L'éditorial du mois

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Côte d’Ivoire: SWAPT Technologies lance la collocation de site

Global Voice Group – Une excuse

Dans un article intitulé « la vie dans la voie lente en Afrique - Congo Telecom et Socatel défendent leur monopole sur le trafic international tandis que la diaspora s’interroge sur le pourquoi ? » publié dans le numéro 491, les lecteurs de Balancing Act « News Update » ont pu croire que nous avons insinué que Global Voice Group aide à commettre une fraude par un groupe que nous avons décrit comme « la mafia » en adoptant des pratiques anti-concurrentielles par la prise en charge de l’ensemble du trafic international voix au Congo tout en encourageant les gouvernements africains à imposer une taxe sur les appels entrants. Nous souhaitons clarifier que cela n’était pas notre intention de suggérer cela. Nous acceptons que ces allégations soient fausses et nous présentons nos excuses à Global Voice Group pour tout malentendu qui aurait pu survenir et tout dommage que notre publication aurait pu causé.

Côte d’Ivoire: SWAPT Technologies lance la collocation de site 

Lors d’une interview accordé au journal nigérian, The Nation, Dammy Olarinde, Directeur Pays et Responsable des Opérations Internationales à SWAPC CI a dit « Il s’agit d’un moment très intéressant pour l’industrie du mobile en Côte d’Ivoire dont la croissance rapide est assurée. Nous sommes prêts maintenant à réaliser des partenariats avec les opérateurs mobiles sur la base de notre longue expertise et notre expérience locale. Nous pouvons assurer la gestion de leurs stations de base et les aider à déployer rapidement de nouvelles stations de base. Ils pourront se concentrer sur leurs clients et réaliser en même temps des économies en partageant les stations de base sans avoir à débourser les investissements supplémentaires ».

SWAP Technologies & Telecomms CI (SWAP CI) est une représentation locale de SWAP Technologies & Telecomms Plc (SWAP Nigéria), entreprise leader dans les GSM en Afrique de l'ouest. L'entreprise est basée au Nigéria; au Ghana et en Côte d'Ivoire. Elle a enregistré un chiffre d'affaire de 36 millions de dollars en 2008.

SWAP CI opère dans les domaines suivants :

- la collocation de sites aux opérareurs GSM/CDMA /ISP.
SWAP Nigéria enregistre au 1er Octobre 2009, cent dix (110) sites en collocation au Nigéria avec au moins deux opérateurs par site. Nous comptons donc proposer ce même service dans d'autres pays de l'Afrique de l'ouest.

- la mise à  disposition des opérateurs une station de base complète sur la base d'un site clé en main. SWAP avoisine à ce jour le chiffre de quatre cent cinquante (450) sites construits au Nigéria, au Ghana et en Côte d'Ivoire.

- des  services pour l'installation d'équipement de Transmission et pour les services d'optimisation de réseau pour

La société intervient aussi dans la fourniture d'infrastructures Telecom telles que les pylônes, les abris préfabriqués (shelters), les générateurs, les palissades, les batteries (redresseurs) etc. à travers l'Afrique de l'ouest. SWAP est importateur et distributeur exclusif des infrastructures de renoms telles que Tricom Towers, Sparkwest Towers, JK Shelters, Palladian Shelters, Emerson power solutions depuis quatre (04) années maintenant.

L’objectif à SWAP CI est de devenir la compagnie de développement d’infrastructures télécom de confiance la plus éminente et la plus respectée de la région tout en combinant perspicacité dans les affaires, expertise et satisfaction du consommateur.

En tant que cheville ouvrière dans la construction d’infrastructures et avec une concentration première sur la Côte d’Ivoire,  SWAP CI espère bientôt consolider  
sa présence et renforcer ses liens avec ses potentiels partenaires aussi bien locaux qu’internationaux.

Google au Libéria: Visite ponctuelle ou le début d’un long partenariat ?

Global Voice Group – Une excuse

Dans un article intitulé « la vie dans la voie lente en Afrique - Congo Telecom et Socatel défendent leur monopole sur le trafic international tandis que la diaspora s’interroge sur le pourquoi ? » publié dans le numéro 491, les lecteurs de Balancing Act « News Update » ont pu croire que nous avons insinué que Global Voice Group aide à commettre une fraude par un groupe que nous avons décrit comme « la mafia » en adoptant des pratiques anti-concurrentielles par la prise en charge de l’ensemble du trafic international voix au Congo tout en encourageant les gouvernements africains à imposer une taxe sur les appels entrants. Nous souhaitons clarifier que cela n’était pas notre intention de suggérer cela. Nous acceptons que ces allégations soient fausses et nous présentons nos excuses à Global Voice Group pour tout malentendu qui aurait pu survenir et tout dommage que notre publication aurait pu causé.

Google au Libéria: Visite ponctuelle ou le début d’un long partenariat ?

L’intérêt que Google porte envers l’Afrique n’est pas récent. Au cours des trois dernières années, Google a ouvert des bureaux locaux dans plusieurs pays africains notamment en Afrique du Sud, au Kenya, au Sénégal, au Ghana et au Nigéria. La semaine dernière, une équipe de Google s’est rendue au Libéria dans le cadre d’un atelier de travail de deux jours intitulé « Internet Camp Liberia ». Il va s’en  dire que l’accueil a été très chaleureux. Isabelle Gross qui a assisté à l’atelier de travail s’interroge  sur les objectifs de Google sachant que le Libéria est l’un des pays les plus pauvres d’Afrique avec une très faible pénétration de l’Internet et une connectivité internationale qui pour l’instant repose à 100% sur le satellite.

Jeudi dernier, plus d’une centaine de « mordus » de l’Internet se sont retrouvés à l’Hôtel de Ville de Monrovia pour participer aux deux jours de travaux dans le cadre de l’Internet Camp Libéria organisé par Google. Plus de 90% de l’audience présente était masculine. Pourquoi si peu de femmes ? Est-ce à dire qu’elles n’étaient pas intéressées par le sujet ou est-ce que le « virus » des  NTIC au Libéria n’a pas encore infectée la gente féminine ? L’audience était aussi très jeune avec une majorité de gens en dessous de l’âge de trente ans. Pour la plupart il s’agissait d’étudiants, de professionnels des TIC et des représentants d’ONG. L’ambiance était chaleureuse et face à une audience très intéressée par certains services et produits, l’équipe dynamique de Google a démontré beaucoup de flexibilité quant aux thèmes abordés durant les deux jours de travaux. Il est clair que les organisateurs étaient très intéressés de mieux comprendre l’expérience et d’évaluer les besoins de l’audience qu’ils avaient en face d’eux.

Selon le programme de présentation d’Internet Camp Liberia, « la mission essentielle de Google est d’organiser l’ensemble des informations à travers le monde et de les rendre universellement accessibles et utiles. Dans cet esprit, nous offrirons des formations sur des outils locaux et globaux encourageant le développement économique et les possibilités d’entreprenariat pour les éducateurs, les entreprises et les ONG au Libéria ». Pour autant noble que cet objectif soit, il s’agit aussi pour Google de « vendre » sa panoplie d’applicatifs qu’il s’agisse de Gmail, son service courriel, de Google Maps ou d’autres applicatifs. Lors de la présentation de Gmail, l’audience a posée de nombreuses questions sur ses fonctionnalités. Ce n’est pas très surprenant lorsque l’on sait que l’écrasante majorité des Internautes libériens ont une adresse email Yahoo.

