espace francophone dispose d'atouts non négligeables pour jouer un rôle de tout premier plan dans la révolution technologique qui se déroule à vitesse accélérée. Cette tâche, il est vrai, est d'autant plus ardue qu'elle consiste à changer tout en demeurant ce que l'on est.

La révolution technologique selon M. Duhaime, ne doit en aucun cas se faire au détriment de la culture. La culture qui demeure, en ces temps chaotiques et de confusion, le socle le plus solide de la Francophonie. D'ailleurs, l'Administrateur de l'OIF, rompant avec une certaine orthodoxie langagière, a même évoqué un « soft-power » francophone.

Et, comme les deux premiers intervenants, il considère que le continent africain aura un rôle majeur du fait de son poids démographique. Cependant, cette opportunité qu'offre l'Afrique ne se transformera en avantage décisif que dans la mesure où l'éducation, le pluralisme et la démocratie joueront leur rôle d'adjuvants indispensables.

Tout en rappelant le contexte de confrontation économique et capitalistique, Sylvain Lafrance, Directeur du pôle media d'HEC, a commenté l'existence et l'inexistence des modèles d'affaires et surtout les risques de marginalisation qui guette les espaces comme la Francophonie, si celui-ci demeure velléitaire et hésite à s'engager plus résolument dans le grand jeu des rapports de force.
Différentes forces sont en effet en interaction, parmi lesquelles, celles de la démographie et des configurations géopolitiques peuvent être de bonnes cartes dans le jeu francophone. Mais pour les médias, un enjeu essentiel - peut-être le plus important - est la capacité de ceux-ci à créer ce qu'il appelle « la conversation », au sens de cohésion sociale. À la fin des fins, le défi majeur est d'accroître la contribution de l'espace médiatique à la construction sociale.

Analysant l'impact des mutations, Marie-Christine Saragosse, PDG de France Medias Monde, et grand témoin [remarquons au passage que témoin n'a pas d'équivalent féminin, je n'ose pas imaginer pourquoi], perçoit le caractère ambivalent des technologies qui ne sont, selon elle, ni bonnes ni mauvaises. Le plus important étant l'usage qui en découle. Il n'est pas cependant question de minimiser les questions d'adaptation aux réalités et aux évolutions. Ni de céder, selon ses termes, à « l'ivresse des flacons des contenants en oubliant les contenus ».

Une des préoccupations de Mme Saragosse, réside dans l'inéquité qui règne parfois sur ces marchés asymétriques, se drapant dans les plis confortables de la loi de l'offre et de la demande.
Le second grand témoin, Mactar Sylla, à la fois homme de grande expérience et de grands projets, après avoir décrit son parcours tellement dense, relève, en le déplorant, le sous-investissement dans les médias de l'espace francophone en général et en particulier en Afrique. L'immense contribution du Continent dans les domaines de l'art, de la culture, du sport ne se reflète pas dans le domaine médiatique. Ce paradoxe ne peut être dénoué d'après lui, qu'en ayant recours à de véritables partenariats qui commencent par la mise en commun de moyens humains, techniques, technologiques et financiers. M. Sylla a vanté à juste titre, les énormes potentialités du continent qui ne peuvent que se réaliser à brève échéance. Cela peut et doit se faire avec la bonne volonté de l'espace francophone. Mais il existe aussi le risque que cela se fasse sans lui, mais avec d'autres.

Commentaires

Les médias francophones avancent à marches forcées, vers la gestion des contraintes économiques volontairement ou non occultées pendant trop longtemps. Naguère et parfois encore maintenant, les simples notions de « business plan » étaient considérées comme sacrilèges. Peut-être fallait-il, pour adoucir les choses parler de « plan d'affaires ». Aujourd'hui peut-on continuer d'opposer Économie et Culture ?

Je préfère citer ici Malraux (on lui a déjà mis tellement de citations sur le dos, que cela ne lui fera pas plus de mal). Il aurait donc dit cette chose essentielle, je cite: « par ailleurs, le cinéma est une industrie ». Tout est dans le « par ailleurs ». Avec cela on peut réconcilier, sur cette question, les positions en apparence contradictoires.

Avant d'aller plus loin, je voudrais faire un dernier commentaire sur cette nouvelle vision de l'Afrique qui serait l'avenir du monde francophone et même du monde tout court. Comment ne pas apprécier ces instants rares de félicité, quand on sait que cette Afrique-là, vient de très loin et qu'elle a échappé à plusieurs tentatives de « « lynchages médiatiques. Voici ce qui a été publié il y a des années dans un très grand quotidien d'un très grand pays francophone du Nord. Certes, il s'agissait d'une tribune libre, mais cela a été publié.

