L'éditorial du mois

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Vipnet s’associe à UBA Bank pour renforcer sa présence en Côte d’Ivoire

Dans l’attente de ses élections, la Côte d’Ivoire et ses entrepreneurs en particuliers, continuent à regarder de l’avant et à innover pour assurer le développement de leurs activités économiques. Vipnet, un fournisseur d’accès Internet (FAI) vient de s’associer avec la banque UBA pour renforcer sa présence et accélérer le développement de ses services Internet. Isabelle Gross s’est entretenue avec Ahmed Cherif, le DG de Vipnet sur ce partenariat banque et société NTIC.

Vipnet est le département Internet d’Afrique Technologies & Services (ATS), une société fondée en 1999 proposant des services intégrés dans le domaine de l’informatique et des télécoms. Pour suivre l’évolution des métiers et des besoins, ATS a fait une demande pour exercer en tant que FAI en 2003. Un an plus tard, la société a lancé ses services Internet. Selon Ahmed Cherif, la fourniture de services Internet représente aujourd’hui environ 95% des activités de la société. Avec un chiffre d’affaires de l’ordre de 1.2 milliards de francs CFA, Vipnet table sur une croissance de l’ordre de 30 à 40% cette année et compte se tailler une part de marché de 20% dans les deux prochaines années.

Avec un nombre d’abonnés Internet de l’ordre de 100,000 dont 50,000 à 60,000 auprès de Côte d’Ivoire Telecom, le taux de pénétration reste très faible en Côte d’Ivoire. Le potentiel de développement des services data est donc immense mais selon le DG de Vipnet, il reste beaucoup de barrières à franchir comme par exemple le coût de l’ordinateur dont les prix actuels restent prohibitifs pour une grande majorité de la population ivoirienne. Dans cette logique de croissance, Vipnet s’est aussi rendu compte que sa présence sous forme de mono-site présentait des limites à son développement. En d’autres termes, les clients de Vipnet sont contraints de se déplacer au siège de la société pour régler leur facture – une perte de temps et d’argent pour ces derniers et sans doute un facteur que les consommateurs prennent en compte dans le processus de décision du choix de leur fournisseur Internet.

L’établissement d’un partenariat entre la banque UBA et Vipnet a pour objectif de réduire ces limites. En effet à partir du 12 avril prochain, les abonnés de Vipnet n’auront plus à se rendre au siège de la société aux Deux plateaux pour régler leur facture. Il leurs suffira tout simplement de se rendre dans l’une des agences de la banque UBA. La solution « BankCollect » d’UBA est une plateforme électronique de paiement mise à la disposition des entreprises pour collecter les règlements de leurs clients ou abonnés. La banque agit comme une caisse de règlement auprès de laquelle les clients d'une entreprise peuvent payer leurs factures. « BankCollect » est un mode de paiement pratique, rapide et sécurisé permettant aux entreprises de collecter des règlements de leurs abonnés, tout en gardant le contrôle sur leurs encaissements. Pour Ahmed Cherif, cette solution de paiement facilitera le développement des activités Internet de la société. Vipnet dispose d’une interface personnalisée permettant de gérer en temps réel les paiements encaissés tout en réduisant les risques de sécurité liés à la circulation d’argent liquide. Quant à l’abonné Vipnet, il lui suffit de donner à l’agence de la banque UBA, un des trois identifiants suivants à savoir son nom ou son login ou son numéro de ligne pour se faire reconnaître au moment du paiement.

Ce partenariat entre la banque UBA et Vipnet est aussi un bon exemple des multiples interactions qui sont possibles (et souhaitables) entre le secteur des NTIC et le secteur de la banco-finance. Qu’il s’agisse de la fluidité et de la rapidité des transactions bancaires dans le cas de Vipnet ou encore plus généralement d’investissements ou d’une plus grande présence des sociétés NTIC sur les bourses locales, il est clair que les deux secteurs ont tout à gagner l’un de l’autre. A terme, ils peuvent faciliter l’établissement d’un système bancaire et financier moderne dans les pays africains qui a son tour pourra mieux participer au développement de l’ensemble des activités locales.

Ghana: Une nouvelle enquête identifie des comportements plus complexes des usagers de la téléphonie mobile et de l’Internet

La semaine dernière, la société de sondages InterMedia a lancé «AudienceScapes », un site Internet de recherche financé par la fondation Gates. En 2009, elle a effectué deux sondages nationaux (Ghana et Kenya) et le plus intéressant des deux pour nos lecteurs est le sondage réalisé au Ghana. Il indique par exemple que 3% des usagers du mobile compris dans l’échantillon accèdent à l’Internet au moins une fois par semaine. Russell Southwood nous détaille les résultats de l’enquête.

Le sondage d’InterMedia, réalisé entre juillet et août 2009, comprend 2,051 interviews basé sur une règle de probabilité proportionnelle à la taille de l’échantillon. 56% de l’échantillon de personnes couvre la population urbaine et 46% la population rurale. Seule 1% de l’échantillon de personnes possède un diplôme universitaire ou d’études supérieures. L’enquête a été conduite avant l’arrivée de quatre câbles sous-marins de fibre optique (Glo One, Main One, WACS et ACE) qui permettront certainement d’introduire des services Internet mobiles et fixes moins chers pour la clientèle résidentielle.

Sur la base de la population totale du Ghana, estimée à 23.8 millions en 2009, 4% de l’échantillon avait accès à l’Internet, soit environ 952,000 personnes avec un accès. 7% de l’échantillon vivent en milieu urbain tandis que seulement 1% des personnes ayant accès à l’Internet vivent en milieu rural. 80% des personnes compris dans l’échantillon utilisant l’Internet ont ente 15 et 25 ans.

Tandis que 10% de l’échantillon de personnes a accès à un ordinateur soit le double du nombre de personnes utilisant l’Internet laisse à penser que le coût est un facteur limitant. 18% de l’échantillon de personnes vivant en milieu urbain a accès à un ordinateur en comparaison avec 4% en milieu rural. Non moins intéressant, 8% de l’échantillon de personnes a un lecteur MP3.

Le prix et la capacité de la bande passante limitent évidemment ce que les internautes ghanéens peuvent faire et la majorité utilisent toujours l’Internet pour leurs mails et la recherche. Cependant parmi ceux qui l’utilisent plus d’une fois par jour ou une fois par jour (sur la base du pourcentage d’internautes dans l’échantillon) :

- télécharger/regarder des vidéos : 15%

- jeux : 14%

- visiter des réseaux sociaux : 15%

Tous ces usages existent alors que la bande passante reste insuffisante pour rendre l’expérience plaisante et que les prix de l’Internet ne sont pas très attractifs.

Les utilisateurs de l’Internet mobile représente un très petit pourcentage de l’échantillon mais ce chiffre est tout de même significatif parce qu’il s’agit du pourcentage d’un grand nombre (tous les usagers du mobile) – le nombre réel d’internautes mobiles. 11% de l’échantillon de personnes écoutent la radio sur leur mobile en comparaison avec seulement 1% écoutant la radio via une connexion fixe Internet.

Les internautes mobile de l’échantillon ont réalisé les activités suivantes au moins une fois par semaine : 19% ont écouté la radio ; 3% ont accédé à l’Internet et 1% ont regardé la TV mobile.

L’enquête consolide l’idée que le mobile est un média. 16% de l’échantillon de personnes a consulté les actualités via SMS dans la semaine précédant l’enquête à comparer au chiffre de 18% s’informant à travers les journaux. 24% d’utilisateurs urbains utilisent les SMS pour s’informer contre 10% d’utilisateurs en zone rurale. Si les médias traditionnels (radio: 89%; TV: 64%) et le bouche à oreille (famille et amis : 64%; autres personnes de la communauté: 39%) restent dominants, l’utilisation des SMS va grandissant et s’imposera comme un média rivalisant les journaux dans les 2 à 3 prochaines années. Avec la croissance des smartphones et l’usage de l’Internet, la presse écrite africaine aura à faire à face à une nouvelle menace

44% de l’échantillon de personnes n’utilisent cependant pas les SMS sans doute pour des raisons d’analphabétisme ou de fonctionnalité : 14% n’utilisent pas du tout les SMS tandis que 30% ont répondu qu’ils avaient du mal à l’utiliser.

Une mise en garde pour les opérateurs mobiles : les utilisateurs estiment que les services qu’ils utilisent sont chers. 75% de l’échantillon de personnes interrogées est d’accord ou même fortement d’accord avec l’affirmation que « posséder un mobile, c’est cher ».

InterMedia a lancé son site internet AudienceScapes dont le lien se trouve ci-dessous. Bien que ciblant le secteur de l’aide au développement, le site internet propose des informations très utiles pour tous ceux qui sont impliqués dans le secteur des communications en Afrique.

http://audiencescapes.org/

http://audiencescapes.org/

Les deux enquêtes couvrant le Ghana et le Kenya peuvent être télécharger en cliquant sur les suivants:

http://www.intermedia.org/brochures/AudienceScapes_Ghana%20Quant.pdf

http://www.intermedia.org/brochures/AudienceScapes_Ghana%20Quant.pdf

http://www.intermedia.org/brochures/AudienceScapes_Kenya%20Quant.pdf

http://www.intermedia.org/brochures/AudienceScapes_Kenya%20Quant.pdf

Burundi: les opérateurs fondent le premier consortium africain chargé du développement de la dorsale nationale

Avec le soutien de la Banque Mondiale, l’un des plus petits pays d’Afrique s’est engagé à créer un consortium d’opérateurs pour développer sa dorsale nationale et ses liens internationaux. « Burundi Backbone Systems » sera en charge du déploiement d’une dorsale de 1,200 Kms et de plusieurs liens internationaux avec les pays voisins au cours des 18 prochains mois.

