L'éditorial du mois

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Les paiements mobiles ont atteint une masse critique d’utilisateurs en Afrique de l’Est – Quelle est la prochaine étape ?

Vers la fin de l’année 2009, les services bancaires sur mobile ont finalement atteint une masse critique en Afrique de l’Est. Il a fallu un peu de temps aux opérateurs mobiles pour bien positionner leurs campagnes marketing et pour les utilisateurs de s’habituer à l’idée de transférer de l’argent qui n’est plus de l’argent liquide. Russell Southwood tire les leçons de ce processus et se demande quelle sera la prochaine étape.

Juste avant Noël, le nombre total d’utilisateurs du service bancaire mobile « M-Money » a franchi la barre d’un million en Tanzanie et compte plus de 500,000 utilisateurs en Ouganda. Le Kenya, pays pionnier dans ce type service, compte 7.6 millions d’utilisateurs et ce chiffre n’inclut pas les utilisateurs d’Orange Money ou ceux du concurrent Zain avec son produit Zap (400,000 utilisateurs). L’opérateur Essar quant à lui s’apprête à commercialiser son produit yuCash. Chacun de ces pays a atteint une masse critique d’utilisateurs.

Cette masse critique constitue le point crucial ou le nombre d’utilisateurs devient suffisamment important pour que les clients existants encouragent un plus grand nombre de personnes à utiliser le service en posant tout simplement la question « pourquoi est-ce que tu ne l’utilises pas? ». Au Kenya ou des données mensuelles sont disponibles pour le service M-Pesa, 591,000 utilisateurs ont été recensés six mois après son lancement. Deux mois plus tard, le chiffre frôlait un million et le reste c’est de l’histoire avec presque un doublement à ce point.

En Ouganda, M-Pesa a été testé après le Kenya mais des services plus récents comme MTN Money et Zap sont apparus comme des nouveautés sur le marché. Dix mois après son lancement commercial, MTN Money compte 413,000 utilisateurs en Ouganda et avec 2,600 nouveaux utilisateurs par jour, l’opérateur projette d’avoir plus d’un million de clients à la fin 2010. Zap Money qui a commencé à offrir ce service il y a seulement six moins deçà, frôle les 100,000 utilisateurs en Ouganda et a passé ce cap, il y a plusieurs mois déjà au Kenya et en Tanzanie.

Un élément important de l’adoption de MTN Money a été une force de vente directe comptant 760 personnes quadrillant les rues chaque jour. Ces vendeurs ont expliqué le service à la population et l’ont invité à s’inscrire : les utilisateurs doivent fournir une preuve de leur identité selon la réglementation bancaire en vigueur.

George Boozas, responsable du service Zap, corrobore cette idée : « nous devons nous rapprocher de nos clients sur le terrain et régulièrement les sensibiliser. Nous avons des vendeurs dans certaines zones qui expliquent le fonctionnement du service. En parallèle à notre équipe sur le terrain, nous nous appuyons aussi sur nos 30,000 vendeurs pour faire passer l’information ».

MTN pour sa part compte 606 agents dont 26 agents-chefs qui supervisent directement 200 des 606 agents. Zap a 3,000 revendeurs et estime qu’il reste de la marge pour étendre ce réseau. Tout comme MTN, Zap compte dans son réseau revendeurs un certain nombre de revendeurs-chef en charge d’un groupe de revendeurs. Au Kenya, Safaricom compte 12,000 agents et compte rationaliser sa relation avec ses revendeurs à travers des sociétés spécialisées dans l’activité de revente. L’opérateur Zain compte quant à lui 6,000 agents et Essar envisage de recruter jusqu’à 3,000 agents.

Le montant moyen d’un transfert avec MTN Money est de 70,000 shillings (36 dollars US) et le montant maximum d’un transfert est 1 million de shillings (514 dollars US). L’opérateur mobile est entrain de négocier avec la banque centrale de l’Ouganda, le relèvement du plafond du montant maximum à hauteur de 50 millions de shillings (25,720 dollars US). Le service Zap fonctionne sur le même principe que MTN Money et l’opérateur effectue 12,000 transferts par jour pour un montant moyen de 15 dollars US.

Les paiements mobiles sont en constante évolution. MTN Money compte lancer durant le premier trimestre 2010, un service de paiement des factures d’électricité, de gaz et d’eau. Zap, quant à lui explore l’idée d’étendre et d’intégrer son service aux transactions bancaires traditionnelles et aux paiements des factures d’électricité, de gaz et d’eau. Pour M-Money, la prochaine grosse étape dans cette bataille des paiements mobile sera l’intégration des transferts internationaux permettant à la diaspora d’envoyer de l’argent au pays.

En octobre 2009, Safaricom a lancé M-Pesa dans certains points de vente au Royaume-Uni. Les kenyans installés en Grande-Bretagne peuvent maintenant envoyer de l’argent à leur famille et amis au Kenya qui le recevront directement sur leur mobile. Durant la phase pilote Safaricom a travaillé avec Western Union, Provident Capital Transfer et Ken TV. 19 points de vente situés dans des zones géographiques avec une importante diaspora kenyane avaient été sélectionnés pour la phase pilote.

Les frais de transfert varient entre 4£ et 6.90£. Au niveau international, les frais de transfert représente entre 6-17% du montant du transfert par conséquent ces frais ne seront qu’attractifs pour des transactions plus élevées. Le montant maximum d’un transfert international via M-Pesa est de 250£ avec une limite mensuelle de transfert par utilisateur fixée à 1,000 £ au Royaume-Uni.

En Afrique, les paiements mobiles sont en passe de gagner plus de poids. Zap est maintenant disponible dans tous les pays de l’Afrique de l’Est où Zain est présent et l’opérateur envisage d’étendre ce service à l’ensemble de ces 22 opérations avant la fin 2010. Selon George Boozas, « le Nigéria est prêt pour le lancement de Zap. Le service sera ensuite déployé dans trois autres pays ». MTN a lancé son service en Ouganda et au Ghana et compte bientôt le lancer aussi au Rwanda et dans les autres pays où MTN est présent. Orange Money a été lancé en Côte d’Ivoire et au Kenya et comme les autres opérateurs, Orange compte déployer ce service dans tous les pays africains où il opère.

Satellite et fibre optique : Bons amis ou pires ennemis ?

Avant SAT3, la plupart des pays africains étaient desservis par des satellites. Avec la mise en service de SAT3 en mai 2002, la situation devait évoluer sur les marchés de la connectivité en Afrique et le renforcement de la concurrence qu'’elle devait entraîner aurait du faire baisser les prix. Russell Southwood analyse ce qui s'’est réellement passé et ce qui pourrait changer à l'’avenir.

Avant SAT3, la plupart des pays africains étaient desservis par des satellites. Avec la mise en service de SAT3 en mai 2002, la situation devait évoluer sur les marchés de la connectivité en Afrique et le renforcement de la concurrence qu'’elle devait entraîner aurait du faire baisser les prix. Russell Southwood analyse ce qui s'’est réellement passé et ce qui pourrait changer à l'’avenir.

Le câble SAT3 relie Lisbonne à l'’Afrique du Sud en passant par la côte ouest africaine. SAT3/WASC/SAFE (si l'’on inclut tous ses points d'’atterrissement) a été financé et construit par un consortium de 36 entreprises comprenant les sociétés de télécommunications suivantes, installées dans les pays africains reliés : Angola Telecom, Camtel, Côte D'’Ivoire Telecom, NITEL, OPT Bénin, OPT Gabon, SONATEL, Telecom Namibia et Telkom South Africa. L'’Afrique de l'’est n'’est pas couverte par le réseau de fibres optiques et il existe peu de connexions par fibres internes sur le continent, à l'’exception des grandes villes.

Le câble SAT3 relie Lisbonne à l'’Afrique du Sud en passant par la côte ouest africaine. SAT3/WASC/SAFE (si l'’on inclut tous ses points d'’atterrissement) a été financé et construit par un consortium de 36 entreprises comprenant les sociétés de télécommunications suivantes, installées dans les pays africains reliés : Angola Telecom, Camtel, Côte D'’Ivoire Telecom, NITEL, OPT Bénin, OPT Gabon, SONATEL, Telecom Namibia et Telkom South Africa. L'’Afrique de l'’est n'’est pas couverte par le réseau de fibres optiques et il existe peu de connexions par fibres internes sur le continent, à l'’exception des grandes villes.

Telkom South Africa est l'’administrateur du consortium et les principales décisions sont prises lors des réunions du consortium : par exemple, la récente décision de doubler la capacité pour la faire passer de 20 à 40 Gbits/s. La capacité maximale sera de 120 Gbits/s.

