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Des médias sociaux appuient la plus vieille radio communautaire d’Afrique

Lorsqu’une crise financière a menacé l'existence de la plus vieille station communautaire d'Afrique, 'Bush Radio', en Afrique du Sud, une vague de sympathie et d’appels est devenue virale sur des sites de réseaux sociaux comme 'Twitter' et 'Facebook'.

Cependant, malgré ce soutien franc qui a montré que la station mérite d'être sauvée, son avenir demeure incertain.

Elle a fait parvenir le message aux décideurs, et parce qu'elle était à leurs yeux tout le temps... il y a eu des offres d'assistance", a déclaré Adrian Louw, l’intégrateur des émissions à 'Bush Radio'.

L'émergence des médias sociaux a ouvert de nouvelles opportunités pour les radiodiffuseurs communautaires au Cap, en Afrique du Sud. Non seulement ils sont capables d'interagir plus efficacement avec leurs publics, mais aussi ils peuvent le faire désormais à moindre coût.

'Bush Radio' est suivie par au moins 260.000 auditeurs, principalement dans les 'Cape Flats' (Plaines du Cap) pauvres, autrefois une zone de logements du temps de l'apartheid pour les personnes de couleur.

Mais grâce aux médias sociaux tels que 'Facebook', 'Twitter', 'YouTube' et un blog, 'Bush Radio' garde désormais une forte présence dans la communauté.

"L'utilisation des médias sociaux a été importante pour nous parce qu’elle nous a permis de faire des choses sans avoir un concepteur spécifique à bord qui connaît nos protocoles Internet", a indiqué Louw.

La station a une riche histoire de défiance pendant la période de l'apartheid. Elle diffusait alors illégalement après que des demandes répétées d’une licence ont été rejetées. Depuis l'octroi d'une autorisation d’émettre en 1994, la station a évolué avec le temps.

"Si la création de blogs marche, pourquoi devons-nous payer des milliers de rands (sud-africains) pour avoir un concepteur pour développer un site web de luxe pour des informations alors qu’un CMS (système de gestion du contenu) fonctionne?", a demandé Louw.

Au centre des programmes de 'Bush Radio', figurent des questions qui touchent son public. Celles-ci comprennent le VIH/SIDA, la toxicomanie, la pauvreté et la criminalité. Souligner ces problèmes à travers des médias sociaux est commode de plusieurs façons.

"La bonne chose au sujet des médias sociaux est qu'ils aident vraiment les médias communautaires dans leur mission, en termes d'accroissement de l'accès à la station et du fait d’amener réellement les gens à se sentir propriétaires de la radio parce qu’ils peuvent désormais communiquer rapidement avec la station", explique Louw.

"Même si vous n'êtes pas intéressé par quelque chose, vous recevez une alerte, telle que 'n’oubliez pas que Sakhisizwe (l’émission de la radio) va parler du VIH/SIDA à 12h. Ainsi, un public spécialisé interagira".

'Bush Radio' est également réputée pour la formation des jeunes dans la radiodiffusion. Les médias sociaux lui ont permis de diffuser le message plus rapidement. "Par exemple, nous avons effectué un recrutement pour des bénévoles de presse. Nous avons reçu une réponse de plus de 60 candidats en trois jours".

Pour 'Bush Radio', les médias sociaux réduisent les faiblesses de la radio - son impact immédiat et sa nature transitoire. Avec les médias sociaux, la station peut désormais relayer les messages importants qui existent sur Internet.

"Nous croyons sérieusement que la technologie doit être utilisée pour améliorer la vie des gens", a déclaré Louw.

A travers Khayelitsha, le seul plus grand township d’Afrique du Sud, 'Radio Zibonele' a beaucoup de choses en commun avec 'Bush Radio'. Les auditeurs de cette radio ont constamment augmenté avec la montée fulgurante de la station depuis ses jours d’émission sous le lit d'un camion de transport à conteneur en 1995.

Avec plus de 220.000 auditeurs, les réactions augmentaient et inondaient la seule ligne téléphonique du studio. L'avènement des médias sociaux a été une bonne nouvelle pour 'Radio Zibonele'.