Les animateurs des sessions d’information ont par exemple fait des démonstrations et ont donné d’amples informations sur Google Maps et ses applicatifs. A présent les informations que Google Maps propose sur le Libéria sont quelque peu limitées. La carte du réseau routier national par exemple ne reflète que partiellement les routes existantes au Libéria. Le plan de  Monrovia, la capitale du Libéria, comporte des inexactitudes. A travers ma propre expérience d’utilisateur  de Google Maps pour me repérer dans Monrovia lors de mes promenades découvertes, j’ai eu à faire face à des incohérences dans la représentation des rues et des monuments ou des bâtiments utiles tels que les ambassades ou les banques. Grâce à l’institue nationale des statistiques, la  Liberia Institute of Statistic and Geo-Information Services (LISGIS), Google va bientôt mettre en ligne une carte à jour du réseau routier national. Pour avoir vu la nouvelle carte, il est clair que le réseau routier existant est bien plus dense que ce qu’il est possible de voir à présent. Google encourage aussi des ministères comme celui de la santé ou de l’éducation de rendre public des informations sur le réseau hospitalier ou scolaire du pays. Ce type d’informations permettrait d’enrichir le contenu des cartes. Un pas plus loin dans ce type de travail collaboratif: chaque Internaute a la possibilité de proposer des informations et soumettre des photos pour enrichir le contenu de Google Maps.

Contrairement à d’autres sociétés informatiques qui se limitent à faire une présentation de leur produits et services et ensuite plient leurs bagages, Google  a aussi organisé une session interactive de travail consacrée aux opportunités commerciales liées à l’Internet. L’audience a été invitée à réfléchir et à formuler des idées de développement d’activités locales centrées sur l’Internet et qui seraient économiquement viables. Des idées d’activités tel que l’enregistrement des noms de domaines, l’accès à l’Internet pour la recherche et la communication et un service d’annuaire ont été proposées. L’audience répartie en petits groupes de travail s’est attelée à la tache de calculer le chiffre d’affaires potentiel dérivant de ces activités. En moyenne l’audience a estimé que le chiffre d’affaire hebdomadaire par personne pourrait être de l’ordre de 313 dollars US. Le chiffre d’affaires le plus bas était 40 dollars US tandis que le chiffre d’affaires le plus élevé qui a été proposé était de 750 dollars US par personne par semaine. L’Internet au Libéria est bien loin de devenir une activité commerciale générant des millions de dollars !

Si Google entend faire une différence au Libéria, la société devra comprendre qu’il s’agira de s’engager à long terme pour permettre un vrai travail de fond. La guerre civile n’a pas seulement détruit les infrastructures du pays (incluant le réseau de télécommunications) mais elle a aussi privé toute une génération d’un accès régulier à une éducation de base. Surfer le Net n’est pas très intéressant si l’on ne sait pas comment lire et écrire. Et lorsqu’on possède ces qualités, la lenteur de la connexion Internet rend la navigation frustrante. Il est impossible par exemple de regarder des vidéos en ligne parce que chaque quelques secondes l’image se fige parce que le téléchargement des données « ne suit pas ». Ce n’est qu’à la mi-2012 que le Libéria sera connecté à la fibre optique avec l’arrivée du câble sous-marin ACE (Africa Coast to Europe).

Une solution hybride solaire et éolienne pour stations de base promettant de réduire les coûts de fuels de plus de 90%

Avec des coûts énergétiques pour les stations de bases en Afrique se situant entre 30,000 et 60,000 dollars US par an, il n’est pas surprenant que les solutions d’énergie renouvelable figurent parmi les décisions commerciales des opérateurs mobiles. Le prix du diesel a déjà augmenté en raison de la fluctuation des taux de change et probablement son prix augmentera encore plus dans les trois prochaines années. Russell Southwood s’est entretenu avec Christian Jonsson, Responsable Moyen-Orient et Afrique chez Flexenclosure sur les impacts de solutions hybrides sur la maîtrise des coûts énergétiques.

L’un des plus grands opérateurs en Afrique de l’Est recense de 2,500 stations de base dont 500 hors du réseau électrique de transmission.  Cela se traduit par un montant hallucinant de 300 millions de dollars US par an pour le fuel seul. Mais il faut aussi ajouter à cela la gestion qui assure que chaque station de base dispose d’assez de fuel et que les générateurs sont en bon état de marche. Dans des pays comme le Soudan, le fuel est acheminé par avion vers certaines stations de base tandis qu’au Libéria le fuel est parfois acheminé par bateau ou par chariot dans certains endroits. Il y a probablement plus de 500 stations de base hors réseau dans chacun de ces pays.

Le chiffre de 90% d’économie de fuel correspond selon Christian Jonsson à un site hors réseau avec un petit générateur, une éolienne et des panneaux solaires. Le site bénéficie de vents pendant six mois de l’année tandis que l’énergie solaire est utilisée pendant le reste du temps. Les batteries emmagasinent l’électricité provenant des trois sources et le générateur sert de solution de secours en l’absence d’énergies renouvelables.

L’équipement dispose d’un système de contrôle qui optimise le cycle de chargement et de déchargement de la batterie. L’ensemble de l’équipement a une durée de vie de quinze ans et ne nécessite probablement pas plus qu’une visite annuelle de maintenance. Il inclut une série d’artifices pour maximiser la production d’énergie et la réduction des coûts. La station de base par exemple dispose d’un système de ventilation qui pousse l’air de l’extérieur à travers un filtre et les stations les plus récentes ainsi que les batteries peuvent fonctionner à des températures plus élevées.

Malgré l’économie qui peut être réalisée, l’investissement en capital est tel que cette solution est plus adaptée à des nouveaux sites ou des sites en phase de rénovation. Selon Christian Jonsson, « il s’agit d’un modèle commercial avec une période de 10 à 15 ans. Ce n’est pas le cas de stations de base traditionnelles fonctionnant au fuel ». Si le coût d’un site traditionnel est de l’ordre de 120,000 dollars US (incluant le génie civil), il faut ajouter 70,000 dollars US en plus pour ce type de solution. Le coût additionnel en capital est remboursé par le faible coût opérationnel et après la période de retour sur investissement, il s’agit d’une réduction des coûts généraux.

Le produit « E-Site » de Flexenclosure est sur le marché depuis un an et Zain, Safaricom, MTN et Etisalat sont entrain de le tester. « Nous sommes dans le secteur des télécoms depuis vingt ans et avons des partenariats stratégiques avec Ericsson. Nous avons équipés des centres d’échanges en Afrique depuis dix ans. L’intérêt pour cette solution a été massif et je pense qu’il y aura beaucoup de déploiements cette année. »

Dans certains cas, un surplus d’électricité est généré par la station de base et dans ce cas il peut être redistribué au sein de la communauté locale (en permettant par exemple aux gens de recharger leur téléphone portable) ou revendu. Le service de recharge est une garantie de sécurité pour le site basé sur l’hypothèse que personne ne va détruire ou vandaliser l’endroit ou il peut recharger gratuitement son téléphone portable.