Telkom South Africa est l'’administrateur du consortium et les principales décisions sont prises lors des réunions du consortium : par exemple, la récente décision de doubler la capacité pour la faire passer de 20 à 40 Gbits/s. La capacité maximale sera de 120 Gbits/s.

L'’accès à la capacité de transmission par fibres optiques peut être obtenu de deux manières : soit directement via l'’opérateur national (par exemple SONATEL pour le Sénégal) chargé de la vente entre son pays et Lisbonne, soit par l'’intermédiaire d'’une capacité "« pool" » non utilisée. Les opérateurs peuvent choisir de ne pas passer par la société de télécommunication établie grâce à un droit d'’usage irrévocable (IRU, Indefeasible Right of Use) octroyé par Telkom South Africa, l'’administrateur du réseau câblé. Toutefois, les membres établis du consortium disposent d'’un droit de refus préalable sur cette capacité. Par ailleurs, ils ne peuvent pas appliquer un prix supérieur à celui du pool.

L'’accès à la capacité de transmission par fibres optiques peut être obtenu de deux manières : soit directement via l'’opérateur national (par exemple SONATEL pour le Sénégal) chargé de la vente entre son pays et Lisbonne, soit par l'’intermédiaire d'’une capacité "« pool" » non utilisée. Les opérateurs peuvent choisir de ne pas passer par la société de télécommunication établie grâce à un droit d'’usage irrévocable (IRU, Indefeasible Right of Use) octroyé par Telkom South Africa, l'’administrateur du réseau câblé. Toutefois, les membres établis du consortium disposent d'’un droit de refus préalable sur cette capacité. Par ailleurs, ils ne peuvent pas appliquer un prix supérieur à celui du pool.

En ce qui concerne leur propre capacité, les opérateurs ont le monopole pendant toute la durée de vie de la fibre. Cette situation ne poserait pas de problème s'’il existait une concurrence avec d'’autres opérateurs de fibre optique, mais elle les place en réalité dans une position quasiment inexpugnable pour des raisons que nous expliquerons plus tard.

En ce qui concerne leur propre capacité, les opérateurs ont le monopole pendant toute la durée de vie de la fibre. Cette situation ne poserait pas de problème s'’il existait une concurrence avec d'’autres opérateurs de fibre optique, mais elle les place en réalité dans une position quasiment inexpugnable pour des raisons que nous expliquerons plus tard.

L'’introduction progressive des seconds opérateurs nationaux soulève des problèmes de concurrence. En tant que nouveaux venus ils devront obtenir leur capacité en invoquant la clause IRU, la quantité et le prix étant fixés par l'’administrateur, Telkom South Africa, l'’une des sociétés de télécommunication établies les plus puissantes du continent. Pour être concurrentiels au niveau international, les seconds opérateurs nationaux tels que Nigeria'’s Globacom devront bénéficier de prix compétitifs sur les services de fibre optique.

L'’introduction progressive des seconds opérateurs nationaux soulève des problèmes de concurrence. En tant que nouveaux venus ils devront obtenir leur capacité en invoquant la clause IRU, la quantité et le prix étant fixés par l'’administrateur, Telkom South Africa, l'’une des sociétés de télécommunication établies les plus puissantes du continent. Pour être concurrentiels au niveau international, les seconds opérateurs nationaux tels que Nigeria'’s Globacom devront bénéficier de prix compétitifs sur les services de fibre optique.

Bien que nous ne disposions, à l'’heure actuelle, d'’aucune vue d'’ensemble du marché de la connectivité par fibre et par satellite en provenance et à destination de l'’Afrique, les meilleures estimations empiriques indiquent que la fibre représente 10 à 15 % du marché global, le reste étant occupé par le satellite. Les sociétés de télécommunication établies ont mis du temps à réagir dans certains pays et certaines ont pris la décision marketing de ne pas vendre la capacité en gros, craignant par exemple que les fournisseurs d'’accès Internet proposent des services VOIP (voix sur IP).

Bien que nous ne disposions, à l'’heure actuelle, d'’aucune vue d'’ensemble du marché de la connectivité par fibre et par satellite en provenance et à destination de l'’Afrique, les meilleures estimations empiriques indiquent que la fibre représente 10 à 15 % du marché global, le reste étant occupé par le satellite. Les sociétés de télécommunication établies ont mis du temps à réagir dans certains pays et certaines ont pris la décision marketing de ne pas vendre la capacité en gros, craignant par exemple que les fournisseurs d'’accès Internet proposent des services VOIP (voix sur IP).

La répartition de la capacité réelle entre la fibre et le satellite avoisine plus probablement 40/60 %, mais pour le moment, les opérateurs satellite ne s'’inquiètent pas pour leurs marchés et ce pour trois raisons.

La répartition de la capacité réelle entre la fibre et le satellite avoisine plus probablement 40/60 %, mais pour le moment, les opérateurs satellite ne s'’inquiètent pas pour leurs marchés et ce pour trois raisons.

- D'’abord, pour se connecter à SAT3, il faut une connexion par fibres et à l'’heure actuelle, il est difficile d'’obtenir ce type de connexion même dans les villes. Les dirigeants de NITEL promettent de fournir ces connexions mais cela prendra du temps. Les opérateurs satellite restent sceptiques, ce qui peut se comprendre. Peter McBride de Panamsat nous a déclaré : "« Au Nigeria par exemple, Victoria Island peut être une réussite, mais la mise en place des services câblés à l'"échelle nationale prendra 5 à 10 ans. "« 

- D'’abord, pour se connecter à SAT3, il faut une connexion par fibres et à l'’heure actuelle, il est difficile d'’obtenir ce type de connexion même dans les villes. Les dirigeants de NITEL promettent de fournir ces connexions mais cela prendra du temps. Les opérateurs satellite restent sceptiques, ce qui peut se comprendre. Peter McBride de Panamsat nous a déclaré : "« Au Nigeria par exemple, Victoria Island peut être une réussite, mais la mise en place des services câblés à l'"échelle nationale prendra 5 à 10 ans. "« 

- Ensuite, les opérateurs de connexions par fibre et par satellite prévoient une croissance du marché.

- Ensuite, les opérateurs de connexions par fibre et par satellite prévoient une croissance du marché.

Le consensus sur la croissance du marché est presque unanime. Comme nous l'’a affirmé le représentant d'’un opérateur international de premier plan : "« Nos ventes de capacité sur le câble SAT3 augmenteront de 50 % par an au minimum. Le goulet d'"étranglement se situera au niveau de l'"accès aux connexions sur fibre optique dans chaque pays." » Dan Goldberg de New Skies indique une croissance mondiale de 6 à 11 % et estime que ces chiffres seront les mêmes sur le continent. On a constaté une demande importante entre les Etats-Unis et l'’Afrique et le Moyen-Orient, ainsi qu'’entre l'’Afrique de l'’Ouest et le Moyen-Orient et l'’Asie. En bout de chaîne, un fournisseur de solutions tel que Q-Kon a connu une croissance annuelle de 100 %.

Le consensus sur la croissance du marché est presque unanime. Comme nous l'’a affirmé le représentant d'’un opérateur international de premier plan : "« Nos ventes de capacité sur le câble SAT3 augmenteront de 50 % par an au minimum. Le goulet d'"étranglement se situera au niveau de l'"accès aux connexions sur fibre optique dans chaque pays." » Dan Goldberg de New Skies indique une croissance mondiale de 6 à 11 % et estime que ces chiffres seront les mêmes sur le continent. On a constaté une demande importante entre les Etats-Unis et l'’Afrique et le Moyen-Orient, ainsi qu'’entre l'’Afrique de l'’Ouest et le Moyen-Orient et l'’Asie. En bout de chaîne, un fournisseur de solutions tel que Q-Kon a connu une croissance annuelle de 100 %.

- Enfin, l'’Afrique est un continent dont la population vit en majorité dans les zones rurales, qui seront desservies par satellite dans un avenir proche.

- Enfin, l'’Afrique est un continent dont la population vit en majorité dans les zones rurales, qui seront desservies par satellite dans un avenir proche.

Même dans les scénaris d'’avenir les plus pessimistes pour les opérateurs satellite, tout indique que le satellite reste un créneau niche en Europe et en Amérique du Nord. Comme l'’a déclaré Rodney Benn de Panamsat : "« Toutes les sociétés européennes dotées de réseaux de fibres denses ont également des réseaux satellite. Elles ne vont pas disparaître. Leurs tarifs mensuels sont plus chers, mais ce qui est intéressant avec le satellite, c'"est que vous avez un contrôle direct." ».

