L'éditorial du mois

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L’énergie éolienne : une réponse partielle aux problèmes de l’alimentation en électricité des stations de base

Les marges bénéficiaires des opérateurs mobiles sont en baisse, particulièrement en comparaison avec la période glorieuse de la décade passée. Le potentiel de croissance dans le segment voix se situe principalement parmi les clients avec un ARPU très bas. Le segment data permettra de sauvegarder le niveau de l’ARPU dans certains pays mais pas dans ce avec un faible taux d’alphabétisation. Ces facteurs combinés à une plus grande concurrence entre les opérateurs doivent pousser la réflexion au niveau du coût. L’alimentation en électricité des stations de base est un élément très important dans les dépenses d’un opérateur. Des modèles de partage de la fourniture d’énergie sont développés mais ils tardent à monter en puissance. Explorer d’autres options énergétiques est par conséquent une nécessité si les coûts doivent baisser. Russell Southwood s’est entretenu avec Mats Vilander, le directeur général de Zephir Europe, Moyen-Orient et Afrique.

L’Afrique est bien connue pour son climat ensoleillé mais quant à la question de savoir si le vent peut supporter des turbines générant de l’électricité, les réponses sont peut être moins évidentes. Des cartes référençant la puissance du vent indiquent que les pays suivants ont assez de vents réguliers pour alimenter des turbines: l’Afrique du Sud (en particuliers le Cap Est et Cape Town), la Namibie, le Kenya, le Nigeria, Madagascar, la majorité des pays de l’Afrique du Nord (en particulier la Libye) et l’Ethiopie. La NASA, l’agence spatiale américaine dispose de cartes des vents à 40 mètres au-dessus de la surface de la terre couvrant l’ensemble de la planète. Ces informations combinées à des données météorologiques historiques sont utilisées pour évaluer si un site est bon pour la production d’énergie éolienne. Selon Mats Vilander  « lorsqu’il s’agit de construire une tour de 60 mètres, les équipementiers veulent avoir des informations quant à la puissance du vent auquel ils auront à faire face. »

Le coût de la construction d’une turbine éolienne par Zephyr (incluant la construction) pour un site utilisant 10KW par jour est de l’ordre de 25,000 dollars US. Ce coût est basé sur la possibilité d’installer la turbine sur une tour existante. Mats Vilander explique que « le concept est modulaire pour permettre une montée en puissance en fonction de la demande. La turbine et les batteries fonctionnent de façon séparée des systèmes existants. Le système d’alimentation peut identifier l’absence de vent et signaler que les batteries sont vides ».  Le système fonctionne aussi comme un système de secours pour des sites alimentés avec des générateurs diesels.

Un opérateur panafricain a estimé que 10% de ses sites fonctionnent uniquement avec des générateurs diesel avec un coût se chiffrant à 146 millions de dollars par an. Selon certaines estimations 65% de la consommation en énergie des opérateurs mobiles provient des stations de base mais peu de sociétés disposent d’un système pour suivre ces coûts en vue d’en assurer leur maîtrise.

Au regard du coût, l’offre pour des turbines éoliennes est déclinées en deux parties: elle permet d’abord de réduire le coût en diesel sur des stations existantes (une réduction de 50% des coûts opérationnels pour des stations en zone rurale) ; pour des nouveaux sites, une économie de 100% en investissement de capital peut être achevée si les conditions météorologiques le permettent. Cela dit,  Mats Vilander concède « qu’une turbine éolienne ne sera pas la source primaire d’énergie pour un site existant mais peut l’être pour de nouveaux sites. » En suivant les paramètres standards concernant la demande énergétique totale, la vitesse du vent, la taille de la batterie et le coût total de l’investissement, le retour sur investissement est de l’ordre de trois ans.

Tandis que Mats Vilander cite de nombreux déploiements de turbines éoliennes réalisés par Zephir, la collaboration avec les opérateurs mobiles est en toujours à ses débuts. La société a déployée une turbine éolienne sur une station de base de Turkcell. Celle-ci a été en place pour deux ans et selon Mats Vilander, l’expérience a été positive. Il y a aussi des sites au Japon mais ils servent à générer de l’électricité pour le réseau national de distribution. C’est une chose qui devrait se faire en Afrique mais ce n’est pas encore le cas à présent. Il y a aussi un site aux Maldives qui est opérationnel depuis six mois. Zephir a engagé des discussions avec une série d’opérateurs en Afrique.

En termes de coûts de maintenance, Mats Vilander affirme qu’ils sont nuls aussi longtemps que l’installation a été faite correctement. « Toutes les  pannes sont en général dues à une mauvaise installation. Il s’agit d’un système totalement intégré. La puissance de sortie est basse et le matériel bénéfice d’une garantie de 5 ans mais en fait sa durée de vie est d’au moins 25 ans. Il est possible de contrôler et de vérifier l’équipement à distance. Si la vitesse est supérieure à 20 mètre par seconde, les rotors s’arrêtent automatiquement ».

Le programme « Energie renouvelable pour mobile » de l’association GSM estime qu’il y a eu 1,500 déploiements de solutions renouvelables dans les pays en voie de développement. Le programme comprend 25 opérateurs globaux. Vodacom et Bharti sont sur leur liste pour l’Afrique.

L’histoire de deux pays: l’adoption de services et d’applicatifs au Kenya et en Tanzanie

L’arrivée abondante et à un prix réduit de bande passante a commencé à pousser à l’adoption de services et d’applicatifs en Afrique de l’Est. Les comportements des clients entreprises et des particuliers sont entrain de changer parce qu’ils réalisent ce qu’ils peuvent faire maintenant et qu’ils ne pouvaient pas faire avant. Un séjour au Kenya et en Tanzanie a permis à Russell Southwood de faire une analyse comparative et de tirer les leçons de leurs expériences valables pour d’autres pays du continent.

Les kenyans comme les sud-africains sont des adeptes de la première heure en matière de gadgets technologiques. J’ai remarqué le premier iPad en Afrique au cours de mon vol à destination de Nairobi. Par la suite, un responsable audiovisuel que j’ai rencontré n’avait que des louanges à m’en faire. Facebook est déjà présent dans les zones rurales du Kenya avec la jeunesse allant au-delà des limitations de leur horizon physique.

Il y a dix ans deçà la majorité des sites Internet étaient statiques proposant l’équivalent d’une brochure en ligne. Aujourd’hui tout le monde est entrain de mettre en place des systèmes de gestion de contenu, la possibilité de réaliser des transactions et le téléchargement de clips vidéo. La société centrale de gestion et de dépôts qui gère l’ensemble des achats/ventes des actions de la bourse de Nairobi, offre un service d’accès en ligne permettant de contrôler les transactions réalisées par les courtiers.

