L'éditorial du mois

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Burundi Backbone System Signe un Accord de partenariat pour la construction d’une dorsale nationale

Le 19 mai dernier, le conseil d’administration de la société BBS (Burundi Backbone System) a signé un accord de partenariat pour la réalisation d’un réseau de dorsale nationale à fibre optique couvrant l’ensemble du territoire du Burundi. Alors que de nombreux pays africains s’activent à construire leurs dorsales nationales (Cameroun, Nigeria, Rwanda, etc), le projet du Burundi Backbone System pourrait servir de modèle en matière de partage d’infrastructure et d’accès ouvert. Isabelle Gross s’est entretenue avec David Easum, le directeur général par intérim de BBS, sur les détails de ce partenariat.

Deux documents importants viennent donc d’être signés dans la salle de réunion du SETIC (Secrétariat Exécutif des Technologies de l’Information et de la Communication). Il s’agit d’un contrat de Partenariat Public-Privé (contrat PPP), et d’une Convention de Concession.

Selon David Easum, le contrat PPP engage le BBS à construire et à exploiter le réseau, et le Gouvernement du Burundi à verser une subvention à hauteur de 10.5 millions de dollars américains provenant d’un don octroyé par la Banque Mondiale à travers le Projet Régional d’Infrastructure de Communication, RCIP2. Le BBS utilisera ses propres fonds et des financements externes pour compléter les besoins en investissement pour la réalisation de l’infrastructure.

La convention de concession engage pour une période de 20 ans, renouvelable, le BBS et le Gouvernement à travers l’ARCT (le régulateur des télécoms au Burundi) à tout mettre en œuvre pour permettre l’accès des Burundais aux services de connexion à large bande.

Mis à part la signature de ces deux contrats, le tour de force de BBS a été de recueillir l’adhésion  à ce projet des principaux acteurs du secteur des télécoms. La liste ci-dessous démontre que le partage des infrastructures n’est pas seulement une idée dans le vent.

Le BBS, dont l’actionnariat est composé des principaux acteurs dans les TIC au Burundi, était représenté par son conseil d’administration, à savoir :
• Monsieur George Akoury, Président (Directeur Général d’Africell),
• Monsieur Salvator Nizigiyimana, Vice-président (Directeur Général de l’ONATEL),
• Monsieur Raymond Laforce, Administrateur (Directeur Général de U-Com),
• Monsieur Darlington T. Mandivenga, Administrateur (Directeur Général d’Econet Wireless),
• Monsieur Victor Ciza, Administrateur (Administrateur du CBINET).

Le Gouvernement était représenté par :
• Monsieur Salvator Niyibizi, Secrétaire Exécutif du SETIC,
• Monsieur Révérien Ntagaye, Directeur Général de l’Agence de Régulation et de Contrôle des Télécommunications.

La construction du réseau devrait se terminer avant le premier juillet 2012. Cependant, la population du Burundi pourra commencer à bénéficier du BBS au fur et à mesure que les divers tronçons du réseau seront mis en place. En particulier, l’Internet à haut débit devrait être disponible à Bujumbura vers le début de l’année prochaine.

Ces accords constituent une étape importante vers le désenclavement du pays, surtout en ce qui concerne l’Internet. Actuellement, l’Internet au Burundi doit nécessairement recourir à des circuits satellite. Du coup, le débit est relativement lent et les coûts très élevés.
 
Le Ministre des Transports, Poste et Télécommunications, Monsieur Philippe Njoni, a expliqué : « Comme les pays de la sous-région délaissent progressivement le satellite en faveur des câbles à fibre optique en raison des prix qui restent extrêmement élevés pour un faible débit, il était alors urgent pour le Burundi aussi d’agir dans le même sens, ce qui a été fait grâce à une bonne collaboration entre les opérateurs des TIC, le Gouvernement et la Banque Mondiale. »

Le projet actuel ne concerne que l’intérieur du pays, y compris l’accès aux frontières des pays limitrophes, en particulier le Rwanda, la Tanzanie, et la République Démocratique du Congo. Cependant, des actions intensives sont actuellement en cours pour raccorder le BBS à l’Europe et au reste du monde. En particulier, il s’agit :

1) d’acquérir de la capacité sur les câbles à fibre optique sous-marins existants ou en cours de réalisation,
2) de relier le Burundi aux points d’atterrissage de ces câbles.

David Easum explique que « le problème de la capacité sur les câbles à fibre optique sous-marins est déjà résolu. D’immenses progrès ont déjà été réalisés en ce qui concerne le deuxième problème, à savoir relier les points frontaliers du Burundi aux points d’atterrissage des câbles à fibre optique sous-marins. »

Le 1er juillet 2010, le câble sous-marin à fibre optique Eassy entrera en service. Pour des raisons de diversification et de sécurité, le Burundi devra se connecter respectivement aux points d’atterrissage situés à Mombasa vers le nord et à Dar es-Salaam vers le sud. Deux opérateurs burundais ont déjà souscrit à Eassy via WIOCC, un consortium d’opérateurs de télécommunication africains. Pour faire avancer le projet, ces deux opérateurs acceptent de permettre au BBS et à ses membres d’avoir accès à Eassy à des conditions très favorables. Ainsi, tous les opérateurs GSM et de services Internet pourront, grâce à BBS, offrir des services à haut débit, via Eassy.

Le BBS permettra également aux opérateurs de se connecter à d’autres câbles sous-marins tels que SEACOM et TEAMS aboutissant par exemple à Mombasa ou à Dar es-Salaam. Cela est d’autant plus important depuis l’octroi de fréquences 3G à tous les opérateurs GSM. Ils pourront donc offrir des services data mais aussi améliorer la qualité des communications voix.

Source: Balancing Act

Maroc Telecom annonce un chiffre d’affaires trimestrielle en hausse de 4.3%

L’éditorial de ce numéro se penche sur les résultants financiers de Maroc Télécom et ses opérations en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale au cours du premier trimestre 2010. Globalement le chiffre d’affaires est en hausse de de 4,3% à 7,4 milliards de dirhams. La base clients du Groupe a augmenté de 14% en un an pour arriver à  22,4 millions. La marge opérationnelle quant à elle 43,1% à fin mars 2010.

Lors du 1er trimestre 2010, le Groupe Maroc Telecom a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 7,437 millions de dirhams, en hausse de 4,3% par rapport à 2009 (+0,5% sur une base comparable). La base clients du groupe a atteint près de 22,4 millions au 31 mars 2010, en hausse de 14% par rapport à fin mars 2009, grâce à la poursuite de la croissance du Mobile aussi bien au Maroc que dans l’ensemble des filiales en Afrique.

Le Groupe Maroc Telecom a réalisé au cours du 1er trimestre 2010 un résultat opérationnel consolidé de 3 205 millions de dirhams, en hausse de 0,5% par rapport à 2009 (+6,3% sur une base comparable) et un résultat opérationnel avant amortissements de 4 282 millions de dirhams, en croissance de 1,5% (+4,0% sur une base comparable). La croissance du résultat opérationnel s’explique par l’effet conjugué de la hausse du chiffre d’affaires et de l’amélioration notable de la marge globale des filiales. Ainsi, la marge opérationnelle du groupe s’est établie à 43,1% au 1er trimestre 2010, en progression de 2,3 points sur une base comparable.

Les activités au Maroc ont généré lors des trois premiers mois de l’exercice, un chiffre d’affaires net de 6 095 millions de dirhams, en léger recul de 0,7% et un résultat opérationnel de 2 898 millions de dirhams, en baisse de 3,1% par rapport à 2009 avec les efforts consentis sur le marketing et la communication.