Au long terme, il s’agit de relever le défi d’une simplification du processus d’attribution de licence pour la production d’électricité permettant à ce type de surplus d’électricité d’être revendu (sur une base prépayée) au sein des communautés vivant autour des stations de base. Une compagnie d’électricité comme KPLC au Kenya par exemple pourrait acheter et des déployer des « E-Sites » générant l’électricité et revendre sa production aux opérateurs et aux communautés locales. Comme toujours, il est crucial que les opérateurs fassent confiance à KPLC dans ce cas. Dans le cas contraire, il serait aussi possible de donner des licences à un nouveau type de compagnie rurale d’électricité fournissant de l’énergie sur une base commerciale.

L’informatique dématérialisée en Afrique: qu’est-ce qu’il faut pour en assurer son décollage sur le continent

En Afrique, l’informatique dématérialisée est depuis longtemps chose courante au niveau du consommateur final. Il suffit de penser à tous ces internautes qui surfent Yahoo et Hotmail  pour accéder à leur courrier électronique. Aujourd’hui ses promoteurs cherchent à nous persuader qu’ils vont introduire un changement fondamental tant pour les consommateurs finaux que pour la clientèle entreprises. Oubliez votre ordinateur ou votre portable et pensez seulement aux logiciels et aux fichiers que vous pouvez accéder  via l’Internet à partir de n’importe quelle machine. Russell Southwood s’est entretenu avec Hennie Loubster, le responsable régional de Microsoft pour l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique de l’Est, l’Afrique centrale et les îles de l’océan indien, sur sa vision du développement de l’informatique dématérialisée sur le continent.

L’argument clé pour l’informatique dématérialisée dans le contexte des pays développés est qu’il offre aux personnes et aux grandes sociétés des modes de financement différents pour les logiciels et les équipements. Au lieu d’acheter tous les équipements, les logiciels, les espaces de stockage plus la sécurité et l’entretien, vous achetez le service auprès d’un fournisseur et payez l’équivalent d’une location mensuelle pour tous ces produits.

Selon Hennie Loubser, « les sociétés, aujourd’hui, peuvent opter pour des centres de traitement des données plus grand à un prix plus rentable que le coût de le construire soi-même. C’est aussi une bonne option pour réduire la complexité attachée au fonctionnement de ses systèmes et la complexité des mesures de sécurité qu’ils supposent. Il s’agit d’une amélioration de la productivité et de l’acquisition de nouvelles perspectives commerciales ». Selon Gartner, dans les marchés des pays développés, 20% des organisations ne possèderont peut-être plus leurs propres infrastructures informatiques, d’ici trois ans.

Microsoft est déjà en charge de 23 millions de Xbox Live et de 370 millions de comptes Hotmail. Fort de cette expérience, la société offre des services informatiques dématérialisés qui permettront à un éventail de programmes de fonctionner à distance à partir d’un serveur. La société a développé un ensemble de solutions pour améliorer la productivité. Elles incluent Exchange Mail, une messagerie instantanée, la téléphonie sur IP et des logiciels collaboratifs comme Office Live et SharePoint Online. Microsoft offre aussi SQL Azure pour le stockage de données, la gestion et la sécurité. Selon Hennie Loubster, « l’objectif est de donner aux consommateurs le choix quant à la façon dont ils souhaitent accéder à ces services ».

Sachant que les utilisateurs africains sont familiers et à l’aise avec le service Hotmail, Hennie Loubster voit une opportunité d’étendre ce type de service à distance auprès des PME. « Mettre ces services à disposition représente une opportunité massive. Vous n’avez pas toujours besoin d’un PC. Vous pouvez utiliser votre portable. Notre challenge est d’encourager la communauté de développeurs à voir l’informatique dématérialisée comme une opportunité et de fournir l’infrastructure sur mesure à l’utilisateur final via le programme SQL Azure ».

Microsoft veut commencer à déployer ces types de services en Afrique du Sud en signant des partenariats avec les opérateurs télécoms qui en assureront la commercialisation. Il y a évidemment des obstacles techniques comme par exemple la latence et par conséquent «il est important d’avoir des partenaires proches des utilisateurs finaux ».

Comment allez-vous déployer des centres de traitement des données de grande capacité comme ce qui ont été construits dans d’autres régions dans le monde ? « Nous concluons des partenariats dans les économies les plus larges sur le continent comme par exemple le Nigéria, le Kenya, l’Angola et ensuite il y a les économies de second rang comme le Ghana, la Tanzanie,l’Ouganda et le Rwanda. Cela va nous garder occupé durant les dix-huit prochains mois. Les opérateurs mobiles voient les services data comme un marché porteur et par conséquent nous avons quelque chose en commun à partager. Nous avons tous les deux du contenu et des services à promouvoir auprès des utilisateurs finaux. Il s’agit d’un scénario avec lequel nous sommes prêts à entrer sur le marché».

« Nous sommes entrain de discuter avec des société gérant des centres de données qui ont des capacités de stockage et l’expertise en matière de gestion. Nous leur offrirons nos meilleures pratiques et nous les aiderons à devenir nos représentants dans la région. Nous pensons qu’il s’agit d’une proposition à forte valeur ajoutée. Il est par exemple possible de gérer l’infrastructure d’une banque. Ils payeront seulement pour les logiciels et les services qui seront fournis via l’informatique dématérialisée. Ils payeront donc que pour ce qu’ils utilisent ».

« Un pays comme l’Angola est potentiellement très important mais il y a de grandes incertitudes quant à la sécurité et le secret des données. Par conséquent nous nous interrogeons sur le modèle le plus approprié ? Cela prendra peut-être plus longtemps pour aboutir là-bas qu’ailleurs ».

Qu’en est-il de la fiabilité? Le cauchemar est d’être coupé de tous ce dont vous avez besoin parce que l’accès à l’Internet est indisponible. Je viens juste de rentrer d’un voyage de quatre jours en Gambie et durant toute la semaine, l’hôtel Kairaba avait une connexion Internet soit très faible ou non existante. Quelles sont les garanties quant à l’accès ? « C’est un très bon point. Personne ne peut offrir des garanties dans un futur proche. Les centres de données Microsoft installés dans le reste du monde offre des garanties de fiabilité ».

En ce qui concerne l’Afrique, la réponse est « une étape après l’autre ». Il faut construire des services robustes et fiables en commençant par exemple avec la messagerie instantanée via l’informatique dématérialisée. Le serveur mail restera par exemple dans les locaux et une approche par étape facilitant l’apprentissage pour instiller la confiance et pour favoriser le déploiement d’autres services d’informatiques dématérialisés. Il s’agit d’une immense opportunité pour les développeurs de logiciels et certains utiliseront nos instruments pour le faire ».

