L'éditorial du mois

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Worldreader.org teste le Kindle d’Amazon dans des écoles au Ghana et envisage de le lancer dans d’autres pays africains

David Risher, le Directeur Général de Worldreader.org est un passionné de la lecture. Après l’épisode d’une bibliothèque verrouillée dans un orphelinat en Equateur, il a décidé avec son co-fondateur que le lecteur électronique Kindle serait un outil efficace pour stimuler l’envie de la lecture dans les écoles des pays en voie de développement. Il a choisi le Ghana pour tester son idée et cette semaine il s’entretient avec Russell Southwood des progrès de son projet.

David Risher a embarqué sa famille dans un tour du monde d’une année leur permettant de visiter des endroits en Asie et en Amérique Latine. Durant ce voyage, sa femme et lui ont assuré l’éducation scolaire de leurs enfants en utilisant des livres sur le lecteur électronique Kindle d’Amazon. Pendant leur voyage, ils ont visité un orphelinat et ont trouvé que la porte de ce qui un jour était une bibliothèque, était verrouillée et que la clé restait introuvable.

« Les filles de l’orphelinat avait perdu le goût de la lecture ». Ces deux choses n’ont fait qu’une dans sa tête et lui et son co-fondateur ont commencé à réfléchir à comment donner accès à des livres à des étudiants en utilisant le lecteur électronique Kindle comme support. « La technologie est utile dans les pays en voie de développement lorsque le papier fait défaut ».

Selon David Risher, Worldreader.org a choisi le Ghana parce que “son gouvernement est stable et encourage l’éducation ». Un test de deux semaines a eu lieu et durant ce temps il est clairement ressorti que les étudiants ont utilisé le lecteur comme s’il s’agissait d’un téléphone portable Durant les deux semaines, il y a aussi eu quatre heures de formation pour les enseignants et les étudiants.

Ils ont maintenant commencé à introduire des lecteurs électroniques dans six écoles, deux à chaque niveau scolaire: au primaire, à l’élémentaire et au secondaire. Un projet de recherche sera conduit avec un autre groupe d’écoles qui n’ont pas de lecteurs électroniques dans le but de permettre de faire des comparaisons. En résumé, il y aura 500 enseignants et étudiants qui auront accès au lecteur et 500 sans accès.

Un donneur international finance le projet de recherche qui cherche à élucider deux questions plutôt fondamentales : est-ce que les étudiants qui ont accès au Kindles lisent plus et est-ce que leur niveau de lecture s’améliore ? En parallèle le projet de recherche essayera de voir comment le Kindle est utilisé dans l’environnement familial et comment les enseignants incorporent ce nouvel outil dans le programme d’enseignement. David Risher souhaite que les résultats du projet de recherche prenne une certaine distance et soit crédible » pour nous et les fondateurs et n’aboutit pas à document de travail de défense.

Le lecteur électronique Kindle comportera trois catégories de livres: des classiques comme Charles Dickens, Victor Hugo et Nathanial Hawthorne pour les étudiants du secondaire (dont le droit de reproduction est passé) ; des livres locaux en anglais et en langue vernaculaire qui ont permis aux éditeurs ghanéens la numérisation ; et des livres de classe. Parmi les livres locaux, il y en a un qui s’intitule « Shark » et qui raconte l’histoire d’un étudiant accusé d’avoir une relation amoureuse avec son enseignante.

Le contenu sera distribué en trois phases: durant la première phase, le Kindle sera téléchargé par Worlreder.org avec des livres qui viennent avec le lecteur. Dans la seconde phase, les enseignants ajouteront leur matériel. La troisième phase sera sans doute la plus intéressante. Les étudiants se verront remettre 15 à 20 dollars US pour acheter les livres qu’ils souhaitent. « Si nous donnons un budget aux étudiants pour louer ou acheter des livres, le processus sera alors basé sur la demande ».

Quel niveau de résistance offre le Kindle dans un environnement scolaire dur et désorganisé ? « C’est bon mais pas excellent. L’école est un lieu ou les enfants jettent les choses. On n’en a pas encore perdu un avec ce type de dommage. Nous avons un partenariat avec M-Edge, une société qui fabrique des protections en néoprène pour le Kindle. Ils nous en ont gracieusement offert et nous espérons que cela va les protéger ». Au moyen terme, il souhaiterait être capable d’influencer leur design pour les rendre plus rapides et plus résistants.

Les fonds nécessaires pour acheter ces lecteurs à 250 dollars US proviennent de différentes sources, majoritairement privées: des ex-employés de Microsoft de Seattle qui voulaient des options intelligentes d’investissement de leur argent dans le social et des donations en nature. Au départ, Amazon a donné quelques lecteurs et nous a offert un rabais sur le reste.

Worldreader.org a choisi le Kindle parce qu’il s’agit plus ou moins d’une machine avec une fonction unique et par conséquent moins cher qu’un portable tablette comme l’iPad. « Pour les pays en développement, l’iPad, c’est de trop. David Risher croit aussi que comme il ne s’agit que d’un lecteur, les étudiants seront moins distraits. Avec l’option 3G du Kindle, les livres peuvent être envoyé dans des endroits lointains en fonction de l’expansion des réseaux 3G. Les fonctionnalités Internet sont très limitées. « Il est possible de télécharger un article de Wikipedia mais l’Internet est vraiment très limité ». En plus, une recharge d’une heure permet parfois de faire fonctionner le lecteur jusqu’à deux semaines mais bien sur l’électricité est indispensable.

Après l’évaluation de la phase pilote, l’ambition au moyen terme est en deux parties: tirer les leçons de la phase pilote et continuer à s’agrandir et deuxièmement le déploiement dans plus de pays dont certains seront africains au court terme. « Le choix est basé sur différents facteurs mais deux sont vraiment importants. Il y a le facteur concernant l’infrastructure: est-ce qu’il y a une couverture 3G ? Mais la vraie question, c’est que nous essayons de changer le comportement humain. En terme d’expansion géographique, il s’agira de la volonté du Gouvernement d’adopter ce projet ». Worldreader.org n’est pas la première organisation à s’engager dans cette voie.

Prix des licences 3G en Afrique: comment sont-ils fixés ?

A la fin du mois de Septembre dernier, Moussa Benhamadi, le Ministre des TICs et de la Poste annonçait le lancement probable des services 3G en Algérie pour 2011. Cette déclaration fait suite à d’autres déclarations similaires de pays africains annonçant leur intention de proposer des licences 3G. Le Gouvernement du Gabon a par exemple lancé en juillet dernier un appel d’offre invitant des opérateurs à construire et à gérer un réseau mobile 3G. Le Burkina Faso et le la Côte d’Ivoire se sont aussi engagés dans cette même voie. Cependant dans de nombreux pays en Afrique sub-saharienne, l’attribution de licence 3G n’a pas encore été faite. En analysant les prix des licences 3G déjà attribuées en Afrique, Isabelle Gross s’interroge sur leur pertinence en tant que modèle pour des régulateurs et des ministres des TICs engagés dans le processus d’attribution de licence 3G.

Le Gouvernement tunisien a récemment attribué une licence 3G à l’opérateur historique Tunisie Telecom pour un montant de 80 millions de dollars US. En Juin 2010, le pays comptait environ 11.5 millions d’usagers de la téléphonie mobile avec Tunisie Telecom détenant une part de marché de l’ordre de 49%. Par conséquent le coût de la licence 3G rapporté au nombre d’abonnés mobiles de Tunisie Telecom se traduit par un coût d’acquisition de 14.2 dollars US par abonné. Dans l’hypothèse ou l’adoption des services 3G ne toucherait que 10% des abonnés mobiles de Tunisie Telecom, le coût d’acquisition de la licence 3G augmenterait à 142 dollars US par abonné, un investissement que l’opérateur peut toujours envisagé d’amortir après quelques années de service.

