L'éditorial du mois

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Le gouvernement zambien renforce le monopole de Zamtel alors que le pays se prépare à plus de concurrence.

Alors que le processus de privatisation de Zamtel progresse, le gouvernement de la Zambie vient de proposer d’ajouter une partie importante du réseau fibre de la société publique d’électricité Zesco. Cette initiative renforcera « de facto » le monopole de Zamtel sur les infrastructures en contradiction avec un environnement plus compétitif défini par la nouvelle loi sur les TICs adoptée en décembre dernier. L’ajout d’infrastructure fibre dans la dot de l’opérateur historique est aussi intervenu au Ghana lorsque Vodafone a racheté Ghana Telecom. Russell Southwood analyse les effets que ces types de transferts ont sur la concurrence en termes de frein ou de soutien.

L’Agence de Développement de la Zambie est l’organisation chargée de la vente de Zamtel, une société publique. L’opérateur qui enregistre des pertes, a une masse salariale trop grande et opère le plus petit réseau mobile dans un pays qui compte seulement trois opérateurs. Huawei a construit pour le compte de Zamtel un réseau national en fibre mais ces travaux sont loin d’être achevés : en fait, il manque de liens qu’il n’est pas juste de le décrire comme un réseau national.

Zesco, la société d’électricité a au contraire déployé un réseau fibre dans les régions économiquement actives au centre du pays. Il s’étend de Lumwana/Solwezi au nord jusqu’à Sesheke au sud connectant le « copperbelt » à Lusaka et jusqu’aux frontières avec le Botswana et la Namibie. L’autorité de régulation des communications (CAZ) lui a attribué une licence de transporteur en gros.

Tandis que Zamtel continuait à protéger son monopole de passerelle internationale et facturait des prix élevés pour une connexion satellitaire, PCCW s’était associé à Zesco et d’autres pour déployer un lien international en fibre optique vers l’Afrique du Sud via la Namibie et l’Afrique du Sud. Il est intéressant de noter le prix de la portion du lien de Zesco était moins élevé que celui demandé par Telkom South Africa pour sa portion du lien.

En décembre 2008, le Ministre de la Communication de la Zambie a décidé de vendre 75% des parts qu’il détient dans Zamtel. Un an plus tard en décembre 2009, une liste des sociétés retenues ayant soumis une offre, a été publiée par l’Agence de Développement de la Zambie. Plus ou moins à la même époque, le Gouvernement a décidé que 7 des 12 paires de fibre faisant partie du réseau de Zesco seront données à Zamtel. Il s’agit clairement d’une tentative d’engraisser l’oie avant que l’on s’accorde sur le prix de vente. C’est sans doute compréhensible mais l’acheteur potentiel bénéficiera « de facto » d’un monopole sur le réseau national en fibre optique.

Sur les 12 paires de fibre que Zesco possède, 2 sont utilisées pour gérer son réseau de transmission électrique,7 paires reviendront à Zamtel, une paire est utilisée par MTN laissant 2 paires non utilisées. Zain et MTN sont aussi entrain de déployer des réseaux métropolitains en fibre optique dans les plus grandes villes et chaque opérateur a annoncé son intention de construire un réseau national en fibre. La société Realtime Technologies a établi un partenariat avec CEC, la seconde société électrique en Zambie qui dispose aussi d’un vaste réseau en fibre optique en particulier la région du « copperbelt ». Il s’agit donc bien d’abandonner un environnement concurrentiel en matière d’infrastructure avec des acteurs comme Zesco pour revenir à un modèle d’accès dont Zamtel sera l’unique pourvoyeur.

Les fournisseurs d’accès Internet s’opposent eux aussi à cette initiative. Un FAI nous a rapporté que « tous les fournisseurs n’en veulent pas. Nous avons une bonne entente de travail avec Zesco et nous faisons passer beaucoup de trafic sur leur lien. Si cette proposition est confirmée, je vais devoir déployer des liens en fibre et cela n’est pas mon métier. Nous envisageons aussi d’offrir des services de voix sur IP parce que les prix actuels des communications internationales sont toujours de l’ordre de 1.10 à 1.50 dollars US par minute ».

Le 23 décembre 2009, le Gouvernement annonçait par l’intermédiaire de l’Agence de Développement de la Zambie, la liste des sociétés retenues pour l’achat de Zamtel. Il s’agit de Bharat Sanchar Nigam Ltd, une société indienne, Unitel de l’Angola et LAP Green Networks de la Lybie. Unitel est le seul opérateur mobile privé en Angola avec la plus grande part de marché. Il compte aussi parmi ses actionnaires minoritaires la fille du Président que la presse locale décrit comme une « femme d’affaires et une entrepreneuse ». LAP Green Networks possède déjà les opérateurs historiques au Rwanda et en Ouganda. Suite à cette annonce, la société russe Altimo a été rajoutée à la liste des sociétés retenues. Altimo a des investissements à l’extérieur de l’Afrique dans Beeline, Megafon, Kyivstar et Turkcell. Dans une annonce presse parue en novembre dernier, la société annonçait que l’Afrique était devenue sa cible principale en termes d’investissements parce que les autres marchés sont arrivés à saturation.

Une situation similaire est entrain de se développer en Tanzanie mais en l’absence d’informations de la part du Gouvernement, il est plus difficile de juger de la tournure que prendront les événements. TTCL, l’opérateur historique est géré jusqu’à présent par Saskatel qui n’a pas trouvé un investisseur stratégique. Le Gouvernement a accepté une ligne de crédits chinoise permettant à Huawei de construire le réseau national en fibre optique. La Tanzanie compte plusieurs sociétés parapubliques qui ont déployé des liens en fibre optique en particulier la société d’électricité, TANESCO. A deux reprises, le Gouvernement a lancé des appels d’offres pour cette infrastructure mais sans succès. En résumé, le Gouvernement tanzanien a échoué d’établir une stratégie concernant le déploiement d’un réseau national, un contraste flagrant comparé à son voisin, le Kenya.

En Tanzanie, le réseau national est en construction : des gens ont vu des travailleurs chinois creuser des tranchés le long des routes et le Gouvernement a promis que le lien vers le nord sera établi en novembre 2010. Il n’est pas clair cependant quand le réseau sera vraiment opérationnel. Il paraît que le Gouvernement sera propriétaire de l’infrastructure fibre et que sa gestion sera assurée par TTCL par l’intermédiaire d’une filiale séparée.

TTCL n’a pas beaucoup d’expériences en matière de gestion réussie d’un réseau national en fibre optique. Le prix de la bande passante n’a pas encore été discuté mais le Ministre a mis en place un comité des opérateurs pour discuter des questions d’interconnexions. Des rumeurs circulent aussi concernant Vodacom qui aurait reçu le feu vert pour déployer un lien en fibre optique entre Arusha et Namanga et un consortium composé de Zain, Tigo, Simbanet et Zamtel avec des projets en matière d’infrastructure.

Entre temps, une offre de bande passante internationale moins chère est arrivé sur le marché mais il est impossible d’aller plus loin en raison de la lenteur à laquelle le Gouvernement de Tanzanie avance. Il n’a ni proposé de stratégie nationale en matière de déploiement d’infrastructure, ni permis au secteur privé de prendre l’initiative.

Selon les propos d’un opérateur local « le problème est le déploiement de la capacité internationale depuis Dar vers les autres régions du pays. Il y a plein de capacité en fibre dans le pays mais la situation demeure chaotique. Le Gouvernement envisage de donner la gestion du réseau national (en construction) à TTCL alors qu’il sera en concurrence avec les autres fournisseurs. Il reste plein de questions à régler concernant la gestion, le prix et l’absence totale de clarté ».

Au Kenya, par contre, KPLC a permis à trois opérateurs, Safaricom, Jamii Telecoms et le Groupe Wananchi, d’utiliser son réseau en fibre optique. Dans cette mesure, plusieurs fournisseurs peuvent faire des offres compétitives tout en partageant en même temps un seul réseau.

L’absence de vision en matière de développement et de gestion d’un réseau national n’est pas seulement un problème dans les pays de l’Afrique de l’Est. En Afrique de l’Ouest, la question est aussi à l’ordre du jour en particulier dans des pays comme le Bénin, le Nigéria et le Togo où l’opérateur historique est en phase de privatisation où le sera tôt ou tard.

Une nouvelle épidémie fiscale menace le secteur des télécommunications en Afrique : une augmentation de plus de 100% du prix des appels internationaux

Une nouvelle taxe sur les communications est entrain de se répendre comme une épidémie en Afrique. Elle s’ajoute au nombre élevé d’impôts qui frappent déjà le secteur des télécoms sur le continent. Il s’agit cette fois d’une taxe sur les appels entrants internationaux dont les coûts vont augmenter entre 20 et 100%. Dans cette période de récession économique mondiale, le coût de faire des affaires avec l’Afrique va augmenter de façon significative. Pis encore, cette nouvelle taxe est en contradiction avec la Convention de Melbourne qui a été signée par la majorité des pays africains. Isabelle Gross mène l’enquête sur cette nouvelle épidémie fiscale qui menace le secteur des télécoms en Afrique.