Les actionnaires du consortium incluent les quatre principaux opérateurs fixes et mobiles (l’Onatel, l’opérateur historique ; Leo qui opérait auparavant sous le label U-com et qui fait partie de Telecel Globe ; Africell, propriété de V-Tel et la société palestienne Paltel ; Econet) et des FAIs (CBI Net). Les deux principaux opérateurs mobiles sont Onamob, la filiale mobile de l’opérateur historique avec environ 600,000 abonnés et Leo avec 400,000 abonnés.

Le Conseil d’Administration du consortium est composé des directeurs généraux des différents opérateurs qui sont en charge de nommer l’équipe dirigeante. David Easum, employé auparavant par Telecel Globe, a été nommé directeur général par intérim.

La contribution de la Banque Mondiale au capital du projet signifie que le réseau couvrira l’ensemble du pays et offrira 26 points de raccordement entre les différents câbles en fibre optique qui seront posés le long des routes. Il faudra compter 18 mois pour achever la construction du réseau. Avant cette date, le lien international jusqu’à la frontière avec le Rwanda sera achevé.

Ce lien international constitue la raison principale pour laquelle les opérateurs se sont impliqués dans ce projet. A présent l’ensemble des transmissions internationales se fait par satellite. Une infime proportion du trafic est transmis via un faisceau hertzien ave le Rwanda. Les opérateurs payent entre 2,500 et 3,000 dollars US par mbps par mois pour la bande passante internationale. La commercialisation de la bande passante ne sera pas assurée par le consortium lui-même mais par les actionnaires du consortium.

Les prix de la bande passante internationale s’établiront probablement autour de 1,000 à 1,500 dollars US mais certains partenaires pourront acheter de la capacité à un prix proche de 500 dollars US. Deux des actionnaires du consortium – Onatel et Leon – ont aussi des participations dans le projet de câble sous-marin de fibre optique EASSy (via WIOCC) ainsi que dans le système de dorsale de l’Afrique de l’Est. Cette participation des deux sociétés fera partie du capital du consortium. Le prix de la capacité sur un lien national ne sera pas calculé en fonction de la distance.

Il y a aussi le potentiel de déployer cinq liens internationaux avec les pays voisins: deux liens avec le Rwanda dans le nord et le nord ouest, un ou deux liens avec le Congo RDC et un lien dans le nord est pour se connecter à la dorsale en Tanzanie.

Entre Temps, en Afrique de l’ouest, Maroc Telecom est entrain de déployer un réseau trans-frontalier en fibre reliant le Maroc et la Mauritanie. Ces travaux font partie d’un projet plus vaste comprenant deux phases et dont le but est d’interconnecter les opérations africaines de Maroc Telecom (Mauritanie, Burkina Faso, Mali et le Gabon) et de leur offrir de la capacité internationale (via les câbles de fibre optique de la Méditerranée).

La première phase du projet (en cours) consiste à connecter la Mauritanie au Maroc via un lien terrestre en fibre optique. Maroc Telecom est entrain de déployer un lien entre Laayoune dans le sud du Maroc et Nouakchott, la capitale de la Mauritanie. 60% du lien a été complété et il sera terminé et prêt à être utilisé avant la fin de cette année. La longueur de ce lien est d’environ 3,000 Kms (dont plus de 2,000 au Maroc et environ 700 Kms en Mauritanie).

Durant la seconde phase du projet, ce lien sera étendu vers le Burkina Faso et le Mali. Cette seconde phase en est toujours au stade de l’étude de faisabilité. Ce projet pourrait s’inscrire dans d’une stratégie plus large de Maroc Telecom de réaliser d’autres acquisition en Afrique Il n’en reste pas moins que ce projet facilitera l’accès de ses filiales à de la capacité internationale à un prix moins cher que celui qui est proposé en ce moment à Dakar et à Abidjan.

Lancement d’un smartphone à 99 $US pour les pays émergeants : s’imposera-t-il en Afrique.

Au début du mois de février, Synchronica, une société britannique spécialisée dans les applicatifs de messagerie pour les mobiles, a lancé le « MessagePhone », un smartphone à bas prix ciblant les utilisateurs des pays émergeants. La semaine dernière durant Mobile World Congress (MWC) à Barcelone, Vodafone a présenté le « Vodafone 150 », un combiné que la société décrit comme « le moins cher sur la planète » destiné lui aussi aux pays émergeants. La chasse « aux marchés avec un fort potentiel de croissance » est ouverte et les mots tels que « bas prix » et « pays émergeants » sont devenus les mots d’ordre dans le secteur des télécommunications. Isabelle Gross nous en divulgue plus sur le smartphone lancé par Synchronica et son positionnement sur le marché africain.

Synchronica propose deux versions de son smartphone à bas prix : le MessagePhone QS150 et le QS200. Le QS 150 (photo ci-contre) est le modèle de base offrant les fonctionnalités principales suivantes: un système actif de transfert des mails, la synchronisation avec les logiciels mails professionnels et grand public (Exchange, Yahoo, Hotmail, Gmail, etc), un navigateur web conforme au standard HTML, l’accès aux services de messagerie instantanée et aux réseaux sociaux, un MP3 et une caméra. Le QS 200, le grand frère du QS 150 dispose d’un processeur plus rapide et de plus de mémoire, d’une connexion Internet plus rapide, une radio FM et une connectivité PC et Bluetooth. Notons aussi que le combiné a un clavier AZERTY complet et un écran TFT de deux pouces. Les performances de la batteries sont les suivantes: presque 6 heures en mode appel et jusqu’à 17 jours en mode veuille. Le MessagePhone est compatible avec la technologie GPRS/EDGE mais pas encore la 3G.

Selon Carsten Brinkschulte, le Directeur Général de Synchronica, le prix au détail du MessagePhone QS 150 pourrait être aussi bas que 99 $US – ce prix incluant les frais de transport et les droits de douane.

Ce mobile intelligent, le fruit de neuf mois de collaboration entre Synchronica, KC Mobile, Brightstar et les opérateurs mobiles, permettra selon le DG de Synchronica de franchir la barrière du prix de l’équipement nécessaire pour accéder l’Internet dans les pays émergeants. Carsten Brinkschulte poursuit en affirmant que le MessagePhone personnifie un smartphone connecté à un prix accessible offrant des fonctionnalités professionnelles, la messagerie instantanée et un navigateur conforme au standard HTML. Est-ce qu’un clavier AZERTY et un écran large seront assez attractifs (mis à part le prix et les fonctionnalités) pour dissuader les utilisateurs de vouloir posséder un téléphone BlackBerry ou un iPhone, en particuliers au sein de la génération jeune et urbaine en Afrique ?

Une adoption en masse du MessagePhone dépendra aussi de la justesse de la définition du client-type par Synchronica. La clientèle cible pour ce mobile intelligent à bas prix est la classe moyenne dans les pays émergeants. Le client-type est un entrepreneur à la tête d’une petite société ou une personne salariée gagnant entre 300 et 500 $US par mois. Il possède déjà un téléphone mobile qu’il utilise pour passer des appels et envoyer des SMS. Il dépense en moyenne par mois entre 3 $US (au Pakistan par exemple) et 12 $US (au Soudan par exemple) pour ses communications. Il ne possède pas d’ordinateur et il est peu probable qu’il soit à même de s’en offrir un très prochainement. Par conséquent, il va régulièrement dans un cybercafé pour vérifier et envoyer ses mails, surfer l’Internet pour de nouvelles informations et converser avec ses amis et les membres de sa famille vivant à l’étranger. Selon une enquête réalisée par Strategy Analytics et MyMetrix ComScore en 2008, 10% des utilisateurs mobiles ont accès à leur mails sur leur mobile tandis que 78% des utilisateurs interrogés souhaiteraient avoir accès à leurs mails sur leur mobile. En terme de chiffre d’affaire, l’émail sur mobile pourrait générer jusqu’à 7 milliards de $US par an d’ici 2014. En parallèle, Frost & Sullivan ont projeté que les services de messagerie instantanée sur mobile pourraient atteindre un taux de croissance annuel composé de 54% au cours des six prochaines années en Amérique Latine et en Afrique. Ils estiment que pour l’Afrique, le nombre d’utilisateurs de services de messagerie instantanée pourrait passer de moins de 50 millions en 2010 à plus de 200 millions d’ici 2015 générant un revenu annuel de l’ordre d’un milliard de $US.