Le challenge à relever pour assurer le succès de l’informatique dématérialisée en Afrique a trois composantes. En premier lieu, les utilisateurs africains devront être convaincus que la première génération de services sont « bien à avoir » plutôt « qu’on doit les avoir » dans le but qu’ils se sentent à l’aise lorsqu’ils les utilisent tout en sachant qu’ils sont disponibles. Microsoft dispose des moyens pour achever cela mais il ne s’agit pas tout à fait de la même chose que d’offrir l’applicatif « meurtrier ».

Ensuite, la bande passante doit être constante et consistante en particulier la 3G (et les technologies plus avancées) et les points d’accès sans fils Wi-Fi : la bande passante au compte goutte qui permet d’envoyer des courriels si vous avez la patience d’attendre que le téléchargement se fasse, ne permettra pas à ce type d’applicatifs de décoller. Enfin, le type de garanties qui s’articulent autour de ces services dans les pays développés, doit devenir la norme dans les centres de données en Afrique. Si ces éléments ne sont pas en place, l’informatique dématérialisée en Afrique se limitera principalement à des comptes Hotmail et rien de plus

L’énergie éolienne : une réponse partielle aux problèmes de l’alimentation en électricité des stations de base

Les marges bénéficiaires des opérateurs mobiles sont en baisse, particulièrement en comparaison avec la période glorieuse de la décade passée. Le potentiel de croissance dans le segment voix se situe principalement parmi les clients avec un ARPU très bas. Le segment data permettra de sauvegarder le niveau de l’ARPU dans certains pays mais pas dans ce avec un faible taux d’alphabétisation. Ces facteurs combinés à une plus grande concurrence entre les opérateurs doivent pousser la réflexion au niveau du coût. L’alimentation en électricité des stations de base est un élément très important dans les dépenses d’un opérateur. Des modèles de partage de la fourniture d’énergie sont développés mais ils tardent à monter en puissance. Explorer d’autres options énergétiques est par conséquent une nécessité si les coûts doivent baisser. Russell Southwood s’est entretenu avec Mats Vilander, le directeur général de Zephir Europe, Moyen-Orient et Afrique.

L’Afrique est bien connue pour son climat ensoleillé mais quant à la question de savoir si le vent peut supporter des turbines générant de l’électricité, les réponses sont peut être moins évidentes. Des cartes référençant la puissance du vent indiquent que les pays suivants ont assez de vents réguliers pour alimenter des turbines: l’Afrique du Sud (en particuliers le Cap Est et Cape Town), la Namibie, le Kenya, le Nigeria, Madagascar, la majorité des pays de l’Afrique du Nord (en particulier la Libye) et l’Ethiopie. La NASA, l’agence spatiale américaine dispose de cartes des vents à 40 mètres au-dessus de la surface de la terre couvrant l’ensemble de la planète. Ces informations combinées à des données météorologiques historiques sont utilisées pour évaluer si un site est bon pour la production d’énergie éolienne. Selon Mats Vilander  « lorsqu’il s’agit de construire une tour de 60 mètres, les équipementiers veulent avoir des informations quant à la puissance du vent auquel ils auront à faire face. »

Le coût de la construction d’une turbine éolienne par Zephyr (incluant la construction) pour un site utilisant 10KW par jour est de l’ordre de 25,000 dollars US. Ce coût est basé sur la possibilité d’installer la turbine sur une tour existante. Mats Vilander explique que « le concept est modulaire pour permettre une montée en puissance en fonction de la demande. La turbine et les batteries fonctionnent de façon séparée des systèmes existants. Le système d’alimentation peut identifier l’absence de vent et signaler que les batteries sont vides ».  Le système fonctionne aussi comme un système de secours pour des sites alimentés avec des générateurs diesels.

Un opérateur panafricain a estimé que 10% de ses sites fonctionnent uniquement avec des générateurs diesel avec un coût se chiffrant à 146 millions de dollars par an. Selon certaines estimations 65% de la consommation en énergie des opérateurs mobiles provient des stations de base mais peu de sociétés disposent d’un système pour suivre ces coûts en vue d’en assurer leur maîtrise.

Au regard du coût, l’offre pour des turbines éoliennes est déclinées en deux parties: elle permet d’abord de réduire le coût en diesel sur des stations existantes (une réduction de 50% des coûts opérationnels pour des stations en zone rurale) ; pour des nouveaux sites, une économie de 100% en investissement de capital peut être achevée si les conditions météorologiques le permettent. Cela dit,  Mats Vilander concède « qu’une turbine éolienne ne sera pas la source primaire d’énergie pour un site existant mais peut l’être pour de nouveaux sites. » En suivant les paramètres standards concernant la demande énergétique totale, la vitesse du vent, la taille de la batterie et le coût total de l’investissement, le retour sur investissement est de l’ordre de trois ans.

Tandis que Mats Vilander cite de nombreux déploiements de turbines éoliennes réalisés par Zephir, la collaboration avec les opérateurs mobiles est en toujours à ses débuts. La société a déployée une turbine éolienne sur une station de base de Turkcell. Celle-ci a été en place pour deux ans et selon Mats Vilander, l’expérience a été positive. Il y a aussi des sites au Japon mais ils servent à générer de l’électricité pour le réseau national de distribution. C’est une chose qui devrait se faire en Afrique mais ce n’est pas encore le cas à présent. Il y a aussi un site aux Maldives qui est opérationnel depuis six mois. Zephir a engagé des discussions avec une série d’opérateurs en Afrique.

En termes de coûts de maintenance, Mats Vilander affirme qu’ils sont nuls aussi longtemps que l’installation a été faite correctement. « Toutes les  pannes sont en général dues à une mauvaise installation. Il s’agit d’un système totalement intégré. La puissance de sortie est basse et le matériel bénéfice d’une garantie de 5 ans mais en fait sa durée de vie est d’au moins 25 ans. Il est possible de contrôler et de vérifier l’équipement à distance. Si la vitesse est supérieure à 20 mètre par seconde, les rotors s’arrêtent automatiquement ».

Le programme « Energie renouvelable pour mobile » de l’association GSM estime qu’il y a eu 1,500 déploiements de solutions renouvelables dans les pays en voie de développement. Le programme comprend 25 opérateurs globaux. Vodacom et Bharti sont sur leur liste pour l’Afrique.

L’histoire de deux pays: l’adoption de services et d’applicatifs au Kenya et en Tanzanie

L’arrivée abondante et à un prix réduit de bande passante a commencé à pousser à l’adoption de services et d’applicatifs en Afrique de l’Est. Les comportements des clients entreprises et des particuliers sont entrain de changer parce qu’ils réalisent ce qu’ils peuvent faire maintenant et qu’ils ne pouvaient pas faire avant. Un séjour au Kenya et en Tanzanie a permis à Russell Southwood de faire une analyse comparative et de tirer les leçons de leurs expériences valables pour d’autres pays du continent.

Les kenyans comme les sud-africains sont des adeptes de la première heure en matière de gadgets technologiques. J’ai remarqué le premier iPad en Afrique au cours de mon vol à destination de Nairobi. Par la suite, un responsable audiovisuel que j’ai rencontré n’avait que des louanges à m’en faire. Facebook est déjà présent dans les zones rurales du Kenya avec la jeunesse allant au-delà des limitations de leur horizon physique.