En 2006, le Maroc a attribué des licences 3G à Maroc Telecom, Meditel et Maroc Connect (mieux connu aujourd’hui sous le label Wana) pour un montant de 40 millions de dollars US chacune. A cette époque, le nombre total d’usagers de la  téléphonie mobile s’élevait à environ 16 millions. Si le coût total des licences 3G (120 millions de dollars US) est reporté au nombre d’abonnés au mobile, le coût d’acquisition de la licence 3G équivaut à 7.5 dollars US par abonné.

En mars 2007, les trois plus grands opérateurs mobiles au Nigéria, MTN Nigeria, Celtel Nigeria (qui opère aujourd’hui sous le label Zain et sans doute bientôt sous celui de son nouveau propriétaire, Bharti-Airtel) et Globacom Limited ainsi qu’Alheri Engineering, une société moins connue se sont vus attribuer des licences 3G pour un
montant de 150 millions de dollars US chacune. Le Gouvernement nigérian a quant à lui collecté un montant total de 600 millions de dollars US. A cette époque, le nombre d’usagers de la téléphonie mobile était de l’ordre de 32 millions au Nigéria et le coût d’acquisition de la licence s’établissait donc à environ 19 dollars US par abonné.

Le Kenya a attribué la première licence 3G à l’opérateur mobile Safaricom en 2007 pour un montant de 25 millions de dollars US. Suites aux récentes pressions des autres opérateurs mobiles, l’autorité de régulation des télécoms au Kenya (Communications Commission of Kenya – CCK) a revu à la baisse le prix de la licence 3G. Selon Charles Njoroge, le Directeur Général de la CCK « conformément à notre politique qui nous amène à ajuster de temps à autre le prix des licences pour différents services pour attirer plus d’acteurs dans le marché pour le bénéfice des consommateurs, la CCK vient de réduire récemment le prix initial d’accès au spectre haut-débit de 25 millions de dollars US à 10 millions de dollars US ». Avec quatre opérateurs mobiles en activité, l’autorité de régulation peut compter sur un montant 40 millions de dollars US pour l’attribution des licences 3G. Le Kenya qui compte
environ 20 millions d’abonnés mobiles, a le coût d’acquisition d’une licence 3G par abonné le plus bas à 2 dollars US par abonné.

Lorsque l’Egypte a décidé d’attribuer des licences 3G, l’autorité de régulation des télécoms (National Telecommunication Authority – NTRA) a fixé la barre bien plus haut. Le prix d’une licence 3G (pour l’opérateur historique Mobinil et Vodafone Egypt) a été fixé à 20% du prix de la licence 2G/3G attribué au troisième opérateur mobile en 2006. Comme la valeur de l’offre gagnante pour la troisième licence mobile était de 2.89 milliards de dollars US, le coût d’acquisition d’une licence 3G est passé à 578 millions de dollars US pour Mobinil. Au regard des 8 millions d’abonnés que comptait Mobinil, le coût d’acquisition de licence a été de 73 dollars US par abonné. Si l’on estime que seul 10% de l’ensemble des usagers vont s’abonner à des services 3G, le coût d’acquisition pourrait grimper jusqu’à 730 dollars US par abonné pour  Mobinil.

Les exemples ci-dessus soulignent d’importantes différences dans les prix des licences 3G. Le coût d’acquisition par abonné est presque 37 fois plus élevé au Kenya qu’en Egypte. Les opérateurs mobiles du Nigéria ont quant à eux payé presque dix fois plus que leurs homologues au Kenya. Quels ont été les critères retenus pour définir le prix des licences 3G ? La taille potentielle du marché des services de données ou la richesse économique de la population ?

Le Nigéria avec une population d’environ 160 millions d’habitants est quatre fois plus grand que le Kenya (avec une population d’environ 39 millions d’habitants) mais la population de l’Egypte (80 millions d’habitants) est seulement la moitié de celle du Nigéria. En analysant le produit intérieur brut annuel par habitant, en parité de pouvoir d'achat (PPA), l’Egypte est à 6,123 dollars US suivi du Nigéria à 2,249 dollars US et du Kenya à 1,730 dollars US (données 2009 du FMI). Bien que l’Egypte ne soit pas le plus grand pays par population dans ce groupe, il dispose du produit intérieur brut annuel par habitant le plus élevé et par conséquent ses habitants disposent potentiellement de plus d’argent à dépenser dans des services de données que le Nigéria et le Kenya. Sur la base des critères ci-dessus, des pays d’Afrique, petits et pauvres, devront réfléchir sérieusement au prix de la licence 3G qu’ils souhaitent attribuer. S’ils fixent la barre trop haut, il y aura probablement des retards ou pire un désintérêt de la part des opérateurs télécoms.

La Tunisie vient de réaliser sa première enquête qualitative des services Internet haut-débit

Avec plus de 400,000 abonnés à l’ADSL et récemment le lancement de l’Internet mobile par Orange Tunisie, la Tunisie fait partie des pays leaders en Afrique en matière de démocratisation de l’Internet. Cette position sous-entend une forme de responsabilité quant à la qualité des services Internet offerts au grand public. Sur la base de ce postulat, l’Instance Nationale des Télécommunications (INT), le régulateur tunisien en collaboration avec le Centre d’Etudes et de Recherche des Télécommunications (CERT) et la société Epitiro ont réalisé une enquête qualitative des services Internet haut-débit proposés aux tunisiens. Isabelle Gross s’est entretenue avec Mr Mohamed Ben Amor du rôle du CERT dans cette enquête et des perspectives commerciales offertes via ce partenariat avec la société Epitiro. Selon Mr Mohamed Ben Amor, Directeur Général du CERT, le projet d’analyse de la qualité des services Internet haut-débit a été initié par l’INT dans ses prérogatives de régulateur contrôlant la qualité des services de télécommunication offert au public.

L’enquête qui a couvert deux villes, Tunis, la capitale et M’saken située dans le Gouvernorat de Sousse, a concerné six fournisseurs d’accès Internet haut-débit. Créé en 1988 avec le statut d’établissement public, le CERT prend part au développement du secteur des télécommunications et supportent les activités des principaux opérateurs. Dans le cadre de cette enquête, le CERT a selon Mr Mohamed Ben Amor assurer la prise des mesures qualitatives en collaboration avec la société Epitiro. Concrètement il s’agissait d’organiser la location des locaux, de prendre des abonnements ADSL auprès des différents fournisseurs sous la couverture de l’anonymat ainsi que d’aider à l’installation des équipements d’Epitero pour collecter les paramètres de qualité. Parmi les paramètres de qualité retenus, Mr Mohamed Ben Amor énumère la vitesse HTTP, le débit TCP ou encore le délai de réponse. Le relevé de ces paramètres a été fait toutes les trente minutes durant le mois de juin dernier. L’enquête a aussi permis de comptabiliser les coupures et de recueillir plus d’informations sur la nature de la coupure et son origine. Les résultats de l’enquête qualitative des services Internet haut-débit seront publiés sous la direction de l’INT. Mr Mohamed Ben Amor a constaté que selon les premiers résultats « les fournisseurs se situent dans une fourchette acceptable de qualité. Lorsqu’il y a une coupure, il n’agit pas de coupures prolongées pour le client.

Globalement les résultats de l’enquête qualitative font ressortir que le service offert s’inscrit dans la description du service proposé par les fournisseurs d’accès Internet ». Pour le Directeur Général du CERT la collaboration avec la société Epitiro a été une opération très intéressante dans la mesure ou elle a permis au CERT de développer sa propre expertise en matière d’analyses de qualité des services Internet haut-débit. Elle va s’ajouter à la solide expérience dont l’organisme dispose déjà en matière de contrôle de qualité des réseaux radio mobiles. Il est question par exemple d’étendre l’enquête qualitative des services Internet haut-débit à l’ensemble du pays pour permettre une meilleure évaluation des services au plan national. Ce projet devrait démarrer en 2011.