Ouvrons donc les guillemets : « l'Afrique, un ramassis de républiquettes clochardisées, sans passé ni avenir, dont la disparition ne changerait rien à la marche du monde ». Un célèbre intellectuel africain dit qu'il faut faire attention à la balistique des mots. Oui, en effet.
Au moment où gonfle cette espérance africaine, il est bon d'accroître notre vigilance collective en faveur d'une véritable solidarité francophone.

[Comme on l'entend chez moi, on ne peut dire quand tout va bien: « tu es mon frère », et quand tout va mal : « tu n'es plus mon frère ». Il n'existe pas d'anciens frères. Alors, quitte à prôner un œcuménisme de raison, nous avons un devoir d'attention réciproque, faute de quoi, toutes ces constructions, tous ces échafaudages de l'espace francophone ne pourront tenir au-delà de notre génération actuelle.]

Comme je l'ai laissé entendre, cette cérémonie inaugurale avait déjà tout dit. Mais, il fallait dire le reste. Cela a été l'affaire des panelistes. Se faisant, nous n'avons pas véritablement changé ni d'échelle ni de registre.
Premier panel
Onze panelistes et un modérateur ont traité du thème « Nouvelles techniques, nouveaux usages des médias. »

De nombreux constats et diagnostics ont été faits autour de la maîtrise des nouvelles techniques et de la prise en compte des attentes des nouveaux publics. Certains de ces constats estiment que les médias sont, de gré ou de force, soumis à la logique de l'offre et de la demande. Les usages sont en effet bouleversés par des offres plus instantanées, interactives et surtout gratuites. Dans ces conditions, une meilleure connaissance de l'audience est indispensable. Que cela nécessite le recours à des algorithmes analytiques que certains dénoncent par ailleurs, ou à des méthodes plus empiriques, il s'agit là d'une indispensable adaptation. C'est ce qui pourrait accroître les chances de survie et d'expansion des médias francophones.

Dans ce contexte, le passage au numérique devrait être une occasion pour se défaire de modèles obsolètes de gestion et pour restructurer toute la chaîne de valeur. Il ne faut pas que la fascination pour la composante technologique fasse perdre de vue la production de contenus attractifs.
L'on ne peut en effet espérer capter et retenir l'attention de nouveaux usagers tout en n'offrant que des programmes largement usagés. Le ratage de ce nouveau virage ferait courir à des médias du Sud, comme du Nord, le risque d'une soumission à une sorte de néocolonialisme. [Chacun peut relever qu’une certaine verdeur de langage de bon aloi a été de mise dans les panels].
L'adaptabilité, l'innovation et même ce que plusieurs interventions ont appelé « l'agilité » sont à même d'éloigner ces funestes perspectives.

Des exemples, aussi bien au Vietnam, en Afrique, en Europe et ici au Canada, montrent clairement que cet esprit de créativité n'est l'apanage de personne. Il reste que des cas de réussites évidentes, à défaut d'être copiés, peuvent inspirer. Il faut aider à développer la culture du changement et ne pas avoir peur du futur dans les médias francophones.
Ce changement doit-il se faire graduellement, de façon incrémentielle ou consiste-t-il à engager une vraie rupture ? Il doit surtout s'opérer de façon permanente, dans la mesure où les évolutions sont-elles mêmes, continues.

En tout cas, plusieurs intervenants au panel ont noté que l'innovation ne saurait consister à utiliser de nouvelles technologies pour perpétuer d'anciennes méthodes. L'outil seul ne suffit pas. Il faut penser et adapter toute l'organisation ainsi que les produits. Si chacun est appelé à fournir des efforts individuels, il y a également lieu d'agir ensemble pour élargir l'espace de la Francophonie numérique. Une suggestion explicite d'un moteur de recherche francophone a été ainsi faite.
S'il fallait faire un commentaire, on peut dire que la diversité des intervenants, le caractère très varié, hétérogène mais pas hétéroclite, des expériences ont été une des caractéristiques du panel. Le risque de substituer des monologues superposés à un véritable dialogue n'était pas négligeable. Ce risque a été évité.