Selon les statistiques fournies par Opera Mini, le Kenya est parmi les cinq premiers pays africains. Je n’ai jamais entendu quelqu’un dire qu’il utilisait Opera Mini mais quelque soit l’angle d’analyse, une large part des internautes est à présent mobile. Safaricom compte plus de 3 millions d’utilisateurs de services data. L’opérateur propose aussi des programmes locaux (des comédies et des informations) et vend des téléchargements en quantité que l’on peut juger intéressante.

Ne laissant rien à la chance, Safaricom s’est associé à l’université de Strathmore pour offrir des cours sur support mobile. Nokia offre un applicatif similaire via Ovia. Les deux premiers applicatifs locaux d’Ovia – « Africahotornot et Whazzup (un guide des sorties) sont maintenant disponibles et Ovia presse durement pour plus de contenu local.

Selon Moses Kemibaro de l’agence digitale Dotsavyy, « le problème est que les gens ne sont pas au courant des sites locaux. Nous devons améliorer leur visibilité. Leur découverte se fait grâce au bouche à oreille ou par les réseaux sociaux en ligne ». Pour résoudre ce problème, la société Nasper a investi dans un annuaire en ligne des sites pour mobile et les Pages Jaunes ont lancé un site mobile. Pigia.me (appelle-moi en Swahili) est un site offrant des annonces classifiées consultables sur le mobile ou le PC.

Les médias en ligne sont entrain de parvenir à un niveau d’autosuffisance avec le marché local. Une comédie vidéo musicale a été réalisée avec la célébrité locale Makmende par un groupe qui s’appelle «Just a band » avant de lancer une campagne virale sur You Tube. Le personnage est une forte combinaison entre Bruce Lee et l’afro-américain Shaft joue sur l’humour kenyan et a plus de 60,000 fans sur Facebook. En mars dernier, Kemibaro relatant ce phénomène dans son blog a suscité l’intérêt international et a reçu plus de 21,000 visiteurs uniques en un mois. Parmi les 81% de kenyans qui consultent le blog, 18% le consulte via leur téléphone portable. De l’autre coté du spectre culturel, un entrepreneur immobilier, Thika Greens, a réalisé un clip vidéo sur son projet de développement. La bande passante est toujours trop lente pour regarder aisément des clips vidéos mais cela ne semble pas rebuter les gens. Avec la commercialisation de nouvelle capacité internationale avec EASSy à partir de mi-juillet, la situation peut seulement s’améliorer.

Un des signes montrant que l’Internet est pris plus au sérieux au Kenya provient des agences de pub qui sont entrain de monter leur propre agence digitale. L’agence de pub la plus grande du pays, Scanad (celle qui contrôle la majorité des panneaux publicitaires) a crée Squad et d’autres agences de pub telles que Young & Rubicam et Wunderman ont en fait de même. Des agences spécialisées comme Dotsavvy et les trois souris doivent le regretter mais elles ont probablement assez d’expériences pour rester en tête de course.

La part réservée à la publicité en ligne peut s’élever jusqu’à 5% du budget mais en général c’est bien moins. Les agences de pub et les agences digitales sont occupées à réaliser des pages d’accueils capables de générer des prospects de vente. Mais une présence en ligne - pour mobile ou PC – reste « une bonne chose à avoir » plutôt qu’une part essentielle du budget.

L’économie et la population de la Tanzanie sont plus dispersées dans un pays bien plus grand que le Kenya. La langue officielle, le Swahili, a permis de construire une cohésion nationale mais cela implique moins d’interactions avec la conversation anglophone globale. Il faut aussi ne pas sous-estimer l’influence de la diaspora kenyane bien plus large.

Bien que Dar es Salaam soit de plus en plus un endroit accueillant de grands projets privés immobiliers, la ville n’a pas la même énergie qui semblent pousser le Kenya soit dans le bon ou dans le mauvais sens. Mais, il y a sans doute plus de tanzaniens avec un sens de l’entreprise qu’il y en avait à la fin de l’expérience socialiste sous Nyerere. Tandis que les citadins kenyans et la presse se plaignent vivement de la vitesse et du prix de l’Internet, les tanzaniens ne semblent pas trop s’en faire. Sans doute parce que l’Internet n’a pas encore atteint une masse critique soit via le mobile ou le PC.

Pour accélérer la transition, l’opérateur local voix& data, Sasatel, vient de lancer une offre que vous ne pouvez pas refuser: un notebook Acer avec un modem haut débit mobile et 600 MB de capacité de téléchargement pour 599,000 shillings par mois (339 Euros). Sasatel propose aussi des services Internet basé sur le temps d’utilisation plutôt que le volume de données pour permettre aux consommateurs de mieux comprendre ce qu’ils reçoivent. Ils peuvent aussi acquérir un smartphone d’Huawei pour 199,000 shillings (113 Euros). Mais un FAI local reconnaît que « la Tanzanie est en retard par rapport au Kenya. Le marché est bien moins sophistiqué. En ce qui concerne par exemple l’usage de Facebook, la Tanzanie est trois ans en arrière mais il n’y a pas de raison pour que le pays ne rattrape pas ce retard rapidement. »

En termes de bande passante, le Kenya en utilise probablement deux fois et demi plus que la Tanzanie. Le nombre d’utilisateurs data varie entre 5% et 40% selon les dires des opérateurs et le pays compte entre 16 et 17 millions d’abonnés. L’un des plus grands opérateurs compte 300,000 portables 3G sur son réseau. Le pays génère 14 à 15 millions d’impressions page par mois de sites Internet internationaux. Les services de paiement mobile M-Pesa de Vodacom et Z-Pesa de Zantel se partagent environ 4.2 millions de comptes. Les portables Blackberries sont très visibles parmi la clientèle professionnelle ainsi quelques iPhones. Aucun opérateur n’offre des portables iPhones ou HTC. Il faut aussi noter que l’applicatif Ovia de Nokia marche moins bien en Tanzanie qu’au Kenya.

Cependant pour le secteur entreprises, les choses bougent un peu plus vite. Selon un autre FAI local « les entreprises deviennent de plus en plus sophistiquées quant à leur utilisation de bande passante. Certains clients avec des sites distants utilisent des applicatifs biométriques pour s’assurer que les gardiens sont bien à leur poste. Ils doivent envoyer chaque heure une empreinte de leur doigt pour s’assurer que d’autres personnes ne les remplacent pas. La vidéosurveillance est entrain de devenir plus en plus prévalent. » Plusieurs centres data sont aussi en projet.