Au mois d’août dernier dans un article intitulé « Nouvelle taxe sur les communications internationales en Côte d’Ivoire: une marche à reculons ! », nous relations pour la première fois, l’introduction d’une taxe sur le trafic téléphonique international entrant en Côte d’Ivoire. Pour mémoire, cette taxe s’appliquait à toutes les communications téléphoniques internationales en provenance de l’étranger : elle incluait les appels internationaux entrants directs et en transit ainsi que les appels émis en roaming international vers la Côte d’Ivoire. Son montant était de 20 francs (0,03 Euro) soit une augmentation des prix en gros de terminaison ou de transit du trafic vers la Côte d’Ivoire de l’ordre de 20%. Suites aux actions de l’UNETEL, l’organisation patronale des opérateurs ivoiriens, qui est monté aux créneaux, le gouvernement ivoirien semble avoir fait marche arrière. Selon le journal officiel de la République de Côte d’Ivoire datée du 5 novembre 2009, l’ordonnance présidentielle n°2009-289 porte «suspension de la taxe sur l’interconnexion téléphonique internationale à la charge des entreprises installées en Côte d’Ivoire, instituée par l’article 54 de l’annexe fiscale à l’ordonnance n°2008-381 du 18 décembre 2008 portant budget de l’Etat pour la gestion 2009 ». Les opérateurs télécoms soufflent et la diaspora ivoirienne peut se réjouir de ne pas avoir à payer plus cher pour appeler le pays. Mais pour combien de temps ?

Malheureusement les nouvelles sont moins bonnes pour les gabonais. Son gouvernement représenté par le Ministère de la Communication, de la Poste, des Télécommunications et des nouvelles technologies de l’information vient par son arrêté n°359/MCPTNTI/Cab du 24 septembre 2009 d’introduire une taxe similaire et par la même occasion fixer les tarifs en gros des terminaisons fixes et mobiles vers le Gabon. Celles-ci s’établissent comme suit :

- 137 francs CFA (€0.2025) par minute pour la terminaison vers les réseaux mobiles

- 137 francs CFA (€0.2025) par minute pour la terminaison ver le réseau fixe

L’article 10 de l’arrêté précise que « les opérateurs reversent 72 CFA (€0.108) par minute de communication à l’Artel qui exécute une répartition avec l’opérateur technique pour les peines et soins, conformément aux dispositions du contrat ». Cette nouvelle taxe se traduit par une augmentation de 52.5% des prix en gros des terminaisons d’appels vers le Gabon. Pour le moins spectaculaire, cette augmentation va totalement dans le sens contraire de l’évolution des prix des appels internationaux à travers le monde.

Le 6 janvier dernier, l’agence de presse du Ghana (GNA) rapporte dans une de ses dépêches que Mr Haruna Iddrisu, Ministre des Communications a annoncé que le gouvernement du Ghana comptait établir cette année un centre de vérification des appels internationaux entrants. Selon GNA, le Ministre « estime que si cela est bien fait, le gouvernement génèrera 50 millions de dollars US supplémentaires par an sur les appels internationaux entrants ». Selon nos sources, le prix en gros de la terminaison d’un appel vers le Ghana va passer de 0.08/0.09 dollars US à 0.19 par minute. Il s’agit de plus du double du prix actuel! A noter aussi à travers ces exemples, que chaque gouvernement qui a instauré ou envisage d’instaurer cette taxe devient plus vorace. En Côte d’Ivoire, il s’agissait d’une augmentation de 20% avec le Gabon c’est une augmentation de 52.5% tandis qu’au Ghana l’augmentation sera de plus de 100% ! Pour justifier cette envolée des prix, les gouvernements des pays respectifs estiment que l’établissement d’un centre de vérification permettra de mettre fin aux fraudes et aux « routes grises ». Cette argumentation est pour le moins simpliste et de courte vue. Au contraire, elle encouragera le développement de routes alternatives. Prenez seulement l’exemple du Gabon où le prix en gros de la terminaison d’un appel local est de 40 FCFA (0.06€) tandis que celui d’un appel international entrant va passer à 137 FCFA (0.2025€) soit plus de trois plus – cet écart est tout simplement une invitation à créer des routes grises !

Sur le plan économique, l’augmentation des prix de la terminaison se traduira par une baisse du volume des appels internationaux entrants et une baisse du chiffre d’affaires des opérateurs télécoms se traduisant à terme par une baisse des recettes fiscales générées par ce secteur. Pour les acteurs locaux du secteur des télécoms et plus généralement pour ceux des TIC, cette taxe freinera le développement des activités de « hubing » (à ce prix qui va vouloir faire transiter son trafic via le Ghana par exemple ?) et des activités d’externalisation des services des pays développés vers ces pays. Selon Gabriel Solomon, Senior Vice Président de l’Association GSM à qui nous avons soumis ce problème « cette taxe particulière dont vous parlez sur les appels internationaux entrants, est une mesure à court terme générant de l’argent liquide pour les gouvernements. Elle aura un impact très négatif sur la compétitivité internationale du pays et réduira le montant des investissements étrangers directs réduisant par conséquent l’assiette fiscale des gouvernements: c’est contre-productif. La taxe va aussi heurter les flux commerciaux entrants et sortants du pays et le négoce aura à faire face à une massive augmentation des coûts de transactions. Nous sommes contre ces types de taxe parce qu’elles font tort à l’ensemble des partenaires et nous préconisons qu’elles soient immédiatement supprimées ». Des remarques similaires nous ont été faites par Mr El Hadji Babacar Ba, responsable de la réglementation à Tigo, un opérateur mobile au Sénégal. Selon lui, l’introduction éventuelle d’une telle taxe aurait des conséquences désastreuses pour les télécommunications au Sénégal. Rien n’est sur pour l’instant quant à la tournure des événements dans ce pays. Cela dit le démenti de presse que l’ARTP a publié suite à un article publié dans Le Populaire du 25 septembre évoquant l’introduction de cette taxe, laisse à penser qu’il y a anguille sous roche.

Avant que le Sénégal ou le Ghana ne s’engagent dans cette voie sans issue, permettons-nous de leur rappeler ainsi qu’autres Etats mis en cause dans cette article qu’il leur faut respecter les accords internationaux qu’ils ont signés. Cette taxe sur les appels entrants internationaux va à l’encontre de la Convention de Melbourne de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT) de 1988 de l’accord sur le commerce des services de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) de 1998.

La convention de Melbourne qui a été signée par une majorité de pays africains comprend un Règlement des Télécommunications Internationales (RTI) qui stipule dans son article 6 intitulé « Taxation et comptabilité » à l’alinéa .1.3 « Quand la législation nationale d'un pays prévoit l'application d'une taxe fiscale sur la taxe de perception pour les services internationaux de télécommunication, cette taxe fiscale n'est normalement perçue que pour les services internationaux facturés aux clients de ce pays, à moins que d'autres arrangements soient conclus pour faire face à des circonstances spéciales. » Il ressort clairement que cette nouvelle taxe sur les appels entrants sera payée par l’appelant à l’étranger et par conséquent elle est en violation directe avec les règles définies par le Règlement des Télécommunications Internationales qui s’appliquent à tous les pays signataires de la convention de Melbourne.

Dans leur plaidoyer en faveur de la suppression de la taxe sur les appels entrants internationaux, les opérateurs mobiles gabonais ont souligné que «l’annexe du quatrième protocole d’Accord sur le Commerce des Services (AGCS), Accord sur les télécommunications de base, négocié sous les auspices de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) en février 1997, entré en vigueur le 1er janvier 1998, les taxes de répartition telles que les tarifs d’interconnexion nationaux doivent tendre vers les coûts. En d’autres termes, les taxes de répartition ne doivent pas être plus élevées que les tarifs d’interconnexion locaux (sauf prise en compte du coût additionnel minimal du segment international).Au vue de ces deux articles, il apparaît clairement qu’aucune redevance ne doit être appliquée au trafic international entrant ». Si l’ARTEL, l’autorité de régulation et le Ministère de la Communication, de la Poste, des Télécommunications et des nouvelles technologies de l’information ne reviennent pas sur leur décision, le seul recours sera le tribunal – un processus lent durant lequel l’arrêté en question continuera à s’appliquer !

Avec le nombre grandissant de pays africains qui ont ou envisagent d’instaurer une telle taxe, il s’agit d’une nouvelle épidémie fiscale. Son introduction dans un pays africain stimulera d’autres pays à faire de même. Pour lutter contre cette infection, il faut bien sur traiter le patient mais aussi mettre en place des mesures pour éviter la contagion. Dans ce sens il faut saluer et encourager des actions comme celle de la COFTEL (conférence des opérateurs et fournisseurs des télécommunications) qui à Ouagadougou au mois de novembre dernier a demandé à l’UEMOA de sensibiliser les chefs d’Etat des pays de l’UEMOA à ne pas s’embarquer dans cette politique qui aura des conséquences économiques négatives. « Trop d'impôt, tue l'impôt ».

http://www.ghananewsagency.org/s_economics/r_11076/

(1) http://www.ghananewsagency.org/s_economics/r_11076/

http://www.artp-senegal.org/telecharger/document_

Mise_au_point_de_lARTP_au_Populaire__287.pdf

(2) http://www.artp-senegal.org/telecharger/document_

Mise_au_point_de_lARTP_au_Populaire__287.pdf

http://www.itu.int/cgi-bin/htsh/mm/scripts/mm.final-acts.list?_agrmts_ty...

