L'éditorial du mois

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L’Afrique du Sud lance son premier site comparatif des services haut-débit

Avec le nombre grandissant de fournisseurs d’accès Internet offrant une variété de forfaits data, les Sud-africains ne savent plus que choisir. C’est une bonne chose en soi mais les utilisateurs se retrouvent contraints à rechercher eux-mêmes les offres les mieux adaptées à leurs besoins. Le lancement de www.broadbandcomparison.co.za au début de ce mois propose aux internautes Sud-africains de nouveaux outils leur permettant de faire un choix informé concernant leur connexion haut-débit. Durant un entretien avec Chris Cox, le directeur marketing à Compare Services SA, Isabelle Gross a obtenu plus de détails sur les outils que ce nouveau site comparatif propose.

www.broadbandcomparison.co.za est un projet initié par deux jeunes entrepreneurs Sud-africains: Chris Cox qui dispose d’une solide expérience dans le marketing en ligne et Ian Saunders, un expert informatique qui a été impliqué dans la programmation des interfaces des plus grands sites comparatifs au Royaume Uni.

L’objectif principal du site comparatif est de fournir aux internautes une interface aussi simple que possible pour trouver soit le service haut-débit le moins cher soit le plus rapide disponible dans leur zone. Bien trop souvent les sites comparatifs invitent les utilisateurs à compléter un long formulaire qui peut prendre jusqu’à 15 minutes pour remplir. Avec ce nouveau site comparatif, les utilisateurs ont seulement besoin de saisir leur numéro de téléphone fixe (pour rechercher les services qui sont disponibles dans leur zone) et de sélectionner un critère parmi les quatre suivants: le moins cher, le plus rapide, illimité ou sans fil. Selon Chris Cox,  www.broadbandcomparison.co.za  recherche les services offerts parmi les 12 plus grands fournisseurs d’accès Internet en Afrique du Sud.

Le site qui a seulement été mis en ligne le 1er août n’enrégistre pas encore beaucoup de trafic en termes de visiteurs mais Chris est convaincu que le nombre de visiteurs va aller en augmentant parce l’Internet est de plus en plus important pour un grand nombre de Sud-africains. Selon lui il y a deux types internautes Sud-africains. Un premier groupe est constitué de férus de l’informatique et de l’Internet et se sont certainement eux qui seront dans un premier temps les plus attirés par ce site comparatif. La vaste majorité des internautes Sud-africains sont à l’aise avec Facebook mais n’ont pas l’habitude d’utiliser des sites comparatifs.

Les services offerts par le site comparatif .broadbandcomparison.co.za sont gratuits pour les utilisateurs. Leur chiffre d’affaires est généré par un système de recommandations et de la publicité. Selon Chris, la société a signé des accords avec les principaux fournisseurs d’accès Internet leur permettant de toucher une commission sur chaque forfait Internet vendu à travers le site comparatif. Il n’y a pas de doute que cette affaire est une question de volume et il sera vital pour le site comparatif d’attirer autant de visiteurs que possible pour en assurer sa viabilité financière.

www.broadbandcomparison.co.za permet à présent seulement de faire des comparaisons entre les offres haut-débit fixes et sans fil en Afrique du Sud mais les deux entrepreneurs ont prévu de couvrir les offres haut-débit mobiles très prochainement. C’est certainement dans ce segment qu’il y a le plus grand potentiel parce que du plus en plus de Sud-africains accèdent l’Internet via une connexion mobile. Dans son rapport trimestriel datant de juin 2011,  Pieters Uys, le DG du groupe Vodacom rapporte qu’en Afrique du Sud le nombre de clients data actifs a augmenté de 37.7% pour atteindre le chiffre de 9.6 millions et le nombre de client avec un forfait Internet mobile a augmenté de 86% pour atteindre 3 millions. Durant le dernier trimestre seul l’opérateur mobile a enregistré 425,000 nouveaux clients data.

Libéria: Cellcom développe une application mobile pour le recensement des abonnés du mobile

Le Libéria, l’un des pays les plus pauvres d’Afrique s’est aussi engagé dans la course au recensement de ses abonnés mobiles. Le processus a été officiellement lancé le 18 juillet dernier par l’autorité de régulation (Liberia Telecommunications Authority – LTA). Les opérateurs mobiles ont pour objectif de compléter le processus de recensement en 90 jours à partir de la date de commencement – une période bien courte pour recenser environ 1.6 million d’abonnés. Isabelle Gros s’est entretenue avec Avishai Marziano, le Directeur Général de Cellcom, l’un des quatre opérateurs mobiles actif au Libéria sur ce que le recensement des abonnés suppose pour un opérateur mobile et sur le développement d’une application mobile pour faciliter ce processus.

En mars dernier, LTA a commencé à parler du lancement du recensement des abonnés mobiles, un processus qui selon l’autorité de régulation se fera en parallèle avec l’introduction d’un nouveau plan national de numérotation. En d’autres termes, LTA pensait faire d’une pierre deux coups. Selon Avishai Marziano, le Directeur Général de Cellcom, le temps de préparation étant un peu court, ils se sont immédiatement attelés à la tache avec la préparation de la liste des informations requises, la rédaction du formulaire de recensement et le développement des supports informatiques pour le client et les logiciels pour les serveurs. L’idée directrice de Cellcom était d’introduire un processus de recensement aussi rapide que possible ne nécessitant pas de collecter les informations sur un formulaire papier. Avec ces objectifs en tête, ils ont développé une application mobile sous Windows7 leur permettant de capturer toutes les informations requises, de prendre la photo de l’abonné et de scanner sa pièce d’identité avec la caméra du téléphone mobile. Les données enregistrées dans le téléphone mobile sont ensuite envoyées vers un serveur et encryptées pour assurer la confidentialité des informations fournies par l’abonné. Selon Avishai, l’application mobile permet de saisir l’ensemble des données et cela ne prend pas plus de 5 minutes pour compléter le formulaire de recensement. Il espère que ce système permettra d’enregistrer sur le vif les abonnés mobiles.