Comme la plupart des médias communautaires, 'Radio Zibonele' traditionnellement interagit avec son public à travers des émissions de sensibilisation telles que des animations en direct et d'autres activités communautaires sponsorisées. Toutefois, ces derniers temps, la diminution des parrainages constitue un obstacle. Les médias sociaux, a indiqué Ntebaleng Shete, directeur des programmes de la station, comblent ce trou en permettant de renouer avec la communauté.

'Radio Zibonele' émet principalement en langue locale, 'isiXhosa'. Son programme phare aborde divers problèmes sociaux, et les réactions affluent au cours de cette émission de deux heures.

La forte arrivée des téléphones mobiles dotés de connexion Internet a également augmenté le nombre d'auditeurs qui se connectent sur des réseaux sociaux. Selon les derniers chiffres fournis par 'Cellular on Line', un portail mobile, l'Afrique du Sud dispose d'une base croissante d'abonnés atteignant près de 20 millions d'utilisateurs.

"Je pense que les gens évoluent avec la technologie... la plupart des gens veulent être sur 'Facebook' et 'Twitter', a affirmé Shete.

Cependant, Chris Kabwato, le directeur de 'Highway Africa', un programme panafricain à l'Université de Rhodes, en Afrique du Sud, axé sur la recherche, l'éducation, les médias et les technologies numériques, a déclaré que les médias communautaires en Afrique ont du chemin à faire dans l’utilisation des médias sociaux.

"(Il y a) les défis sempiternels de manque d'accès à Internet... et l’absence généralisée de connaissances techniques autour de l'utilisation de nouveaux médias sur – le téléphone mobile, Internet et les applications sociales basées sur le web", a indiqué Kabwato au sujet des facteurs qui ont entravé la pleine utilisation des médias sociaux.

Toutefois, il croit qu’il existe de vastes opportunités pour réaliser des émissions plus interactives et générer des recettes à partir des médias sociaux.

Source: IPS

Kenya: Chief Tweets His Way to Reducing Crime

Using 140 characters or less, Chief Francis Kariuki in Kenya, has tweeted his way to reducing crime in his and surrounding villages.

"I have brought crime and illicit brewing under control in my location," Kariuki told IPS, "until May 2011, this place was very dangerous. Incidents of carjacking, mugging and burglaries occurred daily, but they are no more."

Source: IPS

Zambie: Un poste-frontière de pointe transforme le commerce

Il y a quelques semaines, un camionneur a eu la surprise de sa vie lorsque son employeur l’a appelé d’Afrique du Sud lui demandant pourquoi il a siphonné du carburant de son véhicule pendant qu’il attendait pour le dédouanement au poste-frontière de Kasumbalesa, entre la Zambie et la République démocratique du Congo (RDC).

Les tentatives du chauffeur de nier l’incident ont été vaines puisque des séquences vidéo prises au poste-frontière le montraient en train de vider le carburant et de le remettre à des gens.

L’installation d’un matériel de surveillance de pointe signifie que les choses ont changé à Kasumbalesa, un poste-frontière situé sur l’une des voies commerciales à grand trafic en Afrique.

Pendant qu’un camion entre dans la cour, de puissantes cameras prennent tous ses détails et les transmettent aux différents bureaux, y compris les services d’immigration et de la douane. Entre autres, les cameras captent le nom de la société possédant le camion, le nombre d’essieux dont il dispose et le type de cargaison qu’il transporte.

Avant que les chauffeurs n’entrent enfin dans les bureaux, l’argent à payer pour les diverses procédures douanières et d’immigration est déjà calculé. Cela signifie que le chauffeur passe maintenant moins de temps sur les procédures frontalières qu’auparavant, où toutes les procédures étaient manuelles.

L’ingénieur Avishay Dvir, directeur exécutif de 'Baran Trade and Investment', une entreprise basée en Suisse et appartenant à un Israélien, et qui a été engagée pour construire le nouveau poste-frontière, a expliqué que cette nouvelle structure "aiderait à améliorer la vitesse et le volume des échanges commerciaux entre les pays" dans le Marché commun d’Afrique orientale et australe (COMESA).

Des négociations sont déjà en cours pour installer davantage cette technologie à d’autres postes-frontières dans le COMESA. Les mauvaises infrastructures frontalières font partie des facteurs qui rendent le commerce régional plus difficile et plus coûteux, spécialement parce que la plupart des marchandises doivent être transportées par la route.

