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Internet - L'Afrique de l'Est partiellement isolée

Depuis l'introduction de l'Internet haut débit en Afrique de l'Est par le premier câble sous-marin, de nombreux changements ont déjà été réalisés.

Le monde des TIC est en croissance rapide au Kenya. Tout récemment, "Garage Nairobi" ouvrait ses portes et s'érige comme "le plus grand espace technologique de partage de l'Afrique, avec 130 postes de travail".

Dans la même semaine, la multinationale américaine Qualcomm inaugurait une nouvelle branche à Nairobi afin de renforcer sa présence en Afrique subsaharienne à travers la fourniture des réseaux mobiles de haut débit et à très large bande.

Quelques jours plus tard, le fournisseur de service mobile Kenyan Cellulant annonçait un partenariat avec la Banque Barclays d'Angleterre afin de fournir des services de transfert d'argent à partir des téléphones portables, et ceci à travers le continent.

Toutes ces initiatives ont pu et peuvent se réaliser grâce au câble de fibre optique de 5.000 kilomètres de longueur, connu sous le nom de The East African Marine System (TEAMS), qui est opérationnel depuis 2009 et qui fournit des données à haut débit à l'Afrique de l'Est.

Le câble s'étend au fond de l'océan des Emirats arabes unis à Mombasa, au Kenya. Samedi dernier, le câble a été sectionné par une ancre de bateau au large du port kenyan. Alors que 10% du fonctionnement a été rétabli pour les services cruciaux, le trafic Internet au Kenya et dans ses pays voisins est sérieusement perturbé.

Le Kenya a déjà acquis la célébrité technologique grâce à des initiatives comme Mpesa, iHub et Ushahidi. Environ un million de Kenyans sont inscrits à Facebook. Les Kenyans constituent les utilisateurs les plus actifs du réseau social Twitter, suivis de l'Afrique du Sud.

Tosh Juma est le responsable de la communauté iHub à Nairobi. iHub est un espace libre destiné aux techniciens professionnels, aux investisseurs, aux entreprises évoluant dans le domaine de la technologie et aux pirates informatiques.

"Je suis à présent connecté à un réseau sans fil à Java Café situé au centre-ville de Nairobi. Je constate qu'autour de moi, des personnes s'amusent grâce à leurs téléphones mobiles et leurs ordinateurs portables. Le jeune homme en face de moi semble très joyeux, alors que tout souriant il regarde des vidéos sur YouTube. Trois auparavant, tout ceci aurait été impossible."

"Il existe plusieurs jeunes entreprises opérant dans l'Internet à Nairobi. Parfois, vous pouvez vraiment ressentir l'énergie que dégage iHub. Nous utilisons une connexion à 30 mb/s. La vitesse est donc très élevée. Toutefois, la connexion à mon domicile estimée à 2 mb/s, me permet déjà de regarder des vidéos sur YouTube allègrement, sans interruption."

Selon Juma, il n'existe plus de fracture numérique du moment où il s'agit de réseau social. "Même dans des quartiers défavorisés comme Mathare et Dandora, vous rencontrerez de nombreuses personnes se rendre dans des cybercafés. Vous y entendrez des blagues, preuve d'une réelle compréhension de leur part, de ce que sont Twitter, Facebook et les messages électroniques", affirme Juma.

Mohamed Ali Samow, journaliste vivant à Wajir, petite ville en zone rurale dans le nord du Kenya, ne partage pas cet avis. Sa région a constitué l'intérêt des journaux l'année dernière en raison de la grande sécheresse et de la pénurie alimentaire qui s'y sont abattues.

"L'Internet n'a pas le même impact ici à Wajir qu'à Nairobi. Les prix ici sont élevés et la vitesse de connexion est faible. Le prix est de deux shillings kenyans [deux eurocentimes] par minute. Les coûts de l'Internet mobile sont identiques à ceux à Nairobi. Cependant, en raison de la mauvaise connexion, le service devient coûteux", dit Samow.

"En même temps, plusieurs services gouvernementaux sont désormais en ligne, d'où le nom de gouvernement électronique. Ainsi des services comme le recrutement pour la fonction publique ou le retrait des cartes d'identité ne se font qu'en ligne. Par conséquent, les habitants de Wajir utilisent davantage l'Internet", ajoute-t-il.

"Selon les autorités, les câbles numériques sous-marins arriveront bientôt à Wajir. Nous avons observé cette année plusieurs entreprises de télécommunication s'affairer afin de nous connecter à l'Internet rapide. Nous espérons qu'ils nous feront bénéficier de leurs services également", poursuit-il.

Caspar Pedo est un Kenyan vivant à Mombasa. Il est employé de Forum for International Cooperation, une ONG danoise. La frustration par rapport à l'Internet s'est réduite de façon drastique. "À présent, nous disposons d'une connexion sans fil de haut débit à la maison. Une connexion rapide de 8 mb/s pour seulement 3.500 shillings kenyans par mois [environ 32 euros]. En 2007, mon organisation payait 70.000 shillings kenyans [environ 800 euros] pour une connexion lente estimée à 256 kb/s. Désormais, une connexion sans fil à domicile est devenue chose normale tant pour la classe moyenne que pour la classe riche", affirme-t-il.

En outre, Pedo a constaté que les cafés, les bars et les restaurants se disputent la clientèle désormais sur la base de la disponibilité du service Internet au sein de leur locaux. "Je pense que la situation à Nairobi, à Mombasa et même à Nyali est identique. Je viens d'apprendre qu'un responsable de la sécurité du centre du Kenya a déjoué un vol en informant les voisins grâce à Twitter. Vous aimerez l'Internet !" Entre-temps, un responsable de TEAMS a annoncé que le câble devrait être totalement opérationnel d'ici trois semaines.

Source: RNW

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