Au Maroc, le chiffre d’affaires brut du 1er trimestre 2010 de l’activité Mobile a enregistré une croissance de 3,6% à 4 537 millions de dirhams grâce notamment à l’effet conjugué de la croissance du parc et de la stabilisation de l’ARPU. Au 31 mars 2010, le parc Mobile s’est établi à 15,578 millions, en hausse de 6,5% par rapport à
fin mars 2009. Grâce notamment aux effets du programme de fidélisation des clients prépayés mis en place en 2009, le taux d’attrition mixte annualisé du 1er trimestre 2010 atteint 22,8%, en baisse de 14,7 points par rapport à 2009. L’ARPU mixte du 1er trimestre 2010 est demeuré stable à 91 dirhams par rapport à 2009, sous l’effet de la croissance du parc et de la hausse de près de 15% des revenus entrants, en articulier
de l’International.

Les activités Fixe et Internet au Maroc ont réalisé au cours du 1er trimestre 2010 un chiffre d’affaires brut de 2 193 millions de dirhams, en retrait de 7,7%, du fait de la baisse des revenus de la Voix sous l’effet de la concurrence du Mobile. Au 31 mars 2010, le parc Fixe au Maroc s’est établi à 1,232 million de lignes, en quasi-stabilité par rapport à fin 2009. Au 31 mars 2010, le parc ADSL atteint 474 000 lignes, en hausse de 1% par rapport à fin 2009, mais en baisse de 2% par rapport à mars 2009, auquel s’ajoutent 265 000 clients Internet Mobile 3G (vs. 174 000 fin décembre 2009).

• Mauritanie
Durant le 1er trimestre 2010, l’ensemble des activités en Mauritanie a généré un chiffre d’affaires net  de 282 millions de dirhams, en hausse de 3,3% (+10,4% à taux de change constant), grâce à la bonne performance des activités Mobile. Le résultat opérationnel de Mauritel du 1er trimestre 2010 s’est établi à 85 millions de dirhams, en baisse de 7% à taux de change constant(2) en raison principalement d’une politique promotionnelle soutenue. A fin mars 2010, les parcs s’établissent à 1,473 million pour le Mobile, 43 000 pour le Fixe et près de 7 000 pour l’Internet.

• Burkina Faso
Durant le 1er trimestre 2010, l’ensemble des activités au Burkina Faso a généré un chiffre d’affaires net de 461 millions de dirhams, en hausse de 13,2% (+12% à taux de change constant) et un résultat opérationnel de près de 168 millions de dirhams, en hausse de 92,5% à taux de change constant, grâce à la très bonne performance aussi bien des activités Mobile, Fixe qu’Internet. A fin mars 2010, les parcs du groupe Onatel s’établissent à 1,812 million pour le Mobile, 153 000 pour le Fixe et 24 000 pour l’Internet.
• Gabon
Durant le 1er trimestre 2010, le chiffre d’affaires net de l’ensemble des activités au Gabon s’est établi à 273 millions de dirhams, en retrait de 7,9% (-8,9% à taux de change constant). Grâce à une gestion stricte des coûts, aussi bien fixes que variables, le résultat opérationnel a atteint 36 millions de dirhams, en hausse de 56,5% à taux de change constant. Gabon Télécom a réalisé au cours du 1er trimestre des performances commerciales appréciables, avec des parcs qui s’établissent à 528 000 pour le Mobile, à plus de 36 000 pour le Fixe et à près de 20 000 pour l’Internet.

• Mali
Durant le 1er trimestre 2010, le chiffre d’affaires net de l’ensemble des activités au Mali s’est établi à 340 millions de dirhams, en progression de 13,7% sur une base comparable et le résultat opérationnel a atteint 17 millions de dirhams. Sotelma a réalisé au cours du 1er trimestre de bonnes performances commerciales, avec des parcs qui s’établissent à 911 000 pour le Mobile, à 69 000 pour le Fixe et à près de 10 000 pour l’Internet.

• Belgique
Le MVNO Mobisud a réalisé à fin mars 2010, un chiffre d’affaires de 15 millions de dirhams pour un parc actif qui atteint 31 000 clients.

Madagascar: Telma lance MVola, un service de paiement via mobile

L’opérateur télécoms Telma (Telecom Malagasy) vient d’annoncer le lancement de son service de paiement via mobile dénommé « MVola » en association avec la banque BFV-SG (Groupe Société Générale). Selon Telma, il s’agit du premier service de paiement via mobile à Madagascar et dans la sous région de l’Océan Indien. Le service MVola permettra à la population malgache d’effectuer des transferts d’argent en toute sécurité depuis leur téléphone portable.

MVola est un service simple, instantané et sécurisé de transfert d’argent via son mobile. Pour utiliser le service, l’abonné de Telma doit présenter une pièce d’identité et souscrire un contrat auprès d’un des 250 revendeurs agréés à Madagascar. L’enregistrement est simple, immédiat et gratuit.

Pour Patrick Pisal Hamida,  le Directeur Général de Telma, ce service mobile de transfert permet à Telma de renforcer sa position d’opérateur innovateur dans un pays avec un fort potentiel de croissance. Il faut rappeler que Telma a été le premier opérateur à déployer commercialement un réseau 3G/HSPA à Madagascar. Selon, Phillippe Lame, le Président et Directeur Général de la banque BFV-SG,  son organisme bancaire garantit que les transactions avec le service Mvola sont parfaitement sécurisées et conformes aux règles bancaires en vigueur.

Ce nouveau service lancé par Telma a été salué comme une avancée facilitant les flux financiers sécurisés à Madagascar par le Ministre des Finances et du Budget, Mr Hery Rajaonarimampianina, le Ministre de la Poste, des Télécommunications et des Nouvelles Technologies, Mr Augustin Andriamananoro, le représentant FMI à Madagascar, Mr Van Den Boogaerd et le Gouverneur de la Banque Centrale de Madagascar, Mr Frédéric Rasamoely.

Après avoir fait un dépôt initial, les abonnés à MVola peut envoyer de l’argent depuis leur mobile vers n’importe quel utilisateur  qu’il soit un client ou non de Telma. Ils peuvent aussi ajouter des crédits d’appels ou payer leur facture de téléphonie fixe ou mobile n’importe ou à Madagascar. MVola assure la traçabilité des opérations, chacune ayant un numéro unique d’identification. Le système est parfaitement sécurisé en ce sens que l’abonné doit entrer un code secret personnel lors de chaque transaction.

Un réseau dédié de 250 agent MVola a été mis en place incluant les agences Telma et Moov, les kiosques Telma sous franchise, 49 agents Tiavo (la première organisation de micro-finance dans le sud-est de Madagascar) et 66 stations d’essence Jovenna. MVola bénéficiera d’un réseau étendu de distribution pour atteindre une large partie de la population malgache. Selon Matthieu Macé, le Directeur Adjoint en charge du projet MVola, « une large proportion de la population est non bancarisé (97%) et cela est un frein au développement social, économique et humain. Avec MVola et ses partenaires, l’utilisation de services mobile de paiements va probablement augmenter le volume des transactions financières sur l’île tout en offrant de nouvelles possibilités de croissance pour l’économie malgache. Nous souhaitons offrir des solutions appropriées aux challenges auxquels Madagascar a à faire face. Telma vise à être plus qu’un opérateur télécom et s’engage à agir pour le développement de Madagascar et le lancement aujourd’hui MVola est une preuve supplémentaire de cet engagement. »

« D’autres services complémentaires sont en cours de développement à Telma. Ils incluent le paiement des salaires, les  transferts internationaux, le commerce électronique entre autres » ajoute Mr Macé.