Synchronica dont l’activité principale est le développement de logiciels d’application de services de messagerie sur support mobile, travaillent déjà avec des opérateurs africains comme MTN, Zain ou encore Sudatel. Pour le développement du MessagePhone, la société s’est associée avec KC Mobile de la Corée et Brightstar, une société américaine leader dans la distribution d’équipements sans fil. KC Mobile qui dispose d’une solide expérience dans le développement de combinés mobiles, a réalisé l’architecture et la fabrication du MessagePhone. Pour des raisons de coûts, la production du combiné est faite en Chine. La société Brightstar pour sa part contribue au projet via son réseau de distribution qui couvre près de 50 pays repartis sur six continents. La société a été particulièrement active dans les pays émergeants assurant la distribution de téléphones mobiles à bas prix auprès des opérateurs dans ces pays.

Pour assurer sa position de leader dans le segment des smartphones à bas prix, Synchronica compte combiner son MessagePhone à Mobile Gateway, son applicatif de messagerie pour les mobiles. Les opérateurs mobiles disposeront donc d’une plateforme intégrée à un combiné intelligent à bas prix. Mobile Gateway, l’applicatif de messagerie pour les mobiles est neutre permettant ainsi à des combinés fabriqués par d’autres équipementiers de fonctionner sur la même plateforme. Dans la bataille pour le contrôle de l’utilisateur entre les équipementiers, les opérateurs et les portails grand public, Synchronica propose une solution qui permettra aux opérateurs mobiles de connecter ses utilisateurs aux réseaux sociaux existants sur l’Internet (Facebook, Twitter, etc) tout en leur offrant la possibilité de créer leur réseau propre.

Suite au lancement du MessagePhone par Synchronica, l’opérateur China Unicom et Huawei ont annoncé à Barcelone qu’il fallait de meilleurs combinés pour utiliser pleinement le potentiel de la 3G. Ils ont annoncé le début d’un partenariat pour le développement de smartphones 3G proposant des fonctionnalités identiques à celle de l’iPhone à un prix de 150 $US. La course au développement de smartphones peu cher a bien démarré. Synchronica a annoncé avoir déjà vendu son MessagePhone à un opérateur mobile en Afrique. Il est clair que les utilisateurs africains du mobile auront un plus grand choix de smartphones à un prix abordable dans les 12 à 18 prochains mois.

http://www.synchronica.com/messagephone/index.html

http://www.synchronica.com/messagephone/index.html

Le gouvernement zambien renforce le monopole de Zamtel alors que le pays se prépare à plus de concurrence.

Alors que le processus de privatisation de Zamtel progresse, le gouvernement de la Zambie vient de proposer d’ajouter une partie importante du réseau fibre de la société publique d’électricité Zesco. Cette initiative renforcera « de facto » le monopole de Zamtel sur les infrastructures en contradiction avec un environnement plus compétitif défini par la nouvelle loi sur les TICs adoptée en décembre dernier. L’ajout d’infrastructure fibre dans la dot de l’opérateur historique est aussi intervenu au Ghana lorsque Vodafone a racheté Ghana Telecom. Russell Southwood analyse les effets que ces types de transferts ont sur la concurrence en termes de frein ou de soutien.

L’Agence de Développement de la Zambie est l’organisation chargée de la vente de Zamtel, une société publique. L’opérateur qui enregistre des pertes, a une masse salariale trop grande et opère le plus petit réseau mobile dans un pays qui compte seulement trois opérateurs. Huawei a construit pour le compte de Zamtel un réseau national en fibre mais ces travaux sont loin d’être achevés : en fait, il manque de liens qu’il n’est pas juste de le décrire comme un réseau national.

Zesco, la société d’électricité a au contraire déployé un réseau fibre dans les régions économiquement actives au centre du pays. Il s’étend de Lumwana/Solwezi au nord jusqu’à Sesheke au sud connectant le « copperbelt » à Lusaka et jusqu’aux frontières avec le Botswana et la Namibie. L’autorité de régulation des communications (CAZ) lui a attribué une licence de transporteur en gros.

Tandis que Zamtel continuait à protéger son monopole de passerelle internationale et facturait des prix élevés pour une connexion satellitaire, PCCW s’était associé à Zesco et d’autres pour déployer un lien international en fibre optique vers l’Afrique du Sud via la Namibie et l’Afrique du Sud. Il est intéressant de noter le prix de la portion du lien de Zesco était moins élevé que celui demandé par Telkom South Africa pour sa portion du lien.

En décembre 2008, le Ministre de la Communication de la Zambie a décidé de vendre 75% des parts qu’il détient dans Zamtel. Un an plus tard en décembre 2009, une liste des sociétés retenues ayant soumis une offre, a été publiée par l’Agence de Développement de la Zambie. Plus ou moins à la même époque, le Gouvernement a décidé que 7 des 12 paires de fibre faisant partie du réseau de Zesco seront données à Zamtel. Il s’agit clairement d’une tentative d’engraisser l’oie avant que l’on s’accorde sur le prix de vente. C’est sans doute compréhensible mais l’acheteur potentiel bénéficiera « de facto » d’un monopole sur le réseau national en fibre optique.

Sur les 12 paires de fibre que Zesco possède, 2 sont utilisées pour gérer son réseau de transmission électrique,7 paires reviendront à Zamtel, une paire est utilisée par MTN laissant 2 paires non utilisées. Zain et MTN sont aussi entrain de déployer des réseaux métropolitains en fibre optique dans les plus grandes villes et chaque opérateur a annoncé son intention de construire un réseau national en fibre. La société Realtime Technologies a établi un partenariat avec CEC, la seconde société électrique en Zambie qui dispose aussi d’un vaste réseau en fibre optique en particulier la région du « copperbelt ». Il s’agit donc bien d’abandonner un environnement concurrentiel en matière d’infrastructure avec des acteurs comme Zesco pour revenir à un modèle d’accès dont Zamtel sera l’unique pourvoyeur.

Les fournisseurs d’accès Internet s’opposent eux aussi à cette initiative. Un FAI nous a rapporté que « tous les fournisseurs n’en veulent pas. Nous avons une bonne entente de travail avec Zesco et nous faisons passer beaucoup de trafic sur leur lien. Si cette proposition est confirmée, je vais devoir déployer des liens en fibre et cela n’est pas mon métier. Nous envisageons aussi d’offrir des services de voix sur IP parce que les prix actuels des communications internationales sont toujours de l’ordre de 1.10 à 1.50 dollars US par minute ».

Le 23 décembre 2009, le Gouvernement annonçait par l’intermédiaire de l’Agence de Développement de la Zambie, la liste des sociétés retenues pour l’achat de Zamtel. Il s’agit de Bharat Sanchar Nigam Ltd, une société indienne, Unitel de l’Angola et LAP Green Networks de la Lybie. Unitel est le seul opérateur mobile privé en Angola avec la plus grande part de marché. Il compte aussi parmi ses actionnaires minoritaires la fille du Président que la presse locale décrit comme une « femme d’affaires et une entrepreneuse ». LAP Green Networks possède déjà les opérateurs historiques au Rwanda et en Ouganda. Suite à cette annonce, la société russe Altimo a été rajoutée à la liste des sociétés retenues. Altimo a des investissements à l’extérieur de l’Afrique dans Beeline, Megafon, Kyivstar et Turkcell. Dans une annonce presse parue en novembre dernier, la société annonçait que l’Afrique était devenue sa cible principale en termes d’investissements parce que les autres marchés sont arrivés à saturation.

Une situation similaire est entrain de se développer en Tanzanie mais en l’absence d’informations de la part du Gouvernement, il est plus difficile de juger de la tournure que prendront les événements. TTCL, l’opérateur historique est géré jusqu’à présent par Saskatel qui n’a pas trouvé un investisseur stratégique. Le Gouvernement a accepté une ligne de crédits chinoise permettant à Huawei de construire le réseau national en fibre optique. La Tanzanie compte plusieurs sociétés parapubliques qui ont déployé des liens en fibre optique en particulier la société d’électricité, TANESCO. A deux reprises, le Gouvernement a lancé des appels d’offres pour cette infrastructure mais sans succès. En résumé, le Gouvernement tanzanien a échoué d’établir une stratégie concernant le déploiement d’un réseau national, un contraste flagrant comparé à son voisin, le Kenya.

En Tanzanie, le réseau national est en construction : des gens ont vu des travailleurs chinois creuser des tranchés le long des routes et le Gouvernement a promis que le lien vers le nord sera établi en novembre 2010. Il n’est pas clair cependant quand le réseau sera vraiment opérationnel. Il paraît que le Gouvernement sera propriétaire de l’infrastructure fibre et que sa gestion sera assurée par TTCL par l’intermédiaire d’une filiale séparée.

TTCL n’a pas beaucoup d’expériences en matière de gestion réussie d’un réseau national en fibre optique. Le prix de la bande passante n’a pas encore été discuté mais le Ministre a mis en place un comité des opérateurs pour discuter des questions d’interconnexions. Des rumeurs circulent aussi concernant Vodacom qui aurait reçu le feu vert pour déployer un lien en fibre optique entre Arusha et Namanga et un consortium composé de Zain, Tigo, Simbanet et Zamtel avec des projets en matière d’infrastructure.