Les ambitions du CERT ne se limite pas à la Tunisie. Pour Mr Mohamed Ben Amor, la continuation de la collaboration avec Epitiro dans le futur est une collaboration du type « gagnante-gagnante ». Le CERT apportera sa connaissance de l’Afrique et son expertise technique en combinaison avec celle d’Epitiro dans les technologies avancées. Des projets d’enquêtes de qualité des services Internet sont à l’étude pour des pays comme le Congo, la Mauritanie et le Burkina Faso. L’alliance entre une société britannique et tunisienne comporte aussi des avantages commerciaux. Elle permet entre autres de proposer une offre de service à un coût moindre que celle d’une offre entièrement européenne. L’avis est donc lancé aux régulateurs africains qui souhaitent encourager des services Internet de qualité dans leur pays sans dépenser de trop. Pour plus d’informations consulter les sites - de l’INT - http://www.intt.tn/ - du CERT - http://www.cert.nat.tn/ - d’Epitiro - http://www.epitiro.com

Services en lignes et applicatifs: Les temps sont mûrs pour les innovateurs africains de placer la barre un peu plus haut

Global Voice Group – Une excuse

Dans un article intitulé « la vie dans la voie lente en Afrique - Congo Telecom et Socatel défendent leur monopole sur le trafic international tandis que la diaspora s’interroge sur le pourquoi ? » publié dans le numéro 491, les lecteurs de Balancing Act « News Update » ont pu croire que nous avons insinué que Global Voice Group aide à commettre une fraude par un groupe que nous avons décrit comme « la mafia » en adoptant des pratiques anti-concurrentielles par la prise en charge de l’ensemble du trafic international voix au Congo tout en encourageant les gouvernements africains à imposer une taxe sur les appels entrants. Nous souhaitons clarifier que cela n’était pas notre intention de suggérer cela. Nous acceptons que ces allégations soient fausses et nous présentons nos excuses à Global Voice Group pour tout malentendu qui aurait pu survenir et tout dommage que notre publication aurait pu causé.

Services en lignes et applicatifs: Les temps sont mûrs pour les innovateurs africains de placer la barre un peu plus haut

Au début du mois de septembre, Google a organisé G-Kenya, une manifestation en faveur des développeurs qui a recueilli une importante participation. C’est seulement un événement parmi d’autres sur le continent qui montre un renouveau d’intérêt pour le développement de services et d’applicatifs. Pour Russell Southwood, il y a un terrain fertile pour des innovateurs africains dans le domaine technique. Cela dit il faut qu’ils décident du prix auquel ils sont à la recherche. Pour un temps, il a semblé qu’il y aurait beaucoup de bande passante (nationale et internationale) avec des prix en chute libre mais peu de contenu local, de services et d’applicatifs pour en user. Sous le radar, un certain nombre de développements ont vu le jour durant le mois passé suggérant que les entrepreneurs africains dans le domaine technique sont entrain de monter aux créneaux pour combler ce vide. Prenons par exemple les trois développements suivants: * A la fin du mois d’août, « Maker Faire Africa » qui s’est tenu à l’Université de Nairobi, a rassemblé des inventeurs de tous bords exposant toutes sortes d’inventions comme des équipements solaires ou des jouets d’enfants. C’était la seconde manifestation de « Make Faire Africa » et son organisation a été assurée par des gens influents incluant Erik Hersman (d’iHub et d’Ushahidi fame), Emeka Okafor le producteur de TED Africa, Mark Grimes de Ned.com, Henry Barnor de Ghana Think et le stylicien social Emer Beamer. Deux cents personnes se sont retrouvées pour exposer des innovations qui incluent l’utilisation de déchets pour fabriquer de nouveaux objets, des équipements permettant d’économiser de l’eau dans le domaine agricole, des applicatifs de réseaux sociaux pour les téléphones portables et un nouveau système de fabrication de corde en sisal. Quelle peut bien être l’importance de cet événement pour le secteur des TIC ? En fait, cela tient à deux raisons. En premier lieu, le vainqueur du prix financé par General Electric est un enseignant en physique du Kenya dénommé Robert Mburu qui a créé une nouvelle alarme pouvant être activée ou désactivée grâce à un téléphone portable. L’alarme comprend des détecteurs de mouvements, un écran numérique affichant le nombre d’intrusions et son taux de succès est de 98% jusqu’à 15 mètres. Le prix que Mr Mburu a remporté est une semaine d’apprentissage parmis les scientifiques les plus réputés de GE à Bangalore en Inde. Selon le vainqueur, « C’est lorsqu’on m’a volé ma TV que l’inspiration m’est venue de développer des solutions propres aux problèmes de l’Afrique ». La seconde raison est que des manifestations telles que celle-ci encourage à l’innovation. Il s’agit de quelque chose d’essentiel dans le processus de développement d’un marché de services et d’applicatifs pour les portables et l’Internet. Un peu plus sur ce sujet dans une minute… * Erik Hersman est l’un des principaux acteurs dans le lancement d’iHub situé au sommet d’un bloc de bureaux dans la rue embouteillée de Ngong à Nairobi. « C’est Ushahidi qui a apporté le financement initial. Nous voulions rendre son dû au pays. Nous nous sommes dit qu’il fallait essayer. Nous voulions quelqu’un pour nous soutenir financièrement mais personne n’était prêt pour cela. Après le lancement, ils sont tous venus. Si vous mettez assez de personnes intelligentes dans une même pièce, de bonnes choses peuvent arriver ». D’un point de vue structurel, c’est bien ce que l’iHub est : une bonne architecture d’un espace ouvert avec des sièges très à la mode, un accès Wi-Fi gratuit et un petit café bar. L’espace de travail comprend une touche de légèreté, un élément qui manque trop souvent dans les grands projets de promotion de l’entreprenariat. L’espace permet de créer son réseau. C’est un endroit d’où l’on peut travailler pour ceux qui débutent. Il s’agit aussi d’une bonne place pour rencontrer des techniciens et se mettre au goût du jour de ce qui se passe parmis les développeurs ». Basé sur un système d’adhésion, différents niveaux permettent à chacun de faire part du réseau et de bénéficier de ses services. Un type d’adhésion vous donne droit à un bureau de travail, un casier de rangement et l’usage d’une salle de conférence. Erik Hersman pense qu’il y aura 150 membres à la fin de cette année. « Il s’agit d’un espace ou l’on peut trouver des gens pour un travail et s’informer des manifestations qui ont lieu. En utilisant leur site Internet, il est possible de voir des exemples de travaux réalisés par des membres. Lorsqu’ils ont été embauchés, ils vous noteront sur des choses comme la façon dont ils ont été traités et la rapidité du paiement ». « C’est un peu comme un espace coopératif. Il y a un nouvel endroit à Londres dénommé Tech Hub dont le modèle est intéressant et très similaire au nôtre. Ce que nous faisons en ce moment, relève plus de l’expérimentation ». L’espace de travail est utilisé par 20 à 40 personnes par semaine. Mais selon Erik Hersman, le nombre potentiel de membres est plus important: 600 personnes ont participé à Bar Camp Africa, un mélange de développeurs, programmeurs et bloggueurs. « Il s’agit d’un marché en pleine croissance et il nous faut trouver assez de financement pour que 10% des idées puissent être concrétisé. Il n’y a pas encore assez de gens qui sont prêts à prendre des risques. Les investisseurs locaux demandent 60% de l’affaire. Il nous faut trouver des gens qui sont prêts à investir entre de 10,000 et 50,000 dollars US pour nous permettre de continuer notre action ». * La manifestation G-Kenya a attiré plus de 1,200 personnes et un événement du même type en Ouganda a réuni autour de 650 personnes. Cependant, lors de ma participation à un panel vers la fin de la manifestation, le nombre de participants s’était réduit à un noyau de l’ordre de 400 à 500 personnes. Quelque que soit l’angle duquel on examine cette manifestation, il s’agissait bien d’un événement important avec une marquise à l’extérieur pour les pauses et un DJ orchestrant la musique durant les pauses. Google cherche à introduire ses produits sur les marchés qui disposent de bande passante et des appareils pour les utiliser. Nelson Mattos, vice-président de l’Ingénierie a annoncé le lancement du portal Android pour le Kenya. Le magasin d’applicatifs permettra aux développeurs de vendre leurs produits et services n’importe ou: le marché local, à travers l’Afrique et par le monde à deux millions d’utilisateurs professionnels et 25 millions d’utilisateurs privés. Les portables Android sont arrivés tard sur le marché africain mais ils commenceront à rattraper leur retard dans les 18 prochains mois. J’ai participé à un panel consacré à la question de « l’idée au produit ». J’ai eu un échange de conversation avec l’un des panélistes que j’ai trouvé révélateur. J’ai fait un commentaire concernant le trop grand nombre en Afrique d’innovations du type « moi aussi » et que copier ce que quelqu’un d’autre a fait n’est pas vraiment une innovation. Ma remarque a touché au vif un des membres du panel qui m’a répondu qu’il voulait gagner de l’argent et qu’il n’y avait rien de mal à prendre des idées d’ailleurs et d’essayer d’en faire un succès. Non sans raison, il a souligné qu’il y a beaucoup de travail à faire au cours terme pour « localiser » les services et les applicatifs et que fondamentalement il n’y avait rien de mal à faire comme ça. Il y a eu peu d’idées originales et bien souvent ces idées étaient simplement de nouvelles manières d’utiliser des techniques existantes. La raison pour laquelle j’ai insisté sur ce point, c’est que dans ma position je se suis amené à recevoir beaucoup d’informations et très souvent les mêmes informations viennent par vagues. Il me semble qu’il y a des annonces sans fin pour des applicatifs similaires à Facebook. J’en compte trois déjà au Kenya et bien souvent ce sont des produits superficiels qui se limitent à appliquer un fard à une plateforme qui a été crée ailleurs. La prime pour ces types de produit est qu’ils n’ont pas beaucoup d’utilisateurs et très peu de contenu original. En d’autres termes, le développeur a pris le moindre risque et n’a pas compris comment créer la chose la plus importante, la communauté d’utilisateurs qui va transformer un site moribond en un succès qui respire la vie. Au long terme, les développeurs africains devront créer des services et des applicatifs qui peuvent être comparés avec ce de leurs pairs en Afrique et ultimement au marché féroce des idées globales. Lors de la conférence inaugurale de Tech4Africa par exemple, « Seedcamp » le micro-fonds européen d’investissement qui se concentre sur les « startups » a choisi trois projets d’Afrique du Sud pour concourir à la semaine européenne de Seedcamp. Les trois projets sélectionnés incluent Cognician: www.cognician.com ; GetaGreatBoss: www.getagreatboss.com ; iSigned.com: www.isigned.com Il est possible de prendre leur jugement à défaut en particulier pour ne pas avoir trouver de projets innovants à l’extérieur de l’Afrique du Sud. Cela dit, il est plus dur de ne pas être d’accord avec leur sentiment d’ambition mondiale. Ce chemin n’est pas fait pour tout le monde mais si les développeurs locaux ne veulent pas l’embrasser, l’Afrique produira simplement des copies au moyen terme. Des services comme M-Pesa, Ushahidi et le service d’examen par SMS au Kenya sont tous le fruit d’idées innovatrices. Quand le service d’examen par SMS a été activé, il a reçu plus de 1.5 millions de demandes. Une innovation authentique, c’est une combinaison d’idées qui n’existent pas vraiment avec un besoin pour celles-ci. L’Afrique a besoin de plus de ce type d’innovations parce qu’elles permettront d’en faire des produits mondiaux à succès. Ces produits attireront de l’argent sur le continent permettant de créer un futur bien différent pour l’Afrique. Il s’agit bien là du challenge qui vous attend….

