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Edition Française, 16 octobre 2014 - No 229

L'éditorial du mois

  • L'édition française des NTIC en Afrique 

     

    Cette édition est dédiée aux médias francophones : à leur avenir et à leur mariage avec les NTICs; L’occasion pour les dirigeants des médias francophones de faire un point sur leur stratégie long terme, et pour les acteurs des NTICs d’en saisir les enjeux et les partenariats possibles.

     

    Dans un monde médiatique secoué par le virage numérique, l’OIF a réuni une partie des médias francophones à Montréal pour se pencher sur leur futur. Comment maintenir leur part de marché et leur influence dans le monde face aux mastodontes étrangers ? Quelles sont les mesures à prendre pour répondre aux besoins d’information et de divertissement de plus en plus variés des populations francophones ? A quoi va ressembler le paysage médiatique dans 10 ans ?
     
    Sylvain Béletre, analyste sénior chez Balancing Act, un cabinet d’étude et stratégie tourné vers l’Afrique a assisté et contribué à la conférence, et relaie ici les principales conclusions de cette une initiative salvatrice.
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    Une soixantaine de professionnels des médias provenant de 18 pays issus de la Francophonie se sont rassemblés entre le 8 et le 10 octobre 2014 dans le campus HEC de la métropole québécoise dans le cadre d'une conférence sur l'avenir des médias francophones.

     
    Bilan de santé positif :
     
    Le bilan de l'état de santé des médias francophones dans le monde est plutôt bon, avec une palette d’opportunités à saisir pour croître sur la prochaine décennie.
     
    L’équation est simple : d’une part le nombre de médias francophones a explosé, allant du grand groupe comme France Télévision, TF1 ou Canal+ jusqu’au blog produit par un unique journaliste installé aux confins de l’Afrique.

    En parallèle, les canaux de distribution ont également explosé : TNT, satellite, câble, internet, mobile, réseaux sociaux – l’information par tous les tuyaux et tous les signaux ! Résultat : l’accès aux médias est beaucoup plus diversifié pour le consommateur final qui se drogue à la modernité numérique.
     
    D’autre part, selon l'OIF, le nombre de francophones (dans sa définition « sachant lire et écrire le français » mais excluant arbitrairement ceux sachant juste le parler car ces statistiques sont difficiles à obtenir) dans le monde ne cesse d'augmenter : on estime aujourd'hui leur nombre à environ 230 millions, et bien plus sachant juste le parler. L’ensemble des pays francophones représentent 16% du PIB mondial et connaissent un taux de croissance de 7% et près de 14% des réserves mondiales de ressources minières et énergétique. La langue française est aujourd’hui la quatrième la plus parlée dans le monde, avec un nombre de locuteurs estimé à 4% de la population mondiale. D’ici à 2050 le nombre de francophones pourrait atteindre 770 millions. Enfin, les médias TV et radio maintiennent leurs audiences.
     

    On peut noter trois bémols au tableau :

    L'ouragan internet déferlant sur la sphère médiatique a rendu caducs les modèles traditionnels d’une partie des grands médias. Il semble que certains dirigeants des médias francophones en Afrique et ailleurs ne connaissent pas assez les possibilités des technologies et du coup sont frileux pour investir plus vite dans la numérisation. Résultat, ce sont les acteurs du net étant plus jeunes et dynamiques qui prennent les devants. Autre impact : La publicité, le lectorat et l’audience sont plus fragmentés.
     
    Le tirage papier des quotidiens a connu une décroissance ces dernières années au sein des journaux les plus populaires, même si certains arrivent à résister dans des segments niches. L’actualité gratuite sur internet est plus pratique alors que l’actualité papier est souvent payante, encombrante et cause la destruction de la forêt amazonienne dans l’univers collectif. Pour le citoyen, cette gratuité sur internet semble être un juste retour sur investissement puisqu’il paie déjà son terminal et son accès internet. Un transfert de valeur qui suit une logique de remplacement.
     