Même dans les scénaris d'’avenir les plus pessimistes pour les opérateurs satellite, tout indique que le satellite reste un créneau niche en Europe et en Amérique du Nord. Comme l'’a déclaré Rodney Benn de Panamsat : "« Toutes les sociétés européennes dotées de réseaux de fibres denses ont également des réseaux satellite. Elles ne vont pas disparaître. Leurs tarifs mensuels sont plus chers, mais ce qui est intéressant avec le satellite, c'"est que vous avez un contrôle direct." ».

Il est presque impossible de comparer directement les tarifs mais l'’impact de la fibre optique sur le satellite devrait se clarifier, et le mieux que l'’on puisse dire c'’est qu'’elle gagne un peu de terrain. Même si certaines sociétés de télécommunications établies ont adopté une politique de prix plus équitable, d'’autres par contre se contentent de maintenir leurs tarifs légèrement en dessous des tarifs du satellite. Heureusement pour l'’utilisateur, la concurrence sur le marché du satellite semble entraîner une baisse générale des tarifs.

Il est presque impossible de comparer directement les tarifs mais l'’impact de la fibre optique sur le satellite devrait se clarifier, et le mieux que l'’on puisse dire c'’est qu'’elle gagne un peu de terrain. Même si certaines sociétés de télécommunications établies ont adopté une politique de prix plus équitable, d'’autres par contre se contentent de maintenir leurs tarifs légèrement en dessous des tarifs du satellite. Heureusement pour l'’utilisateur, la concurrence sur le marché du satellite semble entraîner une baisse générale des tarifs.

Le coût d'’un E1 via SAT3 est basé sur la distance mais si vous prenez un pays comme le Nigeria ou le Ghana, un demi-circuit coûte environ 6000 USD. Or, ce même demi-circuit vers l'’Afrique du Sud coûte 12 000 USD. Mais l'’écart de prix significatif se situe sur l'’autre moitié du circuit. En Afrique de l'’Ouest, les opérateurs nationaux appliquent plus ou moins le même prix pour leur demi-circuit. Mais Telkom South Africa facture un prix 4 à 5 fois plus élevé pour son demi-circuit. Pourquoi ? Parce qu'’elle n'’a pas de concurrents et a donc les mains libres. Est-ce que cette situation changera dans un avenir proche ? Non, à moins que les prix du satellite baissent ou qu'’un autre réseau de fibres optiques vers l'’Europe soit mis en place.

Le coût d'’un E1 via SAT3 est basé sur la distance mais si vous prenez un pays comme le Nigeria ou le Ghana, un demi-circuit coûte environ 6000 USD. Or, ce même demi-circuit vers l'’Afrique du Sud coûte 12 000 USD. Mais l'’écart de prix significatif se situe sur l'’autre moitié du circuit. En Afrique de l'’Ouest, les opérateurs nationaux appliquent plus ou moins le même prix pour leur demi-circuit. Mais Telkom South Africa facture un prix 4 à 5 fois plus élevé pour son demi-circuit. Pourquoi ? Parce qu'’elle n'’a pas de concurrents et a donc les mains libres. Est-ce que cette situation changera dans un avenir proche ? Non, à moins que les prix du satellite baissent ou qu'’un autre réseau de fibres optiques vers l'’Europe soit mis en place.

En revanche, le coût du câble après Lisbonne fait l'’objet d'’une concurrence acharnée et, comme le fait remarquer Nicky Popoola de Cable and Wireless : "« Les tarifs des opérateurs étrangers sont très proches. Nous sommes en concurrence avec un très grand nombre d'"opérateurs." »

En revanche, le coût du câble après Lisbonne fait l'’objet d'’une concurrence acharnée et, comme le fait remarquer Nicky Popoola de Cable and Wireless : "« Les tarifs des opérateurs étrangers sont très proches. Nous sommes en concurrence avec un très grand nombre d'"opérateurs." »

Quatre opérateurs satellite principaux couvrent le continent : Inmarsat, Intelsat, New Skies et Panamsat. La détermination des tarifs du satellite est toujours compliquée. Il faut prendre en compte des facteurs tels que la puissance de transmission et le niveau de support. Toutefois, si vous vous basez sur ce qu'’on pourrait décrire comme une largeur de bande "« brute" », les prix baissent à tel point que plusieurs opérateurs estiment que leur activité devient de moins en moins rentable. A première vue, on pourrait penser que cette estimation est normale venant des opérateurs, mais peut-être ont-ils raison.

Quatre opérateurs satellite principaux couvrent le continent : Inmarsat, Intelsat, New Skies et Panamsat. La détermination des tarifs du satellite est toujours compliquée. Il faut prendre en compte des facteurs tels que la puissance de transmission et le niveau de support. Toutefois, si vous vous basez sur ce qu'’on pourrait décrire comme une largeur de bande "« brute" », les prix baissent à tel point que plusieurs opérateurs estiment que leur activité devient de moins en moins rentable. A première vue, on pourrait penser que cette estimation est normale venant des opérateurs, mais peut-être ont-ils raison.

Selon un opérateur qui décrit la situation en Afrique de l'’Ouest, les prix sont passés de 5000 USD/Mbits/s à 3000 ou 3500 USD/Mbits/s : "« Nous avons atteint un point où nous ne pouvons pas physiquement vendre moins cher si nous voulons respecter notre seuil de rentabilité." » Un autre opérateur indique que les prix sont descendus jusqu'’à 2000  USD : "« Nous ne pouvons pas descendre beaucoup plus bas. Nous avons déjà revu à la baisse notre structure de coûts." » Par ailleurs, les prix varient beaucoup sur le continent. Les responsables de Telkom Kenya nous ont indiqué qu'’ils payaient 6000 USD/Mbits/s et qu'’ils vendaient à perte. L’Afrique de l’Est n'’a pas accès au câble à fibres optiques sous-marin. Certains opérateurs affirment qu'’ils se retrouvent en concurrence avec des sociétés offrant jusqu'’à 1000 USD/Mbits/s.

Selon un opérateur qui décrit la situation en Afrique de l'’Ouest, les prix sont passés de 5000 USD/Mbits/s à 3000 ou 3500 USD/Mbits/s : "« Nous avons atteint un point où nous ne pouvons pas physiquement vendre moins cher si nous voulons respecter notre seuil de rentabilité." » Un autre opérateur indique que les prix sont descendus jusqu'’à 2000  USD : "« Nous ne pouvons pas descendre beaucoup plus bas. Nous avons déjà revu à la baisse notre structure de coûts." » Par ailleurs, les prix varient beaucoup sur le continent. Les responsables de Telkom Kenya nous ont indiqué qu'’ils payaient 6000 USD/Mbits/s et qu'’ils vendaient à perte. L’Afrique de l’Est n'’a pas accès au câble à fibres optiques sous-marin. Certains opérateurs affirment qu'’ils se retrouvent en concurrence avec des sociétés offrant jusqu'’à 1000 USD/Mbits/s.

Et comme Dan Goldberg de New Skies nous l'’a déclaré : "« A un certain niveau, vous atteignez un point en dessous duquel vous ne pouvez pas fonctionner. Si nous atteignons ce point, nous disparaîtrons de ce marché. Nous sommes assez rigoureux sur les marges. Mais nous n'"avons pas encore atteint ce point en Afrique." » Le coût et la disponibilité du satellite sont également affectés par les problèmes liés à la réglementation. En particulier, l'’Afrique du Sud n'’a pas accordé de licence à VSAT. En outre, le prix d'’achat des licences VSAT reste ridiculement élevé dans certains pays.

Et comme Dan Goldberg de New Skies nous l'’a déclaré : "« A un certain niveau, vous atteignez un point en dessous duquel vous ne pouvez pas fonctionner. Si nous atteignons ce point, nous disparaîtrons de ce marché. Nous sommes assez rigoureux sur les marges. Mais nous n'"avons pas encore atteint ce point en Afrique." » Le coût et la disponibilité du satellite sont également affectés par les problèmes liés à la réglementation. En particulier, l'’Afrique du Sud n'’a pas accordé de licence à VSAT. En outre, le prix d'’achat des licences VSAT reste ridiculement élevé dans certains pays.

Selon les déclarations d'’un opérateur satellite : "« En Afrique, la première question est toujours le prix. Tous ceux qui utilisent le satellite sont très sensibles aux prix, mais c'"est une vision très limitée. Vous n'"obtenez que ce pour quoi vous avez payé." »

Selon les déclarations d'’un opérateur satellite : "« En Afrique, la première question est toujours le prix. Tous ceux qui utilisent le satellite sont très sensibles aux prix, mais c'"est une vision très limitée. Vous n'"obtenez que ce pour quoi vous avez payé." »

Certains parviennent à facturer plus que le prix de la largeur de bande "« brute" » en offrant un encadrement des services et en installant des réseaux inter-état. Par exemple, Dawie De Wet de Q-Kon se considère comme "« le fournisseur de solutions d'"infrastructure IP" ». Les autres opérateurs de ce marché sont : IP-Planet, Gillat, Afsat et le nouveau venu IP Direct (voir Actualités Internet ci-dessous).