Un rapport de la Banque mondiale publié en 2009 sur les infrastructures de l’Afrique indique que les longs retards aux postes-frontières coûtent aux transporteurs plus de 300 dollars par jour.

Par exemple, un voyage de 2.500 kilomètres de Lusaka, en Zambie, à la ville portuaire de Durban, en Afrique du Sud, dure en moyenne huit jours – quatre jours pour la durée du voyage et quatre jours aux frontières, coûtant environ 2.400 dollars.

Certains camionneurs ont indiqué qu’ils passent un mois en route, de Durban à la RDC, avec les plus longs retards à Kasumbalesa. La réduction du temps d’immobilisation des camions signifie une augmentation du volume de marchandises transportées puisque le chauffeur peut désormais faire plusieurs voyages dans un mois, au lieu de passer le mois entier sur un seul voyage.

Si de telles installations sont mises en place à travers la région, les échanges commerciaux augmenteront à une vitesse élevée puisque les marchandises traverseront les frontières plus rapidement", a déclaré Dvir.

L’entreprise nourrit le rêve ambitieux d’un timbre pour les marchandises en transit (ITC), qui sera donné à un poste-frontière puis transmis électroniquement au poste frontalier suivant et à tous les autres postes afin d’accélérer les processus de dédouanement.

Cela pourrait signifier qu’un camion aurait seulement besoin d’un timbre ITC identifiant son chargement et sa destination finale, ce qui réduirait le temps passé à 10 minutes. Actuellement, les contrôles du chargement sont faits manuellement à Kasumbalesa, mais une machine à rayon X pour les camions est en installation pour le contrôle de la cargaison au cours du passage du camion.

Dvir a expliqué: "Notre idée est de construire des installations frontalières modernes équipées des technologies de l’information et de la communication à travers la région. Le gouvernement zambien nous a offert un contrat pour la rénovation de tous les postes-frontières dans le pays.

"Nous sommes également en discussion avec les gouvernements d'autres pays, y compris la RDC, la Tanzanie et l'Angola. Nous sommes intéressés par l'amélioration des conditions au niveau des frontières au Botswana, en Afrique du Sud et au Zimbabwe, particulièrement le poste-frontière de Beitbridge qui est tristement célèbre du fait de ses mauvaises conditions et des retards".

"Le travail ici est devenu tellement plus facile", a confié avec enthousiasme Mushota Bukankala, un chef d’équipe. "Je reste juste debout dans la salle de contrôle où j'ai une bonne vue sur tout ce qui se passe".

Winfred Shawa, un camionneur zambien, a envisagé de prendre sa retraite en raison des conditions de travail pénibles, mais a changé d'avis après l'installation du nouveau système.

"Je passais 30 jours sur la route entre l'Afrique du Sud et la RDC, avec des retards, en particulier à cette frontière, mais je ne passe plus même une seule journée ici.

"Je ne peux pas attendre que ce système soit adopté à d'autres frontières, ce qui signifiera que je peux faire le voyage en moins de cinq jours, autorisant un ou deux repos au bord de la route", a déclaré Shawa.

Le nouveau poste-frontière a augmenté les opportunités d'emploi pour la communauté environnante. Depuis janvier 2011, 250 employés ont été recrutés. Tous devaient d'abord suivre une formation sur les systèmes des technologies d’information, puisque la plupart n'avaient pas de telles compétences.

L’entreprise chargée du poste-frontière s'est également engagée à débourser 120.000 dollars par an pour le développement de la communauté environnante. Une école est en construction et ce plan comprend également un centre de santé et un marché.

Diverses formes de commerce au port ont également été touchées. Dans le passé, les camionneurs utilisaient les longs temps d'attente pour vendre une partie de leur carburant aux habitants et aux vendeurs de carburant. Le temps de faire cela n'existe plus là et, en outre, les caméras surveillent toujours à partir de tous les angles dans la cour.

Les camionneurs ne disposent plus d’assez de temps pour s’engager dans des rapports sexuels commerciaux.

Le nouveau poste-frontière a été construit sur 10 mois pour un coût total de 25 millions de dollars à travers un accord de "construction, opération et transfert" entre le gouvernement zambien et l'entreprise, qui a obtenu une concession de 20 ans pour gérer la frontière afin de récupérer ses investissements.