Côte d’Ivoire: SWAPT Technologies lance la collocation de site

Global Voice Group – Une excuse

Dans un article intitulé « la vie dans la voie lente en Afrique - Congo Telecom et Socatel défendent leur monopole sur le trafic international tandis que la diaspora s’interroge sur le pourquoi ? » publié dans le numéro 491, les lecteurs de Balancing Act « News Update » ont pu croire que nous avons insinué que Global Voice Group aide à commettre une fraude par un groupe que nous avons décrit comme « la mafia » en adoptant des pratiques anti-concurrentielles par la prise en charge de l’ensemble du trafic international voix au Congo tout en encourageant les gouvernements africains à imposer une taxe sur les appels entrants. Nous souhaitons clarifier que cela n’était pas notre intention de suggérer cela. Nous acceptons que ces allégations soient fausses et nous présentons nos excuses à Global Voice Group pour tout malentendu qui aurait pu survenir et tout dommage que notre publication aurait pu causé.

Côte d’Ivoire: SWAPT Technologies lance la collocation de site 

Lors d’une interview accordé au journal nigérian, The Nation, Dammy Olarinde, Directeur Pays et Responsable des Opérations Internationales à SWAPC CI a dit « Il s’agit d’un moment très intéressant pour l’industrie du mobile en Côte d’Ivoire dont la croissance rapide est assurée. Nous sommes prêts maintenant à réaliser des partenariats avec les opérateurs mobiles sur la base de notre longue expertise et notre expérience locale. Nous pouvons assurer la gestion de leurs stations de base et les aider à déployer rapidement de nouvelles stations de base. Ils pourront se concentrer sur leurs clients et réaliser en même temps des économies en partageant les stations de base sans avoir à débourser les investissements supplémentaires ».

SWAP Technologies & Telecomms CI (SWAP CI) est une représentation locale de SWAP Technologies & Telecomms Plc (SWAP Nigéria), entreprise leader dans les GSM en Afrique de l'ouest. L'entreprise est basée au Nigéria; au Ghana et en Côte d'Ivoire. Elle a enregistré un chiffre d'affaire de 36 millions de dollars en 2008.

SWAP CI opère dans les domaines suivants :

- la collocation de sites aux opérareurs GSM/CDMA /ISP.
SWAP Nigéria enregistre au 1er Octobre 2009, cent dix (110) sites en collocation au Nigéria avec au moins deux opérateurs par site. Nous comptons donc proposer ce même service dans d'autres pays de l'Afrique de l'ouest.

- la mise à  disposition des opérateurs une station de base complète sur la base d'un site clé en main. SWAP avoisine à ce jour le chiffre de quatre cent cinquante (450) sites construits au Nigéria, au Ghana et en Côte d'Ivoire.

- des  services pour l'installation d'équipement de Transmission et pour les services d'optimisation de réseau pour

La société intervient aussi dans la fourniture d'infrastructures Telecom telles que les pylônes, les abris préfabriqués (shelters), les générateurs, les palissades, les batteries (redresseurs) etc. à travers l'Afrique de l'ouest. SWAP est importateur et distributeur exclusif des infrastructures de renoms telles que Tricom Towers, Sparkwest Towers, JK Shelters, Palladian Shelters, Emerson power solutions depuis quatre (04) années maintenant.

L’objectif à SWAP CI est de devenir la compagnie de développement d’infrastructures télécom de confiance la plus éminente et la plus respectée de la région tout en combinant perspicacité dans les affaires, expertise et satisfaction du consommateur.

En tant que cheville ouvrière dans la construction d’infrastructures et avec une concentration première sur la Côte d’Ivoire,  SWAP CI espère bientôt consolider  
sa présence et renforcer ses liens avec ses potentiels partenaires aussi bien locaux qu’internationaux.

Google au Libéria: Visite ponctuelle ou le début d’un long partenariat ?