Entre temps, une offre de bande passante internationale moins chère est arrivé sur le marché mais il est impossible d’aller plus loin en raison de la lenteur à laquelle le Gouvernement de Tanzanie avance. Il n’a ni proposé de stratégie nationale en matière de déploiement d’infrastructure, ni permis au secteur privé de prendre l’initiative.

Selon les propos d’un opérateur local « le problème est le déploiement de la capacité internationale depuis Dar vers les autres régions du pays. Il y a plein de capacité en fibre dans le pays mais la situation demeure chaotique. Le Gouvernement envisage de donner la gestion du réseau national (en construction) à TTCL alors qu’il sera en concurrence avec les autres fournisseurs. Il reste plein de questions à régler concernant la gestion, le prix et l’absence totale de clarté ».

Au Kenya, par contre, KPLC a permis à trois opérateurs, Safaricom, Jamii Telecoms et le Groupe Wananchi, d’utiliser son réseau en fibre optique. Dans cette mesure, plusieurs fournisseurs peuvent faire des offres compétitives tout en partageant en même temps un seul réseau.

L’absence de vision en matière de développement et de gestion d’un réseau national n’est pas seulement un problème dans les pays de l’Afrique de l’Est. En Afrique de l’Ouest, la question est aussi à l’ordre du jour en particulier dans des pays comme le Bénin, le Nigéria et le Togo où l’opérateur historique est en phase de privatisation où le sera tôt ou tard.

Une nouvelle épidémie fiscale menace le secteur des télécommunications en Afrique : une augmentation de plus de 100% du prix des appels internationaux

Une nouvelle taxe sur les communications est entrain de se répendre comme une épidémie en Afrique. Elle s’ajoute au nombre élevé d’impôts qui frappent déjà le secteur des télécoms sur le continent. Il s’agit cette fois d’une taxe sur les appels entrants internationaux dont les coûts vont augmenter entre 20 et 100%. Dans cette période de récession économique mondiale, le coût de faire des affaires avec l’Afrique va augmenter de façon significative. Pis encore, cette nouvelle taxe est en contradiction avec la Convention de Melbourne qui a été signée par la majorité des pays africains. Isabelle Gross mène l’enquête sur cette nouvelle épidémie fiscale qui menace le secteur des télécoms en Afrique.

Au mois d’août dernier dans un article intitulé « Nouvelle taxe sur les communications internationales en Côte d’Ivoire: une marche à reculons ! », nous relations pour la première fois, l’introduction d’une taxe sur le trafic téléphonique international entrant en Côte d’Ivoire. Pour mémoire, cette taxe s’appliquait à toutes les communications téléphoniques internationales en provenance de l’étranger : elle incluait les appels internationaux entrants directs et en transit ainsi que les appels émis en roaming international vers la Côte d’Ivoire. Son montant était de 20 francs (0,03 Euro) soit une augmentation des prix en gros de terminaison ou de transit du trafic vers la Côte d’Ivoire de l’ordre de 20%. Suites aux actions de l’UNETEL, l’organisation patronale des opérateurs ivoiriens, qui est monté aux créneaux, le gouvernement ivoirien semble avoir fait marche arrière. Selon le journal officiel de la République de Côte d’Ivoire datée du 5 novembre 2009, l’ordonnance présidentielle n°2009-289 porte «suspension de la taxe sur l’interconnexion téléphonique internationale à la charge des entreprises installées en Côte d’Ivoire, instituée par l’article 54 de l’annexe fiscale à l’ordonnance n°2008-381 du 18 décembre 2008 portant budget de l’Etat pour la gestion 2009 ». Les opérateurs télécoms soufflent et la diaspora ivoirienne peut se réjouir de ne pas avoir à payer plus cher pour appeler le pays. Mais pour combien de temps ?

Malheureusement les nouvelles sont moins bonnes pour les gabonais. Son gouvernement représenté par le Ministère de la Communication, de la Poste, des Télécommunications et des nouvelles technologies de l’information vient par son arrêté n°359/MCPTNTI/Cab du 24 septembre 2009 d’introduire une taxe similaire et par la même occasion fixer les tarifs en gros des terminaisons fixes et mobiles vers le Gabon. Celles-ci s’établissent comme suit :

- 137 francs CFA (€0.2025) par minute pour la terminaison vers les réseaux mobiles

- 137 francs CFA (€0.2025) par minute pour la terminaison ver le réseau fixe

L’article 10 de l’arrêté précise que « les opérateurs reversent 72 CFA (€0.108) par minute de communication à l’Artel qui exécute une répartition avec l’opérateur technique pour les peines et soins, conformément aux dispositions du contrat ». Cette nouvelle taxe se traduit par une augmentation de 52.5% des prix en gros des terminaisons d’appels vers le Gabon. Pour le moins spectaculaire, cette augmentation va totalement dans le sens contraire de l’évolution des prix des appels internationaux à travers le monde.

Le 6 janvier dernier, l’agence de presse du Ghana (GNA) rapporte dans une de ses dépêches que Mr Haruna Iddrisu, Ministre des Communications a annoncé que le gouvernement du Ghana comptait établir cette année un centre de vérification des appels internationaux entrants. Selon GNA, le Ministre « estime que si cela est bien fait, le gouvernement génèrera 50 millions de dollars US supplémentaires par an sur les appels internationaux entrants ». Selon nos sources, le prix en gros de la terminaison d’un appel vers le Ghana va passer de 0.08/0.09 dollars US à 0.19 par minute. Il s’agit de plus du double du prix actuel! A noter aussi à travers ces exemples, que chaque gouvernement qui a instauré ou envisage d’instaurer cette taxe devient plus vorace. En Côte d’Ivoire, il s’agissait d’une augmentation de 20% avec le Gabon c’est une augmentation de 52.5% tandis qu’au Ghana l’augmentation sera de plus de 100% ! Pour justifier cette envolée des prix, les gouvernements des pays respectifs estiment que l’établissement d’un centre de vérification permettra de mettre fin aux fraudes et aux « routes grises ». Cette argumentation est pour le moins simpliste et de courte vue. Au contraire, elle encouragera le développement de routes alternatives. Prenez seulement l’exemple du Gabon où le prix en gros de la terminaison d’un appel local est de 40 FCFA (0.06€) tandis que celui d’un appel international entrant va passer à 137 FCFA (0.2025€) soit plus de trois plus – cet écart est tout simplement une invitation à créer des routes grises !

Sur le plan économique, l’augmentation des prix de la terminaison se traduira par une baisse du volume des appels internationaux entrants et une baisse du chiffre d’affaires des opérateurs télécoms se traduisant à terme par une baisse des recettes fiscales générées par ce secteur. Pour les acteurs locaux du secteur des télécoms et plus généralement pour ceux des TIC, cette taxe freinera le développement des activités de « hubing » (à ce prix qui va vouloir faire transiter son trafic via le Ghana par exemple ?) et des activités d’externalisation des services des pays développés vers ces pays. Selon Gabriel Solomon, Senior Vice Président de l’Association GSM à qui nous avons soumis ce problème « cette taxe particulière dont vous parlez sur les appels internationaux entrants, est une mesure à court terme générant de l’argent liquide pour les gouvernements. Elle aura un impact très négatif sur la compétitivité internationale du pays et réduira le montant des investissements étrangers directs réduisant par conséquent l’assiette fiscale des gouvernements: c’est contre-productif. La taxe va aussi heurter les flux commerciaux entrants et sortants du pays et le négoce aura à faire face à une massive augmentation des coûts de transactions. Nous sommes contre ces types de taxe parce qu’elles font tort à l’ensemble des partenaires et nous préconisons qu’elles soient immédiatement supprimées ». Des remarques similaires nous ont été faites par Mr El Hadji Babacar Ba, responsable de la réglementation à Tigo, un opérateur mobile au Sénégal. Selon lui, l’introduction éventuelle d’une telle taxe aurait des conséquences désastreuses pour les télécommunications au Sénégal. Rien n’est sur pour l’instant quant à la tournure des événements dans ce pays. Cela dit le démenti de presse que l’ARTP a publié suite à un article publié dans Le Populaire du 25 septembre évoquant l’introduction de cette taxe, laisse à penser qu’il y a anguille sous roche.

Avant que le Sénégal ou le Ghana ne s’engagent dans cette voie sans issue, permettons-nous de leur rappeler ainsi qu’autres Etats mis en cause dans cette article qu’il leur faut respecter les accords internationaux qu’ils ont signés. Cette taxe sur les appels entrants internationaux va à l’encontre de la Convention de Melbourne de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT) de 1988 de l’accord sur le commerce des services de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) de 1998.

La convention de Melbourne qui a été signée par une majorité de pays africains comprend un Règlement des Télécommunications Internationales (RTI) qui stipule dans son article 6 intitulé « Taxation et comptabilité » à l’alinéa .1.3 « Quand la législation nationale d'un pays prévoit l'application d'une taxe fiscale sur la taxe de perception pour les services internationaux de télécommunication, cette taxe fiscale n'est normalement perçue que pour les services internationaux facturés aux clients de ce pays, à moins que d'autres arrangements soient conclus pour faire face à des circonstances spéciales. » Il ressort clairement que cette nouvelle taxe sur les appels entrants sera payée par l’appelant à l’étranger et par conséquent elle est en violation directe avec les règles définies par le Règlement des Télécommunications Internationales qui s’appliquent à tous les pays signataires de la convention de Melbourne.