Il y a dix ans deçà la majorité des sites Internet étaient statiques proposant l’équivalent d’une brochure en ligne. Aujourd’hui tout le monde est entrain de mettre en place des systèmes de gestion de contenu, la possibilité de réaliser des transactions et le téléchargement de clips vidéo. La société centrale de gestion et de dépôts qui gère l’ensemble des achats/ventes des actions de la bourse de Nairobi, offre un service d’accès en ligne permettant de contrôler les transactions réalisées par les courtiers.

Selon les statistiques fournies par Opera Mini, le Kenya est parmi les cinq premiers pays africains. Je n’ai jamais entendu quelqu’un dire qu’il utilisait Opera Mini mais quelque soit l’angle d’analyse, une large part des internautes est à présent mobile. Safaricom compte plus de 3 millions d’utilisateurs de services data. L’opérateur propose aussi des programmes locaux (des comédies et des informations) et vend des téléchargements en quantité que l’on peut juger intéressante.

Ne laissant rien à la chance, Safaricom s’est associé à l’université de Strathmore pour offrir des cours sur support mobile. Nokia offre un applicatif similaire via Ovia. Les deux premiers applicatifs locaux d’Ovia – « Africahotornot et Whazzup (un guide des sorties) sont maintenant disponibles et Ovia presse durement pour plus de contenu local.

Selon Moses Kemibaro de l’agence digitale Dotsavyy, « le problème est que les gens ne sont pas au courant des sites locaux. Nous devons améliorer leur visibilité. Leur découverte se fait grâce au bouche à oreille ou par les réseaux sociaux en ligne ». Pour résoudre ce problème, la société Nasper a investi dans un annuaire en ligne des sites pour mobile et les Pages Jaunes ont lancé un site mobile. Pigia.me (appelle-moi en Swahili) est un site offrant des annonces classifiées consultables sur le mobile ou le PC.

Les médias en ligne sont entrain de parvenir à un niveau d’autosuffisance avec le marché local. Une comédie vidéo musicale a été réalisée avec la célébrité locale Makmende par un groupe qui s’appelle «Just a band » avant de lancer une campagne virale sur You Tube. Le personnage est une forte combinaison entre Bruce Lee et l’afro-américain Shaft joue sur l’humour kenyan et a plus de 60,000 fans sur Facebook. En mars dernier, Kemibaro relatant ce phénomène dans son blog a suscité l’intérêt international et a reçu plus de 21,000 visiteurs uniques en un mois. Parmi les 81% de kenyans qui consultent le blog, 18% le consulte via leur téléphone portable. De l’autre coté du spectre culturel, un entrepreneur immobilier, Thika Greens, a réalisé un clip vidéo sur son projet de développement. La bande passante est toujours trop lente pour regarder aisément des clips vidéos mais cela ne semble pas rebuter les gens. Avec la commercialisation de nouvelle capacité internationale avec EASSy à partir de mi-juillet, la situation peut seulement s’améliorer.

Un des signes montrant que l’Internet est pris plus au sérieux au Kenya provient des agences de pub qui sont entrain de monter leur propre agence digitale. L’agence de pub la plus grande du pays, Scanad (celle qui contrôle la majorité des panneaux publicitaires) a crée Squad et d’autres agences de pub telles que Young & Rubicam et Wunderman ont en fait de même. Des agences spécialisées comme Dotsavvy et les trois souris doivent le regretter mais elles ont probablement assez d’expériences pour rester en tête de course.

La part réservée à la publicité en ligne peut s’élever jusqu’à 5% du budget mais en général c’est bien moins. Les agences de pub et les agences digitales sont occupées à réaliser des pages d’accueils capables de générer des prospects de vente. Mais une présence en ligne - pour mobile ou PC – reste « une bonne chose à avoir » plutôt qu’une part essentielle du budget.

L’économie et la population de la Tanzanie sont plus dispersées dans un pays bien plus grand que le Kenya. La langue officielle, le Swahili, a permis de construire une cohésion nationale mais cela implique moins d’interactions avec la conversation anglophone globale. Il faut aussi ne pas sous-estimer l’influence de la diaspora kenyane bien plus large.

Bien que Dar es Salaam soit de plus en plus un endroit accueillant de grands projets privés immobiliers, la ville n’a pas la même énergie qui semblent pousser le Kenya soit dans le bon ou dans le mauvais sens. Mais, il y a sans doute plus de tanzaniens avec un sens de l’entreprise qu’il y en avait à la fin de l’expérience socialiste sous Nyerere. Tandis que les citadins kenyans et la presse se plaignent vivement de la vitesse et du prix de l’Internet, les tanzaniens ne semblent pas trop s’en faire. Sans doute parce que l’Internet n’a pas encore atteint une masse critique soit via le mobile ou le PC.

Pour accélérer la transition, l’opérateur local voix& data, Sasatel, vient de lancer une offre que vous ne pouvez pas refuser: un notebook Acer avec un modem haut débit mobile et 600 MB de capacité de téléchargement pour 599,000 shillings par mois (339 Euros). Sasatel propose aussi des services Internet basé sur le temps d’utilisation plutôt que le volume de données pour permettre aux consommateurs de mieux comprendre ce qu’ils reçoivent. Ils peuvent aussi acquérir un smartphone d’Huawei pour 199,000 shillings (113 Euros). Mais un FAI local reconnaît que « la Tanzanie est en retard par rapport au Kenya. Le marché est bien moins sophistiqué. En ce qui concerne par exemple l’usage de Facebook, la Tanzanie est trois ans en arrière mais il n’y a pas de raison pour que le pays ne rattrape pas ce retard rapidement. »

En termes de bande passante, le Kenya en utilise probablement deux fois et demi plus que la Tanzanie. Le nombre d’utilisateurs data varie entre 5% et 40% selon les dires des opérateurs et le pays compte entre 16 et 17 millions d’abonnés. L’un des plus grands opérateurs compte 300,000 portables 3G sur son réseau. Le pays génère 14 à 15 millions d’impressions page par mois de sites Internet internationaux. Les services de paiement mobile M-Pesa de Vodacom et Z-Pesa de Zantel se partagent environ 4.2 millions de comptes. Les portables Blackberries sont très visibles parmi la clientèle professionnelle ainsi quelques iPhones. Aucun opérateur n’offre des portables iPhones ou HTC. Il faut aussi noter que l’applicatif Ovia de Nokia marche moins bien en Tanzanie qu’au Kenya.

Cependant pour le secteur entreprises, les choses bougent un peu plus vite. Selon un autre FAI local « les entreprises deviennent de plus en plus sophistiquées quant à leur utilisation de bande passante. Certains clients avec des sites distants utilisent des applicatifs biométriques pour s’assurer que les gardiens sont bien à leur poste. Ils doivent envoyer chaque heure une empreinte de leur doigt pour s’assurer que d’autres personnes ne les remplacent pas. La vidéosurveillance est entrain de devenir plus en plus prévalent. » Plusieurs centres data sont aussi en projet.