(3) http://www.itu.int/cgi-bin/htsh/mm/scripts/mm.final-acts.list?_agrmts_type=ITR-88&_languageid=2

http://www.itu.int/ITU-T/itr/files/RESOLUTION%20%20121-F.doc

(4) http://www.itu.int/ITU-T/itr/files/RESOLUTION%20%20121-F.doc

Les paiements mobiles ont atteint une masse critique d’utilisateurs en Afrique de l’Est – Quelle est la prochaine étape ?

Vers la fin de l’année 2009, les services bancaires sur mobile ont finalement atteint une masse critique en Afrique de l’Est. Il a fallu un peu de temps aux opérateurs mobiles pour bien positionner leurs campagnes marketing et pour les utilisateurs de s’habituer à l’idée de transférer de l’argent qui n’est plus de l’argent liquide. Russell Southwood tire les leçons de ce processus et se demande quelle sera la prochaine étape.

Juste avant Noël, le nombre total d’utilisateurs du service bancaire mobile « M-Money » a franchi la barre d’un million en Tanzanie et compte plus de 500,000 utilisateurs en Ouganda. Le Kenya, pays pionnier dans ce type service, compte 7.6 millions d’utilisateurs et ce chiffre n’inclut pas les utilisateurs d’Orange Money ou ceux du concurrent Zain avec son produit Zap (400,000 utilisateurs). L’opérateur Essar quant à lui s’apprête à commercialiser son produit yuCash. Chacun de ces pays a atteint une masse critique d’utilisateurs.

Cette masse critique constitue le point crucial ou le nombre d’utilisateurs devient suffisamment important pour que les clients existants encouragent un plus grand nombre de personnes à utiliser le service en posant tout simplement la question « pourquoi est-ce que tu ne l’utilises pas? ». Au Kenya ou des données mensuelles sont disponibles pour le service M-Pesa, 591,000 utilisateurs ont été recensés six mois après son lancement. Deux mois plus tard, le chiffre frôlait un million et le reste c’est de l’histoire avec presque un doublement à ce point.

En Ouganda, M-Pesa a été testé après le Kenya mais des services plus récents comme MTN Money et Zap sont apparus comme des nouveautés sur le marché. Dix mois après son lancement commercial, MTN Money compte 413,000 utilisateurs en Ouganda et avec 2,600 nouveaux utilisateurs par jour, l’opérateur projette d’avoir plus d’un million de clients à la fin 2010. Zap Money qui a commencé à offrir ce service il y a seulement six moins deçà, frôle les 100,000 utilisateurs en Ouganda et a passé ce cap, il y a plusieurs mois déjà au Kenya et en Tanzanie.

Un élément important de l’adoption de MTN Money a été une force de vente directe comptant 760 personnes quadrillant les rues chaque jour. Ces vendeurs ont expliqué le service à la population et l’ont invité à s’inscrire : les utilisateurs doivent fournir une preuve de leur identité selon la réglementation bancaire en vigueur.

George Boozas, responsable du service Zap, corrobore cette idée : « nous devons nous rapprocher de nos clients sur le terrain et régulièrement les sensibiliser. Nous avons des vendeurs dans certaines zones qui expliquent le fonctionnement du service. En parallèle à notre équipe sur le terrain, nous nous appuyons aussi sur nos 30,000 vendeurs pour faire passer l’information ».

MTN pour sa part compte 606 agents dont 26 agents-chefs qui supervisent directement 200 des 606 agents. Zap a 3,000 revendeurs et estime qu’il reste de la marge pour étendre ce réseau. Tout comme MTN, Zap compte dans son réseau revendeurs un certain nombre de revendeurs-chef en charge d’un groupe de revendeurs. Au Kenya, Safaricom compte 12,000 agents et compte rationaliser sa relation avec ses revendeurs à travers des sociétés spécialisées dans l’activité de revente. L’opérateur Zain compte quant à lui 6,000 agents et Essar envisage de recruter jusqu’à 3,000 agents.

Le montant moyen d’un transfert avec MTN Money est de 70,000 shillings (36 dollars US) et le montant maximum d’un transfert est 1 million de shillings (514 dollars US). L’opérateur mobile est entrain de négocier avec la banque centrale de l’Ouganda, le relèvement du plafond du montant maximum à hauteur de 50 millions de shillings (25,720 dollars US). Le service Zap fonctionne sur le même principe que MTN Money et l’opérateur effectue 12,000 transferts par jour pour un montant moyen de 15 dollars US.

Les paiements mobiles sont en constante évolution. MTN Money compte lancer durant le premier trimestre 2010, un service de paiement des factures d’électricité, de gaz et d’eau. Zap, quant à lui explore l’idée d’étendre et d’intégrer son service aux transactions bancaires traditionnelles et aux paiements des factures d’électricité, de gaz et d’eau. Pour M-Money, la prochaine grosse étape dans cette bataille des paiements mobile sera l’intégration des transferts internationaux permettant à la diaspora d’envoyer de l’argent au pays.

En octobre 2009, Safaricom a lancé M-Pesa dans certains points de vente au Royaume-Uni. Les kenyans installés en Grande-Bretagne peuvent maintenant envoyer de l’argent à leur famille et amis au Kenya qui le recevront directement sur leur mobile. Durant la phase pilote Safaricom a travaillé avec Western Union, Provident Capital Transfer et Ken TV. 19 points de vente situés dans des zones géographiques avec une importante diaspora kenyane avaient été sélectionnés pour la phase pilote.

Les frais de transfert varient entre 4£ et 6.90£. Au niveau international, les frais de transfert représente entre 6-17% du montant du transfert par conséquent ces frais ne seront qu’attractifs pour des transactions plus élevées. Le montant maximum d’un transfert international via M-Pesa est de 250£ avec une limite mensuelle de transfert par utilisateur fixée à 1,000 £ au Royaume-Uni.

En Afrique, les paiements mobiles sont en passe de gagner plus de poids. Zap est maintenant disponible dans tous les pays de l’Afrique de l’Est où Zain est présent et l’opérateur envisage d’étendre ce service à l’ensemble de ces 22 opérations avant la fin 2010. Selon George Boozas, « le Nigéria est prêt pour le lancement de Zap. Le service sera ensuite déployé dans trois autres pays ». MTN a lancé son service en Ouganda et au Ghana et compte bientôt le lancer aussi au Rwanda et dans les autres pays où MTN est présent. Orange Money a été lancé en Côte d’Ivoire et au Kenya et comme les autres opérateurs, Orange compte déployer ce service dans tous les pays africains où il opère.

Côte d’Ivoire Télécom lance l’ADSL

Depuis le 16 décembre 2003, Côte d’Ivoire Télécom propose l’ADSL, ecrit Mounir Diawara. Dans un premier temps et durant la phase de lancement, il n’y aura qu’une offre pour les particuliers, à 128/64 Kbps maximum de débit partagé (128 de réception, 64 d’émission). De même, seuls les abonnés des commutateurs suivants sont concernés (max 4 km): Cocody centre, 2-plateaux ENA, Angré, Bietry, Treichville.

Depuis le 16 décembre 2003, Côte d’Ivoire Télécom propose l’ADSL, ecrit Mounir Diawara. Dans un premier temps et durant la phase de lancement, il n’y aura qu’une offre pour les particuliers, à 128/64 Kbps maximum de débit partagé (128 de réception, 64 d’émission). De même, seuls les abonnés des commutateurs suivants sont concernés (max 4 km): Cocody centre, 2-plateaux ENA, Angré, Bietry, Treichville.

Les ISP (fournisseurs d’accès Internet) seront chargé de commercialiser l’offre. Pour pouvoir le faire, ils doivent s’inscrire auprès de Côte d’Ivoire Télécom (1.500.000 Fcfa HT de frais fixes et 1.000.000 Fcfa HT par mois).

Les ISP (fournisseurs d’accès Internet) seront chargé de commercialiser l’offre. Pour pouvoir le faire, ils doivent s’inscrire auprès de Côte d’Ivoire Télécom (1.500.000 Fcfa HT de frais fixes et 1.000.000 Fcfa HT par mois).

Le processus d’installation chez un client passe par une pré qualification de sa ligne téléphonique (par Côte d’Ivoire Télécom, à distance et sous 72 h), puis la commande et le paiement par le client à Côte d’Ivoire Télécom de l’option ADSL sur sa ligne téléphonique. Côte d’Ivoire Télécom lui envoie alors un kit comprenant un modem Thomson USB, le CD d’installation et un filtre (découpleur ligne RTC et port data) pour installation chez le client (à la charge de l’ISP).

Le processus d’installation chez un client passe par une pré qualification de sa ligne téléphonique (par Côte d’Ivoire Télécom, à distance et sous 72 h), puis la commande et le paiement par le client à Côte d’Ivoire Télécom de l’option ADSL sur sa ligne téléphonique. Côte d’Ivoire Télécom lui envoie alors un kit comprenant un modem Thomson USB, le CD d’installation et un filtre (découpleur ligne RTC et port data) pour installation chez le client (à la charge de l’ISP).

Les pré-tests ont concerné une cinquantaine d’utilisateurs (principalement des employés ou des proches de Côte d’Ivoire Télécom). Après une annonce de nature commerciale aux ISP le jeudi 4 décembre, ceux-ci ont eu droit à une présentation technique le jeudi 11 décembre.

Les pré-tests ont concerné une cinquantaine d’utilisateurs (principalement des employés ou des proches de Côte d’Ivoire Télécom). Après une annonce de nature commerciale aux ISP le jeudi 4 décembre, ceux-ci ont eu droit à une présentation technique le jeudi 11 décembre.