Pour achever le recensement en 90 jours, Avishai estime que l’opérateur mobile devra recenser entre 3,000 et 4,000 abonnés par jour. Cela ne sera pas trop difficile dans la capitale, Monrovia mais le recensement dans les zones rurales sera plus compliqué à cause du mauvais état des routes et la saison des pluies qui n’est pas encore terminée. Au Libéria, les opérateurs démarrent le recensement de zéro en comparaison avec des pays africains qui par exemple ont déjà lancé des services de paiements via le mobile. Dans ces pays les opérateurs mobiles disposent déjà d’informations sur leurs abonnés parce qu’il leur faut suivre les règles d’identification instituées par les banques. Il est facile de voir que du point de vue d’un opérateur mobile, le recensement des abonnés mobiles représente un investissement lourd en capital et en coûts opérationnels. En plus l’autorité de régulation n’a pas vraiment prévenu les opérateurs bien en avance ce qui ne leur a pas permis d’inclure ces dépenses de leur budget annuel. Néanmoins Cellcom envisage de déployer entre 200 et 300 points d’enregistrement occasionnant un coût supplémentaire de main d’œuvre estimé entre 50,000 et 75,000 dollars US par mois. Cela implique aussi que la taille de la compagnie va doubler durant cette période et selon Avishai il s’agit de s’assurer que la société et les employés sont bien  préparés à cet effet.

Du côté positif, Avishai est convaincu que le processus de recensement est aussi une bonne opportunité pour l’opérateur mobile d’acquérir de nouveaux clients. Les agents chargés du recensement ont la tache d’aller vers les clients que cela soit dans les universités ou les cantonnements militaires par exemple pour enregistrer les clients mais aussi pour en conquérir de nouveaux. Avishai pense que le recensement des abonnés mobiles permettra la création d’un annuaire et servira de plateforme pour développer d’autres services comme les services de paiement via mobile et les projets de micro-finance.

En plus du développement de l’application et des logiciels pour le processus de recensement, les opérateurs mobiles au Libéria sont aussi en charge d’expliquer le pourquoi du recensement aux abonnés mobiles. Selon Avishai, les choses ne vont pas si mal pour le moment et les clients montrent plus de confiance dans le recensement électronique que dans le formulaire papier. Il semble aussi que les abonnés mobiles font plus confiance aux opérateurs mobiles qu’à l’administration quant à la confidentialité et la sécurité des informations qu’ils ont à fournir. Bien que la réglementation concernant le recensement des abonnés mobiles prévoit que l’autorité de régulation gardera les informations dans une banque centrale de données, la situation qui prévaut actuellement, est que les opérateurs garderont les informations sur leurs abonnés et ne le divulgueront que sur demande spécifique venant du régulateur. En fin de compte ce n’est pas une si mauvaise chose si l’on considère ce qui se passe en Afrique du Sud ou une audit nationale de la banque de données des abonnés mobiles a été récemment ordonnée par le gouvernement pour évaluer l’étendue des malversations concernant les informations des abonnés mobiles.

Un nouveau rapport révèle les opportunités pour les applications mobiles en Afrique

Durant les six derniers mois, il n’y a pas eu de semaine sans un article sur les applications mobiles. Le lancement du kiosque de téléchargement d’Apple (l’ apps store d’Apple) en juillet 2008 a été un tournant de ce secteur qui aujourd’hui génère un chiffre d’affaires annuel mondial de plusieurs milliards de dollars US à travers des millions de téléchargements d’applications mobiles chaque jour. Balancing Act vient de publier un rapport intitulé « les applications mobiles en Afrique: quelles stratégies pour les applications mobiles payantes et gratuites ? » Le rapport analyse l’écosystème des applications mobiles en Afrique et fournit un cadre d’analyse permettant aux opérateurs mobiles africains ou toute autre organisation de décider de la stratégie à adopter en ce qui concerne les applications mobiles.

Le rapport « les applications mobiles en Afrique: quelles stratégies pour les applications mobiles payantes et gratuites ? » est un document de 125 pages contenant 15 encadrés, 26 tableaux, 39 graphes et 2 cartes. Il est divisé en trois parties couvrant 1) les usagers mobiles, leurs portables et leur usage, 2) les développeurs et le contenu, 3) les plateformes de distribution et les stratégies de distribution.

Selon Isabelle Gross, l’auteur du rapport, il y a suffisamment d’indicateurs aujourd’hui qui montrent que les smartphones vont aussi prendre une plus grande part de marché en Afrique. Des enquêtes sur les usages du téléphone mobile en Afrique montrent que les africains utilisent de plus en plus leur portable pour des activités qui ne sont pas liées à la téléphonie. Le taux de pénétration des smartphones en Afrique du Sud est prometteur et plus de pays africains vont lui emboîter le pas avec la baisse prévisible des prix des smartphones dans les deux ans à venir. La pyramide des portables qui dans certains pays africains comporte encore aujourd’hui plus de 80% de portables de base va changer dans les prochaines années – un changement du haut vers le bas avec un plus grand nombre de smartphones et de portables à fonctionnalités avancées. Le rapport fournit des prévisions quant au taux de pénétration des smartphones dans différents marchés africains. Aujourd’hui les combinés Nokia restent les portables préférés des africains mais avec l’accélération de la vitesse de pénétration des smartphones, le fabricant de portable perdra sa position de leader en faveur d’autres équipementiers. BlackBerry est aujourd’hui la marque préférée des jeunes en Afrique du Sud.

Les pays africains avec une importante base d’abonnés mobiles et un taux de pénétration de smartphones en croissance présentent les meilleures chances pour les applications mobiles. Les smartphones poussent à la consommation d’applications mobiles et comme de plus en plus d’abonnés mobiles africains en auront un dans leur poche dans les années à venir, la problématique du contenu à leur offrir devient plus intéressante pour les développeurs locaux. Le rapport établit que les développeurs africains d’applications mobiles sont pour la plupart jeunes et diplômés. Le nombre de développeur de sexe masculin dépasse largement celui du sexe féminin. Il n’y a pas de chiffres sur leur nombre exact par pays mais nos estimations avancent un chiffre de 100 à 200 dans des petits pays africains et entre 2,000 et 3,000 dans les plus grands pays africains. « L’écosystème » des développeurs africains reste fragmenté mais de plus en plus d’initiatives sont lancées avec pour objectif de structurer le secteur et de soutenir financièrement les projets intéressants et les développeurs à talent. Le rapport révèle aussi quelles sont les applications mobiles susceptibles de générer le plus d’argent en Afrique et fait aussi des recommandations aux développeurs africains en terme de d’optimisation des revenus qu’ils peuvent escompter des différents kiosques de téléchargement disponibles aujourd’hui. Pour les développeurs locaux, il s’agit de savoir ce que les utilisateurs mobiles veulent et d’identifier les meilleurs moyens de leur fournir ce contenu.