Certains parviennent à facturer plus que le prix de la largeur de bande "« brute" » en offrant un encadrement des services et en installant des réseaux inter-état. Par exemple, Dawie De Wet de Q-Kon se considère comme "« le fournisseur de solutions d'"infrastructure IP" ». Les autres opérateurs de ce marché sont : IP-Planet, Gillat, Afsat et le nouveau venu IP Direct (voir Actualités Internet ci-dessous).

Désormais, les revendeurs offrent à la fois des connexions satellite et fibres optiques à leurs clients en se basant sur les prix et sur l'’adéquation. Le satellite et la fibre optique coexisteront sans problème sur un marché en pleine croissance, mais la fibre optique doit encore montrer son potentiel en termes d'’impact concurrentiel sur le marché.

Désormais, les revendeurs offrent à la fois des connexions satellite et fibres optiques à leurs clients en se basant sur les prix et sur l'’adéquation. Le satellite et la fibre optique coexisteront sans problème sur un marché en pleine croissance, mais la fibre optique doit encore montrer son potentiel en termes d'’impact concurrentiel sur le marché.

Côte d’Ivoire Télécom lance l’ADSL

Depuis le 16 décembre 2003, Côte d’Ivoire Télécom propose l’ADSL, ecrit Mounir Diawara. Dans un premier temps et durant la phase de lancement, il n’y aura qu’une offre pour les particuliers, à 128/64 Kbps maximum de débit partagé (128 de réception, 64 d’émission). De même, seuls les abonnés des commutateurs suivants sont concernés (max 4 km): Cocody centre, 2-plateaux ENA, Angré, Bietry, Treichville.

Depuis le 16 décembre 2003, Côte d’Ivoire Télécom propose l’ADSL, ecrit Mounir Diawara. Dans un premier temps et durant la phase de lancement, il n’y aura qu’une offre pour les particuliers, à 128/64 Kbps maximum de débit partagé (128 de réception, 64 d’émission). De même, seuls les abonnés des commutateurs suivants sont concernés (max 4 km): Cocody centre, 2-plateaux ENA, Angré, Bietry, Treichville.

Les ISP (fournisseurs d’accès Internet) seront chargé de commercialiser l’offre. Pour pouvoir le faire, ils doivent s’inscrire auprès de Côte d’Ivoire Télécom (1.500.000 Fcfa HT de frais fixes et 1.000.000 Fcfa HT par mois).

Les ISP (fournisseurs d’accès Internet) seront chargé de commercialiser l’offre. Pour pouvoir le faire, ils doivent s’inscrire auprès de Côte d’Ivoire Télécom (1.500.000 Fcfa HT de frais fixes et 1.000.000 Fcfa HT par mois).

Le processus d’installation chez un client passe par une pré qualification de sa ligne téléphonique (par Côte d’Ivoire Télécom, à distance et sous 72 h), puis la commande et le paiement par le client à Côte d’Ivoire Télécom de l’option ADSL sur sa ligne téléphonique. Côte d’Ivoire Télécom lui envoie alors un kit comprenant un modem Thomson USB, le CD d’installation et un filtre (découpleur ligne RTC et port data) pour installation chez le client (à la charge de l’ISP).

Le processus d’installation chez un client passe par une pré qualification de sa ligne téléphonique (par Côte d’Ivoire Télécom, à distance et sous 72 h), puis la commande et le paiement par le client à Côte d’Ivoire Télécom de l’option ADSL sur sa ligne téléphonique. Côte d’Ivoire Télécom lui envoie alors un kit comprenant un modem Thomson USB, le CD d’installation et un filtre (découpleur ligne RTC et port data) pour installation chez le client (à la charge de l’ISP).

Les pré-tests ont concerné une cinquantaine d’utilisateurs (principalement des employés ou des proches de Côte d’Ivoire Télécom). Après une annonce de nature commerciale aux ISP le jeudi 4 décembre, ceux-ci ont eu droit à une présentation technique le jeudi 11 décembre.

Les pré-tests ont concerné une cinquantaine d’utilisateurs (principalement des employés ou des proches de Côte d’Ivoire Télécom). Après une annonce de nature commerciale aux ISP le jeudi 4 décembre, ceux-ci ont eu droit à une présentation technique le jeudi 11 décembre.

Toutes les lignes ne seront pas concernées. Le client final doit avoir un abonnement téléphonique avec une ligne satisfaisant aux conditions (être dans la zone de couverture, avoir une ligne téléphonique analogique dont la qualité du câble permet l’ADSL, pas de RNIS/ISDN). Il souscrit une option ADSL sur son abonnement téléphonique à Côte d’Ivoire Télécom, à 45.000 Fcfa HT de frais fixes plus 45.000 Fcfa HT par mois. Il doit aussi acheter le modem Thomson USB à 120.000 Fcfa HT. Et il devra enfin souscrire à l’offre ADSL de son ISP.

Toutes les lignes ne seront pas concernées. Le client final doit avoir un abonnement téléphonique avec une ligne satisfaisant aux conditions (être dans la zone de couverture, avoir une ligne téléphonique analogique dont la qualité du câble permet l’ADSL, pas de RNIS/ISDN). Il souscrit une option ADSL sur son abonnement téléphonique à Côte d’Ivoire Télécom, à 45.000 Fcfa HT de frais fixes plus 45.000 Fcfa HT par mois. Il doit aussi acheter le modem Thomson USB à 120.000 Fcfa HT. Et il devra enfin souscrire à l’offre ADSL de son ISP.

L’offre officielle au grand public a eu lieu dans le cadre d’une conférence de presse du Directeur Général, Michel Fayeaux où celui-ci faisait un bilan général de l’activité de son entreprise avant la fin du monopole prévue le 4 février 2004.

L’offre officielle au grand public a eu lieu dans le cadre d’une conférence de presse du Directeur Général, Michel Fayeaux où celui-ci faisait un bilan général de l’activité de son entreprise avant la fin du monopole prévue le 4 février 2004.

Depuis l’annonce officielle de l’ADSL, seuls AVISO (Côte d’Ivoire Multimédia, filiale à 100% de Côte d’Ivoire Télécom) et AFNET ont annoncé avoir souscrit à la possibilité d’offrir un service Internet par ce support.

Depuis l’annonce officielle de l’ADSL, seuls AVISO (Côte d’Ivoire Multimédia, filiale à 100% de Côte d’Ivoire Télécom) et AFNET ont annoncé avoir souscrit à la possibilité d’offrir un service Internet par ce support.

AVISO annonce un tarif de 35.000 Fcfa HT par mois (soit un total de 80.000 Fcfa HT par mois si on ajoute les frais de Côte d’Ivoire Télécom) et des frais fixes de 20.000 Fcfa HT à payer une seule fois (soit un total de 185.000 Fcfa HT en une fois si on rajoute les frais fixes de Côte d’Ivoire Télécom et l’achat du kit modem USB).

AVISO annonce un tarif de 35.000 Fcfa HT par mois (soit un total de 80.000 Fcfa HT par mois si on ajoute les frais de Côte d’Ivoire Télécom) et des frais fixes de 20.000 Fcfa HT à payer une seule fois (soit un total de 185.000 Fcfa HT en une fois si on rajoute les frais fixes de Côte d’Ivoire Télécom et l’achat du kit modem USB).

Les offres pour les entreprises seraient annoncées d’ici la fin du premier trimestre 2004 (débits jusqu’à 2 Mbps, connexion par routeur), de même que la couverture progressive des autres commutateurs d’Abidjan.

Les offres pour les entreprises seraient annoncées d’ici la fin du premier trimestre 2004 (débits jusqu’à 2 Mbps, connexion par routeur), de même que la couverture progressive des autres commutateurs d’Abidjan.

Ghana : NCA va offrir des licences WiMAX voix et données mais seulement sous certaines conditions

NCA, l’autorité de régulation des communications du Ghana a engagé une discussion publique quant à la possibilité d’offrir des fréquences et des licences qui permettraient à ceux qui les gagneront de commercialiser des services voix et données. Mais comme vous pouvez vous l’imaginer, l’offre comporte un certain nombre d’attrapes. Russell Southwood nous détaille l’offre en question.

Selon la NCA, cinq licences seront offertes pour des services haut-débits sans fil dans les bandes de fréquences entre 2,500 MHz et 2,690 MHz. Il y aura trois lots de blocs à 30 MHz pour une couverture nationale par des opérateurs utilisant des fréquences en non-parité et deux lots de blocs à 2 x 15 MHz pour des opérateurs utilisant des fréquences en parité.