Toutes les lignes ne seront pas concernées. Le client final doit avoir un abonnement téléphonique avec une ligne satisfaisant aux conditions (être dans la zone de couverture, avoir une ligne téléphonique analogique dont la qualité du câble permet l’ADSL, pas de RNIS/ISDN). Il souscrit une option ADSL sur son abonnement téléphonique à Côte d’Ivoire Télécom, à 45.000 Fcfa HT de frais fixes plus 45.000 Fcfa HT par mois. Il doit aussi acheter le modem Thomson USB à 120.000 Fcfa HT. Et il devra enfin souscrire à l’offre ADSL de son ISP.

Toutes les lignes ne seront pas concernées. Le client final doit avoir un abonnement téléphonique avec une ligne satisfaisant aux conditions (être dans la zone de couverture, avoir une ligne téléphonique analogique dont la qualité du câble permet l’ADSL, pas de RNIS/ISDN). Il souscrit une option ADSL sur son abonnement téléphonique à Côte d’Ivoire Télécom, à 45.000 Fcfa HT de frais fixes plus 45.000 Fcfa HT par mois. Il doit aussi acheter le modem Thomson USB à 120.000 Fcfa HT. Et il devra enfin souscrire à l’offre ADSL de son ISP.

L’offre officielle au grand public a eu lieu dans le cadre d’une conférence de presse du Directeur Général, Michel Fayeaux où celui-ci faisait un bilan général de l’activité de son entreprise avant la fin du monopole prévue le 4 février 2004.

L’offre officielle au grand public a eu lieu dans le cadre d’une conférence de presse du Directeur Général, Michel Fayeaux où celui-ci faisait un bilan général de l’activité de son entreprise avant la fin du monopole prévue le 4 février 2004.

Depuis l’annonce officielle de l’ADSL, seuls AVISO (Côte d’Ivoire Multimédia, filiale à 100% de Côte d’Ivoire Télécom) et AFNET ont annoncé avoir souscrit à la possibilité d’offrir un service Internet par ce support.

Depuis l’annonce officielle de l’ADSL, seuls AVISO (Côte d’Ivoire Multimédia, filiale à 100% de Côte d’Ivoire Télécom) et AFNET ont annoncé avoir souscrit à la possibilité d’offrir un service Internet par ce support.

AVISO annonce un tarif de 35.000 Fcfa HT par mois (soit un total de 80.000 Fcfa HT par mois si on ajoute les frais de Côte d’Ivoire Télécom) et des frais fixes de 20.000 Fcfa HT à payer une seule fois (soit un total de 185.000 Fcfa HT en une fois si on rajoute les frais fixes de Côte d’Ivoire Télécom et l’achat du kit modem USB).

AVISO annonce un tarif de 35.000 Fcfa HT par mois (soit un total de 80.000 Fcfa HT par mois si on ajoute les frais de Côte d’Ivoire Télécom) et des frais fixes de 20.000 Fcfa HT à payer une seule fois (soit un total de 185.000 Fcfa HT en une fois si on rajoute les frais fixes de Côte d’Ivoire Télécom et l’achat du kit modem USB).

Les offres pour les entreprises seraient annoncées d’ici la fin du premier trimestre 2004 (débits jusqu’à 2 Mbps, connexion par routeur), de même que la couverture progressive des autres commutateurs d’Abidjan.

Les offres pour les entreprises seraient annoncées d’ici la fin du premier trimestre 2004 (débits jusqu’à 2 Mbps, connexion par routeur), de même que la couverture progressive des autres commutateurs d’Abidjan.

Satellite et fibre optique : Bons amis ou pires ennemis ?

Avant SAT3, la plupart des pays africains étaient desservis par des satellites. Avec la mise en service de SAT3 en mai 2002, la situation devait évoluer sur les marchés de la connectivité en Afrique et le renforcement de la concurrence qu'’elle devait entraîner aurait du faire baisser les prix. Russell Southwood analyse ce qui s'’est réellement passé et ce qui pourrait changer à l'’avenir.

Avant SAT3, la plupart des pays africains étaient desservis par des satellites. Avec la mise en service de SAT3 en mai 2002, la situation devait évoluer sur les marchés de la connectivité en Afrique et le renforcement de la concurrence qu'’elle devait entraîner aurait du faire baisser les prix. Russell Southwood analyse ce qui s'’est réellement passé et ce qui pourrait changer à l'’avenir.

Le câble SAT3 relie Lisbonne à l'’Afrique du Sud en passant par la côte ouest africaine. SAT3/WASC/SAFE (si l'’on inclut tous ses points d'’atterrissement) a été financé et construit par un consortium de 36 entreprises comprenant les sociétés de télécommunications suivantes, installées dans les pays africains reliés : Angola Telecom, Camtel, Côte D'’Ivoire Telecom, NITEL, OPT Bénin, OPT Gabon, SONATEL, Telecom Namibia et Telkom South Africa. L'’Afrique de l'’est n'’est pas couverte par le réseau de fibres optiques et il existe peu de connexions par fibres internes sur le continent, à l'’exception des grandes villes.

Le câble SAT3 relie Lisbonne à l'’Afrique du Sud en passant par la côte ouest africaine. SAT3/WASC/SAFE (si l'’on inclut tous ses points d'’atterrissement) a été financé et construit par un consortium de 36 entreprises comprenant les sociétés de télécommunications suivantes, installées dans les pays africains reliés : Angola Telecom, Camtel, Côte D'’Ivoire Telecom, NITEL, OPT Bénin, OPT Gabon, SONATEL, Telecom Namibia et Telkom South Africa. L'’Afrique de l'’est n'’est pas couverte par le réseau de fibres optiques et il existe peu de connexions par fibres internes sur le continent, à l'’exception des grandes villes.

Telkom South Africa est l'’administrateur du consortium et les principales décisions sont prises lors des réunions du consortium : par exemple, la récente décision de doubler la capacité pour la faire passer de 20 à 40 Gbits/s. La capacité maximale sera de 120 Gbits/s.

Telkom South Africa est l'’administrateur du consortium et les principales décisions sont prises lors des réunions du consortium : par exemple, la récente décision de doubler la capacité pour la faire passer de 20 à 40 Gbits/s. La capacité maximale sera de 120 Gbits/s.

L'’accès à la capacité de transmission par fibres optiques peut être obtenu de deux manières : soit directement via l'’opérateur national (par exemple SONATEL pour le Sénégal) chargé de la vente entre son pays et Lisbonne, soit par l'’intermédiaire d'’une capacité "« pool" » non utilisée. Les opérateurs peuvent choisir de ne pas passer par la société de télécommunication établie grâce à un droit d'’usage irrévocable (IRU, Indefeasible Right of Use) octroyé par Telkom South Africa, l'’administrateur du réseau câblé. Toutefois, les membres établis du consortium disposent d'’un droit de refus préalable sur cette capacité. Par ailleurs, ils ne peuvent pas appliquer un prix supérieur à celui du pool.

L'’accès à la capacité de transmission par fibres optiques peut être obtenu de deux manières : soit directement via l'’opérateur national (par exemple SONATEL pour le Sénégal) chargé de la vente entre son pays et Lisbonne, soit par l'’intermédiaire d'’une capacité "« pool" » non utilisée. Les opérateurs peuvent choisir de ne pas passer par la société de télécommunication établie grâce à un droit d'’usage irrévocable (IRU, Indefeasible Right of Use) octroyé par Telkom South Africa, l'’administrateur du réseau câblé. Toutefois, les membres établis du consortium disposent d'’un droit de refus préalable sur cette capacité. Par ailleurs, ils ne peuvent pas appliquer un prix supérieur à celui du pool.

En ce qui concerne leur propre capacité, les opérateurs ont le monopole pendant toute la durée de vie de la fibre. Cette situation ne poserait pas de problème s'’il existait une concurrence avec d'’autres opérateurs de fibre optique, mais elle les place en réalité dans une position quasiment inexpugnable pour des raisons que nous expliquerons plus tard.

En ce qui concerne leur propre capacité, les opérateurs ont le monopole pendant toute la durée de vie de la fibre. Cette situation ne poserait pas de problème s'’il existait une concurrence avec d'’autres opérateurs de fibre optique, mais elle les place en réalité dans une position quasiment inexpugnable pour des raisons que nous expliquerons plus tard.

L'’introduction progressive des seconds opérateurs nationaux soulève des problèmes de concurrence. En tant que nouveaux venus ils devront obtenir leur capacité en invoquant la clause IRU, la quantité et le prix étant fixés par l'’administrateur, Telkom South Africa, l'’une des sociétés de télécommunication établies les plus puissantes du continent. Pour être concurrentiels au niveau international, les seconds opérateurs nationaux tels que Nigeria'’s Globacom devront bénéficier de prix compétitifs sur les services de fibre optique.

L'’introduction progressive des seconds opérateurs nationaux soulève des problèmes de concurrence. En tant que nouveaux venus ils devront obtenir leur capacité en invoquant la clause IRU, la quantité et le prix étant fixés par l'’administrateur, Telkom South Africa, l'’une des sociétés de télécommunication établies les plus puissantes du continent. Pour être concurrentiels au niveau international, les seconds opérateurs nationaux tels que Nigeria'’s Globacom devront bénéficier de prix compétitifs sur les services de fibre optique.