Les chiffres d’affaires réalisés par les principaux kiosques internationaux de téléchargement (l’apps store d’Apple, l’Android Market de Google, etc) sont bien tentants mais pour la plupart des opérateurs mobiles, il leur reste toujours à décider s’ils veulent juste devenir une « canalisation » acheminant le contenu vers le portable de leurs abonnés ou s’ils doivent s’impliquer dans la création et la fourniture de contenus pour leurs abonnés pour avoir une part des ces revenus. Les opérateurs mobiles africains et en particulier ceux qui ont lancé des services 3G sont confrontés au même dilemme. Le rapport détaille « l’écosystème » des plateformes de distribution  et évolue le niveau de disruption que ces plateformes ont causé en Afrique. Plusieurs opérateurs mobiles africains envisagent de lancer leur propre kiosque de téléchargement d’applications mobiles (comme par exemple Safaricom au Kenya et MTN en Afrique du Sud) mais jusqu’à présent seulement trois opérateurs mobiles ont annoncé officiellement le lancement de leur kiosque. Il s’agit de Tunisiana et d’Orange en Tunisie et tout récemment de Zantel en Tanzanie. Le rapport évalue aussi comment la croissance des kiosques internationaux va affecter les opérateurs africains et quels sont les changements dans la distribution d’applications mobiles qui pourraient bénéficier au continent. Le rapport fait 8 recommandations qui seront susceptibles d’aider les opérateurs mobiles africains à identifier les éléments à considérer pour développer et lancer leur propre kiosque. Ces recommandations sont basées sur l’analyse des kiosques de téléchargement lancés par certains opérateurs mobiles dans des pays émergeants. Le rapport conclut sur une analyse commerciale détaillée du lancement d’un kiosque de téléchargement en Afrique avec des prévisions sur le chiffre d’affaire dérivé des applications mobiles payantes, les revenus data générés par le téléchargement des applications mobiles et les revenus additionnels issus de la publicité et des achats réalisés au travers des applications mobiles.

Movirtu lance un téléphone “dans le nuage” ciblant les utilisateurs à faible revenue: le premier marché est Madagascar mais d’autres suivront

Tout au bas de la pyramide, il y a des utilisateurs du téléphone qui ne peuvent pas se permettre le prix d’une carte SIM pour utiliser dans un téléphone partagé. Movirtu a créé un type de compte basé « dans le nuage » permettant à chaque personne qui a accès à un téléphone mobile de le partager mais de garder son propre numéro. Russell Southwood s’est entretenu avec Nigel Waller, le fondateur et directeur général de Movirtu à propos du potentiel de ce type de service téléphonique « très bas prix ».

Nigel Waller a travaillé dans le passé dans le département réseau et infrastructure télécoms et durant cette période, un opérateur africain lui a demandé s’il était possible de fournir un service téléphonique moins cher en milieu rural parce que donner une carte SIM à quelqu’un revient à 7 dollars US pour un opérateur basé dans un pays ou les taxes ne sont pas trop élevées. Quelques mois plus tard, lorsqu’il était entrain de conduire sur une route enneigée aux alentours de Moscou, l’idée lui est venue : pourquoi ne pas baser l’accès au service mobile sur un code d’accès comme l’adresse mail et comme cela les gens pourront partager leur téléphone?

Le produit a été testé en 2010 et des projets pilotes ont été déployés au sein de plusieurs opérateurs en Afrique. Il y a deux semaines de ça, le service a été lancé avec Airtel à Madagascar. Mais comme l’explique Nigel Waller « nous aimerions que notre service soit déployé dans toutes les opérations d’Airtel ». Pour assurer sa croissance, la société a reçu à la fin de l’année dernière un apport financier de 5 millions de dollars US de la part de TLcom Capital, un organisme d’investissement basé à Londres.

Le produit cible deux marchés: des personnes à très bas revenue qui veulent avoir accès à un téléphone sans acheter un combiné et une carte SIM et des revendeurs qui pourront offrir l’accès à un téléphone et des comptes individuels à utiliser avec. Cela ne coûte pas plus de 20 cents US par compte à créer comparé un montant entre 14 et 21 dollars US pour la fourniture d’une carte SIM.

Les coordonnées du compte de l’utilisateur sont stockées au niveau du central de l’opérateur et chaque utilisateur a la possibilité de sauvegarder ses contacts et peut aussi bénéficier d’un service qui redirige les appels manqués vers un autre téléphone lorsque l’utilisateur n’est pas enregistré. A partir de cette plateforme, il est aussi possible de faire des services de paiement mobile comme M-Pesa or Orange Money. Pour les utilisateurs plus aisés dans cette catégorie d’utilisateurs à très bas revenue, Movirtu propose un service qui s’appelle « ManyMe » qui permet à l’utilisateur d’avoir plusieurs numéros selon ce même principe. Pour l’instant le service ne fonctionne qu’avec des combinés GSM. Il ne fonctionne pas avec des combinés CDMA mais il est bien possible de l’étendre à ceux-ci dans le futur.

Selon Nigel Waller, « nous avons besoin d’impliquer des ONGs à la base (présentes sur le terrain). Dans un pays nous travaillons avec une organisation qui a besoin de contacter 500,000 agriculteurs et seulement 1 sur 5 dispose d’un téléphone. L’ONG souhaite communiquer avec ce groupe et leur envoyer des informations sur les prix ainsi que réaliser une enquête ». Les 400,000 agriculteurs sans téléphone pourraient dans bien des cas partager avec les 100,000 agriculteurs qui possèdent un téléphone.

Le produit est destiné à ceux qui gagnent entre 1 et 2 dollars US par jour. L’utilisateur dans la partie supérieure de cette catégorie, économisera plus de six mois pour acheter un combiné de marque selon une enquête réalisée par Movirtu, il est clair qu’ils comprennent et veulent une garantie. Dans cette catégorie, Nigel Waller estime que 40% des utilisateurs potentiels seront intéressés par ce produit. « Nous sommes pragmatiques et au court terme, l’adoption sera plutôt de l’ordre de la centaine de milliers et nous travaillons dur avec les responsables locaux du marketing pour leur expliquer comment cela fonctionne ».

Selon notre enquête, les utilisateurs qui partagent un téléphone soit avec la famille ou avec des amis paient jusqu’à 50% de plus pour les crédits d’appel (pour payer celui qui possède le téléphone). Avec notre plateforme, le propriétaire du téléphone reçoit des crédits d’appels bonus lorsqu’il prête son téléphone. Il y a aussi une grande disparité géographique et entre les sexes: dans cette catégorie, 70% des personnes sans téléphone sont des femmes et 80% vivent dans des zones rurales ».