Du satellite à la fibre en Afrique : Un nouveau rapport conclut que le grand changement est en route

* Du satellite à la fibre en Afrique : Un nouveau rapport conclut que le grand changement est en route

2010 ne s’affiche pas comme une bonne année pour les opérateurs satellitaires et ses revendeurs en Afrique. Des rumeurs ont circulé que pour la première fois, le chiffre d’affaires africain d’un opérateur a baissé de plusieurs pourcents. Au cours de cette année, quatre câbles sous-marins de fibre optique supplémentaires entreront en phase commerciale: Glo One, Main One, EASSy et LION.  « African Fibre and Satellite Markets », un nouveau rapport publié par Balancing Act prend la température du marché actuel et analyse l’évolution du marché dans les trois années à venir.

Prenant acte des grands changements qui sont intervenus, ce rapport qui s’intitulait « African Satellite Markets » lors de sa dernière publication, a été renommé « African Fibre and Satellite Markets » pour cette nouvelle édition. Que vous soyez un opérateur ou un acheteur de bande passante, vous ne pouvez pas évaluer le marché sans tenir compte de l’interpénétration et de la disponibilité des infrastructures fibres et satellites.

Les principales conclusions de ce nouveau rapport sont les suivantes :

* Les opérateurs satellitaires ont investi des sommes colossales dans de nouveaux satellites et des satellites de remplacement. 4.395 milliards de dollars US seront investis dans de nouveaux satellites et des satellites de remplacement contre 2.15 milliards de dollars US investis dans sept câbles sous-marins de fibre optique à l’exclusion d’ACE dont le budget n’a pas encore officiellement été annoncé. Les investissements des opérateurs satellitaires arrivent à un moment marqué par un changement quant à l’utilisation de capacité satellitaire.

* La répartition globale de l’usage de capacité satellitaire versus la fibre dans les premiers vingt pays d’Afrique sub-saharienne évolue de 45.6% vs 54.4% en 2008 à 11.9% vs 88.1%  en 2014. Parmi ces vingt premiers pays, les cinq premiers à savoir l’Afrique du Sud, le Nigéria, le Kenya, l’Angola et le Soudan représentent la majorité de la demande en bande passante sur le continent et ce sont ces pays qui verront la plus forte croissance en bande passante durant cette période. Par conséquent les opérateurs satellitaires et leurs revendeurs  n’auront pas seulement une plus petite part de marché de l’ensemble du marché de bande passante mais deviendront aussi des acteurs niches dans beaucoup de pays. Il y aura de la croissance mais elle concernera essentiellement la fibre.

* Durant les trois ans et demi  depuis décembre 2005, dix satellites offrant une couverture en Afrique ont seulement été lancés (dont quatre qui ont échoué. Il est prévu de lancer plus de 36 satellites d’ici la fin 2013 représentant un investissement de 4.4 milliards de dollars US et une capacité additionnelle pour l’Afrique équivalant à 26,325 MHz. Au moment ou O3b lancera sa seconde constellation de satellites, il y aura presque autant de capacité en bande Ka couvrant l’Afrique que la capacité totale en bandes C et Ku.

* Si le Congo RDC échoue dans sa tentative de se connecter au câble ACE, il sera un des principaux pays restant dépendant de capacité satellitaire. Le  petit nombre de pays qui dépendront entièrement de capacité satellitaire sont des pays dans la demande en bande passante restera faible comme par exemple l’Eritrée. Mis à part la demande venant des zones rurales et isolées, entre 90-95% de la totalité de la demande émanera de zones urbaines et le plus souvent juste de la capitale du pays. Presque toutes les capitales seront connectées par fibre.

* Au cours des trois derniers mois, nous avons discuté avec un grand nombre d’opérateurs et pas un seul n’est pas entrain de se débarrasser de capacité satellitaire ou encore n’essaye de renégocier ses contrats satellitaires à long terme. Il y a quelque chose de viscéral dans la façon avec laquelle cela se passe et certains opérateurs s’en dispensent totalement à l’exception de la plus petite capacité de redondance. Des années de restreintes en terme de capacité et de disponibilité conjuguées à des prix élevés ont fait le bonheur des opérateurs satellitaires mais cela ne les a pas rendu cher au cœur auprès des opérateurs télécoms. La combinaison de plus de capacité satellitaire et de capacités partagées qui vont se libérer va entraîner une chute des prix au cours des trois à cinq prochaines années.

* Un marché niche pour les opérateurs satellitaire constitue la transmission des communications mobiles connectant les stations de base isolées avec le réseau national. Lorsque le rapport « African Satellite Markets » avait été publié en 2005, ce segment constituait une importante part de marché. Dans ce nouveau rapport, une analyse ponctuelle des deux plus grands pays utilisant ce type de connectivité – le Congo RDC et le Nigéria – confirme que les résultats ne sont pas encourageants.

* Les opérateurs satellitaires vont devoir démontrer qu’ils sont capables de répondre à cette nouvelle donne en adaptant leur offre. Le satellite est mort ! Longue vie au satellite ! Ils doivent tout d’abord innover en termes de services délivrés. Ensuite, ils devront trouver des moyens pour réduire les coûts pour permettre aux utilisateurs qui n’ont pas accès à la fibre ou une connexion sans fil de se joindre à la fête. Le marché a besoin d’offres satellitaires large bande à 20-40 dollars US par mois. Il est possible que cette grande migration du satellite vers la fibre sera l’occasion pour les opérateurs de se re-énergiser et de réfléchir sérieusement à comment ils vont conserver leur part de marché.

Pour de plus amples informations sur ce nouveau rapport, cliquez sur le lien suivant
http://www.balancingact-africa.com/publications.html

Source: Balancing Act

Vipnet s’associe à UBA Bank pour renforcer sa présence en Côte d’Ivoire

Dans l’attente de ses élections, la Côte d’Ivoire et ses entrepreneurs en particuliers, continuent à regarder de l’avant et à innover pour assurer le développement de leurs activités économiques. Vipnet, un fournisseur d’accès Internet (FAI) vient de s’associer avec la banque UBA pour renforcer sa présence et accélérer le développement de ses services Internet. Isabelle Gross s’est entretenue avec Ahmed Cherif, le DG de Vipnet sur ce partenariat banque et société NTIC.

Vipnet est le département Internet d’Afrique Technologies & Services (ATS), une société fondée en 1999 proposant des services intégrés dans le domaine de l’informatique et des télécoms. Pour suivre l’évolution des métiers et des besoins, ATS a fait une demande pour exercer en tant que FAI en 2003. Un an plus tard, la société a lancé ses services Internet. Selon Ahmed Cherif, la fourniture de services Internet représente aujourd’hui environ 95% des activités de la société. Avec un chiffre d’affaires de l’ordre de 1.2 milliards de francs CFA, Vipnet table sur une croissance de l’ordre de 30 à 40% cette année et compte se tailler une part de marché de 20% dans les deux prochaines années.

Avec un nombre d’abonnés Internet de l’ordre de 100,000 dont 50,000 à 60,000 auprès de Côte d’Ivoire Telecom, le taux de pénétration reste très faible en Côte d’Ivoire. Le potentiel de développement des services data est donc immense mais selon le DG de Vipnet, il reste beaucoup de barrières à franchir comme par exemple le coût de l’ordinateur dont les prix actuels restent prohibitifs pour une grande majorité de la population ivoirienne. Dans cette logique de croissance, Vipnet s’est aussi rendu compte que sa présence sous forme de mono-site présentait des limites à son développement. En d’autres termes, les clients de Vipnet sont contraints de se déplacer au siège de la société pour régler leur facture – une perte de temps et d’argent pour ces derniers et sans doute un facteur que les consommateurs prennent en compte dans le processus de décision du choix de leur fournisseur Internet.