Suite à l’annonce de l’ouverture de la première phase de la dorsale de la Tanzanie et la publication des prix dans les journaux nationaux, un réseau national en fibre optique est entrain de devenir opérationnel. Tandis que le Kenya a amélioré ses chances de figurer parmi les pays avec un futur dans l’ère numérique et a introduit des mesures pour établir les fondations, la Tanzanie a une vision bien moins articulée de ce qu’elle souhaite de l’ère numérique à venir et par conséquent ses progrès sont plus lents. D’autres pays africains feraient bien d’observer et de comparer leurs chances respectives de réussit : le futur n’arrive pas tout seul, il faut le construire.

Orange Money en passe t’atteindre sa masse critique en Côte d’Ivoire sera lancé dans toutes les opérations africaines avant la fin 2010

Orange a récemment annoncé que son service Orange Money a été déployé dans trois nouveaux pays à savoir Madagascar, le Mali et le Sénégal. A la fin de cette année, Orange Money sera opérationnel dans l’ensemble des pays africains affichant la marque Orange. Russell Southwood s’est entretenu avec Philippe Millet qui a été nommé à la tête de cette opération au début de cette année.

Le développement de service de paiement via mobile en Afrique semble avancer par à-coups. Bien qu’il ait fallu un an au service M-Pesa pour atteindre une masse critique d’utilisateurs, son ascension a été si époustouflante au point de faire de l’ombre aux nouveaux entrants incluant son propre déploiement chez son voisin la Tanzanie avec Vodacom.

La semaine dernière MTN annonçait que son service MobileMoney compte à présent 890,000 utilisateurs et que son objectif était d’atteindre 2 millions d’utilisateurs à la fin de l’année. En d’autres termes, le service de MTN a atteint une masse critique d’utilisateurs qui prendra le dessus pour assurer de la croissance du réseau.

Les services de paiement via mobile représentent deux choses pour les opérateurs: une opportunité d’accroître leur chiffre d’affaires et une manière de se différencier de la concurrence. Selon les derniers résultats de Safaricom, M-Pesa a permis de générer 61 millions de dollars US, une somme bienvenue en cette période de baisse de l’ARPU. La semaine dernière, Mikael Grahne, le directeur général de Millicom International Cellular, a cité les services de paiement via mobile, les services bancaires et l’assurance parmi les nouveaux services que Millicom compte lancer pour parer à la reprise de Zain par Bharti.

Face à cette toile de fonds, Orange a déployé avec une certaine rapidité Orange Money dans ses territoires. Le service a été lancé en Côte d’Ivoire il y a un plus d’un an suivi par le Sénégal (au début du mois de mai), le Mali (mi-mai) et Madagascar (il a quelques semaines deçà pour concurrencer le service MVola lancé par Telma). Selon Philippe Millet, Orange Money sera lancé dans tous ses réseaux africains avant la fin de l’année. En Côte d’Ivoire, Philippe Millet pense qu’avec 250,000 utilisateurs, le service est proche d’atteindre sa masse critique.

En raison d’un environnement réglementaire complexe, le service en Côte d’Ivoire est opéré en collaboration avec une banque et a été autorisé par la Banque Centrale. Il s’agit de la BNP en Afrique de l’Ouest mais d’autres banques pourront être utilisées dans d’autres parties de l’Afrique. Pour utiliser le service, les clients doivent fournir leur nom et adresse ainsi que la preuve de leur identité et adresse pour respecter la règle KYC (Know Your Customer – connaître son client).

Le montant maximum qu’un client peut envoyer dépend de la réglementation locale en vigueur dans chaque pays mais c’est habituellement autour de quelques centaines de francs CFA. Il n’y a pas de frais d’inscription pour les clients. Dès que l’argent est reçu sur leur compte, ils peuvent l’utiliser immédiatement. Selon Philippe Millet, certains clients utilisent leur compte comme un endroit sûr pour mettre leur argent.

Pour chaque transfert, il faut payer des frais, en général un faible pourcentage du montant du transfert. Ce pourcentage encore une fois varie d’un pays à l’autre. Le service propose toutes les fonctionnalités d’un service de paiement via mobile et des options supplémentaires seront ajoutées dans le futur. D’un point de vue pratique, le service est opéré à partir d’un menu USSD très similaire à celui utilisé pour ajouter des crédits d’appels.

Quels sont les problèmes auxquels vous devez faire face pour assurer que le service bénéficie de la plus large utilisation ? « Il y a un certain nombre de facteurs. Il s’agit d’argent et pas de crédits d’appels. Par conséquent le client veut être sur qu’il peut faire confiance au service et ils souhaitent le faire en testant le service. Au départ, il faut enregistrer des clients dans la ville et ils convaincront leurs relatifs dans les zones rurales d’utiliser le service. Pour arriver à cet objectif, il vous faut une masse critique d’au moins quelques centaines de milliers de clients. » Orange pense les potentialités du marché peuvent s’étendre à l’ensemble du marché mobile et que ce service permettra en lui-même d’augmenter la part de marché de la société.

Comment différents services pourront avoir du succès dans un marché avec plusieurs acteurs ? « Le nombre d’acteurs et les permutations exactes seront différentes dans chaque pays. Eventuellement, il y aura 2 ou trois acteurs par pays. Il y a déjà beaucoup d’organisations comme les banques et les postes qui offrent des versions de ce service dans certains pays. La différence avec Orange Money c’est que nous offrons un compte. »

Est-ce que le service va atteindre un stade ou l’interpolarité des produits offerts par les différents opérateurs serait désirable? « Il nous faut d’abord évaluer le niveau de concurrence du marché. Mais il sera question de répondre à un certain degré au besoin d’interpolarité et c’est un problème sur lequel nous travaillons. Certaines choses doivent être faites entre les opérateurs et les banques mais c’est plus compliqué (que l’interconnexion entre les opérateurs). Cela arrivera. »

« Nous travaillons aussi sur le développement des transferts régionaux et internationaux. Nous étudions différents moyens de transferts des clients vers Orange et des tiers ».

Sachant que le service MobileMoney de MTN comprend 16% de sa base d’abonnés en Ouganda, il est clair que le potentiel global des services de paiement via mobile se chiffre en dizaine et centaine de millions d’ici trois à cinq ans.

Burundi Backbone System Signe un Accord de partenariat pour la construction d’une dorsale nationale

Le 19 mai dernier, le conseil d’administration de la société BBS (Burundi Backbone System) a signé un accord de partenariat pour la réalisation d’un réseau de dorsale nationale à fibre optique couvrant l’ensemble du territoire du Burundi. Alors que de nombreux pays africains s’activent à construire leurs dorsales nationales (Cameroun, Nigeria, Rwanda, etc), le projet du Burundi Backbone System pourrait servir de modèle en matière de partage d’infrastructure et d’accès ouvert. Isabelle Gross s’est entretenue avec David Easum, le directeur général par intérim de BBS, sur les détails de ce partenariat.