Ces licences seront valides pour une période de dix ans. Il est prévu en plus, des blocs de 2 x 5 MHz en parité et des blocs de15 MHz en non-parité supplémentaires pour ceux qui remporteront les cinq licences. Les bandes de fréquences associées à ces licences peuvent évidemment convenir à certain nombre de technologies mais la plus probable est le WiMAX.

Le point le plus intéressant concernant ces licences, c’est qu’elles permettent à l’utilisateur final d’utiliser l’équipement en mode fixe, nomadique ou totalement mobile. De plus, ces licences n’exigent pas d’avoir une licence séparée pour la fourniture de services Internet. Elles couvrent aussi l’ensemble du territoire.

Les licences seront attribuées suivant un processus d’enchères avec un prix du dossier non-remboursable fixé à 100,000 dollars US. Le prix minimum de réserve pour l’enchère est 5 millions de dollars US.

Malheureusement ces licences sont accompagnées de conditions. Les opérateurs qui remporteront les licences devront assurer une couverture de 60% de chaque ensemble de zones et une couverture de 100% des capitales des districts. Les zones consistent en des groupements de districts comme le très attractif centre métropolitain d’Accra mais aussi des districts moins attractifs comme par exemple Bole dans le nord du pays. Les opérateurs devront aussi offrir des services selon des critères de qualité qui seront définis dans leur licence.

Cinq ans plus tard à mi-parcours de la durée de la licence, les opérateurs assez chanceux pour réaliser ces conditions, pourront payer la somme forfaitaire de 1 million de dollars US pour offrir des services voix. Les licences ne permettent cependant pas aux opérateurs d’opérer une passerelle internationale et ils devront acquérir celle-ci séparément.

La structuration de la licence est une tentative d’attirer un maximum d’investissements tout en tendant la carotte d’une licence voix qui représente une bonne affaire à 1 million de dollars US pour les opérateurs qui franchiront la ligne finale dans cinq ans. Les seuls parieurs seront les opérateurs mobiles existants qui souhaitent utiliser la technologie WiMAX pour le trafic des données ou une société prête à relever ce challenge et disposant d’une solide assise financière.

Un cas récent au Ghana souligne la nécessité d’opérateurs réseaux alternatifs à celui de Vodafone Ghana à travers sa filiale de vente en gros, la « National Communications Backbone Company (NCBC) ». Dans le cadre du projet eGhana, le Ministère de la Communication avait lancé un appel d’offre pour une capacité de 10 mbps à répartir entre plusieurs régions du pays. Un fournisseur d’accès Internet, Internet Ghana a fait une proposition de 8,000 US par E1 sur la base d’un prix en gros de NCBC de 4,500 dollars US par E1.

Il a émergé plus tard que NCBC avait proposé au Ministère des Communications un prix de l’ordre de 1,083.33 dollars US, un prix bien inférieur au prix en gros que la société offre aux autres compagnies. Après maintes explications qui n’ont convaincu personne, NCBC a reconnu avoir fait une erreur mais qu’elle maintenait ce prix dans le cadre de cette offre. Cette affaire est maintenant dans les mains de l’autorité de régulation et des tribunaux.

Il est intéressant de noter que Vodafone, le nouveau propriétaire de NCBC a introduit une structure de prix en gros uniquement basé sur la capacité ce qui permet d’avoir le même prix n’importe ou au Ghana. A moins que vous soyez la filiale Internet de la société et alors il est bien possible que vous receviez une bien meilleure offre. Des erreurs sont possibles mais des erreurs de cette taille mérite une explication différente.

Afrique du Sud: Lancement de Broadband Infraco au début 2010: Sa mission? Faire baisser les prix au national et à l’international

Dans plusieurs pays en Afrique, le Gouvernement est intervenu pour encourager des prix plus bas et un meilleur accès à l’infrastructure nationale et internationale en fibre. Au Kenya par exemple, le Gouvernement a même activement participé à la construction de ces infrastructures. Ces interventions comme toujours pointent vers l’importante et difficile problématique du rôle de l’Etat dans l’économie et comment ce rôle doit être exercé. Russell Southwood s’entretient avec Dave Smith, DG de Broadband Infraco en Afrique du Sud sur cette problématique.

Q: Comment a débuté votre participation dans Broadband Infraco ?

J’ai fait parti du Conseil d’Administration dès le début et j’ai participé à son développement du point de vue d’Eskom (société nationale d’électricité en Afrique du Sud). Nous avons commencé à poser de la fibre dans la perspective qu’un second opérateur national recevrait une licence en 2002. Ce processus a connu quelques retards et durant ce temps Eskom et Transtel ont gardé leur infrastructure en sommeil. La licence a finalement été attribuée et nous avons commencé les discussions pour le transfert des infrastructures au profit du second opérateur national.

Le Gouvernement a analysé différentes stratégies politiques pour le secteur des NTIC et l’une d’elles suggérait une baisse des prix de la bande passante via un mécanisme de levier sur les prix de la connectivité nationale et internationale. A la fin de 2006, nous avons racheté l’infrastructure fibre d’Eskom et de Transtel et nous avons passé une année supplémentaire à compléter cette infrastructure. Nous détenons le droit d’usage de l’infrastructure mais sa gestion est assurée par Néotel.

Q: Quelles sont la taille et la capacité de votre infrastructure ?

Nous avons presque doublé notre couverture et triplé notre capacité. Il y a11,800 kilomètres de liens de transmission en fibre optique entre toutes les principales villes et des connexions régionales avec l’ensemble des pays voisins. La seule exception, c’est le lien avec le Zimbabwe le long du pont Bei qui est défectueux et qui a besoin d’être réparé.

Q: Qu’en est-il en termes de licence ?

Ces développements sont intervenus avant le nouveau régime de licence. Dès le départ, nous savions que nous aurions besoin d’une licence couvrant les services électroniques en réseau. L’acte de constitution de Broadband Infraco définissait ce que nous voulions réaliser en termes de réseau et de services électroniques. Par conséquent nous avons introduit deux demandes de licence. Lors des consultations publiques (dans le cadre du processus d’obtention des licences), les fournisseurs d’accès Internet et les fournisseurs de réseau à valeur ajoutée ont exprimé des inquiétudes quant à la concurrence que nous pourrions instiguer dans le segment des services alors que pour nous, il n’avait jamais été question dans nous lancer dans les secteurs des services de détail et l’accès métropolitain.

Mais parmi nos mandats, nous assurons par exemple la fourniture de connectivité pour des projets comme le radiotélescope SKA (Square Kilometre Array) qui nécessite un important volume de bande passante. Selon la loi sur les communications électroniques, toute entreprise qui envisage de proposer ses services à l’Etat devra disposer d’une licence couvrant les services électroniques en réseau.

Nous ne souhaitons pas entre dans le segment des services au détail. La loi sur les communications électroniques est un ensemble très complexe de réglementation. Nous devons avoir une licence couvrant des services électroniques en réseau pour revendre de la capacité et il y a eu un peu de résistance quant à l’obtention ce type de licence.

Q: Quand est-ce que vous envisagez d’être opérationnel ?

Nous allons conclure un partenariat avec Néotel pour une période déterminé. Ce contrat couvre nos besoins d’accéder leurs points de présence. Nous préparerons le lancement commercial lorsque notre réseau sera totalement opérationnel. Néotel continuera à gérer l’aspect capacité pour le restant de la durée du contrat tandis que nous nous occuperons des autres besoins des clients. Par conséquent, dans deux mois, vous pourrez assister à notre lancement commercial.

Q: Quelle sera votre politique des prix au niveau national ?

Nous avons tout chamboulé. Le prix d’un STM1 de Johannesbourg à Cape Town via Telkom South Africa sans la réduction pour l’achat en gros était de 1.5 millions de Rands (198,531 dollars US). Ce prix a changé en août 2009 pour s’établir à 970,000 Rands (128,383 dollars US) et est maintenant tombé à 300,00 Rands (39,706 dollars US). Notre liste de prix est construite sur la base du coût plus un pourcentage et par conséquent nos prix seront proches de ce qui se pratique en ce moment sur le marché.

Le lancement du câble de fibre optique Seacom a eu un gros impact sur les prix au niveau national. Notre politique des prix s’alignera sur celle du marché et nous en rendrons compte au régulateur. Le vrai challenge se situe au niveau des capacités plus importantes qu’un STM1 comme par exemple un STM64. Il y a forcément des économies d’échelle à réaliser lorsque de la capacité additionnelle est activée.

Q: Quelle est votre implication dans le projet sous-marin de fibre optique WACS ?