Dans leur plaidoyer en faveur de la suppression de la taxe sur les appels entrants internationaux, les opérateurs mobiles gabonais ont souligné que «l’annexe du quatrième protocole d’Accord sur le Commerce des Services (AGCS), Accord sur les télécommunications de base, négocié sous les auspices de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) en février 1997, entré en vigueur le 1er janvier 1998, les taxes de répartition telles que les tarifs d’interconnexion nationaux doivent tendre vers les coûts. En d’autres termes, les taxes de répartition ne doivent pas être plus élevées que les tarifs d’interconnexion locaux (sauf prise en compte du coût additionnel minimal du segment international).Au vue de ces deux articles, il apparaît clairement qu’aucune redevance ne doit être appliquée au trafic international entrant ». Si l’ARTEL, l’autorité de régulation et le Ministère de la Communication, de la Poste, des Télécommunications et des nouvelles technologies de l’information ne reviennent pas sur leur décision, le seul recours sera le tribunal – un processus lent durant lequel l’arrêté en question continuera à s’appliquer !

Avec le nombre grandissant de pays africains qui ont ou envisagent d’instaurer une telle taxe, il s’agit d’une nouvelle épidémie fiscale. Son introduction dans un pays africain stimulera d’autres pays à faire de même. Pour lutter contre cette infection, il faut bien sur traiter le patient mais aussi mettre en place des mesures pour éviter la contagion. Dans ce sens il faut saluer et encourager des actions comme celle de la COFTEL (conférence des opérateurs et fournisseurs des télécommunications) qui à Ouagadougou au mois de novembre dernier a demandé à l’UEMOA de sensibiliser les chefs d’Etat des pays de l’UEMOA à ne pas s’embarquer dans cette politique qui aura des conséquences économiques négatives. « Trop d'impôt, tue l'impôt ».

http://www.ghananewsagency.org/s_economics/r_11076/

(1) http://www.ghananewsagency.org/s_economics/r_11076/

http://www.artp-senegal.org/telecharger/document_

Mise_au_point_de_lARTP_au_Populaire__287.pdf

(2) http://www.artp-senegal.org/telecharger/document_

Mise_au_point_de_lARTP_au_Populaire__287.pdf

http://www.itu.int/cgi-bin/htsh/mm/scripts/mm.final-acts.list?_agrmts_ty...

(3) http://www.itu.int/cgi-bin/htsh/mm/scripts/mm.final-acts.list?_agrmts_type=ITR-88&_languageid=2

http://www.itu.int/ITU-T/itr/files/RESOLUTION%20%20121-F.doc

(4) http://www.itu.int/ITU-T/itr/files/RESOLUTION%20%20121-F.doc

Les paiements mobiles ont atteint une masse critique d’utilisateurs en Afrique de l’Est – Quelle est la prochaine étape ?

Vers la fin de l’année 2009, les services bancaires sur mobile ont finalement atteint une masse critique en Afrique de l’Est. Il a fallu un peu de temps aux opérateurs mobiles pour bien positionner leurs campagnes marketing et pour les utilisateurs de s’habituer à l’idée de transférer de l’argent qui n’est plus de l’argent liquide. Russell Southwood tire les leçons de ce processus et se demande quelle sera la prochaine étape.

Juste avant Noël, le nombre total d’utilisateurs du service bancaire mobile « M-Money » a franchi la barre d’un million en Tanzanie et compte plus de 500,000 utilisateurs en Ouganda. Le Kenya, pays pionnier dans ce type service, compte 7.6 millions d’utilisateurs et ce chiffre n’inclut pas les utilisateurs d’Orange Money ou ceux du concurrent Zain avec son produit Zap (400,000 utilisateurs). L’opérateur Essar quant à lui s’apprête à commercialiser son produit yuCash. Chacun de ces pays a atteint une masse critique d’utilisateurs.

Cette masse critique constitue le point crucial ou le nombre d’utilisateurs devient suffisamment important pour que les clients existants encouragent un plus grand nombre de personnes à utiliser le service en posant tout simplement la question « pourquoi est-ce que tu ne l’utilises pas? ». Au Kenya ou des données mensuelles sont disponibles pour le service M-Pesa, 591,000 utilisateurs ont été recensés six mois après son lancement. Deux mois plus tard, le chiffre frôlait un million et le reste c’est de l’histoire avec presque un doublement à ce point.

En Ouganda, M-Pesa a été testé après le Kenya mais des services plus récents comme MTN Money et Zap sont apparus comme des nouveautés sur le marché. Dix mois après son lancement commercial, MTN Money compte 413,000 utilisateurs en Ouganda et avec 2,600 nouveaux utilisateurs par jour, l’opérateur projette d’avoir plus d’un million de clients à la fin 2010. Zap Money qui a commencé à offrir ce service il y a seulement six moins deçà, frôle les 100,000 utilisateurs en Ouganda et a passé ce cap, il y a plusieurs mois déjà au Kenya et en Tanzanie.

Un élément important de l’adoption de MTN Money a été une force de vente directe comptant 760 personnes quadrillant les rues chaque jour. Ces vendeurs ont expliqué le service à la population et l’ont invité à s’inscrire : les utilisateurs doivent fournir une preuve de leur identité selon la réglementation bancaire en vigueur.

George Boozas, responsable du service Zap, corrobore cette idée : « nous devons nous rapprocher de nos clients sur le terrain et régulièrement les sensibiliser. Nous avons des vendeurs dans certaines zones qui expliquent le fonctionnement du service. En parallèle à notre équipe sur le terrain, nous nous appuyons aussi sur nos 30,000 vendeurs pour faire passer l’information ».

MTN pour sa part compte 606 agents dont 26 agents-chefs qui supervisent directement 200 des 606 agents. Zap a 3,000 revendeurs et estime qu’il reste de la marge pour étendre ce réseau. Tout comme MTN, Zap compte dans son réseau revendeurs un certain nombre de revendeurs-chef en charge d’un groupe de revendeurs. Au Kenya, Safaricom compte 12,000 agents et compte rationaliser sa relation avec ses revendeurs à travers des sociétés spécialisées dans l’activité de revente. L’opérateur Zain compte quant à lui 6,000 agents et Essar envisage de recruter jusqu’à 3,000 agents.

Le montant moyen d’un transfert avec MTN Money est de 70,000 shillings (36 dollars US) et le montant maximum d’un transfert est 1 million de shillings (514 dollars US). L’opérateur mobile est entrain de négocier avec la banque centrale de l’Ouganda, le relèvement du plafond du montant maximum à hauteur de 50 millions de shillings (25,720 dollars US). Le service Zap fonctionne sur le même principe que MTN Money et l’opérateur effectue 12,000 transferts par jour pour un montant moyen de 15 dollars US.

Les paiements mobiles sont en constante évolution. MTN Money compte lancer durant le premier trimestre 2010, un service de paiement des factures d’électricité, de gaz et d’eau. Zap, quant à lui explore l’idée d’étendre et d’intégrer son service aux transactions bancaires traditionnelles et aux paiements des factures d’électricité, de gaz et d’eau. Pour M-Money, la prochaine grosse étape dans cette bataille des paiements mobile sera l’intégration des transferts internationaux permettant à la diaspora d’envoyer de l’argent au pays.

En octobre 2009, Safaricom a lancé M-Pesa dans certains points de vente au Royaume-Uni. Les kenyans installés en Grande-Bretagne peuvent maintenant envoyer de l’argent à leur famille et amis au Kenya qui le recevront directement sur leur mobile. Durant la phase pilote Safaricom a travaillé avec Western Union, Provident Capital Transfer et Ken TV. 19 points de vente situés dans des zones géographiques avec une importante diaspora kenyane avaient été sélectionnés pour la phase pilote.

Les frais de transfert varient entre 4£ et 6.90£. Au niveau international, les frais de transfert représente entre 6-17% du montant du transfert par conséquent ces frais ne seront qu’attractifs pour des transactions plus élevées. Le montant maximum d’un transfert international via M-Pesa est de 250£ avec une limite mensuelle de transfert par utilisateur fixée à 1,000 £ au Royaume-Uni.

En Afrique, les paiements mobiles sont en passe de gagner plus de poids. Zap est maintenant disponible dans tous les pays de l’Afrique de l’Est où Zain est présent et l’opérateur envisage d’étendre ce service à l’ensemble de ces 22 opérations avant la fin 2010. Selon George Boozas, « le Nigéria est prêt pour le lancement de Zap. Le service sera ensuite déployé dans trois autres pays ». MTN a lancé son service en Ouganda et au Ghana et compte bientôt le lancer aussi au Rwanda et dans les autres pays où MTN est présent. Orange Money a été lancé en Côte d’Ivoire et au Kenya et comme les autres opérateurs, Orange compte déployer ce service dans tous les pays africains où il opère.

Satellite et fibre optique : Bons amis ou pires ennemis ?

Avant SAT3, la plupart des pays africains étaient desservis par des satellites. Avec la mise en service de SAT3 en mai 2002, la situation devait évoluer sur les marchés de la connectivité en Afrique et le renforcement de la concurrence qu'’elle devait entraîner aurait du faire baisser les prix. Russell Southwood analyse ce qui s'’est réellement passé et ce qui pourrait changer à l'’avenir.