Global Voice Group – Une excuse

Dans un article intitulé « la vie dans la voie lente en Afrique - Congo Telecom et Socatel défendent leur monopole sur le trafic international tandis que la diaspora s’interroge sur le pourquoi ? » publié dans le numéro 491, les lecteurs de Balancing Act « News Update » ont pu croire que nous avons insinué que Global Voice Group aide à commettre une fraude par un groupe que nous avons décrit comme « la mafia » en adoptant des pratiques anti-concurrentielles par la prise en charge de l’ensemble du trafic international voix au Congo tout en encourageant les gouvernements africains à imposer une taxe sur les appels entrants. Nous souhaitons clarifier que cela n’était pas notre intention de suggérer cela. Nous acceptons que ces allégations soient fausses et nous présentons nos excuses à Global Voice Group pour tout malentendu qui aurait pu survenir et tout dommage que notre publication aurait pu causé.

Google au Libéria: Visite ponctuelle ou le début d’un long partenariat ?

L’intérêt que Google porte envers l’Afrique n’est pas récent. Au cours des trois dernières années, Google a ouvert des bureaux locaux dans plusieurs pays africains notamment en Afrique du Sud, au Kenya, au Sénégal, au Ghana et au Nigéria. La semaine dernière, une équipe de Google s’est rendue au Libéria dans le cadre d’un atelier de travail de deux jours intitulé « Internet Camp Liberia ». Il va s’en  dire que l’accueil a été très chaleureux. Isabelle Gross qui a assisté à l’atelier de travail s’interroge  sur les objectifs de Google sachant que le Libéria est l’un des pays les plus pauvres d’Afrique avec une très faible pénétration de l’Internet et une connectivité internationale qui pour l’instant repose à 100% sur le satellite.

Jeudi dernier, plus d’une centaine de « mordus » de l’Internet se sont retrouvés à l’Hôtel de Ville de Monrovia pour participer aux deux jours de travaux dans le cadre de l’Internet Camp Libéria organisé par Google. Plus de 90% de l’audience présente était masculine. Pourquoi si peu de femmes ? Est-ce à dire qu’elles n’étaient pas intéressées par le sujet ou est-ce que le « virus » des  NTIC au Libéria n’a pas encore infectée la gente féminine ? L’audience était aussi très jeune avec une majorité de gens en dessous de l’âge de trente ans. Pour la plupart il s’agissait d’étudiants, de professionnels des TIC et des représentants d’ONG. L’ambiance était chaleureuse et face à une audience très intéressée par certains services et produits, l’équipe dynamique de Google a démontré beaucoup de flexibilité quant aux thèmes abordés durant les deux jours de travaux. Il est clair que les organisateurs étaient très intéressés de mieux comprendre l’expérience et d’évaluer les besoins de l’audience qu’ils avaient en face d’eux.

Selon le programme de présentation d’Internet Camp Liberia, « la mission essentielle de Google est d’organiser l’ensemble des informations à travers le monde et de les rendre universellement accessibles et utiles. Dans cet esprit, nous offrirons des formations sur des outils locaux et globaux encourageant le développement économique et les possibilités d’entreprenariat pour les éducateurs, les entreprises et les ONG au Libéria ». Pour autant noble que cet objectif soit, il s’agit aussi pour Google de « vendre » sa panoplie d’applicatifs qu’il s’agisse de Gmail, son service courriel, de Google Maps ou d’autres applicatifs. Lors de la présentation de Gmail, l’audience a posée de nombreuses questions sur ses fonctionnalités. Ce n’est pas très surprenant lorsque l’on sait que l’écrasante majorité des Internautes libériens ont une adresse email Yahoo.

Les animateurs des sessions d’information ont par exemple fait des démonstrations et ont donné d’amples informations sur Google Maps et ses applicatifs. A présent les informations que Google Maps propose sur le Libéria sont quelque peu limitées. La carte du réseau routier national par exemple ne reflète que partiellement les routes existantes au Libéria. Le plan de  Monrovia, la capitale du Libéria, comporte des inexactitudes. A travers ma propre expérience d’utilisateur  de Google Maps pour me repérer dans Monrovia lors de mes promenades découvertes, j’ai eu à faire face à des incohérences dans la représentation des rues et des monuments ou des bâtiments utiles tels que les ambassades ou les banques. Grâce à l’institue nationale des statistiques, la  Liberia Institute of Statistic and Geo-Information Services (LISGIS), Google va bientôt mettre en ligne une carte à jour du réseau routier national. Pour avoir vu la nouvelle carte, il est clair que le réseau routier existant est bien plus dense que ce qu’il est possible de voir à présent. Google encourage aussi des ministères comme celui de la santé ou de l’éducation de rendre public des informations sur le réseau hospitalier ou scolaire du pays. Ce type d’informations permettrait d’enrichir le contenu des cartes. Un pas plus loin dans ce type de travail collaboratif: chaque Internaute a la possibilité de proposer des informations et soumettre des photos pour enrichir le contenu de Google Maps.

Contrairement à d’autres sociétés informatiques qui se limitent à faire une présentation de leur produits et services et ensuite plient leurs bagages, Google  a aussi organisé une session interactive de travail consacrée aux opportunités commerciales liées à l’Internet. L’audience a été invitée à réfléchir et à formuler des idées de développement d’activités locales centrées sur l’Internet et qui seraient économiquement viables. Des idées d’activités tel que l’enregistrement des noms de domaines, l’accès à l’Internet pour la recherche et la communication et un service d’annuaire ont été proposées. L’audience répartie en petits groupes de travail s’est attelée à la tache de calculer le chiffre d’affaires potentiel dérivant de ces activités. En moyenne l’audience a estimé que le chiffre d’affaire hebdomadaire par personne pourrait être de l’ordre de 313 dollars US. Le chiffre d’affaires le plus bas était 40 dollars US tandis que le chiffre d’affaires le plus élevé qui a été proposé était de 750 dollars US par personne par semaine. L’Internet au Libéria est bien loin de devenir une activité commerciale générant des millions de dollars !

Si Google entend faire une différence au Libéria, la société devra comprendre qu’il s’agira de s’engager à long terme pour permettre un vrai travail de fond. La guerre civile n’a pas seulement détruit les infrastructures du pays (incluant le réseau de télécommunications) mais elle a aussi privé toute une génération d’un accès régulier à une éducation de base. Surfer le Net n’est pas très intéressant si l’on ne sait pas comment lire et écrire. Et lorsqu’on possède ces qualités, la lenteur de la connexion Internet rend la navigation frustrante. Il est impossible par exemple de regarder des vidéos en ligne parce que chaque quelques secondes l’image se fige parce que le téléchargement des données « ne suit pas ». Ce n’est qu’à la mi-2012 que le Libéria sera connecté à la fibre optique avec l’arrivée du câble sous-marin ACE (Africa Coast to Europe).

Une solution hybride solaire et éolienne pour stations de base promettant de réduire les coûts de fuels de plus de 90%

Avec des coûts énergétiques pour les stations de bases en Afrique se situant entre 30,000 et 60,000 dollars US par an, il n’est pas surprenant que les solutions d’énergie renouvelable figurent parmi les décisions commerciales des opérateurs mobiles. Le prix du diesel a déjà augmenté en raison de la fluctuation des taux de change et probablement son prix augmentera encore plus dans les trois prochaines années. Russell Southwood s’est entretenu avec Christian Jonsson, Responsable Moyen-Orient et Afrique chez Flexenclosure sur les impacts de solutions hybrides sur la maîtrise des coûts énergétiques.

L’un des plus grands opérateurs en Afrique de l’Est recense de 2,500 stations de base dont 500 hors du réseau électrique de transmission.  Cela se traduit par un montant hallucinant de 300 millions de dollars US par an pour le fuel seul. Mais il faut aussi ajouter à cela la gestion qui assure que chaque station de base dispose d’assez de fuel et que les générateurs sont en bon état de marche. Dans des pays comme le Soudan, le fuel est acheminé par avion vers certaines stations de base tandis qu’au Libéria le fuel est parfois acheminé par bateau ou par chariot dans certains endroits. Il y a probablement plus de 500 stations de base hors réseau dans chacun de ces pays.