Deux documents importants viennent donc d’être signés dans la salle de réunion du SETIC (Secrétariat Exécutif des Technologies de l’Information et de la Communication). Il s’agit d’un contrat de Partenariat Public-Privé (contrat PPP), et d’une Convention de Concession.

Selon David Easum, le contrat PPP engage le BBS à construire et à exploiter le réseau, et le Gouvernement du Burundi à verser une subvention à hauteur de 10.5 millions de dollars américains provenant d’un don octroyé par la Banque Mondiale à travers le Projet Régional d’Infrastructure de Communication, RCIP2. Le BBS utilisera ses propres fonds et des financements externes pour compléter les besoins en investissement pour la réalisation de l’infrastructure.

La convention de concession engage pour une période de 20 ans, renouvelable, le BBS et le Gouvernement à travers l’ARCT (le régulateur des télécoms au Burundi) à tout mettre en œuvre pour permettre l’accès des Burundais aux services de connexion à large bande.

Mis à part la signature de ces deux contrats, le tour de force de BBS a été de recueillir l’adhésion  à ce projet des principaux acteurs du secteur des télécoms. La liste ci-dessous démontre que le partage des infrastructures n’est pas seulement une idée dans le vent.

Le BBS, dont l’actionnariat est composé des principaux acteurs dans les TIC au Burundi, était représenté par son conseil d’administration, à savoir :
• Monsieur George Akoury, Président (Directeur Général d’Africell),
• Monsieur Salvator Nizigiyimana, Vice-président (Directeur Général de l’ONATEL),
• Monsieur Raymond Laforce, Administrateur (Directeur Général de U-Com),
• Monsieur Darlington T. Mandivenga, Administrateur (Directeur Général d’Econet Wireless),
• Monsieur Victor Ciza, Administrateur (Administrateur du CBINET).

Le Gouvernement était représenté par :
• Monsieur Salvator Niyibizi, Secrétaire Exécutif du SETIC,
• Monsieur Révérien Ntagaye, Directeur Général de l’Agence de Régulation et de Contrôle des Télécommunications.

La construction du réseau devrait se terminer avant le premier juillet 2012. Cependant, la population du Burundi pourra commencer à bénéficier du BBS au fur et à mesure que les divers tronçons du réseau seront mis en place. En particulier, l’Internet à haut débit devrait être disponible à Bujumbura vers le début de l’année prochaine.

Ces accords constituent une étape importante vers le désenclavement du pays, surtout en ce qui concerne l’Internet. Actuellement, l’Internet au Burundi doit nécessairement recourir à des circuits satellite. Du coup, le débit est relativement lent et les coûts très élevés.
 
Le Ministre des Transports, Poste et Télécommunications, Monsieur Philippe Njoni, a expliqué : « Comme les pays de la sous-région délaissent progressivement le satellite en faveur des câbles à fibre optique en raison des prix qui restent extrêmement élevés pour un faible débit, il était alors urgent pour le Burundi aussi d’agir dans le même sens, ce qui a été fait grâce à une bonne collaboration entre les opérateurs des TIC, le Gouvernement et la Banque Mondiale. »

Le projet actuel ne concerne que l’intérieur du pays, y compris l’accès aux frontières des pays limitrophes, en particulier le Rwanda, la Tanzanie, et la République Démocratique du Congo. Cependant, des actions intensives sont actuellement en cours pour raccorder le BBS à l’Europe et au reste du monde. En particulier, il s’agit :

1) d’acquérir de la capacité sur les câbles à fibre optique sous-marins existants ou en cours de réalisation,
2) de relier le Burundi aux points d’atterrissage de ces câbles.

David Easum explique que « le problème de la capacité sur les câbles à fibre optique sous-marins est déjà résolu. D’immenses progrès ont déjà été réalisés en ce qui concerne le deuxième problème, à savoir relier les points frontaliers du Burundi aux points d’atterrissage des câbles à fibre optique sous-marins. »

Le 1er juillet 2010, le câble sous-marin à fibre optique Eassy entrera en service. Pour des raisons de diversification et de sécurité, le Burundi devra se connecter respectivement aux points d’atterrissage situés à Mombasa vers le nord et à Dar es-Salaam vers le sud. Deux opérateurs burundais ont déjà souscrit à Eassy via WIOCC, un consortium d’opérateurs de télécommunication africains. Pour faire avancer le projet, ces deux opérateurs acceptent de permettre au BBS et à ses membres d’avoir accès à Eassy à des conditions très favorables. Ainsi, tous les opérateurs GSM et de services Internet pourront, grâce à BBS, offrir des services à haut débit, via Eassy.

Le BBS permettra également aux opérateurs de se connecter à d’autres câbles sous-marins tels que SEACOM et TEAMS aboutissant par exemple à Mombasa ou à Dar es-Salaam. Cela est d’autant plus important depuis l’octroi de fréquences 3G à tous les opérateurs GSM. Ils pourront donc offrir des services data mais aussi améliorer la qualité des communications voix.

Source: Balancing Act

Maroc Telecom annonce un chiffre d’affaires trimestrielle en hausse de 4.3%

L’éditorial de ce numéro se penche sur les résultants financiers de Maroc Télécom et ses opérations en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale au cours du premier trimestre 2010. Globalement le chiffre d’affaires est en hausse de de 4,3% à 7,4 milliards de dirhams. La base clients du Groupe a augmenté de 14% en un an pour arriver à  22,4 millions. La marge opérationnelle quant à elle 43,1% à fin mars 2010.

Lors du 1er trimestre 2010, le Groupe Maroc Telecom a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 7,437 millions de dirhams, en hausse de 4,3% par rapport à 2009 (+0,5% sur une base comparable). La base clients du groupe a atteint près de 22,4 millions au 31 mars 2010, en hausse de 14% par rapport à fin mars 2009, grâce à la poursuite de la croissance du Mobile aussi bien au Maroc que dans l’ensemble des filiales en Afrique.

Le Groupe Maroc Telecom a réalisé au cours du 1er trimestre 2010 un résultat opérationnel consolidé de 3 205 millions de dirhams, en hausse de 0,5% par rapport à 2009 (+6,3% sur une base comparable) et un résultat opérationnel avant amortissements de 4 282 millions de dirhams, en croissance de 1,5% (+4,0% sur une base comparable). La croissance du résultat opérationnel s’explique par l’effet conjugué de la hausse du chiffre d’affaires et de l’amélioration notable de la marge globale des filiales. Ainsi, la marge opérationnelle du groupe s’est établie à 43,1% au 1er trimestre 2010, en progression de 2,3 points sur une base comparable.

Les activités au Maroc ont généré lors des trois premiers mois de l’exercice, un chiffre d’affaires net de 6 095 millions de dirhams, en léger recul de 0,7% et un résultat opérationnel de 2 898 millions de dirhams, en baisse de 3,1% par rapport à 2009 avec les efforts consentis sur le marketing et la communication.