« Les gens ont le sentiment de manquer de dignité lorsqu’ils ont besoin d’emprunter un téléphone et bien sur il n’y a pas de confidentialité puisque le propriétaire du téléphone peut voir le numéro appelé. Nous essayons d’améliorer l’écosystème en offrant une solution qui couvre leurs besoins. Tout ce qu’il faut pour accéder son compte est un code PIN à 4 chiffres ».

Sénégal: L’administration réduit sa facture téléphonique mais celle de la diaspora risque d’augmenter

Le 14 juin 2011, l’ADIE, l’Agence de l'Informatique de l'Etat,  a tenue une conférence publique à Dakar pour mieux faire connaître ses réalisations en matière de développement des TICs au sein de l’administration sénégalaise. Il a en particulier été question de l’installation d’un réseau fibre reliant les différentes administrations et de l’introduction de la téléphonie sur IP comme un moyen de rationaliser les dépenses de l’Etat.  En même temps, il est à nouveau question de la possibilité que la société GVG (Global Voice Group) soit autorisée à lancer son activité de contrôle des appels entrants moyennant rétribution sur chaque appel international entrant. Isabelle Gross s’interroge sur la politique sénégalaise en matière de télécommunications – une politique pour le moins contradictoire et de courte vue.

La conférence de présentation des travaux de l’ADIE, qui a été honorée de la présence du Premier Ministre Mr Souleymane Ndéné Ndiaye, a débuté par un documentaire audiovisuel retraçant les principales réalisations de l’ADIE englobant le déploiement du réseau intranet de l’administration sénégalaise et la mise en ligne de nombreuses de procédure administratives.  La mise en place du réseau intranet a débuté dès 2002  et s’est poursuivi par l’installation de 30 km de fibre optique pour relier les ministères et les administrations centrales à Dakar. Dans une seconde phase le réseau a été agrandi et est passé à 500km de fibre reliant Dakar et les administrations de sept capitales régionales. Cette dorsale numérique a permis de mettre en place un système d’échange de données, de centralisation de stockage des données et surtout l’introduction de la téléphonie sur IP et de la vidéoconférence qui sont vus comme des moyens de rationaliser les dépenses de l’administration sénégalaise en matière de télécommunications.

Le documentaire a ensuite détaillé les actions réalisées par l’ADIE pour faciliter l’accès des citoyens sénégalais aux services administratifs. Il s’agissait en particulier de la mise en ligne d’informations concernant les différents services administratifs dans un premier temps et cela a été suivi par  la mise en place de procédures en ligne. Il est par exemple possible maintenant de faire sa déclaration TVA en ligne ou de faire sa demande pour un permis de construire en ligne. Grâce à la procédure du permis de construire en ligne l’administration sénégalaise envisage de traiter des dossiers simples en 28 jours et les dossiers plus complexes en 40 jours. A la fin du documentaire l’audience a eu droit à une démonstration en temps réel du service de conférence vidéo entre le Premier Ministre à Dakar et des représentants des gouvernorats de Saint-Louis, de Tambacouda et de Ziguinchor,. Durant chacune des discussions que le Premier Ministre a eu avec les trois gouvernorats, il n’a pas omis de mentionner que ces nouvelles technologies ont but de rapprocher les provinces de Dakar mais surtout de rationaliser les dépenses de l’administration sénégalaise en d’autres terme de réduire les dépenses en matière de télécommunications.

Le retour de GVG au Sénégal semble de plus en plus éminent. Il est à nouveau question de taxer les appels internationaux entrants. 49FCFA  seront prélevés pour chaque minute de communication et cela devrait générer en moyenne 5 milliards de FCFA par mois pour l’Etat. Il semble que cette fois-ci, la réintroduction de la taxe va s’accompagner de mesures de soutien pour essayer de « faire passer la pilule ». L’Etat a décidé de reverser environ 15 milliards de FCFA aux émigrés pour leur facilité l’accès à l’habitat et au retour, 25 milliards FCFA pour l’électrification rurale et 10 milliards de FCFA pour la santé, la lutte contre la cherté de la vie, le sport et la culture. Cela représente un total de 50 milliards de FCFA sur un montant total à percevoir de 60 milliards de FCFA. Il reste à voir ce qu’il adviendra des 10 milliards FCFA restants. Les spéculations à ce sujet vont bon train.

En attendant dans savoir plus, Mr Momar  Ndao, le Président de l’ASCOSEN, l’Association des consommateurs du Sénégal, s’est fait le défendeur ardent de cette taxe et le pourfendeur de la Sonatel, de France Telecom et autres opérateurs télécoms. Selon lui « les opérateurs tels que France télécom et autres, exploitent de manière éhontée les ressources de notre pays en réalisant des milliards de francs de gains, avec des marges de 300% pour certains et de 1100% pour d’autres, sur le dos des consommateurs ». La prise de position de du Président de l’ASCOSEN en faveur de la taxe sur les appels internationaux (qu’il est possible de voir sur Daily Motion au lien suivant) news vient de relancer le débat d’une façon très polémique et sans aller au fond de la question. L’ardeur de Mr Ndao ne s’arrête pas au plan national car il faut aussi convaincre la diaspora sénégalaise à l’étranger. Celle-ci s’était mettré très réticente l’été dernier lors de la première tentative d’introduction de la taxe et pour cause puisque les appels vers le Sénégal allait augmenter de façon significative. Une délégation sénégalaise incluant Mr Momar Ndao de l’ASCOSEN a organisé  le 31 mai dernier au Consulat du Sénégal à Paris une réunion à l’attention de la diaspora sénégalaise en France pour leur apporter la bonne nouvelle de la dotation de 15 milliards de FCFA en contrepartie de leur acceptation de la taxe sur les appels entrants. La réunion a été houleuse et a tourné à la cacophonie comme en témoigne le clip vidéo disponible sur YouTube au lien suivant.  Il n’en reste pas moins que la diaspora sénégalaise ne semble pas plus disposée aujourd’hui qu’elle ne l’était l’été dernier à payer cette surtaxe sur les appels vers le pays.

Le retour de GVG se traduira par une augmentation de la facture téléphonique de la diaspora sénégalaise à l’étranger alors que dans le premier cas, le travail réalisé par l’ADIE  permet à l’Etat sénégalais de réduire ses dépenses téléphoniques. C’est pour le moins contradictoire, non!

Business Logic propose aux opérateurs mobiles africains des solutions marketing plus intelligentes.

Est-ce que disposer d’un logiciel marketing plus intelligent vous garantit de devenir opérateur mobile plus intelligent ? Et bien, oui, selon Richard Lewis, Responsable des Ventes pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique à Business Logic. Isabelle Gross s’est entretenue avec lui sur « InTelestage », un logiciel marketing permettant aux opérateurs mobiles de segmenter et de profiler leur clientèle prépayée et de les équiper d’outils intelligents pour conserver cette clientèle et augmenter leur chiffre d’affaires.