Avant SAT3, la plupart des pays africains étaient desservis par des satellites. Avec la mise en service de SAT3 en mai 2002, la situation devait évoluer sur les marchés de la connectivité en Afrique et le renforcement de la concurrence qu'’elle devait entraîner aurait du faire baisser les prix. Russell Southwood analyse ce qui s'’est réellement passé et ce qui pourrait changer à l'’avenir.

Le câble SAT3 relie Lisbonne à l'’Afrique du Sud en passant par la côte ouest africaine. SAT3/WASC/SAFE (si l'’on inclut tous ses points d'’atterrissement) a été financé et construit par un consortium de 36 entreprises comprenant les sociétés de télécommunications suivantes, installées dans les pays africains reliés : Angola Telecom, Camtel, Côte D'’Ivoire Telecom, NITEL, OPT Bénin, OPT Gabon, SONATEL, Telecom Namibia et Telkom South Africa. L'’Afrique de l'’est n'’est pas couverte par le réseau de fibres optiques et il existe peu de connexions par fibres internes sur le continent, à l'’exception des grandes villes.

Le câble SAT3 relie Lisbonne à l'’Afrique du Sud en passant par la côte ouest africaine. SAT3/WASC/SAFE (si l'’on inclut tous ses points d'’atterrissement) a été financé et construit par un consortium de 36 entreprises comprenant les sociétés de télécommunications suivantes, installées dans les pays africains reliés : Angola Telecom, Camtel, Côte D'’Ivoire Telecom, NITEL, OPT Bénin, OPT Gabon, SONATEL, Telecom Namibia et Telkom South Africa. L'’Afrique de l'’est n'’est pas couverte par le réseau de fibres optiques et il existe peu de connexions par fibres internes sur le continent, à l'’exception des grandes villes.

Telkom South Africa est l'’administrateur du consortium et les principales décisions sont prises lors des réunions du consortium : par exemple, la récente décision de doubler la capacité pour la faire passer de 20 à 40 Gbits/s. La capacité maximale sera de 120 Gbits/s.

Telkom South Africa est l'’administrateur du consortium et les principales décisions sont prises lors des réunions du consortium : par exemple, la récente décision de doubler la capacité pour la faire passer de 20 à 40 Gbits/s. La capacité maximale sera de 120 Gbits/s.

L'’accès à la capacité de transmission par fibres optiques peut être obtenu de deux manières : soit directement via l'’opérateur national (par exemple SONATEL pour le Sénégal) chargé de la vente entre son pays et Lisbonne, soit par l'’intermédiaire d'’une capacité "« pool" » non utilisée. Les opérateurs peuvent choisir de ne pas passer par la société de télécommunication établie grâce à un droit d'’usage irrévocable (IRU, Indefeasible Right of Use) octroyé par Telkom South Africa, l'’administrateur du réseau câblé. Toutefois, les membres établis du consortium disposent d'’un droit de refus préalable sur cette capacité. Par ailleurs, ils ne peuvent pas appliquer un prix supérieur à celui du pool.

L'’accès à la capacité de transmission par fibres optiques peut être obtenu de deux manières : soit directement via l'’opérateur national (par exemple SONATEL pour le Sénégal) chargé de la vente entre son pays et Lisbonne, soit par l'’intermédiaire d'’une capacité "« pool" » non utilisée. Les opérateurs peuvent choisir de ne pas passer par la société de télécommunication établie grâce à un droit d'’usage irrévocable (IRU, Indefeasible Right of Use) octroyé par Telkom South Africa, l'’administrateur du réseau câblé. Toutefois, les membres établis du consortium disposent d'’un droit de refus préalable sur cette capacité. Par ailleurs, ils ne peuvent pas appliquer un prix supérieur à celui du pool.

En ce qui concerne leur propre capacité, les opérateurs ont le monopole pendant toute la durée de vie de la fibre. Cette situation ne poserait pas de problème s'’il existait une concurrence avec d'’autres opérateurs de fibre optique, mais elle les place en réalité dans une position quasiment inexpugnable pour des raisons que nous expliquerons plus tard.

En ce qui concerne leur propre capacité, les opérateurs ont le monopole pendant toute la durée de vie de la fibre. Cette situation ne poserait pas de problème s'’il existait une concurrence avec d'’autres opérateurs de fibre optique, mais elle les place en réalité dans une position quasiment inexpugnable pour des raisons que nous expliquerons plus tard.

L'’introduction progressive des seconds opérateurs nationaux soulève des problèmes de concurrence. En tant que nouveaux venus ils devront obtenir leur capacité en invoquant la clause IRU, la quantité et le prix étant fixés par l'’administrateur, Telkom South Africa, l'’une des sociétés de télécommunication établies les plus puissantes du continent. Pour être concurrentiels au niveau international, les seconds opérateurs nationaux tels que Nigeria'’s Globacom devront bénéficier de prix compétitifs sur les services de fibre optique.

L'’introduction progressive des seconds opérateurs nationaux soulève des problèmes de concurrence. En tant que nouveaux venus ils devront obtenir leur capacité en invoquant la clause IRU, la quantité et le prix étant fixés par l'’administrateur, Telkom South Africa, l'’une des sociétés de télécommunication établies les plus puissantes du continent. Pour être concurrentiels au niveau international, les seconds opérateurs nationaux tels que Nigeria'’s Globacom devront bénéficier de prix compétitifs sur les services de fibre optique.

Bien que nous ne disposions, à l'’heure actuelle, d'’aucune vue d'’ensemble du marché de la connectivité par fibre et par satellite en provenance et à destination de l'’Afrique, les meilleures estimations empiriques indiquent que la fibre représente 10 à 15 % du marché global, le reste étant occupé par le satellite. Les sociétés de télécommunication établies ont mis du temps à réagir dans certains pays et certaines ont pris la décision marketing de ne pas vendre la capacité en gros, craignant par exemple que les fournisseurs d'’accès Internet proposent des services VOIP (voix sur IP).

Bien que nous ne disposions, à l'’heure actuelle, d'’aucune vue d'’ensemble du marché de la connectivité par fibre et par satellite en provenance et à destination de l'’Afrique, les meilleures estimations empiriques indiquent que la fibre représente 10 à 15 % du marché global, le reste étant occupé par le satellite. Les sociétés de télécommunication établies ont mis du temps à réagir dans certains pays et certaines ont pris la décision marketing de ne pas vendre la capacité en gros, craignant par exemple que les fournisseurs d'’accès Internet proposent des services VOIP (voix sur IP).

La répartition de la capacité réelle entre la fibre et le satellite avoisine plus probablement 40/60 %, mais pour le moment, les opérateurs satellite ne s'’inquiètent pas pour leurs marchés et ce pour trois raisons.

La répartition de la capacité réelle entre la fibre et le satellite avoisine plus probablement 40/60 %, mais pour le moment, les opérateurs satellite ne s'’inquiètent pas pour leurs marchés et ce pour trois raisons.

- D'’abord, pour se connecter à SAT3, il faut une connexion par fibres et à l'’heure actuelle, il est difficile d'’obtenir ce type de connexion même dans les villes. Les dirigeants de NITEL promettent de fournir ces connexions mais cela prendra du temps. Les opérateurs satellite restent sceptiques, ce qui peut se comprendre. Peter McBride de Panamsat nous a déclaré : "« Au Nigeria par exemple, Victoria Island peut être une réussite, mais la mise en place des services câblés à l'"échelle nationale prendra 5 à 10 ans. "« 

- D'’abord, pour se connecter à SAT3, il faut une connexion par fibres et à l'’heure actuelle, il est difficile d'’obtenir ce type de connexion même dans les villes. Les dirigeants de NITEL promettent de fournir ces connexions mais cela prendra du temps. Les opérateurs satellite restent sceptiques, ce qui peut se comprendre. Peter McBride de Panamsat nous a déclaré : "« Au Nigeria par exemple, Victoria Island peut être une réussite, mais la mise en place des services câblés à l'"échelle nationale prendra 5 à 10 ans. "« 

- Ensuite, les opérateurs de connexions par fibre et par satellite prévoient une croissance du marché.

- Ensuite, les opérateurs de connexions par fibre et par satellite prévoient une croissance du marché.

Le consensus sur la croissance du marché est presque unanime. Comme nous l'’a affirmé le représentant d'’un opérateur international de premier plan : "« Nos ventes de capacité sur le câble SAT3 augmenteront de 50 % par an au minimum. Le goulet d'"étranglement se situera au niveau de l'"accès aux connexions sur fibre optique dans chaque pays." » Dan Goldberg de New Skies indique une croissance mondiale de 6 à 11 % et estime que ces chiffres seront les mêmes sur le continent. On a constaté une demande importante entre les Etats-Unis et l'’Afrique et le Moyen-Orient, ainsi qu'’entre l'’Afrique de l'’Ouest et le Moyen-Orient et l'’Asie. En bout de chaîne, un fournisseur de solutions tel que Q-Kon a connu une croissance annuelle de 100 %.