    Quant aux JT, ils voient leur auditoire diminuer en particulier chez les jeunes. En cause, une ligne éditoriale qui a les défauts de ses qualités: un format et un contenu qui a peu bougé depuis 40 ans avec trop de mauvaises nouvelles rabâchant guerre, chômage et crise, peignant un avenir trop sombre; et des actualités qui sont éloignées des préoccupations de la jeunesse. Autre problème : une autocensure qui évite le risque d’être attaqué en justice, de provoquer des mouvements sociaux ou de se faire remplacer ; des analyses parfois trop superficielles par manque de temps, un discours froid et aseptisé, un fil politique déroutant, de la TV spectacle, voire populiste. Du coup et depuis plus de 5 ans, on assiste aussi à une désaffection des jeunes pour la TV linéaire, mais une forte augmentation de sa consommation en format délinéarisé via le haut débit: catch up TV ou TV de rattrapage, VoD (vidéo à la demande), outils plus pratiques que le magnétoscope d’antan.
     
    Les dirigeants des médias francophones doivent donc faire face à d'importantes prises de conscience souvent éloignées des préoccupations quotidiennes de journalistes occupés à boucler leurs sujets. Ces prises de conscience stratégiques appartiennent à des dirigeants souvent issus de la génération du baby-boom, dont certains n’ont pas exploré toute la magnitude du numérique et de ses nouveaux ‘modèles d’affaires’, comme disent les québécois. D’autres en revanche ont bien anticipé le virage, et ont doté leurs médias d’outils numériques hautement sophistiqués, avec des revenus publicitaires en proportion.
     
     
    Modes de conso :
     
    Problème générationnel : Le citoyen moderne s’abreuve toujours d'information et de divertissements mais ses habitudes ont changé; Il se permet d’étancher sa soif via son smartphone (‘téléphone intelligent’ pour le vrai francophone), ou feature-phone, ordinateur, tablette, où et quand il le veut. Au revoir l'écoute traditionnelle du journal télévisé le soir dans le canapé du salon, désormais réservée à papa-maman ! Quand à l’ado, il sort de table et disparaît dans sa chambre ‘mater’ son film ou sa série sur son ‘ordi’, pour ensuite ‘taguer’ des programmes et des actus sur ses réseaux sociaux et autres sites favoris.
     
    Le citoyen n’est plus passif. Avec internet, il peut croiser les informations des grands médias avec celles des encyclopédies, des journalistes indépendants et d’autres citoyens en ligne. Il peut ajouter sa pierre à l’édifice en produisant commentaires et réactions sur ces mêmes médias, via les réseaux sociaux, voire sur son propre blog.


    Virage des médias :
     
    L'information télévisée est appelée à se réinventer et cela fait peur à certains médias dont les dirigeants sont très critiques à l’égard d’internet. « Quand le singe voit un beau fruit dans l'arbre et qu'il ne peut s'en saisir, alors le singe dit que le fruit est pourri ».
    Nos dernières études démontrent également une certaine méfiance des consommateurs, de moins en moins dupes via à vis des informations publiées sur internet, surtout après l’affaire du « patriot » Edward Snowden, l’intrusion du complexe militaro-numérique, et l’internet destructeur d’emplois. Faut-il suivre le  conseil du savoureux proverbe africain: «Il faut attendre d'avoir traversé toute la rivière avant de dire que le crocodile a une sale gueule» ?
     
    Les médias du service public ont un rôle fédérateur à jouer dans cette nouvelle stratégie des médias. Le citoyen compte sur ce service public pour porter très haut la notion de protection du patrimoine national, de protection de la vie privée, de relance de l’économie, de production nationale de contenu. Mais le service public doit aussi aider à décrypter le développement du monde et son impact sur le citoyen.
     
    Le monde des médias est donc en pleine transformation, et vit actuellement une sorte de transition entre les modèles du passé et ceux, « transmédias », de l'avenir.
     