L’établissement d’un partenariat entre la banque UBA et Vipnet a pour objectif de réduire ces limites. En effet à partir du 12 avril prochain, les abonnés de Vipnet n’auront plus à se rendre au siège de la société aux Deux plateaux pour régler leur facture. Il leurs suffira tout simplement de se rendre dans l’une des agences de la banque UBA. La solution « BankCollect » d’UBA est une plateforme électronique de paiement mise à la disposition des entreprises pour collecter les règlements de leurs clients ou abonnés. La banque agit comme une caisse de règlement auprès de laquelle les clients d'une entreprise peuvent payer leurs factures. « BankCollect » est un mode de paiement pratique, rapide et sécurisé permettant aux entreprises de collecter des règlements de leurs abonnés, tout en gardant le contrôle sur leurs encaissements. Pour Ahmed Cherif, cette solution de paiement facilitera le développement des activités Internet de la société. Vipnet dispose d’une interface personnalisée permettant de gérer en temps réel les paiements encaissés tout en réduisant les risques de sécurité liés à la circulation d’argent liquide. Quant à l’abonné Vipnet, il lui suffit de donner à l’agence de la banque UBA, un des trois identifiants suivants à savoir son nom ou son login ou son numéro de ligne pour se faire reconnaître au moment du paiement.

Ce partenariat entre la banque UBA et Vipnet est aussi un bon exemple des multiples interactions qui sont possibles (et souhaitables) entre le secteur des NTIC et le secteur de la banco-finance. Qu’il s’agisse de la fluidité et de la rapidité des transactions bancaires dans le cas de Vipnet ou encore plus généralement d’investissements ou d’une plus grande présence des sociétés NTIC sur les bourses locales, il est clair que les deux secteurs ont tout à gagner l’un de l’autre. A terme, ils peuvent faciliter l’établissement d’un système bancaire et financier moderne dans les pays africains qui a son tour pourra mieux participer au développement de l’ensemble des activités locales.

Ghana: Une nouvelle enquête identifie des comportements plus complexes des usagers de la téléphonie mobile et de l’Internet

La semaine dernière, la société de sondages InterMedia a lancé «AudienceScapes », un site Internet de recherche financé par la fondation Gates. En 2009, elle a effectué deux sondages nationaux (Ghana et Kenya) et le plus intéressant des deux pour nos lecteurs est le sondage réalisé au Ghana. Il indique par exemple que 3% des usagers du mobile compris dans l’échantillon accèdent à l’Internet au moins une fois par semaine. Russell Southwood nous détaille les résultats de l’enquête.

Le sondage d’InterMedia, réalisé entre juillet et août 2009, comprend 2,051 interviews basé sur une règle de probabilité proportionnelle à la taille de l’échantillon. 56% de l’échantillon de personnes couvre la population urbaine et 46% la population rurale. Seule 1% de l’échantillon de personnes possède un diplôme universitaire ou d’études supérieures. L’enquête a été conduite avant l’arrivée de quatre câbles sous-marins de fibre optique (Glo One, Main One, WACS et ACE) qui permettront certainement d’introduire des services Internet mobiles et fixes moins chers pour la clientèle résidentielle.

Sur la base de la population totale du Ghana, estimée à 23.8 millions en 2009, 4% de l’échantillon avait accès à l’Internet, soit environ 952,000 personnes avec un accès. 7% de l’échantillon vivent en milieu urbain tandis que seulement 1% des personnes ayant accès à l’Internet vivent en milieu rural. 80% des personnes compris dans l’échantillon utilisant l’Internet ont ente 15 et 25 ans.

Tandis que 10% de l’échantillon de personnes a accès à un ordinateur soit le double du nombre de personnes utilisant l’Internet laisse à penser que le coût est un facteur limitant. 18% de l’échantillon de personnes vivant en milieu urbain a accès à un ordinateur en comparaison avec 4% en milieu rural. Non moins intéressant, 8% de l’échantillon de personnes a un lecteur MP3.

Le prix et la capacité de la bande passante limitent évidemment ce que les internautes ghanéens peuvent faire et la majorité utilisent toujours l’Internet pour leurs mails et la recherche. Cependant parmi ceux qui l’utilisent plus d’une fois par jour ou une fois par jour (sur la base du pourcentage d’internautes dans l’échantillon) :

- télécharger/regarder des vidéos : 15%

- jeux : 14%

- visiter des réseaux sociaux : 15%

Tous ces usages existent alors que la bande passante reste insuffisante pour rendre l’expérience plaisante et que les prix de l’Internet ne sont pas très attractifs.

Les utilisateurs de l’Internet mobile représente un très petit pourcentage de l’échantillon mais ce chiffre est tout de même significatif parce qu’il s’agit du pourcentage d’un grand nombre (tous les usagers du mobile) – le nombre réel d’internautes mobiles. 11% de l’échantillon de personnes écoutent la radio sur leur mobile en comparaison avec seulement 1% écoutant la radio via une connexion fixe Internet.

Les internautes mobile de l’échantillon ont réalisé les activités suivantes au moins une fois par semaine : 19% ont écouté la radio ; 3% ont accédé à l’Internet et 1% ont regardé la TV mobile.

L’enquête consolide l’idée que le mobile est un média. 16% de l’échantillon de personnes a consulté les actualités via SMS dans la semaine précédant l’enquête à comparer au chiffre de 18% s’informant à travers les journaux. 24% d’utilisateurs urbains utilisent les SMS pour s’informer contre 10% d’utilisateurs en zone rurale. Si les médias traditionnels (radio: 89%; TV: 64%) et le bouche à oreille (famille et amis : 64%; autres personnes de la communauté: 39%) restent dominants, l’utilisation des SMS va grandissant et s’imposera comme un média rivalisant les journaux dans les 2 à 3 prochaines années. Avec la croissance des smartphones et l’usage de l’Internet, la presse écrite africaine aura à faire à face à une nouvelle menace

44% de l’échantillon de personnes n’utilisent cependant pas les SMS sans doute pour des raisons d’analphabétisme ou de fonctionnalité : 14% n’utilisent pas du tout les SMS tandis que 30% ont répondu qu’ils avaient du mal à l’utiliser.

Une mise en garde pour les opérateurs mobiles : les utilisateurs estiment que les services qu’ils utilisent sont chers. 75% de l’échantillon de personnes interrogées est d’accord ou même fortement d’accord avec l’affirmation que « posséder un mobile, c’est cher ».

InterMedia a lancé son site internet AudienceScapes dont le lien se trouve ci-dessous. Bien que ciblant le secteur de l’aide au développement, le site internet propose des informations très utiles pour tous ceux qui sont impliqués dans le secteur des communications en Afrique.

http://audiencescapes.org/

http://audiencescapes.org/

Les deux enquêtes couvrant le Ghana et le Kenya peuvent être télécharger en cliquant sur les suivants:

http://www.intermedia.org/brochures/AudienceScapes_Ghana%20Quant.pdf

http://www.intermedia.org/brochures/AudienceScapes_Ghana%20Quant.pdf

http://www.intermedia.org/brochures/AudienceScapes_Kenya%20Quant.pdf

http://www.intermedia.org/brochures/AudienceScapes_Kenya%20Quant.pdf

Burundi: les opérateurs fondent le premier consortium africain chargé du développement de la dorsale nationale

Avec le soutien de la Banque Mondiale, l’un des plus petits pays d’Afrique s’est engagé à créer un consortium d’opérateurs pour développer sa dorsale nationale et ses liens internationaux. « Burundi Backbone Systems » sera en charge du déploiement d’une dorsale de 1,200 Kms et de plusieurs liens internationaux avec les pays voisins au cours des 18 prochains mois.