Deuxième panel
Ce panel a réuni un modérateur et 15 participants, pour échanger autour du thème « Quelles adaptations aux mutations technologiques et pour quels nouveaux publics ? »
La nécessité de s'adapter à des évolutions techniques et même sociologiques a d'emblée été évoquée. Avec la mobilité, ainsi que les bouleversements des temps d'usage de l'audiovisuel, Il s'agit, à la fois d'être attentif à son public et de tirer le maximum de profit des nouveaux outils du numérique. Une des questions évoquées au cours de ce Panel a été de savoir comment mettre ces avancées techniques, en particulier celle du numérique, au service de contenus culturels, de l'éducation par exemple. Cela suppose également que les financements publics qui ont eu tendance à s'éroder ces derniers temps, soient maintenus, voire renforcés. D'autant que la spécificité de l'audience de l'audiovisuel public a été rappelée. Celle-ci, à en croire un des intervenants, n'est pas constituée de consommateurs mais de citoyens. Ce distinguo justifiant l'interpellation des Etats et gouvernements à continuer de financer l'audiovisuel public. Une trop grande fragilité de celui-ci étant de nature à mettre en cause son indépendance.

L'idée qu'il existe une corrélation entre les contraintes des Etats impécunieux et leur parcimonie à l'égard des entités publiques n'a pas fait l'objet de débats. Avec l'avènement de nouveaux acteurs dans l'audiovisuel qui suscitent des peurs fondées ou irrationnelles, la question du financement de l'audiovisuel public sera une des plus importantes des prochaines années.

Par ailleurs, si la coopération en général a été exaltée, certains intervenants ont proposé des modalités concrètes qui mériteraient d'être relayées. Ainsi, Radio France Internationale a fait la promesse de mettre son fond numérique à la disposition de tous, alors que de son côté, France Médias Monde se propose de développer une base de données d'experts et d'universitaires francophones susceptibles d'apporter des éclairages lorsque surviennent certains événements. Un projet de « résidence numériques d'artistes francophones » a été également annoncé. Ces propositions ont paru très concrètes et méritaient donc d'être mentionnées.

Si le panel a été plus ou moins consensuel, il faut noter qu'un des rares représentants de l'audiovisuel privé a posé un diagnostic que certains trouveront pessimiste et d'autres lucide. Selon ce diagnostic il ne reste à la Francophonie que la bataille du contenu. Les autres batailles, à savoir celle de la technologie et celle du financement, étant déjà perdues depuis bien longtemps. Au demeurant, même cette dernière bataille est loin d'être gagnée. Pour accroître ses chances, la Francophonie devra se mobiliser, y compris au plan institutionnel, et de façon plus massive autour de cet enjeu majeur de la production de contenu. La création d'une agence dédiée à cette problématique a été proposée. L'intervenant a suggéré de façon très lyrique que la Francophonie rompe avec un certain lyrisme improductif.

L'analyse de la vitalité de la Francophonie n'est pas entièrement partagée par certains participants qui ont mis en garde contre une sorte d'optimisme béat, alors que de fait, le français aurait tendance à reculer, du moins dans les colloques et les productions médiatiques. C'est pourquoi, une fois encore, la créativité, le renforcement des moyens, la confiance et la fameuse agilité, ont de nouveau été évoqués comme des leviers importants.
Troisième panel

« Quel espace médiatique francophone dans dix ans ? » était le thème du dernier panel. De ce point de vue, il était d'une importance capitale, dans la mesure où la question de l'anticipation, de la vision du futur paysage médiatique a structuré pratiquement toute la rencontre.

Un des premiers intervenants, Abdelmounaïm Dilami, Président du groupe l'Economiste, a d'emblée noté un certain recul du français dans les médias au Maroc par exemple. Il est probable que le français ne conserve qu'une place marginale dans son pays. Si l'on ne peut extrapoler à partir de cet exemple, reste que cette tendance ne saurait être occultée. Au demeurant, ce recul de la langue française ne signifie pas un recul des médias qui sauront s'adapter à ces évolutions linguistiques.

Le second paneliste s'est demandé si, en ce qui concerne l'avenir des médias francophones, il n'est pas déjà trop tard. Mais, comme l'avenir dure longtemps, André Provencher, vice-Président, développement international de Quebecor, a répondu lui-même, en présentant une réalité certes préoccupante mais loin d'être désespéré.

Là aussi, la créativité a été évoquée, comme une réponse adéquate. Autrement dit, le futur dépend de la capacité à créer y compris ensemble, en nouant éventuellement des alliances en la matière, en associant des talents de divers pays. Avec, à terme, l'idée de créer un marché de contenus francophones.