    Le coût de cette transformation numérique est de taille : Aujourd’hui, un nombre phénoménal de développeurs travaillent sur des solutions logicielles liées aux médias. Face à ces investissements lourds, pour quelques centaines d’Euros, tout journaliste en herbe ayant des capacités de webmaster peut créer son propre portail avec une forme graphique identique, sinon meilleure que celle de grands groupes.

     
    Le continent africain :
     
    Le marché africain a la cote : une audience potentielle de plus d’un milliard de personnes dont 115 millions d'Africains francophones dans 31 pays d'Afrique, et 100 millions de foyers TV. L'Afrique est aussi le continent qui compte le plus de locuteurs français dans le monde. En 2050, les projections démographiques indiquent que 85 % des 715 millions de francophones vivront sur le continent sur une population totale de 2 milliards.
     
    La classe moyenne d’Afrique s’équipe chaque jour un peu plus en terminaux numériques comme les tablettes, smartphones, PC et Smart TV.
     
    L’Afrique, c’est aussi plus de 550 chaînes hertziennes en voie de numérisation ainsi que des offres TV gratuites et payantes (plus de 10 millions d’abonnés payant en 2014 selon les chiffres de Balancing Act) sur le satellite ou sur câble/MMDS, la libération du secteur, le déploiement progressif du haut débit (FTTx, 3-4G/LTE) et une croissance a donner le vertige dans les pays les plus stables.
     
    Les services de contenu à la demande liés à l’Afrique ont explosé ces 12 derniers mois: 100 plateformes VoD et plus de 30 plateformes musicales sans compter les web-radios (source : rapports Balancing Act – octobre 2014), des centaines de blogs et sites d’information. Et dans les 5 années à venir, la TV numérique va être déployée à grande échelle avec l’émergence d’une cinquantaine de nouveaux bouquets TV-radio (en mode hybride TNT et DTH). Mais les questions des coûts, de la réglementation et du contenu local vont se poser.
     
    Dans le cas spécifique des médias francophones, l’enjeu d’importance est de croître et de maintenir leur audience face à l’arrivée des chinois, des américains, des groupes sud-Africains et de contenus provenant des quatre coins de la planète, a rappelé Constant Nemale, dynamique PDG de Africa24, chaîne mondiale d'information sur l'Afrique.
     
    Les médias francophones comme TV5 Monde – dirigé par Yves Bigot - ou Canal+ (du Groupe Vivendi avec 1,3 millions d'abonnés sur le continent Africain) sont depuis longtemps implantés en Afrique. L’opérateur Eutelsat, implanté à Paris a augmenté ses capacités sur le continent et Bolloré prépare des investissements en média, télécoms et e-commerce. De nouvelles chaînes TV et stations de radio Africaines diffusant en français ont vu le jour, et de nouveaux entrants francophones du secteur sont sur les starting-blocks.
     
    Dans les 10 ans à venir, sur le papier, les grands gagnants de cette course à l’investissement seront les Africains avec des infrastructures nationales toutes neuves et du contenu informatif riche produit en partie par les Africains. Bonus : la bancarisation de la population via ce que les telcos appellent les 'opérateurs billing' et autres systèmes d’ 'e-banking'. Mais l’accès à l’information pour tous sera sans doute difficile à atteindre.
     
    L'enjeu africain est donc de taille pour les médias francophones. C'est d'ailleurs l'une des principales conclusions issues de la conférence montréalaise.
     
     
    Recommandations :
     
    Quelle est donc la marche à suivre pour les média francophones dans les 10 ans à venir?
    Et à quoi ressemblera le paysage médiatique dans 10 ans ? 10 ans, c’est loin mais les années passent vite !
    On ne savait pas, il y a dix ans, que YouTube, Facebook et Twitter révolutionneraient les médias. Les réseaux sociaux seront-ils les mêmes dans 10 ans ?

    Ce qui est certain pour l’instant c’est que le citoyen est prêt à payer un peu plus pour utiliser des services qui lui convienent vraiment, qu’ils soient publics ou privés. Ce même citoyen paie de toute façon pour internet, la TV et les nouveaux terminaux numériques, il compte mais n’est plus à quelques Dollars, Francs ou Euros près.