Les actionnaires du consortium incluent les quatre principaux opérateurs fixes et mobiles (l’Onatel, l’opérateur historique ; Leo qui opérait auparavant sous le label U-com et qui fait partie de Telecel Globe ; Africell, propriété de V-Tel et la société palestienne Paltel ; Econet) et des FAIs (CBI Net). Les deux principaux opérateurs mobiles sont Onamob, la filiale mobile de l’opérateur historique avec environ 600,000 abonnés et Leo avec 400,000 abonnés.

Le Conseil d’Administration du consortium est composé des directeurs généraux des différents opérateurs qui sont en charge de nommer l’équipe dirigeante. David Easum, employé auparavant par Telecel Globe, a été nommé directeur général par intérim.

La contribution de la Banque Mondiale au capital du projet signifie que le réseau couvrira l’ensemble du pays et offrira 26 points de raccordement entre les différents câbles en fibre optique qui seront posés le long des routes. Il faudra compter 18 mois pour achever la construction du réseau. Avant cette date, le lien international jusqu’à la frontière avec le Rwanda sera achevé.

Ce lien international constitue la raison principale pour laquelle les opérateurs se sont impliqués dans ce projet. A présent l’ensemble des transmissions internationales se fait par satellite. Une infime proportion du trafic est transmis via un faisceau hertzien ave le Rwanda. Les opérateurs payent entre 2,500 et 3,000 dollars US par mbps par mois pour la bande passante internationale. La commercialisation de la bande passante ne sera pas assurée par le consortium lui-même mais par les actionnaires du consortium.

Les prix de la bande passante internationale s’établiront probablement autour de 1,000 à 1,500 dollars US mais certains partenaires pourront acheter de la capacité à un prix proche de 500 dollars US. Deux des actionnaires du consortium – Onatel et Leon – ont aussi des participations dans le projet de câble sous-marin de fibre optique EASSy (via WIOCC) ainsi que dans le système de dorsale de l’Afrique de l’Est. Cette participation des deux sociétés fera partie du capital du consortium. Le prix de la capacité sur un lien national ne sera pas calculé en fonction de la distance.

Il y a aussi le potentiel de déployer cinq liens internationaux avec les pays voisins: deux liens avec le Rwanda dans le nord et le nord ouest, un ou deux liens avec le Congo RDC et un lien dans le nord est pour se connecter à la dorsale en Tanzanie.

Entre Temps, en Afrique de l’ouest, Maroc Telecom est entrain de déployer un réseau trans-frontalier en fibre reliant le Maroc et la Mauritanie. Ces travaux font partie d’un projet plus vaste comprenant deux phases et dont le but est d’interconnecter les opérations africaines de Maroc Telecom (Mauritanie, Burkina Faso, Mali et le Gabon) et de leur offrir de la capacité internationale (via les câbles de fibre optique de la Méditerranée).

La première phase du projet (en cours) consiste à connecter la Mauritanie au Maroc via un lien terrestre en fibre optique. Maroc Telecom est entrain de déployer un lien entre Laayoune dans le sud du Maroc et Nouakchott, la capitale de la Mauritanie. 60% du lien a été complété et il sera terminé et prêt à être utilisé avant la fin de cette année. La longueur de ce lien est d’environ 3,000 Kms (dont plus de 2,000 au Maroc et environ 700 Kms en Mauritanie).

Durant la seconde phase du projet, ce lien sera étendu vers le Burkina Faso et le Mali. Cette seconde phase en est toujours au stade de l’étude de faisabilité. Ce projet pourrait s’inscrire dans d’une stratégie plus large de Maroc Telecom de réaliser d’autres acquisition en Afrique Il n’en reste pas moins que ce projet facilitera l’accès de ses filiales à de la capacité internationale à un prix moins cher que celui qui est proposé en ce moment à Dakar et à Abidjan.

Lancement d’un smartphone à 99 $US pour les pays émergeants : s’imposera-t-il en Afrique.

Au début du mois de février, Synchronica, une société britannique spécialisée dans les applicatifs de messagerie pour les mobiles, a lancé le « MessagePhone », un smartphone à bas prix ciblant les utilisateurs des pays émergeants. La semaine dernière durant Mobile World Congress (MWC) à Barcelone, Vodafone a présenté le « Vodafone 150 », un combiné que la société décrit comme « le moins cher sur la planète » destiné lui aussi aux pays émergeants. La chasse « aux marchés avec un fort potentiel de croissance » est ouverte et les mots tels que « bas prix » et « pays émergeants » sont devenus les mots d’ordre dans le secteur des télécommunications. Isabelle Gross nous en divulgue plus sur le smartphone lancé par Synchronica et son positionnement sur le marché africain.

Synchronica propose deux versions de son smartphone à bas prix : le MessagePhone QS150 et le QS200. Le QS 150 (photo ci-contre) est le modèle de base offrant les fonctionnalités principales suivantes: un système actif de transfert des mails, la synchronisation avec les logiciels mails professionnels et grand public (Exchange, Yahoo, Hotmail, Gmail, etc), un navigateur web conforme au standard HTML, l’accès aux services de messagerie instantanée et aux réseaux sociaux, un MP3 et une caméra. Le QS 200, le grand frère du QS 150 dispose d’un processeur plus rapide et de plus de mémoire, d’une connexion Internet plus rapide, une radio FM et une connectivité PC et Bluetooth. Notons aussi que le combiné a un clavier AZERTY complet et un écran TFT de deux pouces. Les performances de la batteries sont les suivantes: presque 6 heures en mode appel et jusqu’à 17 jours en mode veuille. Le MessagePhone est compatible avec la technologie GPRS/EDGE mais pas encore la 3G.

Selon Carsten Brinkschulte, le Directeur Général de Synchronica, le prix au détail du MessagePhone QS 150 pourrait être aussi bas que 99 $US – ce prix incluant les frais de transport et les droits de douane.

Ce mobile intelligent, le fruit de neuf mois de collaboration entre Synchronica, KC Mobile, Brightstar et les opérateurs mobiles, permettra selon le DG de Synchronica de franchir la barrière du prix de l’équipement nécessaire pour accéder l’Internet dans les pays émergeants. Carsten Brinkschulte poursuit en affirmant que le MessagePhone personnifie un smartphone connecté à un prix accessible offrant des fonctionnalités professionnelles, la messagerie instantanée et un navigateur conforme au standard HTML. Est-ce qu’un clavier AZERTY et un écran large seront assez attractifs (mis à part le prix et les fonctionnalités) pour dissuader les utilisateurs de vouloir posséder un téléphone BlackBerry ou un iPhone, en particuliers au sein de la génération jeune et urbaine en Afrique ?