L’été dernier, la guerre des prix que se sont livrés les opérateurs mobiles au Kénya, a souligné les défis auxquels le directeur marketing et son équipe sont continuellement  confrontés. Les batailles entre les opérateurs mobiles pour gagner et retenir des clients deviennent de plus en plus vicieuses (baisses successives des tarifs) alors que le potentiel d’acquérir beaucoup de nouveaux clients est entrain de disparaître dans un grand nombre de pays africains. Les directeurs marketing doivent devenir plus efficaces et plus rapides et selon Richard Lewis c’est exactement ce que le logiciel « InTelestage » de Business Logic leur permet d’achever. L’applicatif extrait les informations disponibles dans les différentes parties du réseau de l’opérateur mobile (les données au niveau des RSS et BSS, les données d’emplacement, les données stockées dans les centres data, etc…) et les agrège permettant une segmentation et la création de profils de la base de clients prépayés. Les responsables marketing sont par conséquent capables de créer et de délivrer des campagnes promotionnelles plus ciblées via différents moyens de communication.

Aujourd’hui, dans bien trop d’opérations mobiles, les responsables marketing doivent toujours encore avoir recours au service informatique lorsqu’ils veulent avoir des informations spécifiques ou détaillées concernant les habitudes de leurs clients en terme de recharge et d’utilisation de leur téléphones parce que ces informations doivent être extraites et agrégées des différentes sources de données du réseau mobile. Le logiciel de Business Logic réduit ce temps de préparation d’une campagne promotionnelle mais il permet aussi de réduire le délai de retour des résultats de la campagne puisque le logiciel a la capacité de suivre l’évolution de la campagne en temps réel. Selon Richard Lewis, cela permet de mieux contrôler le taux d’attrition, un mal comparable à la peste pour les opérateurs mobiles africains. Les causes du taux d’attribution des abonnés  sont les conséquences soit d’un manque d’activités de rétention ou d’une réaction des abonnés à une promotion de la part de l’opérateur mobile concurrent. Le logiciel de Business Logic offrent aux responsables marketing de mettre en place des campagnes de fidélisation dont l’objectif est de retenir les clients mais parce l’applicatif est rapide et flexible, il les aidera aussi par exemple à rapidement lancer une campagne promotionnelle pour contrecarrer celle de la concurrence.

Le logiciel est dimensionable et fonctionne pour des petits et des grands opérateurs mobiles. Il est possible de l’utiliser à partir d’une clientèle d’un minimum de 100,000 abonnés et son installation peut être faite en huit semaines. L’applicatif peut être personnalisé pour répondre aux besoins spécifiques de l’opérateur mobile. Le produit est toujours en évolution et les développements à venir se concentrent sur des outils d’analyses des cercles sociaux en termes d’habitudes d’appels entre un groupe donné d’abonnés. Bien que Richard Lewis n’ait pas pu donner le prix exact du logiciel, il a cependant ajouté qu’il représente une très petite fraction de  chaque recharge de crédits. Business Logic travaille déjà avec plusieurs opérateurs mobiles en Afrique mais en raison de clauses de confidentialité leurs noms ne peuvent être divulgués.

Les opérateurs mobiles africains opère dans un marché multi-SIM ou presque chaque abonné mobile utilise plus d’un réseau pour passer ses appels et par conséquent tous les outils et en particulier les campagnes promotionnelles sont utilisées par les opérateurs mobiles pour acquérir la plus grosse partie du porte-monnaie de l’abonné mobile. Selon Richard Lewis, les opérateurs mobiles dépensent trop d’argents dans des campagnes promotionnelles trop généralistes qui récompensent tous les abonnés sans discrimination entre les bons clients et les moins bons clients. Le logiciel de Business Logic permet aux responsables marketing de segmenter leur clientèle selon une multitude de modèles permettant des campagnes promotionnelles plus efficaces. L’applicatif peut par exemple identifier quand l’utilisateur enlève sa puce SIM du téléphone ou quand la puce SIM est dans le téléphone mais le téléphone n’est pas utilisé pour passer des appels. Une fois que ces habitudes sont identifiées, les responsables marketing peuvent mettre en place des campagnes marketing ciblant ce groupe précis de clients. Telstra, un opérateur mobile australien utilise plus deux cents segments différents pour délivrer des campagnes marketing plus efficaces. Pour Richard Lewis, le profilage de la clientèle permet des promotions avec un meilleur retour sur investissement mais il donne aussi la capacité aux opérateurs mobiles d’une meilleure valorisation de sa base clientèle pour des campagnes publicitaires. Si vous connaissez vos clients et vous savez par exemple qui sont vos clients qui dépensent le plus ou ceux qui rechargent régulièrement, votre clientèle acquière plus de valeur dans vos discussions avec des agences publicitaires souhaitant réaliser des campagnes ciblées.

1ière Edition: Barcamp Bénin invite les développeurs le 4 juin prochain à Cotonou

La seconde édition du G-Nigeria s’est tenue à Lagos la semaine dernière. Pays voisin, le Bénin tiendra la première édition de son Barcamp le 4 juin prochain à Cotonou. Les opportunités pour les développeurs africains de montrer leur savoir faire et d’exposer leurs idées n’ont jamais été aussi grandes qu’en ce moment.  Isabelle Gross s’est entretenue avec Abslom Boko, porte-parole de l’équipe organisant le Barcamp Bénin sur les motivations et les objectifs de cette première réunion.

La personne à l’origine de ce projet de tenir un Barcamp au Bénin  est Mathias Houngbo. Informaticien de profession et débordant d’idées nous avions déjà couvert son projet de réseau WiFi « Cotonou Wireless » dans une de nos newsletters voir lien suivant. Le passage de l’idée à l’action a quelque peu été retardé dans la mesure ou il a fallu que les différents groupes de développeurs locaux se mettent d’accord pour organiser l’événement ensemble. Barcamp Bénin est donc le fruit d’un collectif de jeunes individus passionnés par les TIC et oeuvrant dans le secteur au travers de différentes organisations ou institutions locales.