Le chiffre de 90% d’économie de fuel correspond selon Christian Jonsson à un site hors réseau avec un petit générateur, une éolienne et des panneaux solaires. Le site bénéficie de vents pendant six mois de l’année tandis que l’énergie solaire est utilisée pendant le reste du temps. Les batteries emmagasinent l’électricité provenant des trois sources et le générateur sert de solution de secours en l’absence d’énergies renouvelables.

L’équipement dispose d’un système de contrôle qui optimise le cycle de chargement et de déchargement de la batterie. L’ensemble de l’équipement a une durée de vie de quinze ans et ne nécessite probablement pas plus qu’une visite annuelle de maintenance. Il inclut une série d’artifices pour maximiser la production d’énergie et la réduction des coûts. La station de base par exemple dispose d’un système de ventilation qui pousse l’air de l’extérieur à travers un filtre et les stations les plus récentes ainsi que les batteries peuvent fonctionner à des températures plus élevées.

Malgré l’économie qui peut être réalisée, l’investissement en capital est tel que cette solution est plus adaptée à des nouveaux sites ou des sites en phase de rénovation. Selon Christian Jonsson, « il s’agit d’un modèle commercial avec une période de 10 à 15 ans. Ce n’est pas le cas de stations de base traditionnelles fonctionnant au fuel ». Si le coût d’un site traditionnel est de l’ordre de 120,000 dollars US (incluant le génie civil), il faut ajouter 70,000 dollars US en plus pour ce type de solution. Le coût additionnel en capital est remboursé par le faible coût opérationnel et après la période de retour sur investissement, il s’agit d’une réduction des coûts généraux.

Le produit « E-Site » de Flexenclosure est sur le marché depuis un an et Zain, Safaricom, MTN et Etisalat sont entrain de le tester. « Nous sommes dans le secteur des télécoms depuis vingt ans et avons des partenariats stratégiques avec Ericsson. Nous avons équipés des centres d’échanges en Afrique depuis dix ans. L’intérêt pour cette solution a été massif et je pense qu’il y aura beaucoup de déploiements cette année. »

Dans certains cas, un surplus d’électricité est généré par la station de base et dans ce cas il peut être redistribué au sein de la communauté locale (en permettant par exemple aux gens de recharger leur téléphone portable) ou revendu. Le service de recharge est une garantie de sécurité pour le site basé sur l’hypothèse que personne ne va détruire ou vandaliser l’endroit ou il peut recharger gratuitement son téléphone portable.

Au long terme, il s’agit de relever le défi d’une simplification du processus d’attribution de licence pour la production d’électricité permettant à ce type de surplus d’électricité d’être revendu (sur une base prépayée) au sein des communautés vivant autour des stations de base. Une compagnie d’électricité comme KPLC au Kenya par exemple pourrait acheter et des déployer des « E-Sites » générant l’électricité et revendre sa production aux opérateurs et aux communautés locales. Comme toujours, il est crucial que les opérateurs fassent confiance à KPLC dans ce cas. Dans le cas contraire, il serait aussi possible de donner des licences à un nouveau type de compagnie rurale d’électricité fournissant de l’énergie sur une base commerciale.

L’informatique dématérialisée en Afrique: qu’est-ce qu’il faut pour en assurer son décollage sur le continent

En Afrique, l’informatique dématérialisée est depuis longtemps chose courante au niveau du consommateur final. Il suffit de penser à tous ces internautes qui surfent Yahoo et Hotmail  pour accéder à leur courrier électronique. Aujourd’hui ses promoteurs cherchent à nous persuader qu’ils vont introduire un changement fondamental tant pour les consommateurs finaux que pour la clientèle entreprises. Oubliez votre ordinateur ou votre portable et pensez seulement aux logiciels et aux fichiers que vous pouvez accéder  via l’Internet à partir de n’importe quelle machine. Russell Southwood s’est entretenu avec Hennie Loubster, le responsable régional de Microsoft pour l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique de l’Est, l’Afrique centrale et les îles de l’océan indien, sur sa vision du développement de l’informatique dématérialisée sur le continent.

L’argument clé pour l’informatique dématérialisée dans le contexte des pays développés est qu’il offre aux personnes et aux grandes sociétés des modes de financement différents pour les logiciels et les équipements. Au lieu d’acheter tous les équipements, les logiciels, les espaces de stockage plus la sécurité et l’entretien, vous achetez le service auprès d’un fournisseur et payez l’équivalent d’une location mensuelle pour tous ces produits.

Selon Hennie Loubser, « les sociétés, aujourd’hui, peuvent opter pour des centres de traitement des données plus grand à un prix plus rentable que le coût de le construire soi-même. C’est aussi une bonne option pour réduire la complexité attachée au fonctionnement de ses systèmes et la complexité des mesures de sécurité qu’ils supposent. Il s’agit d’une amélioration de la productivité et de l’acquisition de nouvelles perspectives commerciales ». Selon Gartner, dans les marchés des pays développés, 20% des organisations ne possèderont peut-être plus leurs propres infrastructures informatiques, d’ici trois ans.

Microsoft est déjà en charge de 23 millions de Xbox Live et de 370 millions de comptes Hotmail. Fort de cette expérience, la société offre des services informatiques dématérialisés qui permettront à un éventail de programmes de fonctionner à distance à partir d’un serveur. La société a développé un ensemble de solutions pour améliorer la productivité. Elles incluent Exchange Mail, une messagerie instantanée, la téléphonie sur IP et des logiciels collaboratifs comme Office Live et SharePoint Online. Microsoft offre aussi SQL Azure pour le stockage de données, la gestion et la sécurité. Selon Hennie Loubster, « l’objectif est de donner aux consommateurs le choix quant à la façon dont ils souhaitent accéder à ces services ».

Sachant que les utilisateurs africains sont familiers et à l’aise avec le service Hotmail, Hennie Loubster voit une opportunité d’étendre ce type de service à distance auprès des PME. « Mettre ces services à disposition représente une opportunité massive. Vous n’avez pas toujours besoin d’un PC. Vous pouvez utiliser votre portable. Notre challenge est d’encourager la communauté de développeurs à voir l’informatique dématérialisée comme une opportunité et de fournir l’infrastructure sur mesure à l’utilisateur final via le programme SQL Azure ».

Microsoft veut commencer à déployer ces types de services en Afrique du Sud en signant des partenariats avec les opérateurs télécoms qui en assureront la commercialisation. Il y a évidemment des obstacles techniques comme par exemple la latence et par conséquent «il est important d’avoir des partenaires proches des utilisateurs finaux ».

Comment allez-vous déployer des centres de traitement des données de grande capacité comme ce qui ont été construits dans d’autres régions dans le monde ? « Nous concluons des partenariats dans les économies les plus larges sur le continent comme par exemple le Nigéria, le Kenya, l’Angola et ensuite il y a les économies de second rang comme le Ghana, la Tanzanie,l’Ouganda et le Rwanda. Cela va nous garder occupé durant les dix-huit prochains mois. Les opérateurs mobiles voient les services data comme un marché porteur et par conséquent nous avons quelque chose en commun à partager. Nous avons tous les deux du contenu et des services à promouvoir auprès des utilisateurs finaux. Il s’agit d’un scénario avec lequel nous sommes prêts à entrer sur le marché».

« Nous sommes entrain de discuter avec des société gérant des centres de données qui ont des capacités de stockage et l’expertise en matière de gestion. Nous leur offrirons nos meilleures pratiques et nous les aiderons à devenir nos représentants dans la région. Nous pensons qu’il s’agit d’une proposition à forte valeur ajoutée. Il est par exemple possible de gérer l’infrastructure d’une banque. Ils payeront seulement pour les logiciels et les services qui seront fournis via l’informatique dématérialisée. Ils payeront donc que pour ce qu’ils utilisent ».

« Un pays comme l’Angola est potentiellement très important mais il y a de grandes incertitudes quant à la sécurité et le secret des données. Par conséquent nous nous interrogeons sur le modèle le plus approprié ? Cela prendra peut-être plus longtemps pour aboutir là-bas qu’ailleurs ».