Le consensus sur la croissance du marché est presque unanime. Comme nous l'’a affirmé le représentant d'’un opérateur international de premier plan : "« Nos ventes de capacité sur le câble SAT3 augmenteront de 50 % par an au minimum. Le goulet d'"étranglement se situera au niveau de l'"accès aux connexions sur fibre optique dans chaque pays." » Dan Goldberg de New Skies indique une croissance mondiale de 6 à 11 % et estime que ces chiffres seront les mêmes sur le continent. On a constaté une demande importante entre les Etats-Unis et l'’Afrique et le Moyen-Orient, ainsi qu'’entre l'’Afrique de l'’Ouest et le Moyen-Orient et l'’Asie. En bout de chaîne, un fournisseur de solutions tel que Q-Kon a connu une croissance annuelle de 100 %.

- Enfin, l'’Afrique est un continent dont la population vit en majorité dans les zones rurales, qui seront desservies par satellite dans un avenir proche.

- Enfin, l'’Afrique est un continent dont la population vit en majorité dans les zones rurales, qui seront desservies par satellite dans un avenir proche.

Même dans les scénaris d'’avenir les plus pessimistes pour les opérateurs satellite, tout indique que le satellite reste un créneau niche en Europe et en Amérique du Nord. Comme l'’a déclaré Rodney Benn de Panamsat : "« Toutes les sociétés européennes dotées de réseaux de fibres denses ont également des réseaux satellite. Elles ne vont pas disparaître. Leurs tarifs mensuels sont plus chers, mais ce qui est intéressant avec le satellite, c'"est que vous avez un contrôle direct." ».

Même dans les scénaris d'’avenir les plus pessimistes pour les opérateurs satellite, tout indique que le satellite reste un créneau niche en Europe et en Amérique du Nord. Comme l'’a déclaré Rodney Benn de Panamsat : "« Toutes les sociétés européennes dotées de réseaux de fibres denses ont également des réseaux satellite. Elles ne vont pas disparaître. Leurs tarifs mensuels sont plus chers, mais ce qui est intéressant avec le satellite, c'"est que vous avez un contrôle direct." ».

Il est presque impossible de comparer directement les tarifs mais l'’impact de la fibre optique sur le satellite devrait se clarifier, et le mieux que l'’on puisse dire c'’est qu'’elle gagne un peu de terrain. Même si certaines sociétés de télécommunications établies ont adopté une politique de prix plus équitable, d'’autres par contre se contentent de maintenir leurs tarifs légèrement en dessous des tarifs du satellite. Heureusement pour l'’utilisateur, la concurrence sur le marché du satellite semble entraîner une baisse générale des tarifs.

Il est presque impossible de comparer directement les tarifs mais l'’impact de la fibre optique sur le satellite devrait se clarifier, et le mieux que l'’on puisse dire c'’est qu'’elle gagne un peu de terrain. Même si certaines sociétés de télécommunications établies ont adopté une politique de prix plus équitable, d'’autres par contre se contentent de maintenir leurs tarifs légèrement en dessous des tarifs du satellite. Heureusement pour l'’utilisateur, la concurrence sur le marché du satellite semble entraîner une baisse générale des tarifs.

Le coût d'’un E1 via SAT3 est basé sur la distance mais si vous prenez un pays comme le Nigeria ou le Ghana, un demi-circuit coûte environ 6000 USD. Or, ce même demi-circuit vers l'’Afrique du Sud coûte 12 000 USD. Mais l'’écart de prix significatif se situe sur l'’autre moitié du circuit. En Afrique de l'’Ouest, les opérateurs nationaux appliquent plus ou moins le même prix pour leur demi-circuit. Mais Telkom South Africa facture un prix 4 à 5 fois plus élevé pour son demi-circuit. Pourquoi ? Parce qu'’elle n'’a pas de concurrents et a donc les mains libres. Est-ce que cette situation changera dans un avenir proche ? Non, à moins que les prix du satellite baissent ou qu'’un autre réseau de fibres optiques vers l'’Europe soit mis en place.

Le coût d'’un E1 via SAT3 est basé sur la distance mais si vous prenez un pays comme le Nigeria ou le Ghana, un demi-circuit coûte environ 6000 USD. Or, ce même demi-circuit vers l'’Afrique du Sud coûte 12 000 USD. Mais l'’écart de prix significatif se situe sur l'’autre moitié du circuit. En Afrique de l'’Ouest, les opérateurs nationaux appliquent plus ou moins le même prix pour leur demi-circuit. Mais Telkom South Africa facture un prix 4 à 5 fois plus élevé pour son demi-circuit. Pourquoi ? Parce qu'’elle n'’a pas de concurrents et a donc les mains libres. Est-ce que cette situation changera dans un avenir proche ? Non, à moins que les prix du satellite baissent ou qu'’un autre réseau de fibres optiques vers l'’Europe soit mis en place.

En revanche, le coût du câble après Lisbonne fait l'’objet d'’une concurrence acharnée et, comme le fait remarquer Nicky Popoola de Cable and Wireless : "« Les tarifs des opérateurs étrangers sont très proches. Nous sommes en concurrence avec un très grand nombre d'"opérateurs." »

En revanche, le coût du câble après Lisbonne fait l'’objet d'’une concurrence acharnée et, comme le fait remarquer Nicky Popoola de Cable and Wireless : "« Les tarifs des opérateurs étrangers sont très proches. Nous sommes en concurrence avec un très grand nombre d'"opérateurs." »

Quatre opérateurs satellite principaux couvrent le continent : Inmarsat, Intelsat, New Skies et Panamsat. La détermination des tarifs du satellite est toujours compliquée. Il faut prendre en compte des facteurs tels que la puissance de transmission et le niveau de support. Toutefois, si vous vous basez sur ce qu'’on pourrait décrire comme une largeur de bande "« brute" », les prix baissent à tel point que plusieurs opérateurs estiment que leur activité devient de moins en moins rentable. A première vue, on pourrait penser que cette estimation est normale venant des opérateurs, mais peut-être ont-ils raison.

Quatre opérateurs satellite principaux couvrent le continent : Inmarsat, Intelsat, New Skies et Panamsat. La détermination des tarifs du satellite est toujours compliquée. Il faut prendre en compte des facteurs tels que la puissance de transmission et le niveau de support. Toutefois, si vous vous basez sur ce qu'’on pourrait décrire comme une largeur de bande "« brute" », les prix baissent à tel point que plusieurs opérateurs estiment que leur activité devient de moins en moins rentable. A première vue, on pourrait penser que cette estimation est normale venant des opérateurs, mais peut-être ont-ils raison.

Selon un opérateur qui décrit la situation en Afrique de l'’Ouest, les prix sont passés de 5000 USD/Mbits/s à 3000 ou 3500 USD/Mbits/s : "« Nous avons atteint un point où nous ne pouvons pas physiquement vendre moins cher si nous voulons respecter notre seuil de rentabilité." » Un autre opérateur indique que les prix sont descendus jusqu'’à 2000  USD : "« Nous ne pouvons pas descendre beaucoup plus bas. Nous avons déjà revu à la baisse notre structure de coûts." » Par ailleurs, les prix varient beaucoup sur le continent. Les responsables de Telkom Kenya nous ont indiqué qu'’ils payaient 6000 USD/Mbits/s et qu'’ils vendaient à perte. L’Afrique de l’Est n'’a pas accès au câble à fibres optiques sous-marin. Certains opérateurs affirment qu'’ils se retrouvent en concurrence avec des sociétés offrant jusqu'’à 1000 USD/Mbits/s.

Selon un opérateur qui décrit la situation en Afrique de l'’Ouest, les prix sont passés de 5000 USD/Mbits/s à 3000 ou 3500 USD/Mbits/s : "« Nous avons atteint un point où nous ne pouvons pas physiquement vendre moins cher si nous voulons respecter notre seuil de rentabilité." » Un autre opérateur indique que les prix sont descendus jusqu'’à 2000  USD : "« Nous ne pouvons pas descendre beaucoup plus bas. Nous avons déjà revu à la baisse notre structure de coûts." » Par ailleurs, les prix varient beaucoup sur le continent. Les responsables de Telkom Kenya nous ont indiqué qu'’ils payaient 6000 USD/Mbits/s et qu'’ils vendaient à perte. L’Afrique de l’Est n'’a pas accès au câble à fibres optiques sous-marin. Certains opérateurs affirment qu'’ils se retrouvent en concurrence avec des sociétés offrant jusqu'’à 1000 USD/Mbits/s.

Et comme Dan Goldberg de New Skies nous l'’a déclaré : "« A un certain niveau, vous atteignez un point en dessous duquel vous ne pouvez pas fonctionner. Si nous atteignons ce point, nous disparaîtrons de ce marché. Nous sommes assez rigoureux sur les marges. Mais nous n'"avons pas encore atteint ce point en Afrique." » Le coût et la disponibilité du satellite sont également affectés par les problèmes liés à la réglementation. En particulier, l'’Afrique du Sud n'’a pas accordé de licence à VSAT. En outre, le prix d'’achat des licences VSAT reste ridiculement élevé dans certains pays.