Une adoption en masse du MessagePhone dépendra aussi de la justesse de la définition du client-type par Synchronica. La clientèle cible pour ce mobile intelligent à bas prix est la classe moyenne dans les pays émergeants. Le client-type est un entrepreneur à la tête d’une petite société ou une personne salariée gagnant entre 300 et 500 $US par mois. Il possède déjà un téléphone mobile qu’il utilise pour passer des appels et envoyer des SMS. Il dépense en moyenne par mois entre 3 $US (au Pakistan par exemple) et 12 $US (au Soudan par exemple) pour ses communications. Il ne possède pas d’ordinateur et il est peu probable qu’il soit à même de s’en offrir un très prochainement. Par conséquent, il va régulièrement dans un cybercafé pour vérifier et envoyer ses mails, surfer l’Internet pour de nouvelles informations et converser avec ses amis et les membres de sa famille vivant à l’étranger. Selon une enquête réalisée par Strategy Analytics et MyMetrix ComScore en 2008, 10% des utilisateurs mobiles ont accès à leur mails sur leur mobile tandis que 78% des utilisateurs interrogés souhaiteraient avoir accès à leurs mails sur leur mobile. En terme de chiffre d’affaire, l’émail sur mobile pourrait générer jusqu’à 7 milliards de $US par an d’ici 2014. En parallèle, Frost & Sullivan ont projeté que les services de messagerie instantanée sur mobile pourraient atteindre un taux de croissance annuel composé de 54% au cours des six prochaines années en Amérique Latine et en Afrique. Ils estiment que pour l’Afrique, le nombre d’utilisateurs de services de messagerie instantanée pourrait passer de moins de 50 millions en 2010 à plus de 200 millions d’ici 2015 générant un revenu annuel de l’ordre d’un milliard de $US.

Synchronica dont l’activité principale est le développement de logiciels d’application de services de messagerie sur support mobile, travaillent déjà avec des opérateurs africains comme MTN, Zain ou encore Sudatel. Pour le développement du MessagePhone, la société s’est associée avec KC Mobile de la Corée et Brightstar, une société américaine leader dans la distribution d’équipements sans fil. KC Mobile qui dispose d’une solide expérience dans le développement de combinés mobiles, a réalisé l’architecture et la fabrication du MessagePhone. Pour des raisons de coûts, la production du combiné est faite en Chine. La société Brightstar pour sa part contribue au projet via son réseau de distribution qui couvre près de 50 pays repartis sur six continents. La société a été particulièrement active dans les pays émergeants assurant la distribution de téléphones mobiles à bas prix auprès des opérateurs dans ces pays.

Pour assurer sa position de leader dans le segment des smartphones à bas prix, Synchronica compte combiner son MessagePhone à Mobile Gateway, son applicatif de messagerie pour les mobiles. Les opérateurs mobiles disposeront donc d’une plateforme intégrée à un combiné intelligent à bas prix. Mobile Gateway, l’applicatif de messagerie pour les mobiles est neutre permettant ainsi à des combinés fabriqués par d’autres équipementiers de fonctionner sur la même plateforme. Dans la bataille pour le contrôle de l’utilisateur entre les équipementiers, les opérateurs et les portails grand public, Synchronica propose une solution qui permettra aux opérateurs mobiles de connecter ses utilisateurs aux réseaux sociaux existants sur l’Internet (Facebook, Twitter, etc) tout en leur offrant la possibilité de créer leur réseau propre.

Suite au lancement du MessagePhone par Synchronica, l’opérateur China Unicom et Huawei ont annoncé à Barcelone qu’il fallait de meilleurs combinés pour utiliser pleinement le potentiel de la 3G. Ils ont annoncé le début d’un partenariat pour le développement de smartphones 3G proposant des fonctionnalités identiques à celle de l’iPhone à un prix de 150 $US. La course au développement de smartphones peu cher a bien démarré. Synchronica a annoncé avoir déjà vendu son MessagePhone à un opérateur mobile en Afrique. Il est clair que les utilisateurs africains du mobile auront un plus grand choix de smartphones à un prix abordable dans les 12 à 18 prochains mois.

http://www.synchronica.com/messagephone/index.html

http://www.synchronica.com/messagephone/index.html

Le gouvernement zambien renforce le monopole de Zamtel alors que le pays se prépare à plus de concurrence.

Alors que le processus de privatisation de Zamtel progresse, le gouvernement de la Zambie vient de proposer d’ajouter une partie importante du réseau fibre de la société publique d’électricité Zesco. Cette initiative renforcera « de facto » le monopole de Zamtel sur les infrastructures en contradiction avec un environnement plus compétitif défini par la nouvelle loi sur les TICs adoptée en décembre dernier. L’ajout d’infrastructure fibre dans la dot de l’opérateur historique est aussi intervenu au Ghana lorsque Vodafone a racheté Ghana Telecom. Russell Southwood analyse les effets que ces types de transferts ont sur la concurrence en termes de frein ou de soutien.

L’Agence de Développement de la Zambie est l’organisation chargée de la vente de Zamtel, une société publique. L’opérateur qui enregistre des pertes, a une masse salariale trop grande et opère le plus petit réseau mobile dans un pays qui compte seulement trois opérateurs. Huawei a construit pour le compte de Zamtel un réseau national en fibre mais ces travaux sont loin d’être achevés : en fait, il manque de liens qu’il n’est pas juste de le décrire comme un réseau national.

Zesco, la société d’électricité a au contraire déployé un réseau fibre dans les régions économiquement actives au centre du pays. Il s’étend de Lumwana/Solwezi au nord jusqu’à Sesheke au sud connectant le « copperbelt » à Lusaka et jusqu’aux frontières avec le Botswana et la Namibie. L’autorité de régulation des communications (CAZ) lui a attribué une licence de transporteur en gros.

Tandis que Zamtel continuait à protéger son monopole de passerelle internationale et facturait des prix élevés pour une connexion satellitaire, PCCW s’était associé à Zesco et d’autres pour déployer un lien international en fibre optique vers l’Afrique du Sud via la Namibie et l’Afrique du Sud. Il est intéressant de noter le prix de la portion du lien de Zesco était moins élevé que celui demandé par Telkom South Africa pour sa portion du lien.

En décembre 2008, le Ministre de la Communication de la Zambie a décidé de vendre 75% des parts qu’il détient dans Zamtel. Un an plus tard en décembre 2009, une liste des sociétés retenues ayant soumis une offre, a été publiée par l’Agence de Développement de la Zambie. Plus ou moins à la même époque, le Gouvernement a décidé que 7 des 12 paires de fibre faisant partie du réseau de Zesco seront données à Zamtel. Il s’agit clairement d’une tentative d’engraisser l’oie avant que l’on s’accorde sur le prix de vente. C’est sans doute compréhensible mais l’acheteur potentiel bénéficiera « de facto » d’un monopole sur le réseau national en fibre optique.

Sur les 12 paires de fibre que Zesco possède, 2 sont utilisées pour gérer son réseau de transmission électrique,7 paires reviendront à Zamtel, une paire est utilisée par MTN laissant 2 paires non utilisées. Zain et MTN sont aussi entrain de déployer des réseaux métropolitains en fibre optique dans les plus grandes villes et chaque opérateur a annoncé son intention de construire un réseau national en fibre. La société Realtime Technologies a établi un partenariat avec CEC, la seconde société électrique en Zambie qui dispose aussi d’un vaste réseau en fibre optique en particulier la région du « copperbelt ». Il s’agit donc bien d’abandonner un environnement concurrentiel en matière d’infrastructure avec des acteurs comme Zesco pour revenir à un modèle d’accès dont Zamtel sera l’unique pourvoyeur.

Les fournisseurs d’accès Internet s’opposent eux aussi à cette initiative. Un FAI nous a rapporté que « tous les fournisseurs n’en veulent pas. Nous avons une bonne entente de travail avec Zesco et nous faisons passer beaucoup de trafic sur leur lien. Si cette proposition est confirmée, je vais devoir déployer des liens en fibre et cela n’est pas mon métier. Nous envisageons aussi d’offrir des services de voix sur IP parce que les prix actuels des communications internationales sont toujours de l’ordre de 1.10 à 1.50 dollars US par minute ».