    Le mieux est de rester en veille comme le crocodile dans le marigot, d’intégrer la connaissance des réseaux et de passer à l’action dès que le jeu en vaut la chandelle. Mais il faut « démarrer modeste…pour voir grand ! » clament certains pontes du secteur.
     
    A l’avenir, la croissance des médias francophones tient dans les partenariats et le passage au numérique à grande échelle pour relever le défi de la concurrence et du meilleur accès vers l’usager. Ceci implique un coût de transformation important, une meilleure ergonomie des outils pour l'utilisateur, et un grand travail sur la ‘data’ pour mieux appréhender les comportements de l’audience et du lectorat. Ce coût est freiné par des investissements prudents dans le milieu francophone. On a laissé une grande partie du travail de profilage et de numérisation à la Silicon Valley et à l’Asie. Il ne s’agit pas de recréer la roue mais de s’intégrer à ce nouvel univers. Aller doucement n'empêche pas d'arriver.

    En Afrique, le manque de données d’audiences médias régulières – surtout sur les médias numériques - rend difficile l’investissement des annonceurs. En fait, l'impact des médias numériques sur l'audience est complètement sous-estimé par les mésures actuelles. A quand des études médias mises en lignes gratuitement et régulièrement sur la toile, comme cela est pratiqué en Afrique du Sud - l'exception à la règle ? Quand vont-elles inclure le traffic VoD sur tablettes, PC et smartphones?
     
    Malgré quelques résistants comme le ‘Canard Enchaîné’ (‘le journal qui boude la toile’ est tout de même arrivé sur Twitter, mais continue de rester éloigné du web et des réseaux en général) ou les journaux locaux et ceux du métro, le mariage de la presse quotidienne papier et du numérique paraît inéluctable pour séduire le lectorat jeune tout en modernisant le baby-boomer. C'est pendant que le vieux seau est encore là qu'il faut en fabriquer un neuf.

    Parmi les applications mobiles les plus téléchargées, on compte les principaux groupes médias. Certains d’entre eux ont même réussi à générer près de 50% de leurs revenus par le numérique : c’est le cas de Presse+ au Québec. Les publicitaires se sont adaptés avec retard à ce passage aux médias numériques, mais la transition est en cours. Marie-Christine Saragosse, PDG de ‘France médias monde’ a mis en avant les efforts nécessaires pour rendre le format des services médias numériques plus ergonomiques pour les citoyens, et pour renforcer l’habillage de ses médias.
     
    Côté contenu, la chèvre mange là où elle est attachée. Les médias francophones sentent qu’il faut jouer la carte pragmatique avec des informations facilement accessibles sur le net et proches des préoccupations premières des citoyens qui sont aussi ses consommateurs : des informations vérifiées et chères qui répondent aux vrais besoins ; celles qui rapprochent les citoyens, qui apportent du savoir-vivre, qui rassurent et assurent la paix, qui rendent optimiste, qui évitent les erreurs de jugement, qui donnent du travail et de l'espoir, qui paient ou qui font économiser du temps ; et bien entendu des informations locales. Vivement donc la venue de nouveaux médias qui auront le mérite de mieux aiguiller le citoyen local dans son univers propre.
     
    Le défi est de ménager «immédiateté et réactivité» a rappelé Mathieu Gallet, le nouveau président-directeur général de Radio France. L’autre défi est aussi de rééquilibrer actualités positives et négatives pour donner plus d’espoir à la jeunesse.
     
    L’éducation revient au galop chez les médias francophones du service public. Les citoyens éduqués et souverains construisent des nations puissantes.
     
    Avec le vaste choix qu’offre internet, l’identité des grands médias francophones est aussi une priorité stratégique. Chaque citoyen a ses médias référents et compte sur leurs journalistes qui y travaillent pour mieux décrypter l'information, et non pour récolter du réchauffé ou du papotage qui lui fait perdre son temps. C’est l'heure de vérité : On sent revenir chez les jeunes un besoin d’authenticité dans cet océan d’information et de produits qui les submerge.
     