La troisième intervenante, Madame Françoise Le Guennou-Remarck, directrice des relations institutionnelles et de la communication de Canal+ Afrique, a apporté un témoignage sur l'évolution de son groupe qui s'est déroulé dans un relatif scepticisme. Selon elle, il s'agit d'un succès, même s'il a fallu s'adapter en permanence aussi bien au plan technologique que dans la mise en valeur de contenus de proximité. L'idée de la création d'une chaîne de séries francophones s'inscrit bien évidemment dans la recherche de croissance mais représente une contribution importante à la structuration de l'espace audiovisuel francophone.

Elle a cependant rappelé que la qualité, qui dépend de la formation, est indispensable pour mieux appréhender le futur. Une allusion a été faite à la télévision numérique terrestre, dont l'avènement est inéluctable, mais qui emprunte dans bien des pays d'Afrique francophone notamment, un chemin d'accès très escarpé.

La saga d'Africa N°1 a été narrée par Dominique Guihot. Cette histoire, qui est loin d'être terminée, a connu de nombreuses contrariétés. L'on retient cependant que l'idée qui est à la base de la création de cette radio a été perçue en son temps, comme un exemple réussi de coopération Nord-Sud.

Une perception originale a été apportée par un intervenant, Jacques Pilet, journaliste, Conseiller internationale du groupe suisse Ringier. Selon lui, et en dépit des batailles entre grands groupes au niveau mondial, les médias francophones, ont encore toutes leurs chances. Tout n'est pas dit et des possibilités de faire évoluer les modèles en douceur pour soutenir l'expansion existent bel et bien. La qualité de l'information, la valeur ajoutée éditoriale sont susceptibles de faire la différence.

Parmi les intervenants, Madame Sana Sbouai a présenté une initiative originale et très ambitieuse qui, au-delà de l'exemple de la Tunisie, pourrait être une alternative crédible à la désaffection des médias par une nouvelle génération avec laquelle il faudra évidemment compter, si on considère qu'elle est l'avenir.

Jean Kouchner, Secrétaire général international de l'Union de la presse francophone, considère que le plus important est une pratique et une éthique professionnelles du métier. La langue, certes importante, n'est pas indépassable. L'essentiel est l'information des citoyens. Selon lui, il ne faut pas minimiser les nouvelles formes du journalisme. Ce serait une erreur de les garder aux marges.

Tom Pentefountas, vice-Président du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) note les difficultés de la régulation, à cause entre autres raisons, de la vitesse des changements qui interviennent dans ce secteur. En filigrane, c'est l'adaptation des modes régulatoires qui est en cause. La dimension économique devant être mieux appréhendée. Comment réguler les grands groupes et contenir leurs tentations trop hégémoniques, sans pour autant contrarier leur capacité d'investissement ?

La protection des intérêts du consommateur demeure cependant une mission essentielle du régulateur. En revanche, la régulation de l'Internet est considérée par lui, sinon comme impossible, du moins extrêmement difficile à mettre en œuvre.

Une des dernières interventions de ce panel 3 a été celle de Mohamed Soumana Maiga, secrétaire général du réseau de l'audiovisuel public d'Afrique francophone, qui a analysé l'impact d'Internet sur l'ensemble de l'audiovisuel et des médias. D'après lui, il y aura une véritable explosion. De nombreuses productions qu'il qualifie de « low cost », verront le jour et contribueront à la création d'emplois. Il s'est penché plus spécifiquement sur le cas des télévisions publiques en Afrique, qui ont plus que jamais besoin de meilleurs systèmes de management, de formation et de financements de productions qui intègrent l'ensemble des attentes citoyennes, en dépassant les particularismes identitaires.

Pour finir
Au total, même si la parole a été parfois minutée, ces journées ont été extrêmement riches. L'avenir se construit chaque jour. Il faut agir entre, l'euphorie excessive, le pessimisme qui ne l'est pas moins, en organisant de véritables partenariats.

Avant de conclure, je reviens sur l'Afrique qui a été la grande vedette de notre rencontre. On ne peut que s'en réjouir. Mais, c'est une opinion personnelle que je vais exprimer : L'Afrique, dans les batailles à venir, aura-t-elle ou non une place à l'état-major? Elle ne peut plus être un soldat supplétif, un tirailleur. À elle aussi de montrer et de démontrer son intention d'occuper la place qui lui revient.