La liste des organisateurs (ci-dessous) reflète bien cette hétérogénéité.
1 - Mathias  Houngbo, Président du comité travaillant pour la BCEAO
2 – Theresa Carpenter Sondjo en charge des finances et sponsoring travaillant pour l’ONG People Online
3 – Ramanou, responsable de cantine et étudiant
4 – Igor Koucoi en charge de la presse & pub, promoteur 
5 – Vivien Dovi, Responsable lieu, promoteur
6 - Gislain  Sodogandji en charge du contenu travaillant pour Sodson Corp
7 - Loyc Cossou en charge du contenu travaillant pour NTSC
8 - Abslom Boko, porte-parole travaillant pour Starsoft Informatique

En terme de soutien, Barcamp compte sur Google qui a promis un soutien financier et la participation d’un intervenant. Des sociétés locales ont aussi été contactées mais aucune n’a répondu présente à l’appel. La réponse de l’opérateur mobile MTN, le plus grand opérateur au Bénin, est édifiante en elle-même et souligne l’absence de stratégie en matière de contenu local. La seule chose qu’il a proposé d’offrir au Barcamp Bénin c’est son propre « attirail marketing sur ses services mobiles » ! En termes de soutien régional, Barcamp Bénin compte aussi sur l’apport des organisateurs des Barcamps Abdijan l’organisation Akendewa -  et au Togo (l’OPIM, l’Organisme pour la Promotion de l'Internet et du Mobile Togo).

Malgré un soutien limité, Barcamp Bénin escompte accueillir entre 100 et 200 participants principalement des étudiants en informatiques, des développeurs individuels et des responsables informatiques dans des entreprises. Lorsque le porte-parole évoque le type de participants attendus au Barcamp Bénin, il est aussi question de mieux appréhender ce que l’on pourrait appeler «l’écosystème des développeurs et des fournisseurs de contenu du Bénin ». Selon Abslom Boko, le Bénin dans ce secteur a jusqu’à présent opéré de façon isolée et il y a peu de visibilité sur les acteurs dans ce segment. Il y a bien sur des développeurs indépendants ainsi que des ONG qui supportent le développement d’applicatifs et de contenu. Certaines entreprises de la place s’affichent comme des entreprises de contenu mais elles n’ont pas d’offres réelles ou ne sont pas officiellement connues.

Au menu du programme de Barcamp Bénin dont l’intitulé officiel est « Hello World », il sera question de Google Maps et de ses autres produits en particulier son système d’exploitation Android permettant le développement d’applicatifs mobiles et leur commercialisation  par la suite sur le « Marketplace », son magasin en ligne (à mettre en relation avec l’annonce faite par Google le 12 mai dernier sur l’extension à 90 pays dont 26 pays africains de la possibilité d’acheter des applicatifs payants sur son magasin en ligne). Les passionnés de Linux quant à eux pourront en apprendre plus sur le déploiement dot Net sur Linux. Il sera aussi question de discuter des logiciels de gestion de contenu ainsi que de la technologie Web2. Si le temps le permet, Barcamp Bénin proposera aussi une introduction aux logiciels libres Ubuntu et Fedora.

Les objectifs de cette 1ière édition du Barcamp Bénin sont selon Abslom Boko « de faire prendre conscience aux participants de la nécessité d'organiser régulièrement des événements de ce genre et de développer l'esprit de partage du savoir en vue d’avoir une communauté forte et solidaire de passionnés de nouvelles technologies de l’information. Si nous atteignons ces objectifs, notre première édition de Barcamp sera une réussite »!

Nous souhaitons bonne chance au Barcamp Bénin. Pour de plus amples informations visitez. Nous sommes toujours intéressés dans savoir plus sur l’écosystème des développeurs en Afrique. Si vous envisagez de tenir un barcamp ou toute manifestation réunissant des développeurs, faites-nous le savoir en nous envoyant un mail à igross@balancingact-africa ou un tweet à @isa_gross

Les opérateurs télécoms africains peuvent réclamer des crédits-carbone grâce à un nouveau programme lancé par Nedbank Capital

Bien qu’un grand nombre d’opérateur télécoms africains utilisent du diesel pour alimenter leurs stations de base et d’autres équipements télécoms, la « révolution verte » qui devrait les avoir utiliser plus d’énergies renouvelables, reste encore à venir. Les façons de penser telles que « c’est comme ça qu’on fait les choses ici » changent difficilement mais tôt ou tard, les opérateurs télécoms devront incorporer le «facteur vert » dans la gestion de leurs réseaux en Afrique. C’est dans cette perspective que Nedbank Capital a développé un programme qui permet aux opérateurs télécoms de prétendre à des crédits-carbone. Isabelle Gross s’est entretenue avec Fritz Milosevic, responsable des investissements à Nedbank Capital, sur ce nouveau programme et comment les opérateurs télécoms peuvent en tirer partie pour générer un revenu complémentaire des crédits-carbone.

Des opérateurs d’envergure mondiale avec des opérations en Afrique ont déjà annoncé leur engagement à réduire leurs émissions en CO2. Le groupe Vodafone a dit qu’il allait réduire ses propres émissions par 50% à l’horizon 2020 (sur la base des émissions produites en 2006/2007) tandis qu’Orange/France Telecom avançait une proposition similaire. L’opérateur réduira ses émissions en CO2 de 20% par rapport au niveau enregistré en 2006 pour 2020. Le groupe sud-africain MTN a quant à lui signé la Déclaration de Copenhague sur les changements climatiques et vient de publier son premier rapport analysant ses émissions en CO2 et ses conséquences sur l’environnement et les changements climatiques.

Derrières ces grandes annonces de bonnes intentions, les solutions d’énergies renouvelables pour alimenter les stations de base et d’autres équipements télécoms offrent de réelles opportunités de considérablement réduire les coûts opérationnels et de décroître la dépendance vis-à-vis du diesel des opérateurs mobiles africains. Dans un rapport publié en février 2011, Balancing Act explique comment les opérateurs peuvent réduire leur coûts opérationnels en optimisant la consommation énergétique de leurs stations de base et comment ils peuvent aussi ramener leur facture diesel à zéro en passant aux énergies renouvelables comme le solaire ou le vent (voir lien vers le rapport au bas de l’article). Le rapport souligne aussi que « les opérateurs mobiles ne devraient pas prendre le manque d’expertises techniques pour une excuse pour ne rien faire. Les opérateurs mobiles en Afrique doivent prêter plus d’attention aux coûts associés aux opérations qu’ils gèrent. Dans cette perspective, les dépenses énergétiques figurent  dans le top palmarès des dépenses à contrôler ».

Selon Fritz Milosevic de Nedbank Capital «parmi les autres projets verts pour les opérateurs, il y a les centres data et les solutions de recharge pour les mobiles. Ils donnent l’opportunité aux opérateurs de générer des crédits-carbone ou de réduite leur empreinte en CO2. Bien que les possibilités de générer des crédits-carbone se trouvent au cœur de leurs réseaux, les opérateurs mobiles en savent très peu sur les crédits-carbone. Par conséquent ils sont très réticents à dépenser de l’argent (en interne ou en externe) dans des programmes de crédits-carbone ».