Bien que nous ne disposions, à l'’heure actuelle, d'’aucune vue d'’ensemble du marché de la connectivité par fibre et par satellite en provenance et à destination de l'’Afrique, les meilleures estimations empiriques indiquent que la fibre représente 10 à 15 % du marché global, le reste étant occupé par le satellite. Les sociétés de télécommunication établies ont mis du temps à réagir dans certains pays et certaines ont pris la décision marketing de ne pas vendre la capacité en gros, craignant par exemple que les fournisseurs d'’accès Internet proposent des services VOIP (voix sur IP).

Bien que nous ne disposions, à l'’heure actuelle, d'’aucune vue d'’ensemble du marché de la connectivité par fibre et par satellite en provenance et à destination de l'’Afrique, les meilleures estimations empiriques indiquent que la fibre représente 10 à 15 % du marché global, le reste étant occupé par le satellite. Les sociétés de télécommunication établies ont mis du temps à réagir dans certains pays et certaines ont pris la décision marketing de ne pas vendre la capacité en gros, craignant par exemple que les fournisseurs d'’accès Internet proposent des services VOIP (voix sur IP).

La répartition de la capacité réelle entre la fibre et le satellite avoisine plus probablement 40/60 %, mais pour le moment, les opérateurs satellite ne s'’inquiètent pas pour leurs marchés et ce pour trois raisons.

La répartition de la capacité réelle entre la fibre et le satellite avoisine plus probablement 40/60 %, mais pour le moment, les opérateurs satellite ne s'’inquiètent pas pour leurs marchés et ce pour trois raisons.

- D'’abord, pour se connecter à SAT3, il faut une connexion par fibres et à l'’heure actuelle, il est difficile d'’obtenir ce type de connexion même dans les villes. Les dirigeants de NITEL promettent de fournir ces connexions mais cela prendra du temps. Les opérateurs satellite restent sceptiques, ce qui peut se comprendre. Peter McBride de Panamsat nous a déclaré : "« Au Nigeria par exemple, Victoria Island peut être une réussite, mais la mise en place des services câblés à l'"échelle nationale prendra 5 à 10 ans. "« 

- D'’abord, pour se connecter à SAT3, il faut une connexion par fibres et à l'’heure actuelle, il est difficile d'’obtenir ce type de connexion même dans les villes. Les dirigeants de NITEL promettent de fournir ces connexions mais cela prendra du temps. Les opérateurs satellite restent sceptiques, ce qui peut se comprendre. Peter McBride de Panamsat nous a déclaré : "« Au Nigeria par exemple, Victoria Island peut être une réussite, mais la mise en place des services câblés à l'"échelle nationale prendra 5 à 10 ans. "« 

- Ensuite, les opérateurs de connexions par fibre et par satellite prévoient une croissance du marché.

- Ensuite, les opérateurs de connexions par fibre et par satellite prévoient une croissance du marché.

Le consensus sur la croissance du marché est presque unanime. Comme nous l'’a affirmé le représentant d'’un opérateur international de premier plan : "« Nos ventes de capacité sur le câble SAT3 augmenteront de 50 % par an au minimum. Le goulet d'"étranglement se situera au niveau de l'"accès aux connexions sur fibre optique dans chaque pays." » Dan Goldberg de New Skies indique une croissance mondiale de 6 à 11 % et estime que ces chiffres seront les mêmes sur le continent. On a constaté une demande importante entre les Etats-Unis et l'’Afrique et le Moyen-Orient, ainsi qu'’entre l'’Afrique de l'’Ouest et le Moyen-Orient et l'’Asie. En bout de chaîne, un fournisseur de solutions tel que Q-Kon a connu une croissance annuelle de 100 %.

Le consensus sur la croissance du marché est presque unanime. Comme nous l'’a affirmé le représentant d'’un opérateur international de premier plan : "« Nos ventes de capacité sur le câble SAT3 augmenteront de 50 % par an au minimum. Le goulet d'"étranglement se situera au niveau de l'"accès aux connexions sur fibre optique dans chaque pays." » Dan Goldberg de New Skies indique une croissance mondiale de 6 à 11 % et estime que ces chiffres seront les mêmes sur le continent. On a constaté une demande importante entre les Etats-Unis et l'’Afrique et le Moyen-Orient, ainsi qu'’entre l'’Afrique de l'’Ouest et le Moyen-Orient et l'’Asie. En bout de chaîne, un fournisseur de solutions tel que Q-Kon a connu une croissance annuelle de 100 %.

- Enfin, l'’Afrique est un continent dont la population vit en majorité dans les zones rurales, qui seront desservies par satellite dans un avenir proche.

- Enfin, l'’Afrique est un continent dont la population vit en majorité dans les zones rurales, qui seront desservies par satellite dans un avenir proche.

Même dans les scénaris d'’avenir les plus pessimistes pour les opérateurs satellite, tout indique que le satellite reste un créneau niche en Europe et en Amérique du Nord. Comme l'’a déclaré Rodney Benn de Panamsat : "« Toutes les sociétés européennes dotées de réseaux de fibres denses ont également des réseaux satellite. Elles ne vont pas disparaître. Leurs tarifs mensuels sont plus chers, mais ce qui est intéressant avec le satellite, c'"est que vous avez un contrôle direct." ».

Même dans les scénaris d'’avenir les plus pessimistes pour les opérateurs satellite, tout indique que le satellite reste un créneau niche en Europe et en Amérique du Nord. Comme l'’a déclaré Rodney Benn de Panamsat : "« Toutes les sociétés européennes dotées de réseaux de fibres denses ont également des réseaux satellite. Elles ne vont pas disparaître. Leurs tarifs mensuels sont plus chers, mais ce qui est intéressant avec le satellite, c'"est que vous avez un contrôle direct." ».

Il est presque impossible de comparer directement les tarifs mais l'’impact de la fibre optique sur le satellite devrait se clarifier, et le mieux que l'’on puisse dire c'’est qu'’elle gagne un peu de terrain. Même si certaines sociétés de télécommunications établies ont adopté une politique de prix plus équitable, d'’autres par contre se contentent de maintenir leurs tarifs légèrement en dessous des tarifs du satellite. Heureusement pour l'’utilisateur, la concurrence sur le marché du satellite semble entraîner une baisse générale des tarifs.

Il est presque impossible de comparer directement les tarifs mais l'’impact de la fibre optique sur le satellite devrait se clarifier, et le mieux que l'’on puisse dire c'’est qu'’elle gagne un peu de terrain. Même si certaines sociétés de télécommunications établies ont adopté une politique de prix plus équitable, d'’autres par contre se contentent de maintenir leurs tarifs légèrement en dessous des tarifs du satellite. Heureusement pour l'’utilisateur, la concurrence sur le marché du satellite semble entraîner une baisse générale des tarifs.

Le coût d'’un E1 via SAT3 est basé sur la distance mais si vous prenez un pays comme le Nigeria ou le Ghana, un demi-circuit coûte environ 6000 USD. Or, ce même demi-circuit vers l'’Afrique du Sud coûte 12 000 USD. Mais l'’écart de prix significatif se situe sur l'’autre moitié du circuit. En Afrique de l'’Ouest, les opérateurs nationaux appliquent plus ou moins le même prix pour leur demi-circuit. Mais Telkom South Africa facture un prix 4 à 5 fois plus élevé pour son demi-circuit. Pourquoi ? Parce qu'’elle n'’a pas de concurrents et a donc les mains libres. Est-ce que cette situation changera dans un avenir proche ? Non, à moins que les prix du satellite baissent ou qu'’un autre réseau de fibres optiques vers l'’Europe soit mis en place.

Le coût d'’un E1 via SAT3 est basé sur la distance mais si vous prenez un pays comme le Nigeria ou le Ghana, un demi-circuit coûte environ 6000 USD. Or, ce même demi-circuit vers l'’Afrique du Sud coûte 12 000 USD. Mais l'’écart de prix significatif se situe sur l'’autre moitié du circuit. En Afrique de l'’Ouest, les opérateurs nationaux appliquent plus ou moins le même prix pour leur demi-circuit. Mais Telkom South Africa facture un prix 4 à 5 fois plus élevé pour son demi-circuit. Pourquoi ? Parce qu'’elle n'’a pas de concurrents et a donc les mains libres. Est-ce que cette situation changera dans un avenir proche ? Non, à moins que les prix du satellite baissent ou qu'’un autre réseau de fibres optiques vers l'’Europe soit mis en place.

En revanche, le coût du câble après Lisbonne fait l'’objet d'’une concurrence acharnée et, comme le fait remarquer Nicky Popoola de Cable and Wireless : "« Les tarifs des opérateurs étrangers sont très proches. Nous sommes en concurrence avec un très grand nombre d'"opérateurs." »

En revanche, le coût du câble après Lisbonne fait l'’objet d'’une concurrence acharnée et, comme le fait remarquer Nicky Popoola de Cable and Wireless : "« Les tarifs des opérateurs étrangers sont très proches. Nous sommes en concurrence avec un très grand nombre d'"opérateurs." »

Quatre opérateurs satellite principaux couvrent le continent : Inmarsat, Intelsat, New Skies et Panamsat. La détermination des tarifs du satellite est toujours compliquée. Il faut prendre en compte des facteurs tels que la puissance de transmission et le niveau de support. Toutefois, si vous vous basez sur ce qu'’on pourrait décrire comme une largeur de bande "« brute" », les prix baissent à tel point que plusieurs opérateurs estiment que leur activité devient de moins en moins rentable. A première vue, on pourrait penser que cette estimation est normale venant des opérateurs, mais peut-être ont-ils raison.