Qu’en est-il de la fiabilité? Le cauchemar est d’être coupé de tous ce dont vous avez besoin parce que l’accès à l’Internet est indisponible. Je viens juste de rentrer d’un voyage de quatre jours en Gambie et durant toute la semaine, l’hôtel Kairaba avait une connexion Internet soit très faible ou non existante. Quelles sont les garanties quant à l’accès ? « C’est un très bon point. Personne ne peut offrir des garanties dans un futur proche. Les centres de données Microsoft installés dans le reste du monde offre des garanties de fiabilité ».

En ce qui concerne l’Afrique, la réponse est « une étape après l’autre ». Il faut construire des services robustes et fiables en commençant par exemple avec la messagerie instantanée via l’informatique dématérialisée. Le serveur mail restera par exemple dans les locaux et une approche par étape facilitant l’apprentissage pour instiller la confiance et pour favoriser le déploiement d’autres services d’informatiques dématérialisés. Il s’agit d’une immense opportunité pour les développeurs de logiciels et certains utiliseront nos instruments pour le faire ».

Le challenge à relever pour assurer le succès de l’informatique dématérialisée en Afrique a trois composantes. En premier lieu, les utilisateurs africains devront être convaincus que la première génération de services sont « bien à avoir » plutôt « qu’on doit les avoir » dans le but qu’ils se sentent à l’aise lorsqu’ils les utilisent tout en sachant qu’ils sont disponibles. Microsoft dispose des moyens pour achever cela mais il ne s’agit pas tout à fait de la même chose que d’offrir l’applicatif « meurtrier ».

Ensuite, la bande passante doit être constante et consistante en particulier la 3G (et les technologies plus avancées) et les points d’accès sans fils Wi-Fi : la bande passante au compte goutte qui permet d’envoyer des courriels si vous avez la patience d’attendre que le téléchargement se fasse, ne permettra pas à ce type d’applicatifs de décoller. Enfin, le type de garanties qui s’articulent autour de ces services dans les pays développés, doit devenir la norme dans les centres de données en Afrique. Si ces éléments ne sont pas en place, l’informatique dématérialisée en Afrique se limitera principalement à des comptes Hotmail et rien de plus

L’énergie éolienne : une réponse partielle aux problèmes de l’alimentation en électricité des stations de base

Les marges bénéficiaires des opérateurs mobiles sont en baisse, particulièrement en comparaison avec la période glorieuse de la décade passée. Le potentiel de croissance dans le segment voix se situe principalement parmi les clients avec un ARPU très bas. Le segment data permettra de sauvegarder le niveau de l’ARPU dans certains pays mais pas dans ce avec un faible taux d’alphabétisation. Ces facteurs combinés à une plus grande concurrence entre les opérateurs doivent pousser la réflexion au niveau du coût. L’alimentation en électricité des stations de base est un élément très important dans les dépenses d’un opérateur. Des modèles de partage de la fourniture d’énergie sont développés mais ils tardent à monter en puissance. Explorer d’autres options énergétiques est par conséquent une nécessité si les coûts doivent baisser. Russell Southwood s’est entretenu avec Mats Vilander, le directeur général de Zephir Europe, Moyen-Orient et Afrique.

L’Afrique est bien connue pour son climat ensoleillé mais quant à la question de savoir si le vent peut supporter des turbines générant de l’électricité, les réponses sont peut être moins évidentes. Des cartes référençant la puissance du vent indiquent que les pays suivants ont assez de vents réguliers pour alimenter des turbines: l’Afrique du Sud (en particuliers le Cap Est et Cape Town), la Namibie, le Kenya, le Nigeria, Madagascar, la majorité des pays de l’Afrique du Nord (en particulier la Libye) et l’Ethiopie. La NASA, l’agence spatiale américaine dispose de cartes des vents à 40 mètres au-dessus de la surface de la terre couvrant l’ensemble de la planète. Ces informations combinées à des données météorologiques historiques sont utilisées pour évaluer si un site est bon pour la production d’énergie éolienne. Selon Mats Vilander  « lorsqu’il s’agit de construire une tour de 60 mètres, les équipementiers veulent avoir des informations quant à la puissance du vent auquel ils auront à faire face. »

Le coût de la construction d’une turbine éolienne par Zephyr (incluant la construction) pour un site utilisant 10KW par jour est de l’ordre de 25,000 dollars US. Ce coût est basé sur la possibilité d’installer la turbine sur une tour existante. Mats Vilander explique que « le concept est modulaire pour permettre une montée en puissance en fonction de la demande. La turbine et les batteries fonctionnent de façon séparée des systèmes existants. Le système d’alimentation peut identifier l’absence de vent et signaler que les batteries sont vides ».  Le système fonctionne aussi comme un système de secours pour des sites alimentés avec des générateurs diesels.

Un opérateur panafricain a estimé que 10% de ses sites fonctionnent uniquement avec des générateurs diesel avec un coût se chiffrant à 146 millions de dollars par an. Selon certaines estimations 65% de la consommation en énergie des opérateurs mobiles provient des stations de base mais peu de sociétés disposent d’un système pour suivre ces coûts en vue d’en assurer leur maîtrise.

Au regard du coût, l’offre pour des turbines éoliennes est déclinées en deux parties: elle permet d’abord de réduire le coût en diesel sur des stations existantes (une réduction de 50% des coûts opérationnels pour des stations en zone rurale) ; pour des nouveaux sites, une économie de 100% en investissement de capital peut être achevée si les conditions météorologiques le permettent. Cela dit,  Mats Vilander concède « qu’une turbine éolienne ne sera pas la source primaire d’énergie pour un site existant mais peut l’être pour de nouveaux sites. » En suivant les paramètres standards concernant la demande énergétique totale, la vitesse du vent, la taille de la batterie et le coût total de l’investissement, le retour sur investissement est de l’ordre de trois ans.

Tandis que Mats Vilander cite de nombreux déploiements de turbines éoliennes réalisés par Zephir, la collaboration avec les opérateurs mobiles est en toujours à ses débuts. La société a déployée une turbine éolienne sur une station de base de Turkcell. Celle-ci a été en place pour deux ans et selon Mats Vilander, l’expérience a été positive. Il y a aussi des sites au Japon mais ils servent à générer de l’électricité pour le réseau national de distribution. C’est une chose qui devrait se faire en Afrique mais ce n’est pas encore le cas à présent. Il y a aussi un site aux Maldives qui est opérationnel depuis six mois. Zephir a engagé des discussions avec une série d’opérateurs en Afrique.

En termes de coûts de maintenance, Mats Vilander affirme qu’ils sont nuls aussi longtemps que l’installation a été faite correctement. « Toutes les  pannes sont en général dues à une mauvaise installation. Il s’agit d’un système totalement intégré. La puissance de sortie est basse et le matériel bénéfice d’une garantie de 5 ans mais en fait sa durée de vie est d’au moins 25 ans. Il est possible de contrôler et de vérifier l’équipement à distance. Si la vitesse est supérieure à 20 mètre par seconde, les rotors s’arrêtent automatiquement ».

Le programme « Energie renouvelable pour mobile » de l’association GSM estime qu’il y a eu 1,500 déploiements de solutions renouvelables dans les pays en voie de développement. Le programme comprend 25 opérateurs globaux. Vodacom et Bharti sont sur leur liste pour l’Afrique.

L’histoire de deux pays: l’adoption de services et d’applicatifs au Kenya et en Tanzanie

L’arrivée abondante et à un prix réduit de bande passante a commencé à pousser à l’adoption de services et d’applicatifs en Afrique de l’Est. Les comportements des clients entreprises et des particuliers sont entrain de changer parce qu’ils réalisent ce qu’ils peuvent faire maintenant et qu’ils ne pouvaient pas faire avant. Un séjour au Kenya et en Tanzanie a permis à Russell Southwood de faire une analyse comparative et de tirer les leçons de leurs expériences valables pour d’autres pays du continent.