Au Maroc, le chiffre d’affaires brut du 1er trimestre 2010 de l’activité Mobile a enregistré une croissance de 3,6% à 4 537 millions de dirhams grâce notamment à l’effet conjugué de la croissance du parc et de la stabilisation de l’ARPU. Au 31 mars 2010, le parc Mobile s’est établi à 15,578 millions, en hausse de 6,5% par rapport à
fin mars 2009. Grâce notamment aux effets du programme de fidélisation des clients prépayés mis en place en 2009, le taux d’attrition mixte annualisé du 1er trimestre 2010 atteint 22,8%, en baisse de 14,7 points par rapport à 2009. L’ARPU mixte du 1er trimestre 2010 est demeuré stable à 91 dirhams par rapport à 2009, sous l’effet de la croissance du parc et de la hausse de près de 15% des revenus entrants, en articulier
de l’International.

Les activités Fixe et Internet au Maroc ont réalisé au cours du 1er trimestre 2010 un chiffre d’affaires brut de 2 193 millions de dirhams, en retrait de 7,7%, du fait de la baisse des revenus de la Voix sous l’effet de la concurrence du Mobile. Au 31 mars 2010, le parc Fixe au Maroc s’est établi à 1,232 million de lignes, en quasi-stabilité par rapport à fin 2009. Au 31 mars 2010, le parc ADSL atteint 474 000 lignes, en hausse de 1% par rapport à fin 2009, mais en baisse de 2% par rapport à mars 2009, auquel s’ajoutent 265 000 clients Internet Mobile 3G (vs. 174 000 fin décembre 2009).

• Mauritanie
Durant le 1er trimestre 2010, l’ensemble des activités en Mauritanie a généré un chiffre d’affaires net  de 282 millions de dirhams, en hausse de 3,3% (+10,4% à taux de change constant), grâce à la bonne performance des activités Mobile. Le résultat opérationnel de Mauritel du 1er trimestre 2010 s’est établi à 85 millions de dirhams, en baisse de 7% à taux de change constant(2) en raison principalement d’une politique promotionnelle soutenue. A fin mars 2010, les parcs s’établissent à 1,473 million pour le Mobile, 43 000 pour le Fixe et près de 7 000 pour l’Internet.

• Burkina Faso
Durant le 1er trimestre 2010, l’ensemble des activités au Burkina Faso a généré un chiffre d’affaires net de 461 millions de dirhams, en hausse de 13,2% (+12% à taux de change constant) et un résultat opérationnel de près de 168 millions de dirhams, en hausse de 92,5% à taux de change constant, grâce à la très bonne performance aussi bien des activités Mobile, Fixe qu’Internet. A fin mars 2010, les parcs du groupe Onatel s’établissent à 1,812 million pour le Mobile, 153 000 pour le Fixe et 24 000 pour l’Internet.
• Gabon
Durant le 1er trimestre 2010, le chiffre d’affaires net de l’ensemble des activités au Gabon s’est établi à 273 millions de dirhams, en retrait de 7,9% (-8,9% à taux de change constant). Grâce à une gestion stricte des coûts, aussi bien fixes que variables, le résultat opérationnel a atteint 36 millions de dirhams, en hausse de 56,5% à taux de change constant. Gabon Télécom a réalisé au cours du 1er trimestre des performances commerciales appréciables, avec des parcs qui s’établissent à 528 000 pour le Mobile, à plus de 36 000 pour le Fixe et à près de 20 000 pour l’Internet.

• Mali
Durant le 1er trimestre 2010, le chiffre d’affaires net de l’ensemble des activités au Mali s’est établi à 340 millions de dirhams, en progression de 13,7% sur une base comparable et le résultat opérationnel a atteint 17 millions de dirhams. Sotelma a réalisé au cours du 1er trimestre de bonnes performances commerciales, avec des parcs qui s’établissent à 911 000 pour le Mobile, à 69 000 pour le Fixe et à près de 10 000 pour l’Internet.

• Belgique
Le MVNO Mobisud a réalisé à fin mars 2010, un chiffre d’affaires de 15 millions de dirhams pour un parc actif qui atteint 31 000 clients.

Madagascar: Telma lance MVola, un service de paiement via mobile

L’opérateur télécoms Telma (Telecom Malagasy) vient d’annoncer le lancement de son service de paiement via mobile dénommé « MVola » en association avec la banque BFV-SG (Groupe Société Générale). Selon Telma, il s’agit du premier service de paiement via mobile à Madagascar et dans la sous région de l’Océan Indien. Le service MVola permettra à la population malgache d’effectuer des transferts d’argent en toute sécurité depuis leur téléphone portable.

MVola est un service simple, instantané et sécurisé de transfert d’argent via son mobile. Pour utiliser le service, l’abonné de Telma doit présenter une pièce d’identité et souscrire un contrat auprès d’un des 250 revendeurs agréés à Madagascar. L’enregistrement est simple, immédiat et gratuit.

Pour Patrick Pisal Hamida,  le Directeur Général de Telma, ce service mobile de transfert permet à Telma de renforcer sa position d’opérateur innovateur dans un pays avec un fort potentiel de croissance. Il faut rappeler que Telma a été le premier opérateur à déployer commercialement un réseau 3G/HSPA à Madagascar. Selon, Phillippe Lame, le Président et Directeur Général de la banque BFV-SG,  son organisme bancaire garantit que les transactions avec le service Mvola sont parfaitement sécurisées et conformes aux règles bancaires en vigueur.

Ce nouveau service lancé par Telma a été salué comme une avancée facilitant les flux financiers sécurisés à Madagascar par le Ministre des Finances et du Budget, Mr Hery Rajaonarimampianina, le Ministre de la Poste, des Télécommunications et des Nouvelles Technologies, Mr Augustin Andriamananoro, le représentant FMI à Madagascar, Mr Van Den Boogaerd et le Gouverneur de la Banque Centrale de Madagascar, Mr Frédéric Rasamoely.

Après avoir fait un dépôt initial, les abonnés à MVola peut envoyer de l’argent depuis leur mobile vers n’importe quel utilisateur  qu’il soit un client ou non de Telma. Ils peuvent aussi ajouter des crédits d’appels ou payer leur facture de téléphonie fixe ou mobile n’importe ou à Madagascar. MVola assure la traçabilité des opérations, chacune ayant un numéro unique d’identification. Le système est parfaitement sécurisé en ce sens que l’abonné doit entrer un code secret personnel lors de chaque transaction.