Le gouvernement n'a engagé aucune somme vers la construction. Une taxe de passage de 19 dollars par essieu de tout véhicule qui passe par le poste-frontière a été introduite et des négociations pour faire payer les voyageurs sont en cours. Le gouvernement conserve les frais de douane et d'immigration.

Source: IPS

Zambia: High-Tech Border Post Transforming Trade

A few weeks ago, a truck driver got the shock of his life when his employer called from South Africa asking why he had siphoned fuel from his vehicle while awaiting clearance at the Kasumbalesa Border Post between Zambia and the Democratic Republic of Congo.
The driver's attempts to deny the incident were futile as video footage taken at the border post showed him draining the fuel and handing it to people.

Source: IPS

India - Engaging Africa With Software And Soft Power

India cannot match rival China's massive investments in Africa, but it is using its information technology capabilities and its affordable university courses to stay relevant on the continent.

Source: IPS

Tanzania: Mobile Phones Help Mothers Avoid Passing HIV On to Their Children

Pumwani Maternity Hospital, in the impoverished Nairobi neighbourhood of Eastlands, is the site of a trial project using mobile phones to help HIV-positive mothers avoid passing the virus on to their children. Juliet Wangari Njuguna is a research nurse with Kenya Aids Control Project. She works at the Pumwani clinic to assist HIV-positive mothers.

Source: IPS

Burundi: Des ordinateurs de poche accélèrent l'aide alimentaire

Les organisations d'aide déclarent qu'un petit ordinateur de poche leur permettra de faire une évaluation plus rapide là où le besoin d'aide alimentaire est le plus urgent. Par conséquent, moins de Burundais souffriront de faim cette année.

Quinze années de guerre civile, combinées à l'extrême pauvreté, un processus politique fragile et des catastrophes naturelles récurrentes comme les inondations et les sécheresses, ont entraîné une augmentation drastique de la pauvreté et de la faim dans ce pays d'Afrique centrale.

Vingt-huit pour cent seulement des Burundais ont suffisamment à manger, et plus de la moitié de la population est chroniquement mal nourrie, selon le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies.

Le PAM prévoit de distribuer 3,7 millions de tonnes de nourriture à 90 millions de personnes dans 73 pays en 2010, y compris le Burundi. Pour déterminer la meilleure façon d'allouer les ressources disponibles, l'organisation internationale mène des enquêtes sur l'alimentation dans chaque pays.

"Habituellement, vous envoyez un moniteur avec des tas de formulaires", explique Marc Neilson, chargé de l'information publique au PAM au Burundi. "Vous notez simplement sur du papier ce que disent les habitants, ou vous pouvez avoir un questionnaire en papier, et vous cochez les cases comme il faut".

Mais dans le cadre d'une nouvelle initiative du PAM au Burundi, les réponses aux évaluations alimentaires sont maintenant directement enregistrées sur des assistants numériques personnels (ANP) qui sont seulement un peu plus grands qu'un téléphone cellulaire. Depuis leur introduction en mars, ils ont bravé la forte chaleur burundaise et ils ont duré des jours avant de nécessiter le rechargement.

L'assistant au programme du PAM au Burundi, Gerard Bisman, utilise maintenant le nouvel appareil électronique quand il visite les régions rurales pour mener des entretiens sur l'évaluation alimentaire.

Il pose aux habitants des questions comme 'combien de repas mangez-vous par jour?', 'comment faites-vous la cuisson?', 'qu'est-ce que vous utilisez pour la cuisson?', 'de quel type de combustible disposez-vous pour faire la cuisson?', pour déterminer le besoin d'aide.

Les données recueillies par Bisman seront utilisées pour aider à surveiller la situation alimentaire du pays. Le Burundi est considéré comme une "zone rouge" par le PAM, identifiant le pays comme une zone susceptible d'être plus affectée par des pénuries alimentaires. Les années passées, le PAM a assisté plus de 600.000 Burundais sur les sept millions, avec l'aide alimentaire.

La logistique et la diligence dans la fourniture d'aide alimentaire sont cruciales: près de 40.000 enfants de moins de cinq ans sont en danger de mort à tout moment à cause de la malnutrition aigue sévère, selon le Corps médical international. Cela signifie que la nourriture doit parvenir au nécessiteux aussi rapidement que possible.