Suite à l’annonce de l’ouverture de la première phase de la dorsale de la Tanzanie et la publication des prix dans les journaux nationaux, un réseau national en fibre optique est entrain de devenir opérationnel. Tandis que le Kenya a amélioré ses chances de figurer parmi les pays avec un futur dans l’ère numérique et a introduit des mesures pour établir les fondations, la Tanzanie a une vision bien moins articulée de ce qu’elle souhaite de l’ère numérique à venir et par conséquent ses progrès sont plus lents. D’autres pays africains feraient bien d’observer et de comparer leurs chances respectives de réussit : le futur n’arrive pas tout seul, il faut le construire.

Orange Money en passe t’atteindre sa masse critique en Côte d’Ivoire sera lancé dans toutes les opérations africaines avant la fin 2010

Orange a récemment annoncé que son service Orange Money a été déployé dans trois nouveaux pays à savoir Madagascar, le Mali et le Sénégal. A la fin de cette année, Orange Money sera opérationnel dans l’ensemble des pays africains affichant la marque Orange. Russell Southwood s’est entretenu avec Philippe Millet qui a été nommé à la tête de cette opération au début de cette année.

Le développement de service de paiement via mobile en Afrique semble avancer par à-coups. Bien qu’il ait fallu un an au service M-Pesa pour atteindre une masse critique d’utilisateurs, son ascension a été si époustouflante au point de faire de l’ombre aux nouveaux entrants incluant son propre déploiement chez son voisin la Tanzanie avec Vodacom.

La semaine dernière MTN annonçait que son service MobileMoney compte à présent 890,000 utilisateurs et que son objectif était d’atteindre 2 millions d’utilisateurs à la fin de l’année. En d’autres termes, le service de MTN a atteint une masse critique d’utilisateurs qui prendra le dessus pour assurer de la croissance du réseau.

Les services de paiement via mobile représentent deux choses pour les opérateurs: une opportunité d’accroître leur chiffre d’affaires et une manière de se différencier de la concurrence. Selon les derniers résultats de Safaricom, M-Pesa a permis de générer 61 millions de dollars US, une somme bienvenue en cette période de baisse de l’ARPU. La semaine dernière, Mikael Grahne, le directeur général de Millicom International Cellular, a cité les services de paiement via mobile, les services bancaires et l’assurance parmi les nouveaux services que Millicom compte lancer pour parer à la reprise de Zain par Bharti.

Face à cette toile de fonds, Orange a déployé avec une certaine rapidité Orange Money dans ses territoires. Le service a été lancé en Côte d’Ivoire il y a un plus d’un an suivi par le Sénégal (au début du mois de mai), le Mali (mi-mai) et Madagascar (il a quelques semaines deçà pour concurrencer le service MVola lancé par Telma). Selon Philippe Millet, Orange Money sera lancé dans tous ses réseaux africains avant la fin de l’année. En Côte d’Ivoire, Philippe Millet pense qu’avec 250,000 utilisateurs, le service est proche d’atteindre sa masse critique.

En raison d’un environnement réglementaire complexe, le service en Côte d’Ivoire est opéré en collaboration avec une banque et a été autorisé par la Banque Centrale. Il s’agit de la BNP en Afrique de l’Ouest mais d’autres banques pourront être utilisées dans d’autres parties de l’Afrique. Pour utiliser le service, les clients doivent fournir leur nom et adresse ainsi que la preuve de leur identité et adresse pour respecter la règle KYC (Know Your Customer – connaître son client).

Le montant maximum qu’un client peut envoyer dépend de la réglementation locale en vigueur dans chaque pays mais c’est habituellement autour de quelques centaines de francs CFA. Il n’y a pas de frais d’inscription pour les clients. Dès que l’argent est reçu sur leur compte, ils peuvent l’utiliser immédiatement. Selon Philippe Millet, certains clients utilisent leur compte comme un endroit sûr pour mettre leur argent.

Pour chaque transfert, il faut payer des frais, en général un faible pourcentage du montant du transfert. Ce pourcentage encore une fois varie d’un pays à l’autre. Le service propose toutes les fonctionnalités d’un service de paiement via mobile et des options supplémentaires seront ajoutées dans le futur. D’un point de vue pratique, le service est opéré à partir d’un menu USSD très similaire à celui utilisé pour ajouter des crédits d’appels.

Quels sont les problèmes auxquels vous devez faire face pour assurer que le service bénéficie de la plus large utilisation ? « Il y a un certain nombre de facteurs. Il s’agit d’argent et pas de crédits d’appels. Par conséquent le client veut être sur qu’il peut faire confiance au service et ils souhaitent le faire en testant le service. Au départ, il faut enregistrer des clients dans la ville et ils convaincront leurs relatifs dans les zones rurales d’utiliser le service. Pour arriver à cet objectif, il vous faut une masse critique d’au moins quelques centaines de milliers de clients. » Orange pense les potentialités du marché peuvent s’étendre à l’ensemble du marché mobile et que ce service permettra en lui-même d’augmenter la part de marché de la société.

Comment différents services pourront avoir du succès dans un marché avec plusieurs acteurs ? « Le nombre d’acteurs et les permutations exactes seront différentes dans chaque pays. Eventuellement, il y aura 2 ou trois acteurs par pays. Il y a déjà beaucoup d’organisations comme les banques et les postes qui offrent des versions de ce service dans certains pays. La différence avec Orange Money c’est que nous offrons un compte. »

Est-ce que le service va atteindre un stade ou l’interpolarité des produits offerts par les différents opérateurs serait désirable? « Il nous faut d’abord évaluer le niveau de concurrence du marché. Mais il sera question de répondre à un certain degré au besoin d’interpolarité et c’est un problème sur lequel nous travaillons. Certaines choses doivent être faites entre les opérateurs et les banques mais c’est plus compliqué (que l’interconnexion entre les opérateurs). Cela arrivera. »

« Nous travaillons aussi sur le développement des transferts régionaux et internationaux. Nous étudions différents moyens de transferts des clients vers Orange et des tiers ».

Sachant que le service MobileMoney de MTN comprend 16% de sa base d’abonnés en Ouganda, il est clair que le potentiel global des services de paiement via mobile se chiffre en dizaine et centaine de millions d’ici trois à cinq ans.

Burundi Backbone System Signe un Accord de partenariat pour la construction d’une dorsale nationale

Le 19 mai dernier, le conseil d’administration de la société BBS (Burundi Backbone System) a signé un accord de partenariat pour la réalisation d’un réseau de dorsale nationale à fibre optique couvrant l’ensemble du territoire du Burundi. Alors que de nombreux pays africains s’activent à construire leurs dorsales nationales (Cameroun, Nigeria, Rwanda, etc), le projet du Burundi Backbone System pourrait servir de modèle en matière de partage d’infrastructure et d’accès ouvert. Isabelle Gross s’est entretenue avec David Easum, le directeur général par intérim de BBS, sur les détails de ce partenariat.

Deux documents importants viennent donc d’être signés dans la salle de réunion du SETIC (Secrétariat Exécutif des Technologies de l’Information et de la Communication). Il s’agit d’un contrat de Partenariat Public-Privé (contrat PPP), et d’une Convention de Concession.