Un réseau dédié de 250 agent MVola a été mis en place incluant les agences Telma et Moov, les kiosques Telma sous franchise, 49 agents Tiavo (la première organisation de micro-finance dans le sud-est de Madagascar) et 66 stations d’essence Jovenna. MVola bénéficiera d’un réseau étendu de distribution pour atteindre une large partie de la population malgache. Selon Matthieu Macé, le Directeur Adjoint en charge du projet MVola, « une large proportion de la population est non bancarisé (97%) et cela est un frein au développement social, économique et humain. Avec MVola et ses partenaires, l’utilisation de services mobile de paiements va probablement augmenter le volume des transactions financières sur l’île tout en offrant de nouvelles possibilités de croissance pour l’économie malgache. Nous souhaitons offrir des solutions appropriées aux challenges auxquels Madagascar a à faire face. Telma vise à être plus qu’un opérateur télécom et s’engage à agir pour le développement de Madagascar et le lancement aujourd’hui MVola est une preuve supplémentaire de cet engagement. »

« D’autres services complémentaires sont en cours de développement à Telma. Ils incluent le paiement des salaires, les  transferts internationaux, le commerce électronique entre autres » ajoute Mr Macé.

Du satellite à la fibre en Afrique : Un nouveau rapport conclut que le grand changement est en route

* Du satellite à la fibre en Afrique : Un nouveau rapport conclut que le grand changement est en route

2010 ne s’affiche pas comme une bonne année pour les opérateurs satellitaires et ses revendeurs en Afrique. Des rumeurs ont circulé que pour la première fois, le chiffre d’affaires africain d’un opérateur a baissé de plusieurs pourcents. Au cours de cette année, quatre câbles sous-marins de fibre optique supplémentaires entreront en phase commerciale: Glo One, Main One, EASSy et LION.  « African Fibre and Satellite Markets », un nouveau rapport publié par Balancing Act prend la température du marché actuel et analyse l’évolution du marché dans les trois années à venir.

Prenant acte des grands changements qui sont intervenus, ce rapport qui s’intitulait « African Satellite Markets » lors de sa dernière publication, a été renommé « African Fibre and Satellite Markets » pour cette nouvelle édition. Que vous soyez un opérateur ou un acheteur de bande passante, vous ne pouvez pas évaluer le marché sans tenir compte de l’interpénétration et de la disponibilité des infrastructures fibres et satellites.

Les principales conclusions de ce nouveau rapport sont les suivantes :

* Les opérateurs satellitaires ont investi des sommes colossales dans de nouveaux satellites et des satellites de remplacement. 4.395 milliards de dollars US seront investis dans de nouveaux satellites et des satellites de remplacement contre 2.15 milliards de dollars US investis dans sept câbles sous-marins de fibre optique à l’exclusion d’ACE dont le budget n’a pas encore officiellement été annoncé. Les investissements des opérateurs satellitaires arrivent à un moment marqué par un changement quant à l’utilisation de capacité satellitaire.

* La répartition globale de l’usage de capacité satellitaire versus la fibre dans les premiers vingt pays d’Afrique sub-saharienne évolue de 45.6% vs 54.4% en 2008 à 11.9% vs 88.1%  en 2014. Parmi ces vingt premiers pays, les cinq premiers à savoir l’Afrique du Sud, le Nigéria, le Kenya, l’Angola et le Soudan représentent la majorité de la demande en bande passante sur le continent et ce sont ces pays qui verront la plus forte croissance en bande passante durant cette période. Par conséquent les opérateurs satellitaires et leurs revendeurs  n’auront pas seulement une plus petite part de marché de l’ensemble du marché de bande passante mais deviendront aussi des acteurs niches dans beaucoup de pays. Il y aura de la croissance mais elle concernera essentiellement la fibre.

* Durant les trois ans et demi  depuis décembre 2005, dix satellites offrant une couverture en Afrique ont seulement été lancés (dont quatre qui ont échoué. Il est prévu de lancer plus de 36 satellites d’ici la fin 2013 représentant un investissement de 4.4 milliards de dollars US et une capacité additionnelle pour l’Afrique équivalant à 26,325 MHz. Au moment ou O3b lancera sa seconde constellation de satellites, il y aura presque autant de capacité en bande Ka couvrant l’Afrique que la capacité totale en bandes C et Ku.

* Si le Congo RDC échoue dans sa tentative de se connecter au câble ACE, il sera un des principaux pays restant dépendant de capacité satellitaire. Le  petit nombre de pays qui dépendront entièrement de capacité satellitaire sont des pays dans la demande en bande passante restera faible comme par exemple l’Eritrée. Mis à part la demande venant des zones rurales et isolées, entre 90-95% de la totalité de la demande émanera de zones urbaines et le plus souvent juste de la capitale du pays. Presque toutes les capitales seront connectées par fibre.

* Au cours des trois derniers mois, nous avons discuté avec un grand nombre d’opérateurs et pas un seul n’est pas entrain de se débarrasser de capacité satellitaire ou encore n’essaye de renégocier ses contrats satellitaires à long terme. Il y a quelque chose de viscéral dans la façon avec laquelle cela se passe et certains opérateurs s’en dispensent totalement à l’exception de la plus petite capacité de redondance. Des années de restreintes en terme de capacité et de disponibilité conjuguées à des prix élevés ont fait le bonheur des opérateurs satellitaires mais cela ne les a pas rendu cher au cœur auprès des opérateurs télécoms. La combinaison de plus de capacité satellitaire et de capacités partagées qui vont se libérer va entraîner une chute des prix au cours des trois à cinq prochaines années.

* Un marché niche pour les opérateurs satellitaire constitue la transmission des communications mobiles connectant les stations de base isolées avec le réseau national. Lorsque le rapport « African Satellite Markets » avait été publié en 2005, ce segment constituait une importante part de marché. Dans ce nouveau rapport, une analyse ponctuelle des deux plus grands pays utilisant ce type de connectivité – le Congo RDC et le Nigéria – confirme que les résultats ne sont pas encourageants.

* Les opérateurs satellitaires vont devoir démontrer qu’ils sont capables de répondre à cette nouvelle donne en adaptant leur offre. Le satellite est mort ! Longue vie au satellite ! Ils doivent tout d’abord innover en termes de services délivrés. Ensuite, ils devront trouver des moyens pour réduire les coûts pour permettre aux utilisateurs qui n’ont pas accès à la fibre ou une connexion sans fil de se joindre à la fête. Le marché a besoin d’offres satellitaires large bande à 20-40 dollars US par mois. Il est possible que cette grande migration du satellite vers la fibre sera l’occasion pour les opérateurs de se re-énergiser et de réfléchir sérieusement à comment ils vont conserver leur part de marché.

