Chers lecteurs, contributeurs et annonceurs
Les secteurs de télécoms et de l'Internet en Afrique termine l'année 2011 sur une note de confiance mais avec néanmoins un sentiment persistant que les choses ne seront plus vraiment semblables à ce qu’elles étaient durant les années en or du début.
L’année prochaine, les câbles sous-marins WACS et ACE seront mis en service. Leur arrivée accélèrera la baisse des prix de l accès aux services data sur le continent à un niveau proche des meilleurs prix internationaux. Les câbles sous-marins E5 (finalisation du financement en janvier 2012) et WASACE sont quant à eux encore à la recherche d un modèle commercial pour un lien reliant l Afrique au Brésil. Celui-ci pourrait être basé sur le trafic international de transit mais sinon il n y aura rien de plus en terme de câbles sous-marins dans les dix à quinze prochaines années. Les prix de la bande passante internationale sur la côte ouest de l Afrique s aligneront progressivement sur ceux pratiqués sur la côte est. Il est cependant clair que les opérateurs sont plutôt lents à partager avec leurs clients les économies réalisées suite à la baisse des prix en gros de la bande passante internationale.
* Toujours des blocages au niveau de la chaîne de valeur: La chaîne de valeur dans la délivrance de services data aux consommateurs inclut: les coûts de transit transfrontaliers (les pays pauvres enclavés sont à plaindre), les coûts de transit nationaux et les coûts de l accès local. Tous ces coûts sont toujours trop élevés et à présent cela coûte plus par kilomètre d envoyer du trafic de Lagos à Abuja que d envoyer du trafic de Lagos à Londres. Si vous vous sentez concernés par cette question de prix élevés sur les liens transfrontaliers, nationaux et locaux, n hésitez pas à nous contacter.
Les opérateurs quant à eux rétorquent que le trafic national et le trafic international sont deux choses bien différentes et qu’il n est pas possible de comparer l un à l autre. Dans ce cas et pour jeter un peu plus de lumière sur quelque chose qui reste pour le moins vague, serait-il possible que quelques un nous explique quels sont les bases de calcul pour les prix des liens nationaux et l accès local. Les prix tomberont inévitablement tout au long du processus (nos informations sur le terrain). La vente basée sur l idée d un manque ou d un déficit, c est du passé. Demain, il s agira de vendre à des milliers de clients et pas seulement à la clientèle entreprise qui par ailleurs commence sérieusement à se demander comment les prix des services qui lui sont proposés sont calculés.
La question des prix n n’est pas le seul problème. Certains blocages dans la chaîne de valeur résultent du manque de concurrence au niveau national ou local ou de l absence d un contrôle des prix dans l hypothèse d opérateurs dominants.
Paradoxalement avec la baisse des prix, l attention commence à se porter sur la qualité des services. Certains liens transfrontaliers et nationaux clés offrent un fonctionnement/un temps de service de l ordre de 80%. Cela équivaut à environ deux mois durant lesquels les liens sont hors services! On est bien d accord que l on ne peut pas qualifier cela d un service de transmission mais plutôt d une autoroute qui est fermée six jours par mois. Sur un lien transfrontalier qui nous est familier, l opérateur public historique ne réalise pas à temps les travaux de réparation et par conséquent l opérateur historique du pays voisin a besoin de franchir la frontière pour assurer lui-même la réparation du lien de transmission. L Afrique a besoin de faire face à de nombreux challenges mais le temps de service est un problème qui a des solutions mais celles-ci nécessitent un autre type de gestion que celui proposé par les opérateurs historiques en situation de monopole. L établissement de marchés plus concurrentiels se résume largement par un meilleur temps de service et plus de choix en terme de redondance.
Le challenge pour les opérateurs (mobiles et autres) est d attirer assez d utilisateurs pour l Internet et les services data pour arriver à un « effet de masse critique » permettant d arriver à des prix aussi bas que possible.
* Les paiements via mobile: L’interopérabilité c est pour quand? Lorsque les opérateurs télécoms ont lancé les premiers réseaux mobiles en Afrique, aucun ne s interconnectait à l autre. Le principe était que si vous aviez beaucoup d abonnés, il valait mieux se les attacher en les gardant en isolation sur votre réseau. Eventuellement certains ont convaincu d autres de s’interconnecter et le reste rentre dans l histoire. Vous allez dépenser plus à appeler des gens si vous avez plus de personnes à appeler.
Cette même conclusion s applique aux services de paiement via mobile comme M-Pesa, Airtel Money, MTN Money ou encore Orange Money. A l exception de M-Pesa, la percée de ces services est soutenue mais lente. On oublie trop souvent que M-Pesa a mis du temps à s’imposer. Pour accélérer le développement des services de paiement via mobile et leur permettre d atteindre une masse critique, les opérateurs devront être persuadés ou obligés de s interconnecter.