Nous terminerons par une interrogation : quel sort peut être réservé aux suggestions, avis recommandations qui ont émaillés notre rencontre?
Au fond, la réponse à cette question dépend de chacun de nous, individuellement et collectivement.

Il faut croire, mais surtout agir.
Cela revient à faire preuve de pessimisme actif. Ce qui est toujours mieux qu'un optimisme passif.
Je vous remercie. Monsieur Ibrahim SY SAVANÉ.

 

Crédit photo: Sylvain Béletre, Balancing Act.

   

Télévision et francophonie : la bataille des contenus se jouera en Afrique

Compte rendu et analyse de Pierre Barrot, responsable coopération audiovisuelle à l’OIF.

A la Conférence de Montréal sur l’avenir des médias francophones, deux mots étaient sur toutes les bouches : Afrique et… Netflix.

Organisée par l’Organisation Internationale de la Francophonie et l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales de Montréal, la Conférence internationale sur l’avenir des médias francophones (tenue du 8 au 10 octobre à HEC-Montréal) a rassemblé des professionnels de quatre continents  et de tous les horizons concernés : radio, télévision, internet et presse écrite. Mais force est de constater que l’audiovisuel public était le mieux représenté, les patrons des principales entreprises d’Europe, d’Afrique et du Canada ayant fait le déplacement : Rémy Pfimlin (France Télévisions), Marie-Christine Saragosse (France Médias Monde), Mathieu Gallet (Radio France), Yves Bigot (TV5 Monde), Ahmadou Bakayoko (Radio-Télévision ivoirienne), Louis Lalande (Radio Canada), Suzanne Gouin (TV5 Québec-Canada) et Jean-Paul Philippot (RTBF). Les sociétés de radio et télévision publiques francophones étaient également représentées par Guila Thiam, secrétaire général du CIRTEF (Conseil international des radios et télévisions d’expression française) et Mohamed Maïga, secrétaire général du RAPAF (Réseau de l’audiovisuel public d’Afrique francophone).  Du côté du privé, quelques ténors ont tout de même pu faire entendre leur voix : Françoise Le Guennou-Remarck (groupe Canal +), Constant Nemale, patron d’Africa 24, Dominique Guihot (Africa N°1), André Provencher (groupe Québecor) et Mactar Silla, promoteur d’une nouvelle chaîne panafricaine qui devrait être lancée en 2015 à partir de Libreville.  
Des multiples interventions entendues lors de ces rencontres de Montréal, il ressort que la télévision de demain existe déjà et qu’elle obéit à trois mots d’ordre : délinéarisation, mobilité et interactivité. Plus question d’être enchaîné à un poste fixe ou à des horaires contraignants pour regarder des programmes. Plus question non plus de consommer des images sans réagir.


Surfer sur les images : En matière de « délinéarisation », lorsque France Télévisions a lancé sa télévision de rattrapage, elle a atteint 50 millions de vidéos vues dès la première année. Elle en est aujourd’hui à 140 millions par mois. Le phénomène n’épargne pas l’Afrique où de plus en plus de téléspectateurs utilisent smartphones et tablettes pour s’affranchir à la fois du téléviseur familial et des horaires de mise à l’antenne des programmes. Comme l’explique Ahmadou Bakayoko, les jeunes sont les premiers concernés car, « dans des foyers de sept à huit personnes où ils n’ont pas accès à la télécommande », les écrans connectés leur permettent de sélectionner leurs programmes favoris en s’affranchissant du téléviseur familial. Mais ils ne sont pas les seuls à faire ainsi « bande à part ». Le même Bakayoko raconte sa stupéfaction lorsqu’il a découvert que son propre fils de neuf ans avait appris à sa cuisinière à surfer sur internet avec un smartphone, ce qui permet à cette brave dame  - pourtant illettrée - de regarder des vidéos sur YouTube...

Ahmadou Bakayoko n’avait pas attendu cette révélation pour engager la révolution numérique à la RTI, avec un site internet qui a atteint 3 millions de pages vues, une chaîne YouTube, une page Facebook suivie par 350 000 «amis » et une application pour téléphones portables téléchargée 90 000 fois.

Marie-Christine Saragosse aligne des chiffres encore plus vertigineux pour France Médias Monde (Radio France Internationale, France 24 et Radio Monte-Carlo Doualiya) : 13,5 millions d’« amis » sur Facebook, 4,3 millions de « suiveurs » sur Twitter. France Télévisions, de son côté, possède désormais le troisième site d’information de France (derrière ceux du « Monde » et du « Figaro »).