    Un seul morceau de bois donne de la fumée mais pas de feu. Clément Duhaime, l'administrateur de l'Organisation internationale de la Francophonie, n’est pas le seul à estimer que les partenariats à 360 degrés sont fondamentaux pour assurer cette transformation et une distribution plus élargie du contenu francophone. C’est une évidence lorsque l’on constate le nombre croissant de partenariats récemment signés entre les médias et les telcos, les développeurs, les organisateurs d’évènements, les compagnie aériennes et les artistes. Mais il en reste encore beaucoup à inventer et conclure des partenariats demande parfois plus que de rester derrière son écran.
     
    Au final, c’est le citoyen, consommateur roi qui donnera son vote final en utilisant les médias qui le servent au mieux. Là où le cœur est, les yeux n'hésitent pas à y aller, l’argent suit. Le numérique délivrera-t-il du mal ?

    Un rapport général a été produit à l'issue de la rencontre et présenté à l'Organisation internationale de la Francophonie qui l'intégrera dans ses grandes orientations pour les années à venir. (voir plus bas)

     
    Pour aller plus loin : voir d'autres comptes rendus dans cette newsletter et les liens ci-dessous. 

     
    Le rapport de Jacques Attali sur la « francophonie et la francophilie, moteurs de croissance économique », remis au président de la république le 26 août 2014.

    Citations:

    «L'Afrique n'a pas encore la vitesse de croisière nécessaire sur l'économie numérique», a relevé Mactar Silla, directeur de la société gabonaise de conseils ACC. Pour autant, le dynamisme du numérique pour le continent a déjà des retombées sur l'économie. Citant une étude du cabinet McKinsey, le P.-D.G. de la RTBF Jean-Paul Philippot a souligné que la part de l'économie numérique dans le PIB de certains pays africains, comme par exemple le Sénégal, est plus importante que celle de quelques pays européens.  «Le saut technologique de l'Afrique, la comparera rapidement avec l'Asie», a pronostiqué le patron de la radio et télévision belge. Mathieu Gallet, P.-D.G. de Radio France, a recommandé à l'OIF de «soutenir le numérique», véritable «levier de développement des médias francophones». C'est, selon lui, un outil inévitable pour «l'échange des programmes» entre partenaires de l'audiovisuel en langue française. Source.

    Mactar Silla a répondu présent à l’invitation, lui qui porte aujourd’hui la casquette de promoteur d’un groupe audiovisuel panafricain et international (radio, télé et formation). L’entreprise devrait démarrer dans les prochain mois. Son intervention a porté essentiellement sur l’avenir des médias africains. Il a énuméré cinq piliers essentiels sur lesquels cet avenir se bâtira : les supports mobiles, le nouveau marketing africain, la mesure d’audience, l’arrimage technologique et les investissements financiers. Source.

     

    15/10/2014 - Médias et francophonie : État des lieux et innovations technologiques - l'OIF

    15/10/2014 -Télévision et francophonie : la bataille des contenus se jouera en Afrique - Pierre Barrot de l'OIF

    16/10/2014 -Le RAPAF toujours en quête de partenaires : le Réseau de l’audiovisuel public est une force au service de l'Afrique francophone

    15/10/2014 - La bataille des langues est mondiale - "L'HEBDO" (Suisse).

    06/10/2014 - L’Oif préoccupée par l’avenir des médias francophones dans la mondialisation - ecofin

    12/10/2014 - L'avenir des médias francophones - radio-canada

    12/10/2014 - Comment la Francophonie cherche à se réinventer - slateafrique

    10/10/2014 - Arrivée de la télévision numérique terrestre en Afrique : quels sont les enjeux? - economiematin

    1/10/2014 -Sylvain Lafrance: «La mondialisation crée de nouveaux besoins d’échanges et de communications» - infopresse

    25/09/2014 - Pour l’affirmation des médias web africains en Afrique - jolpress

    12/10/2014 - LES DÉFIS DE MATHIEU GALLET (PDG de Radio France) - lalettre.pro

    12/10/2014 - Invitation aux médias - L'avenir des médias francophones - communiqué

     

     

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    Crédit photo: Sylvain Béletre, Balancing Act.