* Les fréquences, encore et toujours les fréquences: Une phrase qui revient régulièrement lorsqu’ il s agit de fréquences, c’est qu’il s agit d une ressource rare (même en Afrique). Il faut bien l avouer, nous n avons nous-mêmes dit cela plusieurs fois.
Dans un rapport préparé pour l Union Africaine des Télécommunications examinant le dividende numérique résultant du passage à la télévision numérique nous avons découvert que seul un petit nombre de pays africains avaient à faire face à une demande importante en terme de fréquences allouées au secteur audiovisuel. Il s agit de pays qui ont un secteur audiovisuel bien développé en terme du nombre de chaînes disponibles et/ou assure une bonne couverture nationale.
* Trop de projets pilotes qui ne décollent pas vraiment: Pour pousser le facteur « masse critique » dans l équation de la demande, les bailleurs de fonds ont continué à injecter de l argent dans des projets pilotes visant à améliorer l efficacité de services publics de base dans par exemple les secteurs de l éducation et de la santé. Selon notre mémoire collective, cela fait plus de dix ans que cela continue.
Dans un rapport récent intitulé «Scaling Up Mobile Health», les statistiques parlent d elles-mêmes. Entre 2008 et 2009, 23 projets m-santé ne sont jamais allés plus loin que la phase pilote. Dans d autres secteurs, des bailleurs de fonds importants ont donné de l argent à des gouvernements pour mettre en ligne des services clés comme par exemple la collection d impôts. On peut noter quelques progrès mais ils sont peu nombreux. Les intérêts acquis de fonctionnaires pas très productifs rendent cette tache encore plus difficile.
D un coté vous avez des projets pilotes financés par des bailleurs de fonds démontrant que des services de meilleure qualité peuvent être offerts (comme par exemple le projet Grameen avec des femmes enceintes et des infirmières au Ghana) face à des gouvernements qui sont incapables d intégrer et d étendre ces services à un niveau national.
Par conséquent, pourquoi ne pas mettre ces services en place d une manière plus innovante? Le gouvernement peut attribuer un contrat à un fournisseur externe qui assure la gestion du service? Un partenariat public-privé qui gère le service au nom du gouvernement. Il s agit bien de trouver des façons pour achever cela si le secteur public en Afrique veut bénéficier des TICs. Il s agit de changer le type de stimulants dans le système: arrêter de payer pour des voitures tout terrain et commencer à payer pour des services rendus.
L’année prochaine nous publierons les rapports suivants: une mise à jour du rapport sur les data centres (African Data Centre Markets) ; les perspectives de la publicité sur les téléphones mobiles et enfin le quatrième volet de notre rapport intitulé «African Telecoms and Internet Markets Part 4: Southern Africa ».
Balancing Act a lancé une chaîne TV sur le web via You Tube qui propose des interviews avec des personnages clefs du secteur. Ce n est pas seulement un supplément vidéo à nos bulletins d’information dans la mesure il propose un contenu exclusif qu’il vaut bien le coup de vérifier régulièrement. Il y a aussi des clips vidéo en français et des clips vidéo sur le secteur de l audiovisuel en Afrique qui pourront être utile à la réflexion des opérateurs mobiles à la recherche de contenu audiovisuel à diffuser. Pour s abonner cliquez ici
Balancing Act est aussi présent sur Twitter à (@BalancingActAfr ou nous postons régulièrement des informations et de temps à autres des rumeurs qui circulent dans le secteur. Nous sommes toujours dans une phase d exploration des nouveaux réseaux sociaux et vos commentaires sont les bienvenus.
Cette année, nous avons conduit un certain nombre de projets de recherche pour une clientèle très diverse. La taille de ces projets a été fonction de la demande du client et ces projets se sont traduits soit par un travail de recherche soit par une étude de conseils. Nous restons à votre disposition pour étudier votre demande de conseils ou de recherche. Face à de nouvelles situations, nous pouvons presque toujours vous fournir les données et les idées qui vous permettront de trouver la meilleure solution pour aller de l'avant.
L'ensemble de nos activités ne serait pas possible sans votre soutien et nous espérons qu'à travers les bulletins d'infos "News Update" et les "Dernières Nouvelles" nous vous offrons la possibilité de lire des informations intéressantes (voir des opportunités). Encore une fois, nous vous remercions pour votre aide en 2010 et nous comptons sur votre collaboration pour l'année 2011.
Le prochain numéro des "Dernières Nouvelles" paraîtra le jeudi 12 janvier 2012.
Cordialement
Russell Southwood
CEO
Balancing Act
Isabelle Gross
Senior Analyst
Balancing Act
Sylvain Beletre
Senior Analyst
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