Face à cette contradiction et la complexité inhérente du marché des crédits-carbone, Nedbank Capital a développé un service qui permet aux opérateurs télécoms de réclamer des crédits-carbone pour le déploiement de « solutions vertes ». Pour Fritz Milosevic, le programme enlève la nécessité pour les opérateurs télécoms d’avoir à comprendre la réglementation compliquée gouvernant les crédits-carbone et leur permet d’optimiser le revenu potentiel qu’ils pourront tirer de la vente de leurs crédits-carbone. Il y a deux façons de réclamer des crédits-carbone soit par le Mécanisme de développement propre (MDP) soit par une procédure volontaire. Le MDP est  une procédure en 7 étapes soumise à certification tandis que la procédure volontaire a développé des standards moins astreignants dans la mesure ou elle vise plus à la pérennité du projet qu’à son impact sur les changements climatiques. Une conséquence moins intéressante de la  procédure volontaire, c’est que le crédit-carbone vaut moins que celui généré via un projet MDP. Pour Fritz Milosevic, la chose la plus importante pour l’instant est que le programme provoque un déclic chez les opérateurs dans leur façon de penser et suscite une discussion sur les questions de développement durable vue de leur perspective. Il n’y a pas de quota minimum de stations de base « vertes » installées ou en phase d’installation pour rejoindre le programme de crédits-carbone initié par Nedbank Capital.

Selon une étude de cas réalisée par Nedbank Capital, les opérateurs mobiles peuvent générer un revenu annuel complémentaire de l’ordre de 6% pour chaque station de base qui utilise des énergies renouvelables comme sa principale source d’alimentation (en assumant une économie d’énergie de 75%). Cela semble peu mais au regard de la baisse des ARPUs voix et des revenus incertains sur les services data, les opérateurs mobiles seront peut-être d’avis que cela permettrait d’améliorer leur chiffre d’affaires ou de payer en partie pour les coûts de déploiement de solutions vertes pour les stations de base. Le programme initié par Nedbank Capital a pour but de motiver les opérateurs télécoms à utiliser des énergies renouvelables lorsqu’ils mettent en place de nouveaux équipements ou renouvèlent leurs équipements existants. Selon Fritz Milosevic, le programme s’adresse à l’ensemble des opérateurs télécoms -  petits ou grands, locaux ou internationaux. Il ajoute que « les opérateurs devraient joindre le programme maintenant. Quelque soit l’avancement de vos projets, venez nous en parler. Nous pouvons définir un programme taillé sur votre plan de déploiement et vous fournir un mécanisme de contrôle qui vous aidera à générer des crédits-carbone ou à réduire votre empreinte d’émissions en CO2 ».

L’adoption de “solutions vertes” dans l’industrie télécoms en Afrique est lente mais il y a des signes encourageants. Progressivement certains opérateurs augmentent le nombre de stations de base fonctionnant aux énergies renouvelables – de moins d’une douzaine à plus d’une centaine. L’opérateur mobile namibien MTC a annoncé à la fin du mois d’avril, des tests concernant une nouvelle manière de générer de l’électricité via l’énergie éolienne. La turbine éolienne est directement montée sur la tour radio alors que la majorité des systèmes suppose une structure séparée. Il n’est pas trop difficile de calculer les économies réalisées – la construction d’une tour séparée – sur le coût global de ce projet d’énergies renouvelables.

De plus en plus d’opérateurs mobiles (même le petit opérateur que j’ai récemment visité au Libéria, y pense !) se lancent dans des expérimentations de solutions basées sur des énergies renouvelables. En termes de connaissance et de compréhension de ces questions par les opérateurs télécoms, on vient de dépasser le stade embryonique et il faut certainement encourager des banques africaines qui sont prêtes à offrir des services innovants et à supporter des projets porteurs en matière d’énergies renouvelables.

Pour de plus amples information sur le rapport de Balancing Act intitulé  “Energy for Cellular Base Stations in Africa: the quick fix approach and the long term perspective to saving energy”, cliquez sur le lien suivant

Vidéos et films: la prochaine étape pour les internautes mobiles

La vitesse à laquelle Facebook a été adoptée dans les pays du continent africain qui servent de baromètre pour mesurer les adoptions précoces a été impressionnante. Twitter est un peu à la traîne avec des chiffres plus petits mais ce n’est qu’une question de temps. Le réseau social MXit en Afrique du Sud a connu une forte adoption. Ce qui a manqué dans l’explosion des médias sociaux c’est l’intérêt pour les vidéos et les films via des sites comme YouTube et Vimeo. Russell Southwood argumente que cette montée en puissance est proche et sera supporter par le mobile.

Alexa.com propose un classement des sites internet pour 14 pays africains. La liste ci-dessous donne le classement de YouTube pour ces pays.

Egypte: 3
Algérie: 3
Tunisie: 3
Maurice: 4
Afrique du Sud: 4
Ouganda: 5
Tanzanie: 5
Congo-B: 5
Kenya: 5
Sénégal: 5
Nigéria: 6
Ghana: 6
Côte d’Ivoire: 6
Madagascar: 8

La chose la plus incroyable dans ce classement c’est le niveau élevé d’usage  qui est clairement là bien avant la capacité pour assurer une bonne transmission. Les jeunes sont les principaux utilisateurs et le fait qu’une université du Ghana a interdit à ses étudiants d’y accéder durant les heures de travail, est un bon indicateur de sa popularité.

Le contenu audiovisuel sur l’Afrique ou issu de l’Afrique est inégal. Il y a beaucoup de choix pour certains types de contenu comme les films et la musique mais presque rien sur beaucoup d’autres sujets. Quelques exemples permettent d’avoir une idée de l’intérêt suscité sur la base du nombre de vues. Evidemment toutes ces vues ne viennent pas seulement du continent mais selon notre propre expérience (ci-dessous) beaucoup plus viennent du continent que ce que les plus sceptiques veulent bien croire.