Et comme Dan Goldberg de New Skies nous l'’a déclaré : "« A un certain niveau, vous atteignez un point en dessous duquel vous ne pouvez pas fonctionner. Si nous atteignons ce point, nous disparaîtrons de ce marché. Nous sommes assez rigoureux sur les marges. Mais nous n'"avons pas encore atteint ce point en Afrique." » Le coût et la disponibilité du satellite sont également affectés par les problèmes liés à la réglementation. En particulier, l'’Afrique du Sud n'’a pas accordé de licence à VSAT. En outre, le prix d'’achat des licences VSAT reste ridiculement élevé dans certains pays.

Selon les déclarations d'’un opérateur satellite : "« En Afrique, la première question est toujours le prix. Tous ceux qui utilisent le satellite sont très sensibles aux prix, mais c'"est une vision très limitée. Vous n'"obtenez que ce pour quoi vous avez payé." »

Selon les déclarations d'’un opérateur satellite : "« En Afrique, la première question est toujours le prix. Tous ceux qui utilisent le satellite sont très sensibles aux prix, mais c'"est une vision très limitée. Vous n'"obtenez que ce pour quoi vous avez payé." »

Certains parviennent à facturer plus que le prix de la largeur de bande "« brute" » en offrant un encadrement des services et en installant des réseaux inter-état. Par exemple, Dawie De Wet de Q-Kon se considère comme "« le fournisseur de solutions d'"infrastructure IP" ». Les autres opérateurs de ce marché sont : IP-Planet, Gillat, Afsat et le nouveau venu IP Direct (voir Actualités Internet ci-dessous).

Certains parviennent à facturer plus que le prix de la largeur de bande "« brute" » en offrant un encadrement des services et en installant des réseaux inter-état. Par exemple, Dawie De Wet de Q-Kon se considère comme "« le fournisseur de solutions d'"infrastructure IP" ». Les autres opérateurs de ce marché sont : IP-Planet, Gillat, Afsat et le nouveau venu IP Direct (voir Actualités Internet ci-dessous).

Désormais, les revendeurs offrent à la fois des connexions satellite et fibres optiques à leurs clients en se basant sur les prix et sur l'’adéquation. Le satellite et la fibre optique coexisteront sans problème sur un marché en pleine croissance, mais la fibre optique doit encore montrer son potentiel en termes d'’impact concurrentiel sur le marché.

Désormais, les revendeurs offrent à la fois des connexions satellite et fibres optiques à leurs clients en se basant sur les prix et sur l'’adéquation. Le satellite et la fibre optique coexisteront sans problème sur un marché en pleine croissance, mais la fibre optique doit encore montrer son potentiel en termes d'’impact concurrentiel sur le marché.

Côte d’Ivoire Télécom lance l’ADSL

Depuis le 16 décembre 2003, Côte d’Ivoire Télécom propose l’ADSL, ecrit Mounir Diawara. Dans un premier temps et durant la phase de lancement, il n’y aura qu’une offre pour les particuliers, à 128/64 Kbps maximum de débit partagé (128 de réception, 64 d’émission). De même, seuls les abonnés des commutateurs suivants sont concernés (max 4 km): Cocody centre, 2-plateaux ENA, Angré, Bietry, Treichville.

Depuis le 16 décembre 2003, Côte d’Ivoire Télécom propose l’ADSL, ecrit Mounir Diawara. Dans un premier temps et durant la phase de lancement, il n’y aura qu’une offre pour les particuliers, à 128/64 Kbps maximum de débit partagé (128 de réception, 64 d’émission). De même, seuls les abonnés des commutateurs suivants sont concernés (max 4 km): Cocody centre, 2-plateaux ENA, Angré, Bietry, Treichville.

Les ISP (fournisseurs d’accès Internet) seront chargé de commercialiser l’offre. Pour pouvoir le faire, ils doivent s’inscrire auprès de Côte d’Ivoire Télécom (1.500.000 Fcfa HT de frais fixes et 1.000.000 Fcfa HT par mois).

Les ISP (fournisseurs d’accès Internet) seront chargé de commercialiser l’offre. Pour pouvoir le faire, ils doivent s’inscrire auprès de Côte d’Ivoire Télécom (1.500.000 Fcfa HT de frais fixes et 1.000.000 Fcfa HT par mois).

Le processus d’installation chez un client passe par une pré qualification de sa ligne téléphonique (par Côte d’Ivoire Télécom, à distance et sous 72 h), puis la commande et le paiement par le client à Côte d’Ivoire Télécom de l’option ADSL sur sa ligne téléphonique. Côte d’Ivoire Télécom lui envoie alors un kit comprenant un modem Thomson USB, le CD d’installation et un filtre (découpleur ligne RTC et port data) pour installation chez le client (à la charge de l’ISP).

Le processus d’installation chez un client passe par une pré qualification de sa ligne téléphonique (par Côte d’Ivoire Télécom, à distance et sous 72 h), puis la commande et le paiement par le client à Côte d’Ivoire Télécom de l’option ADSL sur sa ligne téléphonique. Côte d’Ivoire Télécom lui envoie alors un kit comprenant un modem Thomson USB, le CD d’installation et un filtre (découpleur ligne RTC et port data) pour installation chez le client (à la charge de l’ISP).

Les pré-tests ont concerné une cinquantaine d’utilisateurs (principalement des employés ou des proches de Côte d’Ivoire Télécom). Après une annonce de nature commerciale aux ISP le jeudi 4 décembre, ceux-ci ont eu droit à une présentation technique le jeudi 11 décembre.

Les pré-tests ont concerné une cinquantaine d’utilisateurs (principalement des employés ou des proches de Côte d’Ivoire Télécom). Après une annonce de nature commerciale aux ISP le jeudi 4 décembre, ceux-ci ont eu droit à une présentation technique le jeudi 11 décembre.

Toutes les lignes ne seront pas concernées. Le client final doit avoir un abonnement téléphonique avec une ligne satisfaisant aux conditions (être dans la zone de couverture, avoir une ligne téléphonique analogique dont la qualité du câble permet l’ADSL, pas de RNIS/ISDN). Il souscrit une option ADSL sur son abonnement téléphonique à Côte d’Ivoire Télécom, à 45.000 Fcfa HT de frais fixes plus 45.000 Fcfa HT par mois. Il doit aussi acheter le modem Thomson USB à 120.000 Fcfa HT. Et il devra enfin souscrire à l’offre ADSL de son ISP.

Toutes les lignes ne seront pas concernées. Le client final doit avoir un abonnement téléphonique avec une ligne satisfaisant aux conditions (être dans la zone de couverture, avoir une ligne téléphonique analogique dont la qualité du câble permet l’ADSL, pas de RNIS/ISDN). Il souscrit une option ADSL sur son abonnement téléphonique à Côte d’Ivoire Télécom, à 45.000 Fcfa HT de frais fixes plus 45.000 Fcfa HT par mois. Il doit aussi acheter le modem Thomson USB à 120.000 Fcfa HT. Et il devra enfin souscrire à l’offre ADSL de son ISP.

L’offre officielle au grand public a eu lieu dans le cadre d’une conférence de presse du Directeur Général, Michel Fayeaux où celui-ci faisait un bilan général de l’activité de son entreprise avant la fin du monopole prévue le 4 février 2004.

L’offre officielle au grand public a eu lieu dans le cadre d’une conférence de presse du Directeur Général, Michel Fayeaux où celui-ci faisait un bilan général de l’activité de son entreprise avant la fin du monopole prévue le 4 février 2004.

Depuis l’annonce officielle de l’ADSL, seuls AVISO (Côte d’Ivoire Multimédia, filiale à 100% de Côte d’Ivoire Télécom) et AFNET ont annoncé avoir souscrit à la possibilité d’offrir un service Internet par ce support.

Depuis l’annonce officielle de l’ADSL, seuls AVISO (Côte d’Ivoire Multimédia, filiale à 100% de Côte d’Ivoire Télécom) et AFNET ont annoncé avoir souscrit à la possibilité d’offrir un service Internet par ce support.

AVISO annonce un tarif de 35.000 Fcfa HT par mois (soit un total de 80.000 Fcfa HT par mois si on ajoute les frais de Côte d’Ivoire Télécom) et des frais fixes de 20.000 Fcfa HT à payer une seule fois (soit un total de 185.000 Fcfa HT en une fois si on rajoute les frais fixes de Côte d’Ivoire Télécom et l’achat du kit modem USB).

AVISO annonce un tarif de 35.000 Fcfa HT par mois (soit un total de 80.000 Fcfa HT par mois si on ajoute les frais de Côte d’Ivoire Télécom) et des frais fixes de 20.000 Fcfa HT à payer une seule fois (soit un total de 185.000 Fcfa HT en une fois si on rajoute les frais fixes de Côte d’Ivoire Télécom et l’achat du kit modem USB).

Les offres pour les entreprises seraient annoncées d’ici la fin du premier trimestre 2004 (débits jusqu’à 2 Mbps, connexion par routeur), de même que la couverture progressive des autres commutateurs d’Abidjan.

Les offres pour les entreprises seraient annoncées d’ici la fin du premier trimestre 2004 (débits jusqu’à 2 Mbps, connexion par routeur), de même que la couverture progressive des autres commutateurs d’Abidjan.

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