     

Actualités Télécom

  • L’introduction en Bourse des activités africaines d’Orange est encore « en réflexion ». –

    L’opérateur étudie une introduction en Bourse de ses activités en Afrique et au Moyen-Orient. Il y compte 91,8 millions d’abonnés mobile.

    C’est à peu près le seul territoire de croissance d’Orange dans le monde. L’opérateur historique français envisage une introduction en Bourse de ses activités en Afrique et au Moyen-Orient, selon l’Agefi. Le directeur financier d’Orange, Ramon Fernandez et Gervais Pellissier, directeur général délégué des opérations en Europe, en ont parlé récemment lors d’un roadshow avec des analystes financiers. Pour l’heure, « aucune décision n’est prise, il s’agit juste d’une réflexion », indique-t-on chez Orange. Selon toute vraisemblance, une telle opération, si elle était décidée, ne pourrait pas intervenir avant 2015.

    Orange est aujourd’hui implanté dans une vingtaine de pays d’Afrique et au Moyen-Orient, où il compte 91,8 millions d’abonnés. Dans cette zone, le groupe a vu ses revenus progresser de 7,4 % à 2,1 milliards d’euros sur les six premiers mois de l’année, alors qu’à titre d’exemple, en France, ils ont reculé de 4,6 % à 9,6 milliards d’euros. Certains Etats africains affichent des taux de croissance à deux chiffres, parfois au-dessus de 50 %, comme la Guinée par exemple. L’Arpu (revenu moyen par abonné) y est cependant sans commune mesure avec l’Europe. Il est de 2,50 euros par mois en Egypte, 6 euros en Côte d’Ivoire ou encore 4 euros au Cameroun et à Madagascar. Alors que sur le Vieux Continent, la moyenne s’élève à 24 euros par mois… Au total, Raymond James estime à 8 % la part de l’Afrique dans la valeur du groupe Orange.
     
    Positions menacées : L’hypothèse d’une mise en Bourse de ces activités pourrait servir soit à rembourser la dette d’Orange, qui se monte à 27,42 milliards d’euros – ce qui ne lui laisse pas beaucoup de marge de manœuvre en matière d’acquisitions. Soit à réinvestir en Europe : il est, par exemple, en train d’acquérir l’opérateur Jazztel en Espagne pour 3,4 milliards d’euros. Et des rapprochements avec d’autres acteurs locaux ne sont pas à exclure en Afrique. Sur ce continent, les positions d’Orange sont en effet menacées par le mouvement de consolidation actuellement en cours, d’où la nécessité de croître.

    En savoir plus...

    Source : FABIENNE SCHMITT / Les Echos | LE 12/10 /2014

  • D’ici trois ans, 69 % de la population mondiale possèdera un smartphone, soit 5 milliards de personnes.

    Avec l'explosion des ventes de smartphones (plus de 1,5 millard en 2014), les modèles à moins de 100 dollars (80 euros) vont prendre un poids considérable dans les années à venir au détriment de ceux à plus de 500 dollars appelés à plafonner...

    Les ventes de smartphones haut de gamme - vendus à partir de 500 dollars (390 euros) ou plus - ont augmenté de 24% en 2013, soit une progression 2,5 fois supérieure à la croissance du marché sur la même période. Pourtant, cette expansion rapide a été principalement poussée par les régions émergentes grâce à un pouvoir d’achat supérieur et une adoption rapide dans les marchés développés d’Asie Pacifique, Amérique du Nord et Europe Occidentale. Ces régions ont représenté 61% des ventes mondiales de smartphones haut de gamme en 2013.

