« A l'heure actuelle, lefaso.net a plus de 42 000 visiteurs par jour, environ 23 000 abonnés à sa newsletter et depuis l'installation des forums de discussion jusqu'au 28 décembre 2011, près de 124 338 contributions sont enregistrées ».
Ces statistiques données par le promoteur du « lefaso.net », Dr Cyriaque Paré, montrent que depuis son lancement officiel le 19 octobre 2003, le portail préféré des Burkinabè a tissé discrètement mais sûrement sa toile dans le paysage médiatique burkinabè.
A travers une revue de la presse nationale, il donne chaque jour une vue d'ensemble de l'actualité nationale et une plus grande visibilité à la production de la presse burkinabè.
L'objectif principal, selon le promoteur de « lefaso.net », étant de faire connaîetre le Burkina Faso autrement, grâce à une information actualisée, plus visible et plus accessible sur la Toile mondiale. Pour cela, il se veut être un site fédérateur, permettant d'accéder à l'ensemble des médias burkinabè en ligne.
« Notre souci est d'avoir un contenu qui donne une idée plus ou moins précise sur ce qui se passe au jour le jour au Burkina. Aussi, les articles publiés permettent d'avoir des informations équilibrées car notre souci, c'est de faire en sorte que toutes les tendances puissent s'exprimer dans la mesure du possible.
De plus, il s'agit beaucoup moins d'articles d'opinion que des articles d'information » ; telle est en substance la ligne éditoriale de « lefaso.net », à en croire le Dr Paré.
Il rappelle également que « lefaso.net » a été initié aussi dans une perspective universitaire, comme un laboratoire qui permet d'étudier l'évolution des nouveaux médias et d'embrasser les problématiques qui y sont liées.
Quant à la collaboration entre sa structure et les autres médias dont les articles sont reprises sur le portail, Dr Cyriaque Paré se veut être clair : « Nous ne sommes pas en concurrence, mais nous sommes plutôt dans une dynamique de partenariat car en exploitant leurs articles, lefaso.net accroîet leur visibilité dans le monde ».
Cependant, le portail travaille à être de plus en plus autonome. C'est du moins ce que semble dire Dr Paré quand il précise que « lefaso.net » possède actuellement une rédaction composée de quatre journalistes, sans compter des correspondants à travers le monde, tels qu'en Côte d'Ivoire, en France, en Allemagne et aux Etats-Unis.
Par ailleurs, l'une des particularités de ce portail est le dynamisme de son forum de discussion. Chaque jour, des milliers d'internautes interviennent sur divers sujets. Malheureusement, certains commentaires virent aux insultes et à la diffamation, obligeant souvent les animateurs du site à la censure de certaines contributions.
« Nous avons beaucoup de problèmes car certains internautes sont frustrés du fait qu'on ne publie pas leurs contributions. A ma connaissance, nous avons été l'un des premiers à mettre en ligne des forums de discussion après Sidwaya », rappelle le DrParé avant d'ajouter :
« Notre objectif c'est de créer un espace de débats contradictoires et constructifs, malheureusement certains internautes ne l'ont pas encore compris et continuent de faire des commentaires insultants et diffamatoires ; ce qui nous a poussé à adopter la modération a priori ».
D'ailleurs, il affirme que le portail a déjà reçu plusieurs mises en demeure en la matière car en pareille situation, ce n'est pas l'internaute anonyme qui est poursuivi mais le support qu'il a utilisé.
En outre, la modération a priori suppose que toutes les réactions des internautes doivent être lues 24h sur 24, « alors que nous n'avons pas les moyens de mettre des personnes qui ne feront que ça toute la journée.
Résultat, des milliers de commentaires doivent être régulièrement purgés du site pour ne pas encombrer le serveur. Cela est bien sûr dommage et source de frustrations, mais c'est un choix que nous devons assumer car, nous le rappelons, la vocation première du portail, c'est d'informer et non d'entretenir des forums de discussions qui virent très souvent au défouloir », déclare M. Paré.
Il faut ajouter que contrairement aux médias traditionnels (presse écrite, radio et télévision) la presse en ligne aujourd'hui ne bénéficie pas au Burkina de la subvention de l'Etat.
Le modèle économique pratiqué par lefaso.net est donc la gratuité, c'est-à-dire que l'information est accessible à tous les internautes et c'est en vendant des espaces publicitaires que le site essaie de se rentabiliser.
Malgré les difficultés, lefaso.net s'impose de jour en jour dans le paysage médiatique burkinabè, d'où la reconnaissance du Conseil supérieur de la Communication (CSC) qui n'a pas hésité à décorer le portail de la médaille de chevalier de l'ordre du mérite des Arts, des Lettres et de la Communication le jeudi 22 décembre 2011.
« C'est par et pour la presse burkinabè que lefaso.net existe »
Pour le promoteur de « lefaso.net » la distinction du CSC est un hommage surtout à la presse burkinabè dans son ensemble car c'est par elle et pour elle que « lefaso.net » existe.
Il espère que cela va aider à mieux promouvoir la presse en ligne et permettre aux médias sur internet d'avoir des stratégies éditoriales qui leur permettent de mieux se développer.
En octobre 2011, « lefaso.net » a célébré dans la sobriété ses huit ans. Presque l'âge de la maturité si l'on s'en tient aux distinctions engrangées au cours de l'année (Faso IT Awards, deux trophées à la Semaine nationale de l'internet (SNI), un prix Galian, et enfin, chevalier de l'Ordre du mérite).
Des distinctions qui ouvrent de bonnes perspectives pour la consolidation de la professionnalisation du portail qui a entrepris d'étoffer son équipe et de développer des sous-portails thématiques axés sur les médias et les TIC, le tourisme et la vie des gens du Burkina.