Hégémonie des géants de l’internet : Mais la présence sur internet et, de plus en plus, sur les réseaux de téléphonie mobile, crée une situation inédite : les organismes de télévision ne sont plus maîtres de leur diffusion et une énorme part du nouveau marché ainsi créé est captée par les « agrégateur de contenus » ou les fournisseurs d’accès, qui servent d’intermédiaires. Jean-Paul Philippot, président de la RTBF, cite l’exemple de la BBC : en 2007, la totalité de ses contenus diffusés sur internet était en libre accès. Aujourd’hui, 59 % du total passe par des fournisseurs d’accès.

Or, les géants de l’internet comme Google, YouTube, Facebook ou Twitter s’approprient une énorme part des ressources générées par la diffusion de contenus sur la toile (publicité mais aussi données  personnelles dont l’exploitation est une mine d’or pour certains opérateurs). Apple « confisque » une part substantielle des revenus liés aux applications pour téléphones portables. Une situation absolument inédite dans l’histoire des médias. Comme l’explique plaisamment Marie-Christine Saragosse, « La main invisible des agrégateurs se glisse dans la poche des diffuseurs ».

Sylvain Lafrance, ancien patron de Radio Canada et directeur du pôle médias de HEC-Montréal, n’hésite pas à parler d’hégémonie et d’abus de position dominante de la part des géants de l’internet.  Si l’on a coutume de dire qu’il n’y a pas de modèle économique viable pour la diffusion de contenus sur la toile, Sylvain Lafrance estime qu’il y a bien un modèle économique mais « Il n’est pas pour nous autres », la plus grande part des revenus potentiels étant prélevée en amont par les « agrégateurs de contenus » et les « fournisseurs d’accès », voire par les réseaux sociaux qui jouent un rôle de « prescription » de plus en plus important. En clair, Facebook est devenu le support moderne du bouche à oreille et du téléphone arabe. La différence avec ces modes traditionnels de recommandation, c’est qu’aujourd’hui, d’énormes revenus sont générés au profit des exploitants de réseaux sociaux, via l’exploitation des données personnelles : tout usager de ces réseaux est en effet traité comme un consommateur sous surveillance dont les goûts et les préférences sont scrutés au jour- le- jour, analysés puis transformés en données monétisables auprès des annonceurs.

 

Ci-dessus : Constant Nemalé - directeur d'Africa 24.

 
Que faire, face à l’hégémonie de quelques groupes américains dans l’univers du numérique ?

Pour Constant Nemale, patron de la chaîne d’information panafricaine Africa 24, les Francophones ont perdu successivement la bataille de la technologie, puis celle du financement. Il leur reste une bataille à livrer : celle des contenus. Or, pour lui, le champ de bataille principal pourrait bien être l’Afrique. Les projections démographiques selon lesquelles 85 % des 715 millions de francophones de 2050 se trouveront en Afrique  ont déjà mis en émoi les professionnels francophones et le continent africain était présent dans tous les discours tenus à Montréal. Mais,  du discours aux actes, il y a un pas et, selon Constant Nemale, « Le seul groupe français qui a compris l’enjeu africain, c’est Canal+ ». Françoise Le Guennou-Remarck, a rappelé à Montréal que son groupe était présent sur le continent depuis plus de vingt ans et que le plan « Africa One », lancé en 2010, visait à atteindre le million d’abonnés en 2015. L’objectif a été atteint dès 2014, grâce à un élargissement de l’offre de chaînes et à un abaissement du « ticket d’entrée » (le coût de l’investissement parabole + décodeur a été divisé par dix depuis le démarrage du bouquet Canal Satellite). Le nouvel objectif fixé au groupe Canal +, « Africa 2 » (deux millions d’abonnés) passe par un renforcement de l’offre de contenus africains, notamment avec le lancement de la nouvelle chaîne A+. Dès maintenant l’appétit des abonnés pour les fictions africaines se traduit par le succès de la chaîne Nollywood TV, qui arrive en quatrième position des chaînes les plus regardées du bouquet Canal Satellite (derrière TV5, France 24 et Euronews).