Le 23 décembre 2009, le Gouvernement annonçait par l’intermédiaire de l’Agence de Développement de la Zambie, la liste des sociétés retenues pour l’achat de Zamtel. Il s’agit de Bharat Sanchar Nigam Ltd, une société indienne, Unitel de l’Angola et LAP Green Networks de la Lybie. Unitel est le seul opérateur mobile privé en Angola avec la plus grande part de marché. Il compte aussi parmi ses actionnaires minoritaires la fille du Président que la presse locale décrit comme une « femme d’affaires et une entrepreneuse ». LAP Green Networks possède déjà les opérateurs historiques au Rwanda et en Ouganda. Suite à cette annonce, la société russe Altimo a été rajoutée à la liste des sociétés retenues. Altimo a des investissements à l’extérieur de l’Afrique dans Beeline, Megafon, Kyivstar et Turkcell. Dans une annonce presse parue en novembre dernier, la société annonçait que l’Afrique était devenue sa cible principale en termes d’investissements parce que les autres marchés sont arrivés à saturation.

Une situation similaire est entrain de se développer en Tanzanie mais en l’absence d’informations de la part du Gouvernement, il est plus difficile de juger de la tournure que prendront les événements. TTCL, l’opérateur historique est géré jusqu’à présent par Saskatel qui n’a pas trouvé un investisseur stratégique. Le Gouvernement a accepté une ligne de crédits chinoise permettant à Huawei de construire le réseau national en fibre optique. La Tanzanie compte plusieurs sociétés parapubliques qui ont déployé des liens en fibre optique en particulier la société d’électricité, TANESCO. A deux reprises, le Gouvernement a lancé des appels d’offres pour cette infrastructure mais sans succès. En résumé, le Gouvernement tanzanien a échoué d’établir une stratégie concernant le déploiement d’un réseau national, un contraste flagrant comparé à son voisin, le Kenya.

En Tanzanie, le réseau national est en construction : des gens ont vu des travailleurs chinois creuser des tranchés le long des routes et le Gouvernement a promis que le lien vers le nord sera établi en novembre 2010. Il n’est pas clair cependant quand le réseau sera vraiment opérationnel. Il paraît que le Gouvernement sera propriétaire de l’infrastructure fibre et que sa gestion sera assurée par TTCL par l’intermédiaire d’une filiale séparée.

TTCL n’a pas beaucoup d’expériences en matière de gestion réussie d’un réseau national en fibre optique. Le prix de la bande passante n’a pas encore été discuté mais le Ministre a mis en place un comité des opérateurs pour discuter des questions d’interconnexions. Des rumeurs circulent aussi concernant Vodacom qui aurait reçu le feu vert pour déployer un lien en fibre optique entre Arusha et Namanga et un consortium composé de Zain, Tigo, Simbanet et Zamtel avec des projets en matière d’infrastructure.

Entre temps, une offre de bande passante internationale moins chère est arrivé sur le marché mais il est impossible d’aller plus loin en raison de la lenteur à laquelle le Gouvernement de Tanzanie avance. Il n’a ni proposé de stratégie nationale en matière de déploiement d’infrastructure, ni permis au secteur privé de prendre l’initiative.

Selon les propos d’un opérateur local « le problème est le déploiement de la capacité internationale depuis Dar vers les autres régions du pays. Il y a plein de capacité en fibre dans le pays mais la situation demeure chaotique. Le Gouvernement envisage de donner la gestion du réseau national (en construction) à TTCL alors qu’il sera en concurrence avec les autres fournisseurs. Il reste plein de questions à régler concernant la gestion, le prix et l’absence totale de clarté ».

Au Kenya, par contre, KPLC a permis à trois opérateurs, Safaricom, Jamii Telecoms et le Groupe Wananchi, d’utiliser son réseau en fibre optique. Dans cette mesure, plusieurs fournisseurs peuvent faire des offres compétitives tout en partageant en même temps un seul réseau.

L’absence de vision en matière de développement et de gestion d’un réseau national n’est pas seulement un problème dans les pays de l’Afrique de l’Est. En Afrique de l’Ouest, la question est aussi à l’ordre du jour en particulier dans des pays comme le Bénin, le Nigéria et le Togo où l’opérateur historique est en phase de privatisation où le sera tôt ou tard.

Une nouvelle épidémie fiscale menace le secteur des télécommunications en Afrique : une augmentation de plus de 100% du prix des appels internationaux

Une nouvelle taxe sur les communications est entrain de se répendre comme une épidémie en Afrique. Elle s’ajoute au nombre élevé d’impôts qui frappent déjà le secteur des télécoms sur le continent. Il s’agit cette fois d’une taxe sur les appels entrants internationaux dont les coûts vont augmenter entre 20 et 100%. Dans cette période de récession économique mondiale, le coût de faire des affaires avec l’Afrique va augmenter de façon significative. Pis encore, cette nouvelle taxe est en contradiction avec la Convention de Melbourne qui a été signée par la majorité des pays africains. Isabelle Gross mène l’enquête sur cette nouvelle épidémie fiscale qui menace le secteur des télécoms en Afrique.

Au mois d’août dernier dans un article intitulé « Nouvelle taxe sur les communications internationales en Côte d’Ivoire: une marche à reculons ! », nous relations pour la première fois, l’introduction d’une taxe sur le trafic téléphonique international entrant en Côte d’Ivoire. Pour mémoire, cette taxe s’appliquait à toutes les communications téléphoniques internationales en provenance de l’étranger : elle incluait les appels internationaux entrants directs et en transit ainsi que les appels émis en roaming international vers la Côte d’Ivoire. Son montant était de 20 francs (0,03 Euro) soit une augmentation des prix en gros de terminaison ou de transit du trafic vers la Côte d’Ivoire de l’ordre de 20%. Suites aux actions de l’UNETEL, l’organisation patronale des opérateurs ivoiriens, qui est monté aux créneaux, le gouvernement ivoirien semble avoir fait marche arrière. Selon le journal officiel de la République de Côte d’Ivoire datée du 5 novembre 2009, l’ordonnance présidentielle n°2009-289 porte «suspension de la taxe sur l’interconnexion téléphonique internationale à la charge des entreprises installées en Côte d’Ivoire, instituée par l’article 54 de l’annexe fiscale à l’ordonnance n°2008-381 du 18 décembre 2008 portant budget de l’Etat pour la gestion 2009 ». Les opérateurs télécoms soufflent et la diaspora ivoirienne peut se réjouir de ne pas avoir à payer plus cher pour appeler le pays. Mais pour combien de temps ?

Malheureusement les nouvelles sont moins bonnes pour les gabonais. Son gouvernement représenté par le Ministère de la Communication, de la Poste, des Télécommunications et des nouvelles technologies de l’information vient par son arrêté n°359/MCPTNTI/Cab du 24 septembre 2009 d’introduire une taxe similaire et par la même occasion fixer les tarifs en gros des terminaisons fixes et mobiles vers le Gabon. Celles-ci s’établissent comme suit :

- 137 francs CFA (€0.2025) par minute pour la terminaison vers les réseaux mobiles

- 137 francs CFA (€0.2025) par minute pour la terminaison ver le réseau fixe

L’article 10 de l’arrêté précise que « les opérateurs reversent 72 CFA (€0.108) par minute de communication à l’Artel qui exécute une répartition avec l’opérateur technique pour les peines et soins, conformément aux dispositions du contrat ». Cette nouvelle taxe se traduit par une augmentation de 52.5% des prix en gros des terminaisons d’appels vers le Gabon. Pour le moins spectaculaire, cette augmentation va totalement dans le sens contraire de l’évolution des prix des appels internationaux à travers le monde.