Les kenyans comme les sud-africains sont des adeptes de la première heure en matière de gadgets technologiques. J’ai remarqué le premier iPad en Afrique au cours de mon vol à destination de Nairobi. Par la suite, un responsable audiovisuel que j’ai rencontré n’avait que des louanges à m’en faire. Facebook est déjà présent dans les zones rurales du Kenya avec la jeunesse allant au-delà des limitations de leur horizon physique.

Il y a dix ans deçà la majorité des sites Internet étaient statiques proposant l’équivalent d’une brochure en ligne. Aujourd’hui tout le monde est entrain de mettre en place des systèmes de gestion de contenu, la possibilité de réaliser des transactions et le téléchargement de clips vidéo. La société centrale de gestion et de dépôts qui gère l’ensemble des achats/ventes des actions de la bourse de Nairobi, offre un service d’accès en ligne permettant de contrôler les transactions réalisées par les courtiers.

Selon les statistiques fournies par Opera Mini, le Kenya est parmi les cinq premiers pays africains. Je n’ai jamais entendu quelqu’un dire qu’il utilisait Opera Mini mais quelque soit l’angle d’analyse, une large part des internautes est à présent mobile. Safaricom compte plus de 3 millions d’utilisateurs de services data. L’opérateur propose aussi des programmes locaux (des comédies et des informations) et vend des téléchargements en quantité que l’on peut juger intéressante.

Ne laissant rien à la chance, Safaricom s’est associé à l’université de Strathmore pour offrir des cours sur support mobile. Nokia offre un applicatif similaire via Ovia. Les deux premiers applicatifs locaux d’Ovia – « Africahotornot et Whazzup (un guide des sorties) sont maintenant disponibles et Ovia presse durement pour plus de contenu local.

Selon Moses Kemibaro de l’agence digitale Dotsavyy, « le problème est que les gens ne sont pas au courant des sites locaux. Nous devons améliorer leur visibilité. Leur découverte se fait grâce au bouche à oreille ou par les réseaux sociaux en ligne ». Pour résoudre ce problème, la société Nasper a investi dans un annuaire en ligne des sites pour mobile et les Pages Jaunes ont lancé un site mobile. Pigia.me (appelle-moi en Swahili) est un site offrant des annonces classifiées consultables sur le mobile ou le PC.

Les médias en ligne sont entrain de parvenir à un niveau d’autosuffisance avec le marché local. Une comédie vidéo musicale a été réalisée avec la célébrité locale Makmende par un groupe qui s’appelle «Just a band » avant de lancer une campagne virale sur You Tube. Le personnage est une forte combinaison entre Bruce Lee et l’afro-américain Shaft joue sur l’humour kenyan et a plus de 60,000 fans sur Facebook. En mars dernier, Kemibaro relatant ce phénomène dans son blog a suscité l’intérêt international et a reçu plus de 21,000 visiteurs uniques en un mois. Parmi les 81% de kenyans qui consultent le blog, 18% le consulte via leur téléphone portable. De l’autre coté du spectre culturel, un entrepreneur immobilier, Thika Greens, a réalisé un clip vidéo sur son projet de développement. La bande passante est toujours trop lente pour regarder aisément des clips vidéos mais cela ne semble pas rebuter les gens. Avec la commercialisation de nouvelle capacité internationale avec EASSy à partir de mi-juillet, la situation peut seulement s’améliorer.

Un des signes montrant que l’Internet est pris plus au sérieux au Kenya provient des agences de pub qui sont entrain de monter leur propre agence digitale. L’agence de pub la plus grande du pays, Scanad (celle qui contrôle la majorité des panneaux publicitaires) a crée Squad et d’autres agences de pub telles que Young & Rubicam et Wunderman ont en fait de même. Des agences spécialisées comme Dotsavvy et les trois souris doivent le regretter mais elles ont probablement assez d’expériences pour rester en tête de course.

La part réservée à la publicité en ligne peut s’élever jusqu’à 5% du budget mais en général c’est bien moins. Les agences de pub et les agences digitales sont occupées à réaliser des pages d’accueils capables de générer des prospects de vente. Mais une présence en ligne - pour mobile ou PC – reste « une bonne chose à avoir » plutôt qu’une part essentielle du budget.

L’économie et la population de la Tanzanie sont plus dispersées dans un pays bien plus grand que le Kenya. La langue officielle, le Swahili, a permis de construire une cohésion nationale mais cela implique moins d’interactions avec la conversation anglophone globale. Il faut aussi ne pas sous-estimer l’influence de la diaspora kenyane bien plus large.

Bien que Dar es Salaam soit de plus en plus un endroit accueillant de grands projets privés immobiliers, la ville n’a pas la même énergie qui semblent pousser le Kenya soit dans le bon ou dans le mauvais sens. Mais, il y a sans doute plus de tanzaniens avec un sens de l’entreprise qu’il y en avait à la fin de l’expérience socialiste sous Nyerere. Tandis que les citadins kenyans et la presse se plaignent vivement de la vitesse et du prix de l’Internet, les tanzaniens ne semblent pas trop s’en faire. Sans doute parce que l’Internet n’a pas encore atteint une masse critique soit via le mobile ou le PC.

Pour accélérer la transition, l’opérateur local voix& data, Sasatel, vient de lancer une offre que vous ne pouvez pas refuser: un notebook Acer avec un modem haut débit mobile et 600 MB de capacité de téléchargement pour 599,000 shillings par mois (339 Euros). Sasatel propose aussi des services Internet basé sur le temps d’utilisation plutôt que le volume de données pour permettre aux consommateurs de mieux comprendre ce qu’ils reçoivent. Ils peuvent aussi acquérir un smartphone d’Huawei pour 199,000 shillings (113 Euros). Mais un FAI local reconnaît que « la Tanzanie est en retard par rapport au Kenya. Le marché est bien moins sophistiqué. En ce qui concerne par exemple l’usage de Facebook, la Tanzanie est trois ans en arrière mais il n’y a pas de raison pour que le pays ne rattrape pas ce retard rapidement. »

En termes de bande passante, le Kenya en utilise probablement deux fois et demi plus que la Tanzanie. Le nombre d’utilisateurs data varie entre 5% et 40% selon les dires des opérateurs et le pays compte entre 16 et 17 millions d’abonnés. L’un des plus grands opérateurs compte 300,000 portables 3G sur son réseau. Le pays génère 14 à 15 millions d’impressions page par mois de sites Internet internationaux. Les services de paiement mobile M-Pesa de Vodacom et Z-Pesa de Zantel se partagent environ 4.2 millions de comptes. Les portables Blackberries sont très visibles parmi la clientèle professionnelle ainsi quelques iPhones. Aucun opérateur n’offre des portables iPhones ou HTC. Il faut aussi noter que l’applicatif Ovia de Nokia marche moins bien en Tanzanie qu’au Kenya.

Cependant pour le secteur entreprises, les choses bougent un peu plus vite. Selon un autre FAI local « les entreprises deviennent de plus en plus sophistiquées quant à leur utilisation de bande passante. Certains clients avec des sites distants utilisent des applicatifs biométriques pour s’assurer que les gardiens sont bien à leur poste. Ils doivent envoyer chaque heure une empreinte de leur doigt pour s’assurer que d’autres personnes ne les remplacent pas. La vidéosurveillance est entrain de devenir plus en plus prévalent. » Plusieurs centres data sont aussi en projet.

Suite à l’annonce de l’ouverture de la première phase de la dorsale de la Tanzanie et la publication des prix dans les journaux nationaux, un réseau national en fibre optique est entrain de devenir opérationnel. Tandis que le Kenya a amélioré ses chances de figurer parmi les pays avec un futur dans l’ère numérique et a introduit des mesures pour établir les fondations, la Tanzanie a une vision bien moins articulée de ce qu’elle souhaite de l’ère numérique à venir et par conséquent ses progrès sont plus lents. D’autres pays africains feraient bien d’observer et de comparer leurs chances respectives de réussit : le futur n’arrive pas tout seul, il faut le construire.

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