Puissance des opérateurs non francophones : Malgré l’expansion africaine de Canal + et l’arrivée de nouveaux opérateurs comme Mactar Silla dont la future télévision panafricaine se veut « une vitrine de l’Afrique émergente », les francophones pourraient se trouver confrontés, en Afrique également, à la puissance des opérateurs non francophones.  La chaîne qatari Al Jazeera a déjà proposé 200 millions de dollars à Constant Nemale pour le rachat d’Africa 24. Le même Nemale indique que le groupe chinois Star Time a investi 5 milliards de dollars pour conquérir l’Afrique. Il rappelle également que des moyens considérables sont en train d’être mobilisés en Afrique anglophone. Ainsi, le groupe kenyan Wananchi (télévision à péage et internet) vient de récolter 130 millions de dollars auprès de ses actionnaires pour financer son nouveau plan de développement. Enfin, Jamal Eddine Naji, directeur de la Haute autorité de l’audiovisuel du Maroc estime que le continent africain pourrait être la prochaine zone d’implantation de Netflix, le géant américain de la vidéo à la demande dont l’arrivée en septembre dernier sur les marchés français, belge, suisse et luxembourgeois a déjà créé une certaine panique.  Les craintes que fait naître Netflix sont liées au fait que cet opérateur utilise principalement internet et échappe ainsi en grande partie aux organismes de régulation des médias. Avec internet, souligne Tom Pentefountas, vice-président du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, il n’est plus question de licences payées aux Etats (contrairement à ce qui se passe jusqu’ici avec les télédiffuseurs et les opérateurs de télécommunications). Si cette tendance se confirme, les organismes publics de soutien à la production audiovisuelle n’auront donc bientôt plus les moyens de financer la production de contenus nationaux. 

Pour illustrer la menace que Netflix fait peser sur les pays visés, le Belge Jean-Paul Philippot cite l’exemple de la Norvège. Dans ce pays, les abonnés du roi américain de la VàD ne consomment auprès de cet opérateur que 8 % de contenus norvégiens. Face à la menace Netflix, Jean-Paul Philippot déplore que les Européens avancent en ordre dispersé : il existe, indique-t-il, 3500 services de vidéo à la demande en Europe ; 8 % d’entre eux seulement appartiennent à des opérateurs non européens mais ces 8 %-là génèrent 60 % de l’activité. A cause de la dispersion des moyens, l’Europe risque pour lui d’être « laminée » par Netflix. En sera-t-il de même en Afrique ?  Le risque existe car, comme l’explique Tom Pentefountas de l’organisme de régulation canadien, internet donne aux téléspectateurs la possibilité d’accéder à des programmes du monde entier et expose tout le monde aux programmes atteignant les plus hauts niveaux de qualité. Dans ce contexte, bientôt « le consommateur ne supportera plus la piètre qualité du contenu local ». D’autant plus que la disproportion entre francophones et anglophones est spectaculaire sur le plan des moyens disponibles.  Au Canada, explique-t-il, pour produire une heure de fiction, on dispose de 300 000 dollars à Montréal contre 2 millions à Toronto. Si l’on va aux Etats-Unis, on atteint 4 millions pour une série-vedette comme « House of cards » et jusqu’à 10 millions pour “Le trône de fer”.

S’unir pour ne pas être laminés : Que peuvent faire les francophones pour éviter d’être laminés ? Selon Tom Pentefountas, « II faut penser grand et gros ; il faut s’unir pour atteindre une taille critique qui nous permette d’être concurrentiels ».  Jean-Paul Philippot lui-même suggère de « mettre ensemble la créativité africaine et la puissance économique européenne ». « Il faut mutualiser les contenus » proclame Constant Nemale.  Mais la grande famille francophone n’est pas si facile à unir : « Lorsque j’étais directeur des programmes, je n’ai jamais acheté une série française. Et les Français me l’ont bien rendu » avoue  André Provencher, du groupe Québecor. Ce qui ne l’empêche pas de suggérer « la création d’un grand marché francophone, avec le soutien des Etats ». Son compatriote Pentefountas dit la même chose sur l’objectif mais le contraire en ce qui concerne les moyens : « Il faut s’unir et compter de moins en moins sur les financements publics. »

La conférence de Montréal a permis de poser un diagnostic. Quant aux pistes de solution, elles sont multiples mais contradictoires. De quoi rendre pessimiste ? Peut-être mais Ibrahim Sy Savané, président de la haute autorité de la communication audiovisuelle de Côte d’Ivoire a proposé, en conclusion, l’option du « pessimisme actif ». « Cela vaut mieux que l’optimisme passif », a-t-il ajouté.

Source : OIF, Pierre Barrot, octobre 2014.

Crédit photo: Sylvain Béletre, Balancing Act.

Pour les entreprises africaines, c’est le mobile ou la mort!