Le 6 janvier dernier, l’agence de presse du Ghana (GNA) rapporte dans une de ses dépêches que Mr Haruna Iddrisu, Ministre des Communications a annoncé que le gouvernement du Ghana comptait établir cette année un centre de vérification des appels internationaux entrants. Selon GNA, le Ministre « estime que si cela est bien fait, le gouvernement génèrera 50 millions de dollars US supplémentaires par an sur les appels internationaux entrants ». Selon nos sources, le prix en gros de la terminaison d’un appel vers le Ghana va passer de 0.08/0.09 dollars US à 0.19 par minute. Il s’agit de plus du double du prix actuel! A noter aussi à travers ces exemples, que chaque gouvernement qui a instauré ou envisage d’instaurer cette taxe devient plus vorace. En Côte d’Ivoire, il s’agissait d’une augmentation de 20% avec le Gabon c’est une augmentation de 52.5% tandis qu’au Ghana l’augmentation sera de plus de 100% ! Pour justifier cette envolée des prix, les gouvernements des pays respectifs estiment que l’établissement d’un centre de vérification permettra de mettre fin aux fraudes et aux « routes grises ». Cette argumentation est pour le moins simpliste et de courte vue. Au contraire, elle encouragera le développement de routes alternatives. Prenez seulement l’exemple du Gabon où le prix en gros de la terminaison d’un appel local est de 40 FCFA (0.06€) tandis que celui d’un appel international entrant va passer à 137 FCFA (0.2025€) soit plus de trois plus – cet écart est tout simplement une invitation à créer des routes grises !

Sur le plan économique, l’augmentation des prix de la terminaison se traduira par une baisse du volume des appels internationaux entrants et une baisse du chiffre d’affaires des opérateurs télécoms se traduisant à terme par une baisse des recettes fiscales générées par ce secteur. Pour les acteurs locaux du secteur des télécoms et plus généralement pour ceux des TIC, cette taxe freinera le développement des activités de « hubing » (à ce prix qui va vouloir faire transiter son trafic via le Ghana par exemple ?) et des activités d’externalisation des services des pays développés vers ces pays. Selon Gabriel Solomon, Senior Vice Président de l’Association GSM à qui nous avons soumis ce problème « cette taxe particulière dont vous parlez sur les appels internationaux entrants, est une mesure à court terme générant de l’argent liquide pour les gouvernements. Elle aura un impact très négatif sur la compétitivité internationale du pays et réduira le montant des investissements étrangers directs réduisant par conséquent l’assiette fiscale des gouvernements: c’est contre-productif. La taxe va aussi heurter les flux commerciaux entrants et sortants du pays et le négoce aura à faire face à une massive augmentation des coûts de transactions. Nous sommes contre ces types de taxe parce qu’elles font tort à l’ensemble des partenaires et nous préconisons qu’elles soient immédiatement supprimées ». Des remarques similaires nous ont été faites par Mr El Hadji Babacar Ba, responsable de la réglementation à Tigo, un opérateur mobile au Sénégal. Selon lui, l’introduction éventuelle d’une telle taxe aurait des conséquences désastreuses pour les télécommunications au Sénégal. Rien n’est sur pour l’instant quant à la tournure des événements dans ce pays. Cela dit le démenti de presse que l’ARTP a publié suite à un article publié dans Le Populaire du 25 septembre évoquant l’introduction de cette taxe, laisse à penser qu’il y a anguille sous roche.

Avant que le Sénégal ou le Ghana ne s’engagent dans cette voie sans issue, permettons-nous de leur rappeler ainsi qu’autres Etats mis en cause dans cette article qu’il leur faut respecter les accords internationaux qu’ils ont signés. Cette taxe sur les appels entrants internationaux va à l’encontre de la Convention de Melbourne de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT) de 1988 de l’accord sur le commerce des services de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) de 1998.

La convention de Melbourne qui a été signée par une majorité de pays africains comprend un Règlement des Télécommunications Internationales (RTI) qui stipule dans son article 6 intitulé « Taxation et comptabilité » à l’alinéa .1.3 « Quand la législation nationale d'un pays prévoit l'application d'une taxe fiscale sur la taxe de perception pour les services internationaux de télécommunication, cette taxe fiscale n'est normalement perçue que pour les services internationaux facturés aux clients de ce pays, à moins que d'autres arrangements soient conclus pour faire face à des circonstances spéciales. » Il ressort clairement que cette nouvelle taxe sur les appels entrants sera payée par l’appelant à l’étranger et par conséquent elle est en violation directe avec les règles définies par le Règlement des Télécommunications Internationales qui s’appliquent à tous les pays signataires de la convention de Melbourne.

Dans leur plaidoyer en faveur de la suppression de la taxe sur les appels entrants internationaux, les opérateurs mobiles gabonais ont souligné que «l’annexe du quatrième protocole d’Accord sur le Commerce des Services (AGCS), Accord sur les télécommunications de base, négocié sous les auspices de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) en février 1997, entré en vigueur le 1er janvier 1998, les taxes de répartition telles que les tarifs d’interconnexion nationaux doivent tendre vers les coûts. En d’autres termes, les taxes de répartition ne doivent pas être plus élevées que les tarifs d’interconnexion locaux (sauf prise en compte du coût additionnel minimal du segment international).Au vue de ces deux articles, il apparaît clairement qu’aucune redevance ne doit être appliquée au trafic international entrant ». Si l’ARTEL, l’autorité de régulation et le Ministère de la Communication, de la Poste, des Télécommunications et des nouvelles technologies de l’information ne reviennent pas sur leur décision, le seul recours sera le tribunal – un processus lent durant lequel l’arrêté en question continuera à s’appliquer !

Avec le nombre grandissant de pays africains qui ont ou envisagent d’instaurer une telle taxe, il s’agit d’une nouvelle épidémie fiscale. Son introduction dans un pays africain stimulera d’autres pays à faire de même. Pour lutter contre cette infection, il faut bien sur traiter le patient mais aussi mettre en place des mesures pour éviter la contagion. Dans ce sens il faut saluer et encourager des actions comme celle de la COFTEL (conférence des opérateurs et fournisseurs des télécommunications) qui à Ouagadougou au mois de novembre dernier a demandé à l’UEMOA de sensibiliser les chefs d’Etat des pays de l’UEMOA à ne pas s’embarquer dans cette politique qui aura des conséquences économiques négatives. « Trop d'impôt, tue l'impôt ».

http://www.ghananewsagency.org/s_economics/r_11076/

(1) http://www.ghananewsagency.org/s_economics/r_11076/

http://www.artp-senegal.org/telecharger/document_

Mise_au_point_de_lARTP_au_Populaire__287.pdf

(2) http://www.artp-senegal.org/telecharger/document_

Mise_au_point_de_lARTP_au_Populaire__287.pdf

http://www.itu.int/cgi-bin/htsh/mm/scripts/mm.final-acts.list?_agrmts_ty...

(3) http://www.itu.int/cgi-bin/htsh/mm/scripts/mm.final-acts.list?_agrmts_type=ITR-88&_languageid=2

http://www.itu.int/ITU-T/itr/files/RESOLUTION%20%20121-F.doc

(4) http://www.itu.int/ITU-T/itr/files/RESOLUTION%20%20121-F.doc

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