Quatre opérateurs satellite principaux couvrent le continent : Inmarsat, Intelsat, New Skies et Panamsat. La détermination des tarifs du satellite est toujours compliquée. Il faut prendre en compte des facteurs tels que la puissance de transmission et le niveau de support. Toutefois, si vous vous basez sur ce qu'’on pourrait décrire comme une largeur de bande "« brute" », les prix baissent à tel point que plusieurs opérateurs estiment que leur activité devient de moins en moins rentable. A première vue, on pourrait penser que cette estimation est normale venant des opérateurs, mais peut-être ont-ils raison.

Selon un opérateur qui décrit la situation en Afrique de l'’Ouest, les prix sont passés de 5000 USD/Mbits/s à 3000 ou 3500 USD/Mbits/s : "« Nous avons atteint un point où nous ne pouvons pas physiquement vendre moins cher si nous voulons respecter notre seuil de rentabilité." » Un autre opérateur indique que les prix sont descendus jusqu'’à 2000  USD : "« Nous ne pouvons pas descendre beaucoup plus bas. Nous avons déjà revu à la baisse notre structure de coûts." » Par ailleurs, les prix varient beaucoup sur le continent. Les responsables de Telkom Kenya nous ont indiqué qu'’ils payaient 6000 USD/Mbits/s et qu'’ils vendaient à perte. L’Afrique de l’Est n'’a pas accès au câble à fibres optiques sous-marin. Certains opérateurs affirment qu'’ils se retrouvent en concurrence avec des sociétés offrant jusqu'’à 1000 USD/Mbits/s.

Selon un opérateur qui décrit la situation en Afrique de l'’Ouest, les prix sont passés de 5000 USD/Mbits/s à 3000 ou 3500 USD/Mbits/s : "« Nous avons atteint un point où nous ne pouvons pas physiquement vendre moins cher si nous voulons respecter notre seuil de rentabilité." » Un autre opérateur indique que les prix sont descendus jusqu'’à 2000  USD : "« Nous ne pouvons pas descendre beaucoup plus bas. Nous avons déjà revu à la baisse notre structure de coûts." » Par ailleurs, les prix varient beaucoup sur le continent. Les responsables de Telkom Kenya nous ont indiqué qu'’ils payaient 6000 USD/Mbits/s et qu'’ils vendaient à perte. L’Afrique de l’Est n'’a pas accès au câble à fibres optiques sous-marin. Certains opérateurs affirment qu'’ils se retrouvent en concurrence avec des sociétés offrant jusqu'’à 1000 USD/Mbits/s.

Et comme Dan Goldberg de New Skies nous l'’a déclaré : "« A un certain niveau, vous atteignez un point en dessous duquel vous ne pouvez pas fonctionner. Si nous atteignons ce point, nous disparaîtrons de ce marché. Nous sommes assez rigoureux sur les marges. Mais nous n'"avons pas encore atteint ce point en Afrique." » Le coût et la disponibilité du satellite sont également affectés par les problèmes liés à la réglementation. En particulier, l'’Afrique du Sud n'’a pas accordé de licence à VSAT. En outre, le prix d'’achat des licences VSAT reste ridiculement élevé dans certains pays.

Et comme Dan Goldberg de New Skies nous l'’a déclaré : "« A un certain niveau, vous atteignez un point en dessous duquel vous ne pouvez pas fonctionner. Si nous atteignons ce point, nous disparaîtrons de ce marché. Nous sommes assez rigoureux sur les marges. Mais nous n'"avons pas encore atteint ce point en Afrique." » Le coût et la disponibilité du satellite sont également affectés par les problèmes liés à la réglementation. En particulier, l'’Afrique du Sud n'’a pas accordé de licence à VSAT. En outre, le prix d'’achat des licences VSAT reste ridiculement élevé dans certains pays.

Selon les déclarations d'’un opérateur satellite : "« En Afrique, la première question est toujours le prix. Tous ceux qui utilisent le satellite sont très sensibles aux prix, mais c'"est une vision très limitée. Vous n'"obtenez que ce pour quoi vous avez payé." »

Selon les déclarations d'’un opérateur satellite : "« En Afrique, la première question est toujours le prix. Tous ceux qui utilisent le satellite sont très sensibles aux prix, mais c'"est une vision très limitée. Vous n'"obtenez que ce pour quoi vous avez payé." »

Certains parviennent à facturer plus que le prix de la largeur de bande "« brute" » en offrant un encadrement des services et en installant des réseaux inter-état. Par exemple, Dawie De Wet de Q-Kon se considère comme "« le fournisseur de solutions d'"infrastructure IP" ». Les autres opérateurs de ce marché sont : IP-Planet, Gillat, Afsat et le nouveau venu IP Direct (voir Actualités Internet ci-dessous).

Certains parviennent à facturer plus que le prix de la largeur de bande "« brute" » en offrant un encadrement des services et en installant des réseaux inter-état. Par exemple, Dawie De Wet de Q-Kon se considère comme "« le fournisseur de solutions d'"infrastructure IP" ». Les autres opérateurs de ce marché sont : IP-Planet, Gillat, Afsat et le nouveau venu IP Direct (voir Actualités Internet ci-dessous).

Désormais, les revendeurs offrent à la fois des connexions satellite et fibres optiques à leurs clients en se basant sur les prix et sur l'’adéquation. Le satellite et la fibre optique coexisteront sans problème sur un marché en pleine croissance, mais la fibre optique doit encore montrer son potentiel en termes d'’impact concurrentiel sur le marché.

Désormais, les revendeurs offrent à la fois des connexions satellite et fibres optiques à leurs clients en se basant sur les prix et sur l'’adéquation. Le satellite et la fibre optique coexisteront sans problème sur un marché en pleine croissance, mais la fibre optique doit encore montrer son potentiel en termes d'’impact concurrentiel sur le marché.

Ghana : NCA va offrir des licences WiMAX voix et données mais seulement sous certaines conditions

NCA, l’autorité de régulation des communications du Ghana a engagé une discussion publique quant à la possibilité d’offrir des fréquences et des licences qui permettraient à ceux qui les gagneront de commercialiser des services voix et données. Mais comme vous pouvez vous l’imaginer, l’offre comporte un certain nombre d’attrapes. Russell Southwood nous détaille l’offre en question.

Selon la NCA, cinq licences seront offertes pour des services haut-débits sans fil dans les bandes de fréquences entre 2,500 MHz et 2,690 MHz. Il y aura trois lots de blocs à 30 MHz pour une couverture nationale par des opérateurs utilisant des fréquences en non-parité et deux lots de blocs à 2 x 15 MHz pour des opérateurs utilisant des fréquences en parité.

Ces licences seront valides pour une période de dix ans. Il est prévu en plus, des blocs de 2 x 5 MHz en parité et des blocs de15 MHz en non-parité supplémentaires pour ceux qui remporteront les cinq licences. Les bandes de fréquences associées à ces licences peuvent évidemment convenir à certain nombre de technologies mais la plus probable est le WiMAX.

Le point le plus intéressant concernant ces licences, c’est qu’elles permettent à l’utilisateur final d’utiliser l’équipement en mode fixe, nomadique ou totalement mobile. De plus, ces licences n’exigent pas d’avoir une licence séparée pour la fourniture de services Internet. Elles couvrent aussi l’ensemble du territoire.

Les licences seront attribuées suivant un processus d’enchères avec un prix du dossier non-remboursable fixé à 100,000 dollars US. Le prix minimum de réserve pour l’enchère est 5 millions de dollars US.

Malheureusement ces licences sont accompagnées de conditions. Les opérateurs qui remporteront les licences devront assurer une couverture de 60% de chaque ensemble de zones et une couverture de 100% des capitales des districts. Les zones consistent en des groupements de districts comme le très attractif centre métropolitain d’Accra mais aussi des districts moins attractifs comme par exemple Bole dans le nord du pays. Les opérateurs devront aussi offrir des services selon des critères de qualité qui seront définis dans leur licence.

Cinq ans plus tard à mi-parcours de la durée de la licence, les opérateurs assez chanceux pour réaliser ces conditions, pourront payer la somme forfaitaire de 1 million de dollars US pour offrir des services voix. Les licences ne permettent cependant pas aux opérateurs d’opérer une passerelle internationale et ils devront acquérir celle-ci séparément.

La structuration de la licence est une tentative d’attirer un maximum d’investissements tout en tendant la carotte d’une licence voix qui représente une bonne affaire à 1 million de dollars US pour les opérateurs qui franchiront la ligne finale dans cinq ans. Les seuls parieurs seront les opérateurs mobiles existants qui souhaitent utiliser la technologie WiMAX pour le trafic des données ou une société prête à relever ce challenge et disposant d’une solide assise financière.

Un cas récent au Ghana souligne la nécessité d’opérateurs réseaux alternatifs à celui de Vodafone Ghana à travers sa filiale de vente en gros, la « National Communications Backbone Company (NCBC) ». Dans le cadre du projet eGhana, le Ministère de la Communication avait lancé un appel d’offre pour une capacité de 10 mbps à répartir entre plusieurs régions du pays. Un fournisseur d’accès Internet, Internet Ghana a fait une proposition de 8,000 US par E1 sur la base d’un prix en gros de NCBC de 4,500 dollars US par E1.