Chaque ANP coûte environ 200 dollars, déclare Neilson. Avec deux appareils pour chacune des 15 provinces du pays, le coût total est d'environ 6.000 dollars, sans les frais de formation du personnel.

Neilson estime que les ANP sont un bon investissement parce que "les pauvres reçoivent de l'aide plus rapidement et plus efficacement".

"Le PAM doit être dans les régions les plus à risque et c'est ça l'essentiel. Donc, tout ce qui peut aider à améliorer ce processus, à réduire le temps pour y arriver, à améliorer les données, [et] améliorer leur validité, vaut pour moi sans aucun doute l'investissement", explique-t-il plus loin.

Depuis que le personnel du PAM a commencé à utiliser les ordinateurs de poche, des données plus précises sont recueillies, et plus rapidement, parce qu'il y a moins de temps de préparation et qu'il n'y a aucune trace de papier à partir de laquelle les données doivent être introduites dans un système d'ordinateur plus tard.

"Ça nous prend d'habitude environ une heure et demie [par entretien, y compris la préparation et le traitement des données], mais maintenant ça nous prend seulement une demi-heure", note Bisman.

Les habitants qu'on interroge préfèrent également les nouveaux appareils, ajoute-il: "ils se fatiguent beaucoup d'habitude. Mais avec l'enquête numérique de 30 minutes, ils ne se fatiguent pas autant, et ainsi ils fournissent des données plus précises".

A Bihogo, un village au nord du pays, Bisman a posé les 20 questions de l'enquête numérique sur l'alimentation à Elisabeth Tembaidai, une enseignante du primaire de 56 ans qui a reçu l'aide alimentaire il y a quelques années et qui souffre à nouveau de faim.

"C'est la saison sèche, et nous sommes à court de nourriture, nous demandons donc de l'aide", explique-t-elle.

Les agriculteurs du village de Tembaidai ont eu de mauvaises récoltes cette année, à cause de la sécheresse combinée à la qualité pauvre du sol du fait de plusieurs années de déforestation et d'érosion. Selon les évaluations passées du PAM, la sécurité alimentaire à Bihogo est en baisse depuis 2006.

Neilson déclare que l'entretien avec des personnes comme Tembaidai, en utilisant les ANP, donne une image beaucoup plus précise des besoins de la population: "vous avez la rapidité de la collecte des données, ce qui implique que vous pouvez étendre votre zone d'enquête et interroger plus de personnes".

Il a ajouté que le fait de ne plus chercher à déchiffrer une écriture bâclée et à ressaisir les informations recueillies, entraîne une réduction de la marge d'erreur dans l'évaluation des données.

Le PAM, qui fournit l'aide alimentaire au Burundi depuis 1968, est à la première phase de la mise en oeuvre de l'utilisation des ANP. Pour l'instant, les informations sont sauvegardées dans une carte mémoire et elles sont envoyées au bureau principal dans la capitale burundaise de Bujumbura en voiture.

Mais d'ici à la fin de l'année, des agents de terrain seront en mesure de transmettre leurs résultats par communication sans fil, en utilisant le nouveau réseau sans fil 'hi-speed 3G', déclare Neilson.

Il y a quelques mois, les opérateurs et les régulateurs de télécommunication du Burundi ont signé un projet de 20 millions de dollars pour installer un câble de fibres optiques de mille kilomètres, ce qui pourra apporter au pays une connectivité Internet à large bande. La Banque mondiale appuie le projet avec une subvention de 10,5 millions de dollars dans le cadre de son programme régional d'infrastructures.

Si le PAM s'en tient à ses plans, les pauvres et les affamés du Burundi profiteront également - indirectement - du nouveau réseau sans fil, parce qu'ils recevront l'aide alimentaire plus vite qu'avant.

Source: IPS

Zambie: "Des privatisations en cascade"

La Zambie a vendu plus de 262 entreprises publiques au cours des 18 dernières années, la toute dernière étant la société de télécommunications Zamtel également menacée.

Pendant que les discussions se poursuivent sur le fait de savoir si la privatisation est la meilleure option politique pour le pays, le gouvernement a tiré leçon de ses expériences et pris davantage en compte les préoccupations des travailleurs dans la cession la plus récente.