Nous avons investi dans le projet comme un point d’ancrage. Il y a au total 11 investisseurs dans ce projet (Angola Telecom, Broadband Infraco, Cable & Wireless, MTN, Portugal Telecom, Sotelco, Tata Communications, Telecom Namibia, Telkom South Africa, Togo Telecom and Vodacom). Nous avons approximativement 11.5% de la capacité entre Londres et l’Afrique du Sud. Il y aura des stations d’atterrissage en Namibie, en Angola, au Congo RDC, au Nigéria, au Togo au Ghana et en Côte d’Ivoire.

Q : Encore une fois quelle sera votre politique en matière de prix ?

Je ne peux pas vous donner une réponse définitive. Cela fait déjà quelques mois que je ne me suis pas penché sur les prix à l’international et cela est trop long dans ce jeu. La politique des prix de Seacom est plus économique (que celle de SAT3). La réponse à votre question dépendra beaucoup du volume. Seacom a une capacité de 1.2 térabits tandis que WACS aura une capacité de 5.1 térabits par conséquent la logique économique est différente mais cela ne sert pas à grand-chose avant d’avoir vendu le volume de capacité activée.

Q: L’objectif politique du Gouvernement est de faire baisser les prix pour les utilisateurs. Est-ce que ces prix vont tomber ?

Beaucoup de gens se sont attendus à une baisse importante des prix avec Seacom. Mais l’utilisateur final n’a encore rien vu en raison de blocages constants au niveau de « l’accès au dernier kilomètre ». Plusieurs éléments entrent en question : la réaction de Telkom South Africa envers les sociétés qui ont obtenu de nouvelles licences ; l’entrée de Néotel sur le marché ; la construction par MTN et Vodacom de leur propre réseau. Au niveau de l’international, le fonctionnement des câbles relevait d’un système clos par conséquent l’impact de Seacom et de WACS basé sur un modèle sera énorme. Les principes économiques à la base du modèle ouvert ont été inscrits dans le projet WACS grâce à nous.

Q: Quelles sont les perspectives d’ici cinq ans ?

Nous devons être capable d’assurer que l’Afrique du Sud a assez de capacité pour soutenir des projets comme le radiotélescope SKA. Même avec les meilleurs prix possible à l’international, ce type de projets n’est pas viable et par conséquent nous attelons à résoudre des problèmes de ce type aussi.

Phase 3 Telecoms ouvrira un lien terrestre Lagos-Accra durant le second trimestre 2010 et déploiera son réseau vers les pays enclavés de l’intérieur

Une autre route terrestre en fibre optique le long de la côte entre Lagos et Accra s’ouvrira au second trimestre 2010. L’opérateur télécom nigérian Phase 3 Telecoms a signé un contrat avec la Communauté Electrique du Bénin (CEB) pour poser et opérer une liaison fibre optique sur le réseau de distribution de l’électricité de la CEB. Russell Southwood s’est entretenu avec Stanley Jegede, le Directeur Général de Phase 3 Telecoms pour nous donner les détails du projet.

Q: Quel est votre accord avec la Communauté Electrique du Bénin ?

R: Il s’agit d’un contrat de concession nous permettant de proposer l’architecture, de construire et d’opérer l’infrastructure pendant 15 ans. Le réseau électrique de la CEB couvre le Bénin et le Togo et nous posons des fibres aériennes sur les lignes haute-tension de 161 kV. Avec ce réseau, nous pourrons mettre en place un lien allant de Lagos à Accra en passant par le Bénin et le Togo.

Nous avons déjà commencé la pose de la fibre optique et la longueur totale du réseau sera entre 3,000 et 4,000 kilomètres.

Q: Jusqu’ou s’étend le réseau de la CEB dans le nord ?

A: Il va jusqu’à Karimama au Bénin, une ville qui se situe à la frontière avec le Niger et à travers le milieu des deux pays avec un tracé formant un U retourné : de Parakou au Bénin et Atakpama au Togo via Oujougou et Sokode.

Q: Quand est-ce que le lien Lagos-Accra sera-t-il prêt?

R: Il sera opérationnel au second trimestre 2010 et nous nous sommes donnés jusqu’à la fin du premier trimestre 2010 pour la pose de la fibre et l’installation des équipements de transmission.

Q: Quelle est la taille de votre réseau domestique au Nigéria ?

R : Il est posé sur des lignes haute-tension de 132 kV et 330kV formant plusieurs larges boucles. Du nord à Sokoto, il s’étend vers l’ouest du pays jusqu’à Lagos et ensuite il passe par la partie sud du pays de Lagos au Bénin avec une extension vers Port Harcout qui sera ouverte sous peu. Son tracé se poursuit ensuite dans le milieu du pays vers Jos et Kano avec une extension en construction vers Katsina. Nous avons aussi une extension à partir d’une boucle principale de Lagos à Sakete au Bénin.

Q :Qui allez-vous connecter entre le Togo et Accra ?

R: Phase 3 travaillera en étroite collaboration avec Vodafone pour transporter son trafic vers Accra et vers la station d’atterrissage SAT3.

Q: Quel est le type de votre clientèle au Nigéria ?

R: Notre clientèles inclut les principaux opérateurs mobiles au Nigéria comme Globacom, Zain et les opérateurs CDMA comme Intercellular et Visafone. Nous transportons aussi du trafic pour les FAIs, les banques et le Gouvernement.

Nous proposons des liens à partir d’un E1 jusqu’à une capacité d’un STM1 se connectent à la station d’atterrissage SAT3 de Nitel. Avec l’ouverture de nouveaux liens, nous pourrons nous connecter à la station d’atterrissage de SAT3 à Cotonou via Bénin Telecom et à celle d’Accra via Vodafone. Cela nous permettra d’offrir à notre clientèle des options de redondance et plus de choix en termes de prix en jouant les différentes stations d’atterrissage.

Q : Pensez-vous que votre clientèle pour ces nouveaux liens sera la même que celle que vous avez pour votre réseau domestique ?

R : Dans une certaine mesure, oui parce que ce type de clients existent dans l’ensemble des pays de l’Afrique de l’ouest. Les opérateurs télécoms en particulier ont besoin de s’interconnecter avec des opérateurs dans d’autres pays africains.

A présent, il n’y a pas de lien de redondance et cela nous permettra de bien nous positionner pour offrir une boucle de redondance entre Lagos et Accra. Ce lien de redondance utilisera les nouveaux câbles sous-marins entre Accra et Lagos.

Q : Pensez-vous qu’il y aura un important volume de trafic entre ces pays ?

R : Je pense qu’il y a beaucoup de trafic entre Lagos et Accra et si nous construisons une extension vers la Côte d’Ivoire, il y aura des volumes de trafic relativement importants mais il n’y en a probablement pas beaucoup entre le Bénin et le Togo mais cela s’accroitera avec le temps.

Q : Avec l’introduction de quatre nouveaux câbles internationaux (Glo One, Main One, WACS et ACE) quelles seront les conséquences pour vous ?

A : Les conséquences seront positives pour nous dans la mesure ou la capacité disponible au niveau de la côte devra être acheminée vers l’intérieur et notre réseau aérien en fibre pourra être utilisé à cette fin. Nous avons des droits de passage qui s’étendent jusqu’à la frontière avec le Burkina Faso et le Niger et nous sommes potentiellement le mieux placé pour fournir de la bande passante internationale à ces deux pays. C’est dans notre meilleur intérêt de collaborer avec les opérateurs de câbles internationaux parce que nous nous complétons l’un l’autre.

Q : Quels sont les prix que vous allez proposer sur le lien Lagos-Accra ?

R : Nous sommes entrain de finaliser notre grille tarifaire mais nous comptons bien sûr être moins cher que certains opérateurs.

Correction: Le patron de Microsoft Afrique est Cheikh Modibo Diarra et non Modibo Keita comme indiqué dans un article paru dans le numéro 119.