Pour de plus amples informations sur ce nouveau rapport, cliquez sur le lien suivant
http://www.balancingact-africa.com/publications.html

Source: Balancing Act

Vipnet s’associe à UBA Bank pour renforcer sa présence en Côte d’Ivoire

Dans l’attente de ses élections, la Côte d’Ivoire et ses entrepreneurs en particuliers, continuent à regarder de l’avant et à innover pour assurer le développement de leurs activités économiques. Vipnet, un fournisseur d’accès Internet (FAI) vient de s’associer avec la banque UBA pour renforcer sa présence et accélérer le développement de ses services Internet. Isabelle Gross s’est entretenue avec Ahmed Cherif, le DG de Vipnet sur ce partenariat banque et société NTIC.

Vipnet est le département Internet d’Afrique Technologies & Services (ATS), une société fondée en 1999 proposant des services intégrés dans le domaine de l’informatique et des télécoms. Pour suivre l’évolution des métiers et des besoins, ATS a fait une demande pour exercer en tant que FAI en 2003. Un an plus tard, la société a lancé ses services Internet. Selon Ahmed Cherif, la fourniture de services Internet représente aujourd’hui environ 95% des activités de la société. Avec un chiffre d’affaires de l’ordre de 1.2 milliards de francs CFA, Vipnet table sur une croissance de l’ordre de 30 à 40% cette année et compte se tailler une part de marché de 20% dans les deux prochaines années.

Avec un nombre d’abonnés Internet de l’ordre de 100,000 dont 50,000 à 60,000 auprès de Côte d’Ivoire Telecom, le taux de pénétration reste très faible en Côte d’Ivoire. Le potentiel de développement des services data est donc immense mais selon le DG de Vipnet, il reste beaucoup de barrières à franchir comme par exemple le coût de l’ordinateur dont les prix actuels restent prohibitifs pour une grande majorité de la population ivoirienne. Dans cette logique de croissance, Vipnet s’est aussi rendu compte que sa présence sous forme de mono-site présentait des limites à son développement. En d’autres termes, les clients de Vipnet sont contraints de se déplacer au siège de la société pour régler leur facture – une perte de temps et d’argent pour ces derniers et sans doute un facteur que les consommateurs prennent en compte dans le processus de décision du choix de leur fournisseur Internet.

L’établissement d’un partenariat entre la banque UBA et Vipnet a pour objectif de réduire ces limites. En effet à partir du 12 avril prochain, les abonnés de Vipnet n’auront plus à se rendre au siège de la société aux Deux plateaux pour régler leur facture. Il leurs suffira tout simplement de se rendre dans l’une des agences de la banque UBA. La solution « BankCollect » d’UBA est une plateforme électronique de paiement mise à la disposition des entreprises pour collecter les règlements de leurs clients ou abonnés. La banque agit comme une caisse de règlement auprès de laquelle les clients d'une entreprise peuvent payer leurs factures. « BankCollect » est un mode de paiement pratique, rapide et sécurisé permettant aux entreprises de collecter des règlements de leurs abonnés, tout en gardant le contrôle sur leurs encaissements. Pour Ahmed Cherif, cette solution de paiement facilitera le développement des activités Internet de la société. Vipnet dispose d’une interface personnalisée permettant de gérer en temps réel les paiements encaissés tout en réduisant les risques de sécurité liés à la circulation d’argent liquide. Quant à l’abonné Vipnet, il lui suffit de donner à l’agence de la banque UBA, un des trois identifiants suivants à savoir son nom ou son login ou son numéro de ligne pour se faire reconnaître au moment du paiement.

Ce partenariat entre la banque UBA et Vipnet est aussi un bon exemple des multiples interactions qui sont possibles (et souhaitables) entre le secteur des NTIC et le secteur de la banco-finance. Qu’il s’agisse de la fluidité et de la rapidité des transactions bancaires dans le cas de Vipnet ou encore plus généralement d’investissements ou d’une plus grande présence des sociétés NTIC sur les bourses locales, il est clair que les deux secteurs ont tout à gagner l’un de l’autre. A terme, ils peuvent faciliter l’établissement d’un système bancaire et financier moderne dans les pays africains qui a son tour pourra mieux participer au développement de l’ensemble des activités locales.

Ghana: Une nouvelle enquête identifie des comportements plus complexes des usagers de la téléphonie mobile et de l’Internet

La semaine dernière, la société de sondages InterMedia a lancé «AudienceScapes », un site Internet de recherche financé par la fondation Gates. En 2009, elle a effectué deux sondages nationaux (Ghana et Kenya) et le plus intéressant des deux pour nos lecteurs est le sondage réalisé au Ghana. Il indique par exemple que 3% des usagers du mobile compris dans l’échantillon accèdent à l’Internet au moins une fois par semaine. Russell Southwood nous détaille les résultats de l’enquête.

Le sondage d’InterMedia, réalisé entre juillet et août 2009, comprend 2,051 interviews basé sur une règle de probabilité proportionnelle à la taille de l’échantillon. 56% de l’échantillon de personnes couvre la population urbaine et 46% la population rurale. Seule 1% de l’échantillon de personnes possède un diplôme universitaire ou d’études supérieures. L’enquête a été conduite avant l’arrivée de quatre câbles sous-marins de fibre optique (Glo One, Main One, WACS et ACE) qui permettront certainement d’introduire des services Internet mobiles et fixes moins chers pour la clientèle résidentielle.

Sur la base de la population totale du Ghana, estimée à 23.8 millions en 2009, 4% de l’échantillon avait accès à l’Internet, soit environ 952,000 personnes avec un accès. 7% de l’échantillon vivent en milieu urbain tandis que seulement 1% des personnes ayant accès à l’Internet vivent en milieu rural. 80% des personnes compris dans l’échantillon utilisant l’Internet ont ente 15 et 25 ans.

Tandis que 10% de l’échantillon de personnes a accès à un ordinateur soit le double du nombre de personnes utilisant l’Internet laisse à penser que le coût est un facteur limitant. 18% de l’échantillon de personnes vivant en milieu urbain a accès à un ordinateur en comparaison avec 4% en milieu rural. Non moins intéressant, 8% de l’échantillon de personnes a un lecteur MP3.

Le prix et la capacité de la bande passante limitent évidemment ce que les internautes ghanéens peuvent faire et la majorité utilisent toujours l’Internet pour leurs mails et la recherche. Cependant parmi ceux qui l’utilisent plus d’une fois par jour ou une fois par jour (sur la base du pourcentage d’internautes dans l’échantillon) :

- télécharger/regarder des vidéos : 15%

- jeux : 14%

- visiter des réseaux sociaux : 15%

Tous ces usages existent alors que la bande passante reste insuffisante pour rendre l’expérience plaisante et que les prix de l’Internet ne sont pas très attractifs.

Les utilisateurs de l’Internet mobile représente un très petit pourcentage de l’échantillon mais ce chiffre est tout de même significatif parce qu’il s’agit du pourcentage d’un grand nombre (tous les usagers du mobile) – le nombre réel d’internautes mobiles. 11% de l’échantillon de personnes écoutent la radio sur leur mobile en comparaison avec seulement 1% écoutant la radio via une connexion fixe Internet.

