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Egypte: Human Rights Watch demande l'arrêt du procès d'un blogueur

L'organisation Human Rights Watch a demandé à l'armée égyptienne l'annulation du procès d'un blogueur accusé d'avoir insulté l'institution militaire et dont le jugement, attendu mercredi, a été reporté à dimanche, selon un avocat.

L'internaute, Maikel Nabil, est passible de trois ans de prison pour "insultes à l'armée", a indiqué l'organisation de défense des droits de l'Homme basée à New York dans un communiqué.

Il s'agit du premier procès de ce genre depuis que l'Egypte est dirigée par un collège de généraux, le Conseil suprême des forces armées, après la chute du président Hosni Moubarak le 11 février.

L'armée "devrait abandonner toutes les charges retenues contre lui en raison de ses commentaires postés (sur internet) critiquant l'appareil militaire", écrit HRW.

"Ce procès constitue un dangereux précédent au moment où l'Egypte cherche à s'éloigner des abus commis sous l'ère Moubarak", poursuit la responsable de HRW pour l'Afrique du Nord, Sarah Leah Whitson, dans ce communiqué.

Gamal Eid, l'un des avocats de Maikel Nabil et dirigeant d'une ONG égyptienne, le Réseau arabe pour l'information sur les droits de l'Homme, a indiqué à l'AFP que le tribunal militaire avait décidé de reporter son jugement au 10 avril.

La police militaire avait arrêté le blogueur le 28 mars après qu'il eut posté sur Facebook des commentaires critiquant l'armée, selon HRW.

L'an dernier, un blogueur qui avait publié des conseils sur la conscription avait, selon ses avocats, été condamné à six mois de prison pour divulgation de "secrets militaires".

Un autre internaute avait en revanche été acquitté l'an dernier après avoir publié des allégations de favoritisme dans une académie militaire.

L'armée, qui a promis de rendre le pouvoir à un gouvernement civil élu avant la fin de l'année, a fait l'objet d'accusations croissantes de la part d'organisations de défense des droits de l'Homme.

L'institution militaire, contrairement à la police, reste toutefois très populaire dans l'opinion égyptienne en raison de la retenue dont elle a fait preuve face aux manifestations qui ont poussé M. Moubarak au départ.

Source: AFP

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