L'éDITORIAL DU MOIS

L’énergie éolienne : une réponse partielle aux problèmes de l’alimentation en électricité des stations de base

Les marges bénéficiaires des opérateurs mobiles sont en baisse, particulièrement en comparaison avec la période glorieuse de la décade passée. Le potentiel de croissance dans le segment voix se situe principalement parmi les clients avec un ARPU très bas. Le segment data permettra de sauvegarder le niveau de l’ARPU dans certains pays mais pas dans ce avec un faible taux d’alphabétisation. Ces facteurs combinés à une plus grande concurrence entre les opérateurs doivent pousser la réflexion au niveau du coût. L’alimentation en électricité des stations de base est un élément très important dans les dépenses d’un opérateur. Des modèles de partage de la fourniture d’énergie sont développés mais ils tardent à monter en puissance. Explorer d’autres options énergétiques est par conséquent une nécessité si les coûts doivent baisser. Russell Southwood s’est entretenu avec Mats Vilander, le directeur général de Zephir Europe, Moyen-Orient et Afrique.

L’Afrique est bien connue pour son climat ensoleillé mais quant à la question de savoir si le vent peut supporter des turbines générant de l’électricité, les réponses sont peut être moins évidentes. Des cartes référençant la puissance du vent indiquent que les pays suivants ont assez de vents réguliers pour alimenter des turbines: l’Afrique du Sud (en particuliers le Cap Est et Cape Town), la Namibie, le Kenya, le Nigeria, Madagascar, la majorité des pays de l’Afrique du Nord (en particulier la Libye) et l’Ethiopie. La NASA, l’agence spatiale américaine dispose de cartes des vents à 40 mètres au-dessus de la surface de la terre couvrant l’ensemble de la planète. Ces informations combinées à des données météorologiques historiques sont utilisées pour évaluer si un site est bon pour la production d’énergie éolienne. Selon Mats Vilander  « lorsqu’il s’agit de construire une tour de 60 mètres, les équipementiers veulent avoir des informations quant à la puissance du vent auquel ils auront à faire face. »

Le coût de la construction d’une turbine éolienne par Zephyr (incluant la construction) pour un site utilisant 10KW par jour est de l’ordre de 25,000 dollars US. Ce coût est basé sur la possibilité d’installer la turbine sur une tour existante. Mats Vilander explique que « le concept est modulaire pour permettre une montée en puissance en fonction de la demande. La turbine et les batteries fonctionnent de façon séparée des systèmes existants. Le système d’alimentation peut identifier l’absence de vent et signaler que les batteries sont vides ».  Le système fonctionne aussi comme un système de secours pour des sites alimentés avec des générateurs diesels.

Un opérateur panafricain a estimé que 10% de ses sites fonctionnent uniquement avec des générateurs diesel avec un coût se chiffrant à 146 millions de dollars par an. Selon certaines estimations 65% de la consommation en énergie des opérateurs mobiles provient des stations de base mais peu de sociétés disposent d’un système pour suivre ces coûts en vue d’en assurer leur maîtrise.

Au regard du coût, l’offre pour des turbines éoliennes est déclinées en deux parties: elle permet d’abord de réduire le coût en diesel sur des stations existantes (une réduction de 50% des coûts opérationnels pour des stations en zone rurale) ; pour des nouveaux sites, une économie de 100% en investissement de capital peut être achevée si les conditions météorologiques le permettent. Cela dit,  Mats Vilander concède « qu’une turbine éolienne ne sera pas la source primaire d’énergie pour un site existant mais peut l’être pour de nouveaux sites. » En suivant les paramètres standards concernant la demande énergétique totale, la vitesse du vent, la taille de la batterie et le coût total de l’investissement, le retour sur investissement est de l’ordre de trois ans.

Tandis que Mats Vilander cite de nombreux déploiements de turbines éoliennes réalisés par Zephir, la collaboration avec les opérateurs mobiles est en toujours à ses débuts. La société a déployée une turbine éolienne sur une station de base de Turkcell. Celle-ci a été en place pour deux ans et selon Mats Vilander, l’expérience a été positive. Il y a aussi des sites au Japon mais ils servent à générer de l’électricité pour le réseau national de distribution. C’est une chose qui devrait se faire en Afrique mais ce n’est pas encore le cas à présent. Il y a aussi un site aux Maldives qui est opérationnel depuis six mois. Zephir a engagé des discussions avec une série d’opérateurs en Afrique.

En termes de coûts de maintenance, Mats Vilander affirme qu’ils sont nuls aussi longtemps que l’installation a été faite correctement. « Toutes les  pannes sont en général dues à une mauvaise installation. Il s’agit d’un système totalement intégré. La puissance de sortie est basse et le matériel bénéfice d’une garantie de 5 ans mais en fait sa durée de vie est d’au moins 25 ans. Il est possible de contrôler et de vérifier l’équipement à distance. Si la vitesse est supérieure à 20 mètre par seconde, les rotors s’arrêtent automatiquement ».

Le programme « Energie renouvelable pour mobile » de l’association GSM estime qu’il y a eu 1,500 déploiements de solutions renouvelables dans les pays en voie de développement. Le programme comprend 25 opérateurs globaux. Vodacom et Bharti sont sur leur liste pour l’Afrique.

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