La Banque Mondiale soutient le financement du réseau fibre de l’Afrique Centrale avec une mise en service prévue pour 2011

Avec l’arrivée du câble Glo One, le Ghana et le Nigéria sont les deux premiers pays de l’Afrique de l’ouest à héberger deux stations d’atterrissage de câbles sous-marins de fibre optique. Trois autres projets de fibre optique, à savoir Main One, WACS et ACE ont annoncé des stations d’atterrissage dans de nombreux pays le long de la côte ouest de l’Afrique. Les promoteurs du câble Main One, le projet le plus avancé parmi les trois cités plus haut, ont aussi annoncé des stations d’atterrissage au Ghana et au Nigéria, Cette pléthore de stations et de bande passante internationale qui seront bientôt disponibles resteront sous-utilisées si elles se limitaient à desservir les zones littorales (incluant les capitales dans la majorité des pays de l’Afrique de l’ouest). La construction ou le renforcement de réseaux nationaux et trans-frontaliers desservant les pays enclavés est de plus en plus à l’ordre du jour s’il s’agit de maximiser l’utilisation de cette capacité internationale. La décision récente de la Banque Mondiale de financer la construction d’infrastructure en Afrique centrale est un pas important dans cette direction. Isabelle Gross de Balancing Act s’est entretenue avec Yann Burtin, responsable des Opérations au département TIC de la Banque Mondiale à la Banque Mondiale sur ce projet de réseau en Afrique centrale (Central African Backbone – CAB)

Selon Yann Burtin, le projet est né suite à la demande du gouvernement tchadien d’utiliser la fibre optique existante le long de l’oléoduc Komé-Kribi et de construire une extension vers N’Djamena et Bangui, la capitale de la République Centrafrique. Le câble existant d’une longueur de 1,000 km a été posé tout le long du parcours de l’oléoduc et comporte 18 fibres optiques, dont la jouissance est partagée entre le Tchad et le Cameroun. Avec son extension vers N’Djamena et Bangui, le réseau comprendra 1,800 à 2,000 Km de câble de fibre optique. Le projet financera aussi des câbles de redondance et d’autres routes de sortie ou d’accès à de la capacité internationale en particulier vers le Nigéria et le Gabon. En d’autres termes ce projet permettra au Tchad et la République Centrafrique d’accéder à de la capacité internationale par fibre au lieu uniquement de capacité internationale satellitaire dont le coût reste élevé et dont la disponibilité n’est pas toujours assurée. Le projet permettra aussi de maximiser l’utilisation du câble existant de fibre optique le long de l’oléoduc dont l’usage jusqu’à présent est resté quelque peu limité.

Sur les 215 millions de dollars US approuvés par le Conseil d’Administration de la Banque Mondiale, 26,2 millions iront en faveur de cette première phase consistant à développer le réseau national fibre du Tchad et de la République Centrafrique et à donner à ces deux pays un accès à la fibre internationale. Le coût total de ce projet est estimé à 40 millions de dollars US. Le solde sera financé par les Etats eux-mêmes (Tchad et Cameroun) et d’autres organisations comme la Banque Africaine de développement (BAD), la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) et l’Union Africaine (UA).

Il est prévu de créer une banque d’affaires associée à un cabinet juridique pour assurer dans un premier temps la construction de l’infrastructure et maximiser les investissements privés. Cela permettra de réaliser un équilibre entre les intérêts des Etats (en particulier leurs opérateurs historiques) et la promotion du principe de l’accès ouvert au nouveau réseau fibre. En parallèle à la finalisation de la structure qui chapotera ce réseau, il sera aussi nécessaire de mettre à jour le cadre réglementaire des trois pays en question. Des directives adoptées au niveau de la CEMAC doivent être transposées au niveau national pour permettre de donner une assise légale à ce réseau régional entre le Tchad, la République Centrafrique et le Cameroun.

Dans la perspective de ce nouvel accès à de la capacité internationale fibre pour le Tchad et la République Centrafrique, il y a lieu de penser que les prix en gros de la bande passante internationale baisseront et par conséquent les prix des services Internet dans ces deux pays seront plus abordables aussi. Pour Yann Burtin, il est nécessaire que le réseau fibre disposent de plusieurs sorties sur l’international pour faire jouer la concurrence. Dans le passé des négociations entre le Tchad et le Cameroun ont échoué à cause du prix élevé proposé par le Cameroun pour la connexion internationale. Le projet envisage donc de construire des extensions vers le Nigéria et le Gabon pour disposer de plusieurs sorties vers l’international.

Si le calendrier de réalisation de ce réseau fibre est maintenu: à savoir la finalisation des transactions à mi-2010 ; la pose de la fibre optique et l’installation des équipements jusqu’à mi-2011, le projet coïncidera avec l’arrivée de nouveaux câbles sous-marins de fibre optique. Avec une offre de capacité internationale plus abondante, la concurrence pourra enfin jouer son rôle pour faire baisser les prix de la bande passante internationale en Afrique centrale.

Un nouveau rapport conclut que les points d’échange Internet en Afrique ont permis de réduire la latence et d’augmenter la vitesse de téléchargement mais n’ont pas contribué à réduire son coût pour le consommateur.

Les promoteurs de points d’échange Internet en Afrique (et Balancing Act en a fait partie) ont défendu plusieurs de ses bénéfices majeurs. Ils permettraient de faire des économies parce qu’une large proportion du trafic serait échangée en utilisant de la bande passante locale plutôt que de la bande passante internationale. Ils permettraient d’améliorer la vitesse d’accès pour les utilisateurs et de réduire les délais de téléchargement en diminuant le temps de latence. Ils permettraient de créer des opportunités d’affaires parce que l’hébergement de domaines locaux serait plus facile et une meilleure vitesse d’accès pour les utilisateurs encouragerait l’utilisation de certains applicatifs. Treize ans après le lancement du premier point d’échange Internet à Johannesbourg, un rapport de recherche vient d’être publié évaluant leur impact.

Le but de ce rapport intitulé « The Impact of IXPs – A review of the experiences of Ghana, Kenya and South Africa » et mandaté par OSI est d’identifier les éléments qui viendraient corroborer les impacts décrits ci-dessus. Le point principal est d’évaluer si les économies réalisées ou pas par les points d’échange Internet ont permis aux FAIs locaux de faire bénéficier les utilisateurs des changements de prix.

La proportion de trafic local transitant via un point d’échange Internet dans un pays africain varie entre 10% et 60% fonction de la taille et du niveau de développement du marché en question. Trois pays africains ont été sélectionnés pour refléter la diversité de développement à différentes étapes.

Les chercheurs ont analysé un ensemble d’éléments pour mesurer les différents impacts: le prix au détail, le point de vue des opérateurs quant à la réduction des prix, les changements dans la vitesse d’accès, la croissance ou non du contenu et de l’hébergement local, des facteurs externes pouvant avoir un effet. La partie centrale du rapport consiste en une étude de cas couvrant le Ghana, le Kenya et l’Afrique du Sud.

Les conclusions des études de cas sont les suivantes:

- Même dans le cas ou la proportion de trafic local transitant via le point d’échange Internet est élevée, l’Afrique du Sud par exemple avec 60% en 2008, les opérateurs affirment que les économies réalisées sur le coût de la bande passante sont insignifiantes. Cependant dans ce cas de figure, les économies réalisées ont bénéficié aux FAIs de second rang qui avaient seulement besoin de payer pour se connecter au point d’échange Internet plutôt que de payer plusieurs fournisseurs. Lorsque le secteur Internet est divisé comme au Ghana par exemple, il n’a pas été possible de pleinement bénéficier des avantages que procure un point d’échange Internet unifié.

- L’argument initial d’une économie à réaliser par les FAIs sur la bande passante était basé sur une différence substantielle des prix en gros du trafic local, national et international. Depuis l’introduction des points d’échange Internet, la réduction du coût de la bande passante sur SAT3 a eu pour effet que dans certains cas, le prix de la bande passante nationale est au même prix ou même un peu plus cher que la bande passante internationale sur une base du calcul du prix par rapport à la distance. Au Nigéria, c’est moins cher d’envoyer du trafic de Lagos à Sessimbra au Portugal que d’envoyer le même volume de trafic de Lagos à Abuja. Avec l’arrivée de nouvelle capacité internationale en 2009 et 2010, ce différentiel de prix sera un challenge pour les FAIs souhaitant attirer du trafic local. Tout comme la réduction des prix de la bande passante internationale, les prix des transmissions locales et nationales devront baisser pour s’aligner par rapport à eux. Pour maintenir la rentabilité des points d’échange Internet, les FAIs devront pousser pour des prix plus bas de la bande passante nationale.

- Depuis l’introduction de points d’échange Internet, on a observé une baisse des prix au détail des abonnements Internet (et de l’accès dans les cybercafés) au Ghana et au Kenya. Il serait facile de conclure que l’économie de coûts qu’apporte les points d’échange Internet aux FAIs a été passée aux utilisateurs. Mais comme ces réductions ont aussi été introduites par les FAIs qui n’adhéraient pas au point d’échange Internet, il est donc fort à penser que les baisses de prix ne sont pas le résultat d’économies liées à l’introduction de point d’échange Internet. En Afrique du Sud, les prix de l’Internet bas débit ont très peu changé dans les dix dernières années tandis que les prix de l’ADSL ont baissé depuis son lancement en 2003 bien après le lancement du point d’échange Internet de Johannesbourg (JINX). Une fois encore, il est peu probable que les économies réalisées soient en relation avec l’introduction des points d’échange Internet. Au Ghana et en Afrique du Sud, les FAIs affirment que les économies ont été passées aux consommateurs sous la forme d’une amélioration de la qualité de service. Il est bien clair que les économies réalisées par l’introduction de points d’échange Internet n’ont pas bénéficié aux consommateurs sauf dans un cadre plus large de concurrence accrûe entre les opérateurs.