    Mais les prévisions du cabinet GfK indiquent que l’équilibre des dépenses en terminaux haut de gamme est déjà en train de se déplacer vers les régions émergentes, avec la Chine en tête.                                                                                             

    Le Moyen Orient, l’Afrique et l’Asie émergente deviennent les régions avec la plus forte croissance pour les Smartphones haut de gamme, à mesure que leur base de consommateurs s’élargit. À ces endroits, les taux de croissance dépassent les régions développées, et elles présentent un potentiel significatif d’expansion continue.

    Au sein des régions émergentes, la demande pour des terminaux à moins de 100 dollars est estimée autour de 510 millions d’unités en 2014, presque un tiers des ventes mondiales l’année passée. Dans une zone où il est difficile de se procurer un smartphone, rendre des appareils disponibles dans une gamme de prix abordable devrait jouer en faveur de la croissance.

    Lire+ : le 13 octobre 2014 - Frédéric Bianchi

    Source : lsa conso.

  • Vodacom Lesotho, qui a lancé ses services en 1996, compte plus de 1,3 million de clients. Plus de 350 000 d'entre eux sont des utilisateurs actifs en données. Le pays compte moins de 10.000 lignes fixes en connexions ADSL. Ceci démontre l'impact potentiel du lancement LTE / 4G à travers le pays.

    Vodacom vient de lancer le service LTE ultra-rapide (Long Term Evolution LTE) au Lesotho, ce qui apporte l'Internet mobile de classe mondiale pour les habitants  du « Mountain Kingdom » et de réduire la rareté relative des connexions de lignes fixes dans le pays.
     
    LTE, aussi connu comme la «4G», est une technologie de connexion mobile plus rapide. Avec LTE / 4G, vidéo et téléchargement de musique peut être accompli en une fraction du temps des services traditionnels de 3G et une foule d'outils qui devrait normalement compter sur une connexion de téléphonie fixe sont désormais accessibles via mobile. Ce lancement représente une nouvelle étape en matière de capacités mobiles et permettant l'accès à l'Internet mobile de classe mondiale pour le peuple du Lesotho.
     
    «La demande de données au Lesotho est en plein essor», a déclaré Ian Ferrao, directeur général de Vodacom Lesotho.
     
    «Il ya un lien avéré entre l'accès Internet et la croissance du PIB, et Vodacom a investi des sommes considérables dans notre réseau au Lesotho afin de s'assurer que nous nous connectons autant de personnes que possible. Le pays dispose d'un nombre limité de ligne fixes, et par le lancement de cette technologie LTE / 4G de prochaine génération, nous pensons que nous pouvons faire une réelle différence dans la vitesse et la qualité de la connectivité à la disposition de la nation », ajoute Ferrao.

    Le service LTE / 4G de Vodacom est actuellement disponible à Maseru et sera étendu à d'autres districts dans les prochains mois. Le service est disponible pour les clients prépayés et contractuels, et est idéal pour les entreprises qui cherchent à accroître la vitesse et la qualité de leur connexion de données.

    "Nous avons l'intention de continuer à accélérer les choses d'ici, donc je suis confiant que Vodacom va continuer à jouer un grand rôle dans l'obtention d’un Lesotho connectée à l'avenir», conclut Ferrao.

    Source : Vodacom – octobre 2014.

  • Le partenariat marchand entre Total et Orange n'est pas du goût des pétroliers sénégalais qui dénoncent une pratique anti-concurentielle.

    A Dakar, la SONATEL, opérateur historique des télécoms au Sénégal, se dit disposée à nouer avec d'autres pétroliers un partenariat semblable à celui le liant à Total, exprimant son étonnement face à la "la multiplication des sorties presse" d'acteurs du secteur pour dénoncer sa collaboration avec la multinationale française sur Orange Money, un service de paiement marchand.

    "Les équipes de Orange Money restent bien entendu disponibles pour étudier avec" les acteurs pétroliers concernés "les termes d'un partenariat sur le même modèle innovant, co-créé avec Total", explique un communiqué signé de Abdou Karim Mbengue, son directeur de la Communication et des Relations extérieures.