Selon David Easum, le contrat PPP engage le BBS à construire et à exploiter le réseau, et le Gouvernement du Burundi à verser une subvention à hauteur de 10.5 millions de dollars américains provenant d’un don octroyé par la Banque Mondiale à travers le Projet Régional d’Infrastructure de Communication, RCIP2. Le BBS utilisera ses propres fonds et des financements externes pour compléter les besoins en investissement pour la réalisation de l’infrastructure.

La convention de concession engage pour une période de 20 ans, renouvelable, le BBS et le Gouvernement à travers l’ARCT (le régulateur des télécoms au Burundi) à tout mettre en œuvre pour permettre l’accès des Burundais aux services de connexion à large bande.

Mis à part la signature de ces deux contrats, le tour de force de BBS a été de recueillir l’adhésion  à ce projet des principaux acteurs du secteur des télécoms. La liste ci-dessous démontre que le partage des infrastructures n’est pas seulement une idée dans le vent.

Le BBS, dont l’actionnariat est composé des principaux acteurs dans les TIC au Burundi, était représenté par son conseil d’administration, à savoir :
• Monsieur George Akoury, Président (Directeur Général d’Africell),
• Monsieur Salvator Nizigiyimana, Vice-président (Directeur Général de l’ONATEL),
• Monsieur Raymond Laforce, Administrateur (Directeur Général de U-Com),
• Monsieur Darlington T. Mandivenga, Administrateur (Directeur Général d’Econet Wireless),
• Monsieur Victor Ciza, Administrateur (Administrateur du CBINET).

Le Gouvernement était représenté par :
• Monsieur Salvator Niyibizi, Secrétaire Exécutif du SETIC,
• Monsieur Révérien Ntagaye, Directeur Général de l’Agence de Régulation et de Contrôle des Télécommunications.

La construction du réseau devrait se terminer avant le premier juillet 2012. Cependant, la population du Burundi pourra commencer à bénéficier du BBS au fur et à mesure que les divers tronçons du réseau seront mis en place. En particulier, l’Internet à haut débit devrait être disponible à Bujumbura vers le début de l’année prochaine.

Ces accords constituent une étape importante vers le désenclavement du pays, surtout en ce qui concerne l’Internet. Actuellement, l’Internet au Burundi doit nécessairement recourir à des circuits satellite. Du coup, le débit est relativement lent et les coûts très élevés.
 
Le Ministre des Transports, Poste et Télécommunications, Monsieur Philippe Njoni, a expliqué : « Comme les pays de la sous-région délaissent progressivement le satellite en faveur des câbles à fibre optique en raison des prix qui restent extrêmement élevés pour un faible débit, il était alors urgent pour le Burundi aussi d’agir dans le même sens, ce qui a été fait grâce à une bonne collaboration entre les opérateurs des TIC, le Gouvernement et la Banque Mondiale. »

Le projet actuel ne concerne que l’intérieur du pays, y compris l’accès aux frontières des pays limitrophes, en particulier le Rwanda, la Tanzanie, et la République Démocratique du Congo. Cependant, des actions intensives sont actuellement en cours pour raccorder le BBS à l’Europe et au reste du monde. En particulier, il s’agit :

1) d’acquérir de la capacité sur les câbles à fibre optique sous-marins existants ou en cours de réalisation,
2) de relier le Burundi aux points d’atterrissage de ces câbles.

David Easum explique que « le problème de la capacité sur les câbles à fibre optique sous-marins est déjà résolu. D’immenses progrès ont déjà été réalisés en ce qui concerne le deuxième problème, à savoir relier les points frontaliers du Burundi aux points d’atterrissage des câbles à fibre optique sous-marins. »

Le 1er juillet 2010, le câble sous-marin à fibre optique Eassy entrera en service. Pour des raisons de diversification et de sécurité, le Burundi devra se connecter respectivement aux points d’atterrissage situés à Mombasa vers le nord et à Dar es-Salaam vers le sud. Deux opérateurs burundais ont déjà souscrit à Eassy via WIOCC, un consortium d’opérateurs de télécommunication africains. Pour faire avancer le projet, ces deux opérateurs acceptent de permettre au BBS et à ses membres d’avoir accès à Eassy à des conditions très favorables. Ainsi, tous les opérateurs GSM et de services Internet pourront, grâce à BBS, offrir des services à haut débit, via Eassy.

Le BBS permettra également aux opérateurs de se connecter à d’autres câbles sous-marins tels que SEACOM et TEAMS aboutissant par exemple à Mombasa ou à Dar es-Salaam. Cela est d’autant plus important depuis l’octroi de fréquences 3G à tous les opérateurs GSM. Ils pourront donc offrir des services data mais aussi améliorer la qualité des communications voix.

Source: Balancing Act

Maroc Telecom annonce un chiffre d’affaires trimestrielle en hausse de 4.3%

L’éditorial de ce numéro se penche sur les résultants financiers de Maroc Télécom et ses opérations en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale au cours du premier trimestre 2010. Globalement le chiffre d’affaires est en hausse de de 4,3% à 7,4 milliards de dirhams. La base clients du Groupe a augmenté de 14% en un an pour arriver à  22,4 millions. La marge opérationnelle quant à elle 43,1% à fin mars 2010.

Lors du 1er trimestre 2010, le Groupe Maroc Telecom a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 7,437 millions de dirhams, en hausse de 4,3% par rapport à 2009 (+0,5% sur une base comparable). La base clients du groupe a atteint près de 22,4 millions au 31 mars 2010, en hausse de 14% par rapport à fin mars 2009, grâce à la poursuite de la croissance du Mobile aussi bien au Maroc que dans l’ensemble des filiales en Afrique.

Le Groupe Maroc Telecom a réalisé au cours du 1er trimestre 2010 un résultat opérationnel consolidé de 3 205 millions de dirhams, en hausse de 0,5% par rapport à 2009 (+6,3% sur une base comparable) et un résultat opérationnel avant amortissements de 4 282 millions de dirhams, en croissance de 1,5% (+4,0% sur une base comparable). La croissance du résultat opérationnel s’explique par l’effet conjugué de la hausse du chiffre d’affaires et de l’amélioration notable de la marge globale des filiales. Ainsi, la marge opérationnelle du groupe s’est établie à 43,1% au 1er trimestre 2010, en progression de 2,3 points sur une base comparable.

Les activités au Maroc ont généré lors des trois premiers mois de l’exercice, un chiffre d’affaires net de 6 095 millions de dirhams, en léger recul de 0,7% et un résultat opérationnel de 2 898 millions de dirhams, en baisse de 3,1% par rapport à 2009 avec les efforts consentis sur le marketing et la communication.

Au Maroc, le chiffre d’affaires brut du 1er trimestre 2010 de l’activité Mobile a enregistré une croissance de 3,6% à 4 537 millions de dirhams grâce notamment à l’effet conjugué de la croissance du parc et de la stabilisation de l’ARPU. Au 31 mars 2010, le parc Mobile s’est établi à 15,578 millions, en hausse de 6,5% par rapport à
fin mars 2009. Grâce notamment aux effets du programme de fidélisation des clients prépayés mis en place en 2009, le taux d’attrition mixte annualisé du 1er trimestre 2010 atteint 22,8%, en baisse de 14,7 points par rapport à 2009. L’ARPU mixte du 1er trimestre 2010 est demeuré stable à 91 dirhams par rapport à 2009, sous l’effet de la croissance du parc et de la hausse de près de 15% des revenus entrants, en articulier
de l’International.