Il a émergé plus tard que NCBC avait proposé au Ministère des Communications un prix de l’ordre de 1,083.33 dollars US, un prix bien inférieur au prix en gros que la société offre aux autres compagnies. Après maintes explications qui n’ont convaincu personne, NCBC a reconnu avoir fait une erreur mais qu’elle maintenait ce prix dans le cadre de cette offre. Cette affaire est maintenant dans les mains de l’autorité de régulation et des tribunaux.

Il est intéressant de noter que Vodafone, le nouveau propriétaire de NCBC a introduit une structure de prix en gros uniquement basé sur la capacité ce qui permet d’avoir le même prix n’importe ou au Ghana. A moins que vous soyez la filiale Internet de la société et alors il est bien possible que vous receviez une bien meilleure offre. Des erreurs sont possibles mais des erreurs de cette taille mérite une explication différente.

Afrique du Sud: Lancement de Broadband Infraco au début 2010: Sa mission? Faire baisser les prix au national et à l’international

Dans plusieurs pays en Afrique, le Gouvernement est intervenu pour encourager des prix plus bas et un meilleur accès à l’infrastructure nationale et internationale en fibre. Au Kenya par exemple, le Gouvernement a même activement participé à la construction de ces infrastructures. Ces interventions comme toujours pointent vers l’importante et difficile problématique du rôle de l’Etat dans l’économie et comment ce rôle doit être exercé. Russell Southwood s’entretient avec Dave Smith, DG de Broadband Infraco en Afrique du Sud sur cette problématique.

Q: Comment a débuté votre participation dans Broadband Infraco ?

J’ai fait parti du Conseil d’Administration dès le début et j’ai participé à son développement du point de vue d’Eskom (société nationale d’électricité en Afrique du Sud). Nous avons commencé à poser de la fibre dans la perspective qu’un second opérateur national recevrait une licence en 2002. Ce processus a connu quelques retards et durant ce temps Eskom et Transtel ont gardé leur infrastructure en sommeil. La licence a finalement été attribuée et nous avons commencé les discussions pour le transfert des infrastructures au profit du second opérateur national.

Le Gouvernement a analysé différentes stratégies politiques pour le secteur des NTIC et l’une d’elles suggérait une baisse des prix de la bande passante via un mécanisme de levier sur les prix de la connectivité nationale et internationale. A la fin de 2006, nous avons racheté l’infrastructure fibre d’Eskom et de Transtel et nous avons passé une année supplémentaire à compléter cette infrastructure. Nous détenons le droit d’usage de l’infrastructure mais sa gestion est assurée par Néotel.

Q: Quelles sont la taille et la capacité de votre infrastructure ?

Nous avons presque doublé notre couverture et triplé notre capacité. Il y a11,800 kilomètres de liens de transmission en fibre optique entre toutes les principales villes et des connexions régionales avec l’ensemble des pays voisins. La seule exception, c’est le lien avec le Zimbabwe le long du pont Bei qui est défectueux et qui a besoin d’être réparé.

Q: Qu’en est-il en termes de licence ?

Ces développements sont intervenus avant le nouveau régime de licence. Dès le départ, nous savions que nous aurions besoin d’une licence couvrant les services électroniques en réseau. L’acte de constitution de Broadband Infraco définissait ce que nous voulions réaliser en termes de réseau et de services électroniques. Par conséquent nous avons introduit deux demandes de licence. Lors des consultations publiques (dans le cadre du processus d’obtention des licences), les fournisseurs d’accès Internet et les fournisseurs de réseau à valeur ajoutée ont exprimé des inquiétudes quant à la concurrence que nous pourrions instiguer dans le segment des services alors que pour nous, il n’avait jamais été question dans nous lancer dans les secteurs des services de détail et l’accès métropolitain.

Mais parmi nos mandats, nous assurons par exemple la fourniture de connectivité pour des projets comme le radiotélescope SKA (Square Kilometre Array) qui nécessite un important volume de bande passante. Selon la loi sur les communications électroniques, toute entreprise qui envisage de proposer ses services à l’Etat devra disposer d’une licence couvrant les services électroniques en réseau.

Nous ne souhaitons pas entre dans le segment des services au détail. La loi sur les communications électroniques est un ensemble très complexe de réglementation. Nous devons avoir une licence couvrant des services électroniques en réseau pour revendre de la capacité et il y a eu un peu de résistance quant à l’obtention ce type de licence.

Q: Quand est-ce que vous envisagez d’être opérationnel ?

Nous allons conclure un partenariat avec Néotel pour une période déterminé. Ce contrat couvre nos besoins d’accéder leurs points de présence. Nous préparerons le lancement commercial lorsque notre réseau sera totalement opérationnel. Néotel continuera à gérer l’aspect capacité pour le restant de la durée du contrat tandis que nous nous occuperons des autres besoins des clients. Par conséquent, dans deux mois, vous pourrez assister à notre lancement commercial.

Q: Quelle sera votre politique des prix au niveau national ?

Nous avons tout chamboulé. Le prix d’un STM1 de Johannesbourg à Cape Town via Telkom South Africa sans la réduction pour l’achat en gros était de 1.5 millions de Rands (198,531 dollars US). Ce prix a changé en août 2009 pour s’établir à 970,000 Rands (128,383 dollars US) et est maintenant tombé à 300,00 Rands (39,706 dollars US). Notre liste de prix est construite sur la base du coût plus un pourcentage et par conséquent nos prix seront proches de ce qui se pratique en ce moment sur le marché.

Le lancement du câble de fibre optique Seacom a eu un gros impact sur les prix au niveau national. Notre politique des prix s’alignera sur celle du marché et nous en rendrons compte au régulateur. Le vrai challenge se situe au niveau des capacités plus importantes qu’un STM1 comme par exemple un STM64. Il y a forcément des économies d’échelle à réaliser lorsque de la capacité additionnelle est activée.

Q: Quelle est votre implication dans le projet sous-marin de fibre optique WACS ?

Nous avons investi dans le projet comme un point d’ancrage. Il y a au total 11 investisseurs dans ce projet (Angola Telecom, Broadband Infraco, Cable & Wireless, MTN, Portugal Telecom, Sotelco, Tata Communications, Telecom Namibia, Telkom South Africa, Togo Telecom and Vodacom). Nous avons approximativement 11.5% de la capacité entre Londres et l’Afrique du Sud. Il y aura des stations d’atterrissage en Namibie, en Angola, au Congo RDC, au Nigéria, au Togo au Ghana et en Côte d’Ivoire.

Q : Encore une fois quelle sera votre politique en matière de prix ?

Je ne peux pas vous donner une réponse définitive. Cela fait déjà quelques mois que je ne me suis pas penché sur les prix à l’international et cela est trop long dans ce jeu. La politique des prix de Seacom est plus économique (que celle de SAT3). La réponse à votre question dépendra beaucoup du volume. Seacom a une capacité de 1.2 térabits tandis que WACS aura une capacité de 5.1 térabits par conséquent la logique économique est différente mais cela ne sert pas à grand-chose avant d’avoir vendu le volume de capacité activée.

Q: L’objectif politique du Gouvernement est de faire baisser les prix pour les utilisateurs. Est-ce que ces prix vont tomber ?

Beaucoup de gens se sont attendus à une baisse importante des prix avec Seacom. Mais l’utilisateur final n’a encore rien vu en raison de blocages constants au niveau de « l’accès au dernier kilomètre ». Plusieurs éléments entrent en question : la réaction de Telkom South Africa envers les sociétés qui ont obtenu de nouvelles licences ; l’entrée de Néotel sur le marché ; la construction par MTN et Vodacom de leur propre réseau. Au niveau de l’international, le fonctionnement des câbles relevait d’un système clos par conséquent l’impact de Seacom et de WACS basé sur un modèle sera énorme. Les principes économiques à la base du modèle ouvert ont été inscrits dans le projet WACS grâce à nous.

Q: Quelles sont les perspectives d’ici cinq ans ?

Nous devons être capable d’assurer que l’Afrique du Sud a assez de capacité pour soutenir des projets comme le radiotélescope SKA. Même avec les meilleurs prix possible à l’international, ce type de projets n’est pas viable et par conséquent nous attelons à résoudre des problèmes de ce type aussi.

Phase 3 Telecoms ouvrira un lien terrestre Lagos-Accra durant le second trimestre 2010 et déploiera son réseau vers les pays enclavés de l’intérieur

Une autre route terrestre en fibre optique le long de la côte entre Lagos et Accra s’ouvrira au second trimestre 2010. L’opérateur télécom nigérian Phase 3 Telecoms a signé un contrat avec la Communauté Electrique du Bénin (CEB) pour poser et opérer une liaison fibre optique sur le réseau de distribution de l’électricité de la CEB. Russell Southwood s’est entretenu avec Stanley Jegede, le Directeur Général de Phase 3 Telecoms pour nous donner les détails du projet.

Q: Quel est votre accord avec la Communauté Electrique du Bénin ?

R: Il s’agit d’un contrat de concession nous permettant de proposer l’architecture, de construire et d’opérer l’infrastructure pendant 15 ans. Le réseau électrique de la CEB couvre le Bénin et le Togo et nous posons des fibres aériennes sur les lignes haute-tension de 161 kV. Avec ce réseau, nous pourrons mettre en place un lien allant de Lagos à Accra en passant par le Bénin et le Togo.