L'opérateur de télécommunications Lap Green Networks, l'un des investissements du gouvernement libyen, a acheté en juin les 75 pour cent des actions de Zamtel pour 384 millions de dollars, le montant le plus élevé négocié par une entreprise publique depuis que ce pays d'Afrique australe s'est embarqué dans le processus de privatisation en 1992.

La privatisation fait partie des conditions du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM) pour la poursuite du soutien des bailleurs de fonds. Lorsque le gouvernement du MMD est venu au pouvoir en 1991, les deux institutions de Bretton Woods ont exigé le programme d'ajustement structurel qui ferait passer le pays d'une économie socialiste à une économie de marché.

James Matale, le premier directeur général de l'Agence zambienne de privatisation, déclare à IPS que la privatisation a été proposée comme panacée aux maux économiques de la Zambie "mais elle est motivée par de grands intérêts d'affaires en rapport avec le gouvernement qui privatise en cascade les entreprises et les actifs. Il y a trop de corruption".

Il trouve surprenant que la Zambie poursuive encore la privatisation dans le cadre de son programme de développement. Par expérience, il pense qu'avec l'injection de capitaux dans les entreprises publiques et moins d'intervention du gouvernement dans leur exploitation, elles vont retrouver leur équilibre.

L'ancien président Frederick Chiluba n'est pas de cet avis. Il déclare à IPS que la privatisation est une politique fondamentale de libéralisation de l'économie. Lorsqu'il a accédé à la présidence en 1991, l'Etat s'était engagé à "faire du pain et à fournir le service de transport en autobus", soutient Chiluba.

Le gouvernement subventionnait les entités qui tournaient à perte telles que les mines de cuivre, à hauteur d'un million de dollars par jour à un moment et il était lui-même confronté à de sérieuses difficultés financières et à des dettes extérieures allant jusqu'à sept milliards de dollars.

Chiluba, qui a été disculpé des charges de corruption en 2009, a reconnu qu'il y a eu des pertes. Il n'y avait aucune courbe d'assimilation; il y avait environ 300 sociétés chancelantes soutenant l'économie qu'il fallait mettre entre les mains d'acteurs privés. Des emplois ont été inévitablement perdus, en particulier au niveau des sociétés tournant à perte qui étaient aussitôt liquidées dès la vente.

"Mais en tant que mesure politique, la privatisation est un succès. Elle a apporté de l'efficacité et de la prévisibilité à l'économie. L'argent qui était dépensé en guise de subventions du gouvernement peut maintenant être mieux utilisé ailleurs. Le secteur minier a connu une croissance exponentielle. Les pertes temporaires ont été compensées par de nouveaux employeurs dans le secteur économique".

Le ministre du Commerce Felix Mutati déclare à IPS que la vente de Zamtel demeure la plus bénéfique. Le gouvernement a mobilisé environ 433 millions de dollars au total à partir des 267 précédentes transactions. Cette fois-ci, il a eu comme gain 257 millions de dollars et 127 millions de dollars supplémentaires comme garantie de financement.

Mutati explique que le gouvernement était à la recherche de moyens pour renforcer les exploitations de Zamtel et trouver des solutions à ses problèmes de longue date. L'entreprise publique s'est effondrée totalement avec plus de 50 pour cent de ses revenus mensuels affectés au paiement des salaires de ses 2.400 travailleurs. Zamtel a tourné à perte de 17 millions de dollars en 2008, ce qui a grimpé à plus de 30 millions de dollars en 2009.

En outre, malgré son statut de monopole, Zamtel essaie seulement de gérer 100.000 abonnés environ de lignes fixes et de réseau sans fil pendant que les deux opérateurs mobiles, Zain et MTN, partagent plus de 3,5 millions d'abonnés.

Bien qu'il compte moins d'abonnés, Zamtel emploie presque quatre fois plus de travailleurs que les concurrents privés.

Les opérateurs privés ont également contribué d'environ 270 millions de dollars au trésor public pendant que Zamtel doit à l'Etat plus de 56 millions de dollars comme impayés d'impôts.

Le gouvernement avait deux options: injecter un montant supplémentaire de 200 millions de dollars dans la société ou engager un partenaire actionnaire. "Le gouvernement n'avait pas d'argent, donc la privatisation était la meilleure option", a déclaré Mutati.