Les organisations qui ne comprendront pas la nécessité de définir des stratégies mettant les technologies du mobile au centre de leur réflexion s’exposent aux risques d’une capitulation face à la concurrence et toutes les conséquences fatidiques que cela peut entraîner. Telle est la conclusion tirée du IDC Entreprise Mobility Forum 2014 à Johannesburg.

A travers des présentations, des études de cas pratiques et des tables rondes d’informations, les participants ont été conviés à innover autour de cette transformation et de faire pleinement usage de la notion de mobilité afin d’améliorer l’expérience client et de prospérer dans ce nouveau paysage ultra-concurrentiel.

“La convergence de l’informatique et des télécommunications facilitée par la mobilité permet aux entreprises de virtualiser leurs processus, et ainsi d’augmenter la productivité, stimuler le rendement des employés, rationaliser les fonctions d’affaires, et améliorer le service à la clientèle”, a déclaré George Kalebaila, Directeur senior de la recherche pour les télécommunications et les médias numériques à IDC Afrique.

“Il est clair que l’ère de la mobilité généralisée est imminente, et les entreprises qui ont adopté une mentalité «mobile d’abord» sont déjà classés en tête du peloton“.

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Source : 19 septembre 2014 | Rédacteur

Paris : L’Afrique au RV de la VoD

L’équipe d’Afrostream.tv, une plateforme VoD, se rendra au « forum des technologies disruptives et des nouveaux usages pour le cinéma, la télévision et les nouveaux écrans /Screen4all » qui se tiendra les 28, 29, 30 octobre 2014 au centre national de la danse dans le 93 à Pantin en île de France.


Au menu des ateliers : comment créer votre plateforme netflix en 10 leçons ? le mercredi 29 octobre / 10h00-10h45.

La consommation de la vidéo a explosé ces 5 dernières années. YouTube a été créé en 2005, les premiers services de télévision de rattrapage en France en 2008. Netflix, un service de vidéo en ligne par abonnement aux Etats-Unis, occupe plus d'un tiers de la bande passante totale consommée en période de pointe.

Des services Over The Top (OTT), pure player (Tévolution, VideoFutur, FilmoTV en France) naissent et grandissent, et la télévision de rattrapage est de plus en plus populaire.

Quels sont les facteurs qui ont permis de faire naître ces industries ? Quelles sont les technologies émergentes ?
Comment l'arrivée de Netflix en France peut-elle bouleverser le modèle de distribution actuel ? Quelles seront les nouvelles opportunités pour demain ?

Les conférences, tables rondes, keynotes de Screen4All Forum proposent une ouverture stratégique et prospective pour appréhender les évolutions et les ruptures technologiques, découvrir les nouvelles méthodes de diffusion et de financement, rencontrer des leaders d’opinions, des décideurs, disposer d’un ensemble d’informations pratiques pour mener à bien des projets. Extraits :

- What's Next : Des conférences prospectives pour comprendre demain, les enjeux des innovations technologiques de rupture, les nouveaux usages, et appréhender le futur positivement.

- Ultra HDay : Une journée entière consacrée aux problématiques d’adoption et de développement du 4K Ultra HD (conférences, démonstrations, ateliers, projections), une occasion unique de rencontrer des experts internationaux…
 
- Gear Up Solutions : Les conférences Gear Up Solutions permettent d'appréhender et d'anticiper de la R&D à la mise sur le marché, les écueils et les solutions de financement.

Les ateliers sont des modules courts permettant de faire le point sur un sujet précis, concret et pragmatique. Ils sont sponsorisés par des marques qui disposent de 45 minutes pour présenter une solution, un produit, un service…

Présentation de riam le mardi 28 octobre / 15h00-15h45 :
le réseau Riam (recherche et innovation en audiovisuel et multimédia) et son appel à projets concerne l’ensemble des outils et services permettant la conception ou la mise à disposition de contenus audiovisuels, cinématographiques ou de jeux vidéo. Le Riam soutenu par le CNC et bpifrance permet à des entreprises innovantes de financer leur projet. Cette conférence présentera des projets représentatifs et le dispositif dont peuvent bénéficier les entreprises.

online vidéo, ce qui nous attend, le mardi 28 octobre / 16h00-17h00 :
tour d’horizon des tendances et enjeux des usages et modèles économiques de la vidéo sur internet, accompagné d’illustrations concrètes

Voir le programme pour plus d’infos.

Source : Afrostream, sept. 2014

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