Nous avons déjà commencé la pose de la fibre optique et la longueur totale du réseau sera entre 3,000 et 4,000 kilomètres.

Q: Jusqu’ou s’étend le réseau de la CEB dans le nord ?

A: Il va jusqu’à Karimama au Bénin, une ville qui se situe à la frontière avec le Niger et à travers le milieu des deux pays avec un tracé formant un U retourné : de Parakou au Bénin et Atakpama au Togo via Oujougou et Sokode.

Q: Quand est-ce que le lien Lagos-Accra sera-t-il prêt?

R: Il sera opérationnel au second trimestre 2010 et nous nous sommes donnés jusqu’à la fin du premier trimestre 2010 pour la pose de la fibre et l’installation des équipements de transmission.

Q: Quelle est la taille de votre réseau domestique au Nigéria ?

R : Il est posé sur des lignes haute-tension de 132 kV et 330kV formant plusieurs larges boucles. Du nord à Sokoto, il s’étend vers l’ouest du pays jusqu’à Lagos et ensuite il passe par la partie sud du pays de Lagos au Bénin avec une extension vers Port Harcout qui sera ouverte sous peu. Son tracé se poursuit ensuite dans le milieu du pays vers Jos et Kano avec une extension en construction vers Katsina. Nous avons aussi une extension à partir d’une boucle principale de Lagos à Sakete au Bénin.

Q :Qui allez-vous connecter entre le Togo et Accra ?

R: Phase 3 travaillera en étroite collaboration avec Vodafone pour transporter son trafic vers Accra et vers la station d’atterrissage SAT3.

Q: Quel est le type de votre clientèle au Nigéria ?

R: Notre clientèles inclut les principaux opérateurs mobiles au Nigéria comme Globacom, Zain et les opérateurs CDMA comme Intercellular et Visafone. Nous transportons aussi du trafic pour les FAIs, les banques et le Gouvernement.

Nous proposons des liens à partir d’un E1 jusqu’à une capacité d’un STM1 se connectent à la station d’atterrissage SAT3 de Nitel. Avec l’ouverture de nouveaux liens, nous pourrons nous connecter à la station d’atterrissage de SAT3 à Cotonou via Bénin Telecom et à celle d’Accra via Vodafone. Cela nous permettra d’offrir à notre clientèle des options de redondance et plus de choix en termes de prix en jouant les différentes stations d’atterrissage.

Q : Pensez-vous que votre clientèle pour ces nouveaux liens sera la même que celle que vous avez pour votre réseau domestique ?

R : Dans une certaine mesure, oui parce que ce type de clients existent dans l’ensemble des pays de l’Afrique de l’ouest. Les opérateurs télécoms en particulier ont besoin de s’interconnecter avec des opérateurs dans d’autres pays africains.

A présent, il n’y a pas de lien de redondance et cela nous permettra de bien nous positionner pour offrir une boucle de redondance entre Lagos et Accra. Ce lien de redondance utilisera les nouveaux câbles sous-marins entre Accra et Lagos.

Q : Pensez-vous qu’il y aura un important volume de trafic entre ces pays ?

R : Je pense qu’il y a beaucoup de trafic entre Lagos et Accra et si nous construisons une extension vers la Côte d’Ivoire, il y aura des volumes de trafic relativement importants mais il n’y en a probablement pas beaucoup entre le Bénin et le Togo mais cela s’accroitera avec le temps.

Q : Avec l’introduction de quatre nouveaux câbles internationaux (Glo One, Main One, WACS et ACE) quelles seront les conséquences pour vous ?

A : Les conséquences seront positives pour nous dans la mesure ou la capacité disponible au niveau de la côte devra être acheminée vers l’intérieur et notre réseau aérien en fibre pourra être utilisé à cette fin. Nous avons des droits de passage qui s’étendent jusqu’à la frontière avec le Burkina Faso et le Niger et nous sommes potentiellement le mieux placé pour fournir de la bande passante internationale à ces deux pays. C’est dans notre meilleur intérêt de collaborer avec les opérateurs de câbles internationaux parce que nous nous complétons l’un l’autre.

Q : Quels sont les prix que vous allez proposer sur le lien Lagos-Accra ?

R : Nous sommes entrain de finaliser notre grille tarifaire mais nous comptons bien sûr être moins cher que certains opérateurs.

Correction: Le patron de Microsoft Afrique est Cheikh Modibo Diarra et non Modibo Keita comme indiqué dans un article paru dans le numéro 119.

La Banque Mondiale soutient le financement du réseau fibre de l’Afrique Centrale avec une mise en service prévue pour 2011

Avec l’arrivée du câble Glo One, le Ghana et le Nigéria sont les deux premiers pays de l’Afrique de l’ouest à héberger deux stations d’atterrissage de câbles sous-marins de fibre optique. Trois autres projets de fibre optique, à savoir Main One, WACS et ACE ont annoncé des stations d’atterrissage dans de nombreux pays le long de la côte ouest de l’Afrique. Les promoteurs du câble Main One, le projet le plus avancé parmi les trois cités plus haut, ont aussi annoncé des stations d’atterrissage au Ghana et au Nigéria, Cette pléthore de stations et de bande passante internationale qui seront bientôt disponibles resteront sous-utilisées si elles se limitaient à desservir les zones littorales (incluant les capitales dans la majorité des pays de l’Afrique de l’ouest). La construction ou le renforcement de réseaux nationaux et trans-frontaliers desservant les pays enclavés est de plus en plus à l’ordre du jour s’il s’agit de maximiser l’utilisation de cette capacité internationale. La décision récente de la Banque Mondiale de financer la construction d’infrastructure en Afrique centrale est un pas important dans cette direction. Isabelle Gross de Balancing Act s’est entretenue avec Yann Burtin, responsable des Opérations au département TIC de la Banque Mondiale à la Banque Mondiale sur ce projet de réseau en Afrique centrale (Central African Backbone – CAB)

Selon Yann Burtin, le projet est né suite à la demande du gouvernement tchadien d’utiliser la fibre optique existante le long de l’oléoduc Komé-Kribi et de construire une extension vers N’Djamena et Bangui, la capitale de la République Centrafrique. Le câble existant d’une longueur de 1,000 km a été posé tout le long du parcours de l’oléoduc et comporte 18 fibres optiques, dont la jouissance est partagée entre le Tchad et le Cameroun. Avec son extension vers N’Djamena et Bangui, le réseau comprendra 1,800 à 2,000 Km de câble de fibre optique. Le projet financera aussi des câbles de redondance et d’autres routes de sortie ou d’accès à de la capacité internationale en particulier vers le Nigéria et le Gabon. En d’autres termes ce projet permettra au Tchad et la République Centrafrique d’accéder à de la capacité internationale par fibre au lieu uniquement de capacité internationale satellitaire dont le coût reste élevé et dont la disponibilité n’est pas toujours assurée. Le projet permettra aussi de maximiser l’utilisation du câble existant de fibre optique le long de l’oléoduc dont l’usage jusqu’à présent est resté quelque peu limité.

Sur les 215 millions de dollars US approuvés par le Conseil d’Administration de la Banque Mondiale, 26,2 millions iront en faveur de cette première phase consistant à développer le réseau national fibre du Tchad et de la République Centrafrique et à donner à ces deux pays un accès à la fibre internationale. Le coût total de ce projet est estimé à 40 millions de dollars US. Le solde sera financé par les Etats eux-mêmes (Tchad et Cameroun) et d’autres organisations comme la Banque Africaine de développement (BAD), la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) et l’Union Africaine (UA).

Il est prévu de créer une banque d’affaires associée à un cabinet juridique pour assurer dans un premier temps la construction de l’infrastructure et maximiser les investissements privés. Cela permettra de réaliser un équilibre entre les intérêts des Etats (en particulier leurs opérateurs historiques) et la promotion du principe de l’accès ouvert au nouveau réseau fibre. En parallèle à la finalisation de la structure qui chapotera ce réseau, il sera aussi nécessaire de mettre à jour le cadre réglementaire des trois pays en question. Des directives adoptées au niveau de la CEMAC doivent être transposées au niveau national pour permettre de donner une assise légale à ce réseau régional entre le Tchad, la République Centrafrique et le Cameroun.

Dans la perspective de ce nouvel accès à de la capacité internationale fibre pour le Tchad et la République Centrafrique, il y a lieu de penser que les prix en gros de la bande passante internationale baisseront et par conséquent les prix des services Internet dans ces deux pays seront plus abordables aussi. Pour Yann Burtin, il est nécessaire que le réseau fibre disposent de plusieurs sorties sur l’international pour faire jouer la concurrence. Dans le passé des négociations entre le Tchad et le Cameroun ont échoué à cause du prix élevé proposé par le Cameroun pour la connexion internationale. Le projet envisage donc de construire des extensions vers le Nigéria et le Gabon pour disposer de plusieurs sorties vers l’international.

Si le calendrier de réalisation de ce réseau fibre est maintenu: à savoir la finalisation des transactions à mi-2010 ; la pose de la fibre optique et l’installation des équipements jusqu’à mi-2011, le projet coïncidera avec l’arrivée de nouveaux câbles sous-marins de fibre optique. Avec une offre de capacité internationale plus abondante, la concurrence pourra enfin jouer son rôle pour faire baisser les prix de la bande passante internationale en Afrique centrale.

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