Il y a eu une tentative sérieuse d'opposition à la vente par les leaders de l'opposition Hakainde Hichilema et Michael Sata du front patriotique UPND qui déclarent que le processus manque de transparence, que le gouvernement avait cédé beaucoup d'actions, et cela à un prix bas.

Mais le gouvernement a assuré que la principale cause d'inquiétude - les indemnités de licenciement et le chômage - était placée en priorité.

Le secrétaire général de l'Union nationale des travailleurs en communication (NUCW), Clément Kasonde, salue la vente, affirmant que le syndicat a été collaborateur du gouvernement et qu'il revient aux nouveaux acheteurs de se prononcer sur les indemnités de licenciement au profit des employés une fois qu'ils seront officiellement adjudicataires.

Le personnel recevra des avantages complémentaires comprenant la rémunération correspondant à trois mois de salaires pour chaque année de travail, le paiement de deux mois de salaires pour le rapatriement et un mois de salaire en guise de préavis. La restructuration et les nouvelles embauches sont prévues pour commencer en ce mois de juillet 2010 et pour prendre fin au plus tard en août.

"Cela a mis fin à la vague des critiques", déclare Justine Sinkoko, comptable à Zamtel, qui attend avec impatience de recevoir son offre pour faire "quelque chose d'autre" de sa vie.

"Nous avons fait fi des appels au boycott de la vente parce que nous ne sommes pas dans de bonnes conditions ici. Nous ne savions jamais d'un mois à un autre quand est-ce que notre salaire allait tomber. Parfois, le paiement connaissait des retards de deux mois. Aucun travailleur ici ne s'oppose à la vente. Ceux qui le désirent peuvent faire de nouvelles demandes d'emploi pour revenir", déclare Sinkoko à IPS.

C'est la première fois que des dispositions sur les indemnités de licenciement sont contenues dans un contrat de cession. Par le passé, il revenait aux nouveaux propriétaires de respecter leurs promesses de payer les bénéfices. Il y a des centaines de travailleurs qui attendent encore leurs droits depuis 10 ans que des sociétés ont été vendues.

Source: IPS

Ouganda : L'Internet pour assurer un avenir durable aux fermiers

Le district de Mayuge a 31.000 familles d'agriculteurs desservies par seulement neuf agents de vulgarisation agricole. Dans le village de Wainha, un centre Internet géré par l'Initiative rurale de source ouverte et de développement de Busoga ne se limite pas à combler ce déficit en aidant les agriculteurs.

 Joseph Wangolo est toujours fasciné par les ordinateurs, six ans après avoir vu un pour la première fois. "Cette chose est si intelligente qu'elle vous donnera des informations sur tout. Elle connaît même notre village, imaginez-vous?", s'émerveille-t-il.

Il n'y a pas longtemps, Wangolo, 56 ans, marchandait avec les acheteurs de produits agricoles qui lui offraient seulement 200 shillings ougandais - environ dix cents US - par kilogramme pour son maïs. Non convaincu par l'offre, il est allé au centre de Busoga où il a découvert que le prix à Kampala, la capitale, 110 kilomètres plus loin, était beaucoup plus élevé.

"Je viens de chasser les acheteurs! Imaginez-vous, ces gens me payaient seulement 200 shillings et pourtant le prix du maïs à Kampala était de 800 shillings".

Au centre Internet géré par l'Initiative rurale de source ouverte et de développement de Busoga (BROSDI), les petits fermiers de tous âges, hommes comme femmes, s'assoient concentrés devant les rangées d'écrans.

Certains sont déjà de grands internautes, tandis que d'autres s'assoient sur des bancs dans le couloir attendant une assistance élémentaire allant de l'aide pour ouvrir un compte e-mail à un coup de main afin de connaître la fin de la saison des pluies en cours, ou la façon d'améliorer la fertilité du sol, ou pour avoir des idées en vue de petites agro-industries.

Ici, la plupart des agriculteurs conviennent que le centre a ouvert une fenêtre sur un monde de connaissances utiles.

Mais le Web n'a pas encore fini de montrer ses merveilles. Edna Karamagi, directrice exécutive de la BROSDI, affirme qu'en facilitant les forums de connaissances au cours desquels les agriculteurs discutent directement, ils ont découvert qu'il existe beaucoup de choses que les fermiers peuvent apprendre de leurs pairs au sein du district.