Musique nigériane:
Timaya/Platinum Boy                  707,234
Ono 2 Sexy/Jusustina                 401,778
I go chop Yo Dollar                     151,326
Highlife from Ghana
(musique par Tumi Ebow Ansa)    64,092

La presse en Afrique est très petite parce que dans de nombreux pays les gens préfèrent écouter la radio ou regarder la télévision. Si ce constat général se révèle exacte alors il est encore plus exact pour le groupe de gens entre 18 et 35 ans qui poussent ce type d’usage. Un responsable de la publicité m’a dit que «mon amie a cessé d’acheter un journal. Elle lit les titres sur son mobile. Et elle est toujours au courant des nouvelles avant moi…. ».  Il ne faut pas avoir trop d'imagination pour voir que les clips phares et les nouvelles de dernières minutes seront populaires.

Alors comment est-ce que ce flux de vidéos arrive sur votre téléphone portable? Bien, la réponse la plus simple c’est par l’Internet et même si le nombre de « smartphones » est toujours au environ d’une centaine de milliers, ce nombre pourrait facilement atteindre 25% des usagers dans certains pays. Lorsqu’une personne dans un groupe d’amis montre aux autres un clip rigolo ou désobligeant, ne pensez-vous pas quand les autres amis vont rentrer chez eux ils vont vouloir le même portable ? Si le prix est juste, les clips vidéos seront un moteur pour l’adoption de smartphones.

Construire une stratégie commerciale basée sur le téléchargement de ce contenu gratuit sur des mobiles doit donner aux opérateurs des nuits sans sommeil. Bien sur, il est possible de le supprimer ou de le contenir mais c’est comme un train de marchandise donc il sera difficile de le stopper.

Comme toujours, la réponse quant à la stratégie commerciale est prévisible encore faut-il qu’elle soit correcte. Il y a trois options:
- un abonnement prépayé par carte avec un accès Internet
- la vidéo à la demande en mode prépayé avec des prix aussi attractifs que possible pour encourager les utilisateurs
- la publicité permettant à une  société d’afficher son logo et ses couleurs sur l’ensemble de la chaîne et de paraître «cool » auprès des jeunes

La TV par IP et la fibre au cabinet: Moteur de croissance pour Orange Maurice

Des projets de fibre optique au cabinet ont été annoncés dans les plus grands marchés africains: la société Jamil au Kenya, i3 en Afrique du Sud et Algérie Telecom ont lancé des pilotes. Pour la plupart des opérateurs télécoms, la prochaine étape après les réseaux métropolitains c’est la fibre au cabinet. Ensemble, ils permettront aux opérateurs de téléphonie fixe de se « réinventer » et de se placer en tête de la concurrence mais pour ce faire il faut une bonne combinaison d’investissements consistants dans le réseau fibre et dans le contenu qui sera proposé sur le réseau nouvellement créé. La semaine dernière Russel Southwood a discuté de l’expérience d’Orange Maurice avec Sarat Lallah, son DG.

Bien que Maurice fasse partie de l’Afrique, le pays est bien différent du reste du continent. Le niveau de vie est considérablement plus élevé et c’est une île géographiquement compacte avec une bonne infrastructure et un taux de pénétration de la téléphonie fixe élevé. Le pays a toujours été un bon indicateur de ce qui va se passer en Afrique parce qu’il a souvent investi dans la technologie avant les autres: c’est par exemple le premier endroit ou un déploiement commercial de la 3G a été réalisé. La stratégie du gouvernement de développer une cyber-ile a suscité de nombreuses critiques mais son objectif de promouvoir l’externalisation de services comme un facteur de croissance montre que cela peut être fait. Des imitateurs dans d’autres pays africains ont eu moins de succès. Par conséquent il est possible de tirer une leçon de son expérience même si Maurice est très différente d’autres pays en Afrique. 

Orange Maurice a commencé à investir dans la fibre au cabinet avec une phase test à Wolmar sur la côte ouest en 2006. En 2007 l’opérateur avait installé 15 cabinets et cela a été étendu à 77 cabinets cette année. Selon Sarat Lallah, le DG « nous en installons toujours et nous souhaitons accroître la couverture à l’ensemble de l’île. Nous plaçons les cabinets dans la rue et le raccordement final est en cuivre ».

L’objectif global est d’offrir une couverture à l’ensemble de la population ou presque pour 2015. En parallèle à ce réseau, l’opérateur a déployé de la fibre aux entreprises. « Nous avons installé de la fibre dans les hôtels et les entreprises implantées dans la cyber-cité d’Ebène en utilisant notre réseau GPON. Toutes les administrations centrales sont équipées de connexions à 100 mbps ».

Pour encourager l’usage des utilisateurs sur son réseau fibre, Orange Maurice a lancé en 2006 un service TV par IP sous le label « MyT » offrant des titres en VOD et 18 chaînes TV. Le contenu s’est accru au cours du temps en particuliers une fois que les questions de droits ont été résolues. En 2010, l’opérateur a lancé un bouquet avec 5 chaînes indiennes et il y aura 10 chaînes supplémentaires pour le lancement d’Orange Expo plus tard cette année. L’opérateur offre maintenant 500 titres en VOD dont 20% de contenu mauricien.

En 2006, la couverture était seulement de 60% mais cela a considérablement augmenté et en 2015 la couverture universelle sera presque atteinte. La vitesse de téléchargement est en moyenne de 5mbps tandis que la vitesse ascendante est de 684 kbps et le service est proposé aux clients via 3 plans: 1mbps, 2mbps et 4 mbps avec des ratios de partage différents.

Les opérateurs historiques en Afrique semblent hypnotisés par le succès des opérateurs mobiles et lorsqu’ils ne possèdent pas leur propre filiale mobile c’est avec envie qu’ils lorgnent des licences GSM. La prochaine phase de développement (voix et données) sera du trafic IP sur fibre. Par conséquent il faut qu’ils s’accrochent à leurs plans et investissent dans des réseaux nationaux et métropolitains en fibre.

Le contenu sera le moteur pour les services résidentiels. Dans de nombreux pays il y a une classe moyenne d’une taille significative qui formera les premiers clients pour ces services. Pour l’opérateur historique le choix crucial est quant à se limiter uniquement au transport du contenu (en s’alliant avec des fournisseurs existants de TV payante) ou à devenir un fournisseur de contenu de plein droit.

Quelque soit le choix c’est le chemin qui permettra de transcender les acquis du fixe. La data mobile avec la technologie LTE offrira bien plus mais ceux qui le peuvent voudront être assis devant un écran d’une taille décente et un clavier avec une connexion du tonnerre. Ils voudront s’asseoir devant un écran TV pour regarder des films et du sport et non pas s’agglutiner autour d’un smartphone équipé de la technologie LTE. Les opérateurs historiques ont traversé une phase grâce au déploiement de la technologie CDMA mais maintenant il leur faut trouver les financements pour devenir sérieux. Après tout, il y a une vie après le mobile…

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