- L’un des impacts majeurs de l’introduction de points d’échange Internet a été la fin du monopole sur le trafic international (Kenya), une augmentation de la concurrence et une baisse significative du prix de la bande passante internationale. En Afrique du Sud par exemple, le prix de la bande passante internationale par rapport au coût total est passé de 60% en 2003 à 45% en 2008. Dans ce cas il y a un lien direct entre les points d’échange participants, les associations de FAIs et la baisse des prix. Au Ghana, GISPA a joué un rôle majeur dans le signature d’un contrat permettant l’achat à un prix réduit de bande passante sur SAT3. TESPOK, l’équivalent de GISPA au Kénya, a été une association leader dans le processus de libéralisation.

- La vitesse d’accès semble s’être améliorée mais il reste difficile de différencier les conséquences d’une amélioration des liens nationaux et internationaux de celle de l’introduction des points d’échange Internet quant à la vitesse d’accès. Qui plus est, avec la baisse des prix de la bande passante internationale, les utilisateurs bénéficient d’une vitesse accrûe de téléchargement.

- Quand bien même le volume de trafic local passant par un point d’échange Internet ait beaucoup augmenté au Kenya et en Afrique du Sud, cette augmentation a été surplombée par des augmentations de la bande passante internationale. Le volume de trafic local a en fait baissé en proportion par rapport au trafic global en Afrique du Sud. Au Ghana, les points d’échange Internet ne mesurent pas le volume de trafic et par conséquent il n’est pas possible de tirer des conclusions en termes de volume de trafic local par rapport à la croissance de l’ensemble du volume de trafic.

- Il en va de même pour la croissance du contenu local dont l’accès par les utilisateurs a été éclipsé par un intérêt plus grand pour du contenu international. Avec la baisse des prix de la bande passante internationale, il est plus facile pour les opérateurs d’offrir des services Internet moins chers. Il en résulte une augmentation du nombre des Internautes. Bien que le contenu local se soit accrû dans les trois pays en question, l’utilisation principale (l’accès courriel en particulier) reste internationale. Facebook et You Tube sont par exemple parmi les 10 premiers sites Internet fréquentés par des pays africains selon Alexa.com. La croissance de l’usage de l’Internet a aussi bénéficié à un petit nombre de sites Internet locaux. Les points d’échange Internet ont encouragé l’introduction de nouveaux services et d’applicatifs locaux : au Kénya par exemple avec l’introduction d’un service d’impôts en ligne par l’administration des impôts et la mise en ligne de logiciels gratuits par l’université de Nairobi.

Les auteurs du rapport intitulé « The Impact of IXPs – A review of the experiences of Ghana, Kenya and South Africa » sont Charles Amega-Selorm, Muriuki Mureithi, Dobek Pater et Russell Southwood. Si vous souhaitez obtenir une copie gratuite du rapport (uniquement disponible en anglais), envoyez un mail à l’adresse suivante advertising@balancingact-africa.com.

Les écoliers maliens se préparent à l’arrivée du portable OLPC

Quatre ans après le lancement du projet d’un portable par enfant (One Laptop Per Child – OLPC) par Nicolas Negroponte, l’occasion s’est présentée de dresser un bilan non-exhaustif des réalisations et des projets en cours à ce jour en particulier en Afrique. Isabelle Gross de Balancing Act s’est entretenue avec Nathalie Avidar, responsable de la coordination pays à la fondation OLPC Europe basée en Belgique.

Avec 1.5 millions de portable OLPC déployés à travers le monde et l’objectif d’atteindre le chiffre de 2 millions on 2010, le pari d’offrir à des enfants des pays émergeants, la possibilité de s’initier aux TICs semble se réaliser. Selon Nathalie Avidar, la première étape dans le processus de déploiement est de s’assurer du soutien de principe du gouvernement du pays en question, en particulier le Ministère de l’Education. A l’heure actuelle, la fondation OLPC a recueilli l’accord des Gouvernements du Rwanda, du Mali, du Burundi, de la Tanzanie, du Zwaziland, du Congo RDC, de la Côte d’Ivoire, du Maroc et du Mozambique. Un ensemble de pays africains qui est aussi divers par leur situation géographique que par leur niveau de développement économique.

La seconde étape consiste à trouver des financements et un site local pilote pour distribuer 10,000 à 12,000 portables OLPC. Au Mali, ou la phase pilote est prévue de démarrer en décembre prochain, se seront les écoliers des écoles primaires de Tombouctou et de sa région qui se verront remettre ce cadeau moderne auxquels ils ne s’attendaient sans doute pas. Le financement de ce lot de plus de 10,000 portables a été possible grâce à un don d’une fondation internationale suisse, nous assure Nathalie Avidar. Selon elle, un lot de 10,000 à 12,000 portables OLPC nécessite un financement de l’ordre de 2 à 2.4 millions de dollars US. Ce montant comprend les portables, les coûts de livraison ainsi que la formation sur place des personnels enseignants et techniques. Le coût du service après-vente est aussi inclus dans ce montant. Pour permettre la réparation des portables ou assurer leur replacement en cas de défectuosité majeure, la fondation OLPC offre des unités supplémentaires à hauteur de 1% de la quantité totale livrée.

Au Rwanda ou le projet d’un portable par enfant avait démarré bien plutôt, le nombre de portable OLPC s’élève aujourd’hui à 150,000 unités. Cela représente un taux de pénétration de l’ordre de 5%. Il faudra compter 5 à 6 ans de plus pour arriver à saturation. Comme au Mali, le déploiement au Rwanda s’est déroulé en phases successives. Kigali, la capitale du Rwanda avait servi de site pilote et le passage à la vitesse supérieure n’a démarré qu’après un phase d’évaluation et l’obtention de financement supplémentaires. L’expérience rwandaise a permis selon Nathalie Avidar d’établir que le portable OLPC joue un rôle plus important que seulement celui d’outil éducatif durant les heures de cours. Lorsque les enfants quittent la classe en fin de journée, ils emportent avec eux le portable permettant sa découverte et son utilisation par l’ensemble des membres de la famille.

Mis à part sa robustesse, sa faible consommation de courant et sa capacité à accéder l’Internet, le portable OLPC propose à l’heure actuelle plus 150 applicatifs différents avec des activités permettant aux enfants d’apprendre à lire, à écrire et à compter par exemple. La conception des applicatifs est basée sur la théorie du constructivisme: l’enfant n’a pas besoin de savoir comment lire pour opérer les applicatifs parce que l’interaction est basée sur des icônes tandis que les activités d’apprentissage proposées s’appuient sur une démarche similaire à la programmation.

Avec un marché ciblant les enfants scolarisés de 6 à 12 ans dans les pays émergeants (représentant des centaines de millions d’écoliers), le projet OLPC a “du pain sur la planche” dans les années à venir. Les objectifs du projet sont nobles. Dans une certaine mesure cela devrait suffir pour en assurer sa pérennité à condition que la question du prix du portable OPLC ne devient pas un obstacle. Lors du lancement de l’idée d’un portable par enfant, le prix de 100 dollars US avait été annoncé. Il avait été jugé irréaliste à l’époque mais cela était bien avant l’arrivée des netbooks. Aujourd’hui le prix d’un portable OLPC (livraison et formation incluses) coûte 180 dollars US tandis les prix des netbooks sont de l’ordre de 300/400 dollars US. A l’heure actuelle, il est possible par exemple de trouver un Asus Eee PC 701 chez Amazon à 250 dollars US. La différence de prix se réduit de plus en plus. Au mois d’août dernier, un article publié sur le site Liliputing ((http://www.liliputing.com/2009/08/lanyu-ebook-ly-eb01-7-inch-netbook-rev...)

) annonçait l’arrivée du Lanyu LY-EB01 eBook, un netbook « made in China » à moins de 100 dollars US mais malheureusement uniquement disponible en Chine. Lorsque certains Gouvernements africains franchiront le pas entre l’accord de principe et le déploiement de portables OLPC dans les écoles primaires, quel sera le poids du prix du portable OLPC dans leur décision finale au regard de la nécessité de trouver des bailleurs de fonds internationaux pour financer le déploiement?

Pour de plus amples informations sur les activités de la fondation OLPC Europe, visitez leur site Internet à http://www.olpceu.org

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