"Vous constatez que ces gens sont des experts à part entière, mais ces informations n'ont pas été exploitées", dit-elle. Les agriculteurs se réunissent régulièrement au centre de la BROSDI pour échanger des idées et se poser des questions.

Nyenda Sophia est celle qui écoute tout le monde dans le centre. Nyenda a commencé à travailler au centre il y a trois ans pendant ses vacances, et elle est maintenant étudiante à l'Université de Busoga voisin.

Elle possède des cahiers remplis d'histoires de paysans, notées en Kisoga, la langue parlée dans la région. Avec les notes qu'elle et ses homologues dans les 17 districts prennent, des dépliants à la fois en langues locales et en anglais sont préparés et distribués aux agriculteurs affiliés à la BROSDI à travers un réseau de 340 "courtiers de connaissances" qui aident également les agriculteurs à mettre en oeuvre des pratiques dans les milieux où ils peuvent être incapables de lire.

Des conseils et suggestions sont également envoyés aux fermiers par SMS.

Nyenda jouit du respect des villageois beaucoup plus âgés qu'elle, qui la respectent pour son éducation dans une région où les niveaux d'alphabétisation sont très bas. Ce respect est réciproque: elle dit que bon nombre de techniques agricoles traditionnelles ne sont pas très connues; toutefois, elles offrent des solutions efficaces et pratiques aux problèmes des agriculteurs.

"Je ne savais pas que l'herbe locale appelée mululuza peut tuer les insectes nuisibles sur les tomates", déclare-t-elle.

Le travail de Nyenda qui consiste à écouter et transcrire est un élément clé du Projet de collecte et d'échange de contenu agricole local (CELAC) décrivant les pratiques agricoles traditionnelles. Il se révèle être une combinaison réussie des connaissances indigènes, de la création astucieuse d'opportunités de mise en réseau, et de la technologie des informations et de la communication nouvellement disponible.

Le résultat du travail du centre de la BROSDI est facile à voir. Alice Naikoba, une fermière du village de Bukhooli voisin se débattait sur la terre aride qui a produit des bananes de mauvaise qualité. Au cours de l'un des forums de partage de connaissances, elle a appris que le type de bananes sur lequel elle se concentrait n'est pas adapté à son sol.

On lui a conseillé de planter un autre type de bananes localement connu sous le nom de endiizi. Depuis qu'elle a changé de culture, ses rendements ont quadruplé; mieux encore, elle a eu l'idée de brasser le waragi, une bière locale à base de bananes, pour augmenter ses revenus.

Les conseils qu'elle a recueillis à la BROSDI ont transformé Naikoba et sa famille en un tourbillon de production en miniature: des bananes et la bière, en plus de la vente des produits de son potager et de l'élevage de chèvres et de poulets, lui ont permis d'acheter des matériaux de construction pour construire une nouvelle maison - avec ses cinq enfants posant les briques - et de sortir de sa case couverte de chaume.

L'initiative lancée ici au village de Wainha avec le soutien de l'Institut international pour la communication et le développement, le Centre international de recherche en développement du Canada et Hivos, un organisme d'aide néerlandais, a élargi ses branches à d'autres parties de l'Ouganda aidant les fermiers à partager, à accéder et à mettre en oeuvre de bonnes pratiques agricoles.
 
Le ministre de l'Agriculture, Aggrey Bagiire - député de la circonscription électorale de Bunya West (Bunya Ouest), où se trouve Wainha - affirme que le potentiel agricole de cette zone est élevé, mais qu'il doit être géré avec soin pour être durable.

"L'augmentation de la population et de la demande pour la nourriture a mis la pression sur les terres disponibles. L'érosion des sols, la surexploitation et la culture des zones humides de Imanyiro, de Baitambogwe et de Malongo sont en train de dégrader les terres, entraînant la baisse des rendements", dit Bagiire.

En donnant aux agriculteurs des districts un accès immédiat aux meilleures des connaissances locales agricoles et aux recherches internationales ainsi qu'aux meilleures pratiques par le biais de l'Internet, ce coin de l'Ouganda rural semblerait avoir reçu la meilleure chance possible d'assurer un avenir durable.

Source: IPS
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