Les activités Fixe et Internet au Maroc ont réalisé au cours du 1er trimestre 2010 un chiffre d’affaires brut de 2 193 millions de dirhams, en retrait de 7,7%, du fait de la baisse des revenus de la Voix sous l’effet de la concurrence du Mobile. Au 31 mars 2010, le parc Fixe au Maroc s’est établi à 1,232 million de lignes, en quasi-stabilité par rapport à fin 2009. Au 31 mars 2010, le parc ADSL atteint 474 000 lignes, en hausse de 1% par rapport à fin 2009, mais en baisse de 2% par rapport à mars 2009, auquel s’ajoutent 265 000 clients Internet Mobile 3G (vs. 174 000 fin décembre 2009).

• Mauritanie
Durant le 1er trimestre 2010, l’ensemble des activités en Mauritanie a généré un chiffre d’affaires net  de 282 millions de dirhams, en hausse de 3,3% (+10,4% à taux de change constant), grâce à la bonne performance des activités Mobile. Le résultat opérationnel de Mauritel du 1er trimestre 2010 s’est établi à 85 millions de dirhams, en baisse de 7% à taux de change constant(2) en raison principalement d’une politique promotionnelle soutenue. A fin mars 2010, les parcs s’établissent à 1,473 million pour le Mobile, 43 000 pour le Fixe et près de 7 000 pour l’Internet.

• Burkina Faso
Durant le 1er trimestre 2010, l’ensemble des activités au Burkina Faso a généré un chiffre d’affaires net de 461 millions de dirhams, en hausse de 13,2% (+12% à taux de change constant) et un résultat opérationnel de près de 168 millions de dirhams, en hausse de 92,5% à taux de change constant, grâce à la très bonne performance aussi bien des activités Mobile, Fixe qu’Internet. A fin mars 2010, les parcs du groupe Onatel s’établissent à 1,812 million pour le Mobile, 153 000 pour le Fixe et 24 000 pour l’Internet.
• Gabon
Durant le 1er trimestre 2010, le chiffre d’affaires net de l’ensemble des activités au Gabon s’est établi à 273 millions de dirhams, en retrait de 7,9% (-8,9% à taux de change constant). Grâce à une gestion stricte des coûts, aussi bien fixes que variables, le résultat opérationnel a atteint 36 millions de dirhams, en hausse de 56,5% à taux de change constant. Gabon Télécom a réalisé au cours du 1er trimestre des performances commerciales appréciables, avec des parcs qui s’établissent à 528 000 pour le Mobile, à plus de 36 000 pour le Fixe et à près de 20 000 pour l’Internet.

• Mali
Durant le 1er trimestre 2010, le chiffre d’affaires net de l’ensemble des activités au Mali s’est établi à 340 millions de dirhams, en progression de 13,7% sur une base comparable et le résultat opérationnel a atteint 17 millions de dirhams. Sotelma a réalisé au cours du 1er trimestre de bonnes performances commerciales, avec des parcs qui s’établissent à 911 000 pour le Mobile, à 69 000 pour le Fixe et à près de 10 000 pour l’Internet.

• Belgique
Le MVNO Mobisud a réalisé à fin mars 2010, un chiffre d’affaires de 15 millions de dirhams pour un parc actif qui atteint 31 000 clients.

Madagascar: Telma lance MVola, un service de paiement via mobile

L’opérateur télécoms Telma (Telecom Malagasy) vient d’annoncer le lancement de son service de paiement via mobile dénommé « MVola » en association avec la banque BFV-SG (Groupe Société Générale). Selon Telma, il s’agit du premier service de paiement via mobile à Madagascar et dans la sous région de l’Océan Indien. Le service MVola permettra à la population malgache d’effectuer des transferts d’argent en toute sécurité depuis leur téléphone portable.

MVola est un service simple, instantané et sécurisé de transfert d’argent via son mobile. Pour utiliser le service, l’abonné de Telma doit présenter une pièce d’identité et souscrire un contrat auprès d’un des 250 revendeurs agréés à Madagascar. L’enregistrement est simple, immédiat et gratuit.

Pour Patrick Pisal Hamida,  le Directeur Général de Telma, ce service mobile de transfert permet à Telma de renforcer sa position d’opérateur innovateur dans un pays avec un fort potentiel de croissance. Il faut rappeler que Telma a été le premier opérateur à déployer commercialement un réseau 3G/HSPA à Madagascar. Selon, Phillippe Lame, le Président et Directeur Général de la banque BFV-SG,  son organisme bancaire garantit que les transactions avec le service Mvola sont parfaitement sécurisées et conformes aux règles bancaires en vigueur.

Ce nouveau service lancé par Telma a été salué comme une avancée facilitant les flux financiers sécurisés à Madagascar par le Ministre des Finances et du Budget, Mr Hery Rajaonarimampianina, le Ministre de la Poste, des Télécommunications et des Nouvelles Technologies, Mr Augustin Andriamananoro, le représentant FMI à Madagascar, Mr Van Den Boogaerd et le Gouverneur de la Banque Centrale de Madagascar, Mr Frédéric Rasamoely.

Après avoir fait un dépôt initial, les abonnés à MVola peut envoyer de l’argent depuis leur mobile vers n’importe quel utilisateur  qu’il soit un client ou non de Telma. Ils peuvent aussi ajouter des crédits d’appels ou payer leur facture de téléphonie fixe ou mobile n’importe ou à Madagascar. MVola assure la traçabilité des opérations, chacune ayant un numéro unique d’identification. Le système est parfaitement sécurisé en ce sens que l’abonné doit entrer un code secret personnel lors de chaque transaction.

Un réseau dédié de 250 agent MVola a été mis en place incluant les agences Telma et Moov, les kiosques Telma sous franchise, 49 agents Tiavo (la première organisation de micro-finance dans le sud-est de Madagascar) et 66 stations d’essence Jovenna. MVola bénéficiera d’un réseau étendu de distribution pour atteindre une large partie de la population malgache. Selon Matthieu Macé, le Directeur Adjoint en charge du projet MVola, « une large proportion de la population est non bancarisé (97%) et cela est un frein au développement social, économique et humain. Avec MVola et ses partenaires, l’utilisation de services mobile de paiements va probablement augmenter le volume des transactions financières sur l’île tout en offrant de nouvelles possibilités de croissance pour l’économie malgache. Nous souhaitons offrir des solutions appropriées aux challenges auxquels Madagascar a à faire face. Telma vise à être plus qu’un opérateur télécom et s’engage à agir pour le développement de Madagascar et le lancement aujourd’hui MVola est une preuve supplémentaire de cet engagement. »

« D’autres services complémentaires sont en cours de développement à Telma. Ils incluent le paiement des salaires, les  transferts internationaux, le commerce électronique entre autres » ajoute Mr Macé.

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