ACTUALITéS INFORMATIQUES

OpenData : Le Kenya lance le mouvement

Nairobi a lancé ce vendredi 8 juillet la «Kenya Open Data Initiative» qui rend public et accessible à tous des importantes bases de données statistiques du gouvernement. Pour commencer, l’Etat kenyan a mis en ligne plus de 160 bases de données statistiques sur son portail dédié à l’Open Data. Un site web très design et simple d’usage où l’on retrouve les bases de données classées par thèmes (population, éducation, énergie, santé, pauvreté) et par comtés.

Il est possible de télécharger les données aux formats «.PDF» mais aussi et surtout en «.CSV» et «.XLS». Ces derniers formats offrent une base de donnée «clean» et exploitable par les programmeurs qui vont pouvoir la «traiter» et transformer ces listes de statistiques imbitables en visualisation de données graphiques (cartes, graphiques, timeline…) compréhensibles par tous. Ces visualisations donnent du sens à ces informations statistiques et permettent un usage personnalisé grâce à la possibilité de jouer avec les données, de les croiser, de comparer les comtés entre eux, de choisir les paramètres que l’on souhaite visualiser…

C’est la société Socrata, basée à Seattle, qui a conçue cette plateforme Open Data. Socrata est leader dans ce domaine et a notamment réalisé les plateformes sophistiquées du gouvernement américain. Dans un communiqué daté du 8 juillet, jour du lancement officiel, Socrata décrit la plateforme kenyanne comme «le projet Open Data le plus élaboré au monde».
Pour le gouvernement kenyan, cette initiative innovante marque une volonté claire de s’engager vers plus de transparence et d’interactivité avec les citoyens en ouvrant les accès à ces bases de données. L’Open Data est une étape fondamentale vers une gouvernance 2.0 qui utilise notamment les outils collaboratifs du web pour bâtir une société plus ouverte et renforcer le lien avec les citoyens. Outre les services de géolocalisation des infrastructures publiques (santé, mairie, écoles…), les citoyens peuvent ainsi exercer leur droit de regard «actif» sur les dépenses publiques, la traçabilité de l’usage de leurs impôts, la gestion des ressources naturelles, veiller à l’application concrète des politiques annoncées…

«En ouvrant au public ces données statistiques, le gouvernement kenyan attend des citoyens qu’ils aident et qu’ils contribuent à utiliser ces données pour le développement», a déclaré le ministre de l’Information et des Communications, Samuel Poghisio, lors de la cérémonie de lancement en présence du président Mwai Kibaki. Son Premier secrétaire, Bitange Ndemo a annoncé que le gouvernement kenyan est disposé à rendre public encore plus de données statistiques. Selon Bitange Ndemo, cette politique de l’Open Data va également permettre de booster l’écosystème web kenyan avec le développement d’applications mobiles basées sur ces données statistiques. Pour Nairobi, l’impact de cette ouverture devrait avoir une retombée économique certaine avec un secteur ICT qui représentera à court-terme 15% du PIB contre près de 10% aujourd’hui.

C’est à Nairobi que le mouvement Tech africain est le plus développé en Afrique avec des acteurs influents tels que Ory Okolloh, devenue directrice de la stratégie de Google en Afrique, le pionnier Erik Hersman qui a fondé le pôle technologique iHub à Nairobi, le brillant programmeur David Kobia d’Ushahidi… Ces jeunes geeks sont devenus des personnages incontournables du développement socio-économique grâce à un usage maîtrisé des nouvelles technologies. Ils sont aussi des cyber-activistes pro-démocratiques qui militent pour plus de transparence et l’Open Data. Ushahidi mais aussi les programmeurs de iHub, ont travaillé sur ce projet en partenariat avec la Banque Mondiale et le gouvernement kenyan qui a débloqué un budget afin de soutenir la programmation d’applications et de logiciels autour de ces bases de données.

Ce service Open Data révolutionne la gouvernance de Nairobi et confirme l’avance technologique du Kenya. Même si le Maroc est le premier Etat africain à avoir lancé un portail Open Data  en mai dernier (seulement 24 bases de données publiques), le projet kenyan, à peine lancé, s’impose déjà comme un modèle politique et technologique visionnaire en Afrique.

Source: Slate Afrique

Tweet  LinkedIn  Send to a friend  Share