Les internautes mobile de l’échantillon ont réalisé les activités suivantes au moins une fois par semaine : 19% ont écouté la radio ; 3% ont accédé à l’Internet et 1% ont regardé la TV mobile.

L’enquête consolide l’idée que le mobile est un média. 16% de l’échantillon de personnes a consulté les actualités via SMS dans la semaine précédant l’enquête à comparer au chiffre de 18% s’informant à travers les journaux. 24% d’utilisateurs urbains utilisent les SMS pour s’informer contre 10% d’utilisateurs en zone rurale. Si les médias traditionnels (radio: 89%; TV: 64%) et le bouche à oreille (famille et amis : 64%; autres personnes de la communauté: 39%) restent dominants, l’utilisation des SMS va grandissant et s’imposera comme un média rivalisant les journaux dans les 2 à 3 prochaines années. Avec la croissance des smartphones et l’usage de l’Internet, la presse écrite africaine aura à faire à face à une nouvelle menace

44% de l’échantillon de personnes n’utilisent cependant pas les SMS sans doute pour des raisons d’analphabétisme ou de fonctionnalité : 14% n’utilisent pas du tout les SMS tandis que 30% ont répondu qu’ils avaient du mal à l’utiliser.

Une mise en garde pour les opérateurs mobiles : les utilisateurs estiment que les services qu’ils utilisent sont chers. 75% de l’échantillon de personnes interrogées est d’accord ou même fortement d’accord avec l’affirmation que « posséder un mobile, c’est cher ».

InterMedia a lancé son site internet AudienceScapes dont le lien se trouve ci-dessous. Bien que ciblant le secteur de l’aide au développement, le site internet propose des informations très utiles pour tous ceux qui sont impliqués dans le secteur des communications en Afrique.

http://audiencescapes.org/

http://audiencescapes.org/

Les deux enquêtes couvrant le Ghana et le Kenya peuvent être télécharger en cliquant sur les suivants:

http://www.intermedia.org/brochures/AudienceScapes_Ghana%20Quant.pdf

http://www.intermedia.org/brochures/AudienceScapes_Ghana%20Quant.pdf

http://www.intermedia.org/brochures/AudienceScapes_Kenya%20Quant.pdf

http://www.intermedia.org/brochures/AudienceScapes_Kenya%20Quant.pdf

Burundi: les opérateurs fondent le premier consortium africain chargé du développement de la dorsale nationale

Avec le soutien de la Banque Mondiale, l’un des plus petits pays d’Afrique s’est engagé à créer un consortium d’opérateurs pour développer sa dorsale nationale et ses liens internationaux. « Burundi Backbone Systems » sera en charge du déploiement d’une dorsale de 1,200 Kms et de plusieurs liens internationaux avec les pays voisins au cours des 18 prochains mois.

Les actionnaires du consortium incluent les quatre principaux opérateurs fixes et mobiles (l’Onatel, l’opérateur historique ; Leo qui opérait auparavant sous le label U-com et qui fait partie de Telecel Globe ; Africell, propriété de V-Tel et la société palestienne Paltel ; Econet) et des FAIs (CBI Net). Les deux principaux opérateurs mobiles sont Onamob, la filiale mobile de l’opérateur historique avec environ 600,000 abonnés et Leo avec 400,000 abonnés.

Le Conseil d’Administration du consortium est composé des directeurs généraux des différents opérateurs qui sont en charge de nommer l’équipe dirigeante. David Easum, employé auparavant par Telecel Globe, a été nommé directeur général par intérim.

La contribution de la Banque Mondiale au capital du projet signifie que le réseau couvrira l’ensemble du pays et offrira 26 points de raccordement entre les différents câbles en fibre optique qui seront posés le long des routes. Il faudra compter 18 mois pour achever la construction du réseau. Avant cette date, le lien international jusqu’à la frontière avec le Rwanda sera achevé.

Ce lien international constitue la raison principale pour laquelle les opérateurs se sont impliqués dans ce projet. A présent l’ensemble des transmissions internationales se fait par satellite. Une infime proportion du trafic est transmis via un faisceau hertzien ave le Rwanda. Les opérateurs payent entre 2,500 et 3,000 dollars US par mbps par mois pour la bande passante internationale. La commercialisation de la bande passante ne sera pas assurée par le consortium lui-même mais par les actionnaires du consortium.

Les prix de la bande passante internationale s’établiront probablement autour de 1,000 à 1,500 dollars US mais certains partenaires pourront acheter de la capacité à un prix proche de 500 dollars US. Deux des actionnaires du consortium – Onatel et Leon – ont aussi des participations dans le projet de câble sous-marin de fibre optique EASSy (via WIOCC) ainsi que dans le système de dorsale de l’Afrique de l’Est. Cette participation des deux sociétés fera partie du capital du consortium. Le prix de la capacité sur un lien national ne sera pas calculé en fonction de la distance.

Il y a aussi le potentiel de déployer cinq liens internationaux avec les pays voisins: deux liens avec le Rwanda dans le nord et le nord ouest, un ou deux liens avec le Congo RDC et un lien dans le nord est pour se connecter à la dorsale en Tanzanie.

Entre Temps, en Afrique de l’ouest, Maroc Telecom est entrain de déployer un réseau trans-frontalier en fibre reliant le Maroc et la Mauritanie. Ces travaux font partie d’un projet plus vaste comprenant deux phases et dont le but est d’interconnecter les opérations africaines de Maroc Telecom (Mauritanie, Burkina Faso, Mali et le Gabon) et de leur offrir de la capacité internationale (via les câbles de fibre optique de la Méditerranée).

La première phase du projet (en cours) consiste à connecter la Mauritanie au Maroc via un lien terrestre en fibre optique. Maroc Telecom est entrain de déployer un lien entre Laayoune dans le sud du Maroc et Nouakchott, la capitale de la Mauritanie. 60% du lien a été complété et il sera terminé et prêt à être utilisé avant la fin de cette année. La longueur de ce lien est d’environ 3,000 Kms (dont plus de 2,000 au Maroc et environ 700 Kms en Mauritanie).

Durant la seconde phase du projet, ce lien sera étendu vers le Burkina Faso et le Mali. Cette seconde phase en est toujours au stade de l’étude de faisabilité. Ce projet pourrait s’inscrire dans d’une stratégie plus large de Maroc Telecom de réaliser d’autres acquisition en Afrique Il n’en reste pas moins que ce projet facilitera l’accès de ses filiales à de la capacité internationale à un prix moins cher que celui qui est proposé en ce moment à Dakar et à Abidjan.

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