    Selon l'opérateur sénégalais, filiale de France Telecom, "un contact a déjà été établi avec eux et que des discussions sont même en cours pour définir un partenariat sur le paiement marchand via le mobile Orange, au même titre que Total".

    "Il faut rappeler, en outre, que beaucoup d'autres entreprises nationales ont noué un partenariat avec Orange Money dans le domaine du paiement marchand ou du paiement de factures (SENELEC, SDE, Excaf, Sup de Co Dakar, Eticca... )", relève le communiqué.

    Dans ce cadre, ajoute-t-il, "une offre promotionnelle de lancement du service, avec bonus crédit, a été proposée aux clients, dans les mêmes conditions que celles du partenariat avec Total".

    "La direction générale de la SONATEL réaffirme son ouverture et sa disponibilité pour examiner toute demande de partenariat, comme elle l'a toujours été, aussi bien sur le service Orange Money que sur tous les autres services de télécommunications du Groupe SONATEL, créés pour développer l'inclusion financière et simplifier la vie aux populations dans ses pays de présence", est-il encore écrit.

    Le président de l'Association sénégalaise des pétroliers (ASP), Ahmed Guissé, a demandé vendredi dernier aux pouvoirs publics de "cesser les pratiques discriminatoires" dans l'attribution de marchés des hydrocarbures, dans le but de rétablir l'équilibre dans la profession.

    "Nous estimons, au sein de l'ASP, qu'il est de notre devoir en tant qu'investisseurs sénégalais dans l'industrie pétrolière d'alerter l'opinion et les autorités pour que cessent les pratiques discriminatoires qui menacent l'équilibre de la profession et subséquemment de l'économie", a-t-il dit.

    M. Guissé et les représentants des organisations membres de l'ASP ont donné un point de presse pour notamment déplorer "les privilèges" octroyés par l'Etat sénégalais aux entreprises étrangères.

    Il a dénoncé "l'avantage concurrentiel déloyal" offert à une multinationale française qui distributeur des produits pétroliers par une entreprise de téléphonie mobile, estimant que c'est "une situation dangereuse pour l'économie sénégalaise".

    Pour lui, les autorités et l'opinion doivent savoir qu'une telle entente constitue "une menace pour la survie des entreprises locales" évoluant dans le sous secteur des hydrocarbures.

    "Nous savons que le crédit téléphone est devenu un besoin primaire. Nous pouvons comprendre alors que ce partenariat introduit des distorsions inacceptables dans les règles du marché avec une subvention déguisée" la société de distribution des hydrocarbures, a estimé le président de l'ASP.

    Lire plus

    Source : Agence de Presse Sénégalaise (Dakar) - 23 sept. 2014

  • Le groupe français Orange s’engage dans l’amélioration de la fourniture de ses services de télécommunications à travers l’Afrique. La société vient de signer à cet effet un nouveau contrat de plusieurs années avec le fournisseur de connectivité par satellite Eutelsat. Le contrat indique qu’Orange utilisera  la capacité C-band du satellite  Eutelsat 3B. Lire +

    Angola Telecom appelée à investir dans la téléphonie fixe. A Luanda, le président de l'Association industrielle d'Angola (AIA), José Severino, a appelé, lundi à Luanda, la société angolaise de téléphone « Angola Telecom » à investir davantage dans les lignes fixes résidentielles et commerciales pour une plus grande rentabilité. Source : All Africa

    Togotelecom : Plus rien ne va dans cette société d’Etat complètement mise à terre par ceux qui l’ont dirigés comme une épicerie familiale. Une gestion approximative et scandaleuse sur fond de détournement et de pillage, a amené la société au bord du gouffre.

    Après avoir longtemps hésité sur le choix entre la fibre optique et le satellite pour apporter l’internet haut débit dans les villages reculés, le Gabon a finalement choisi la fibre optique. Mercredi 15 octobre, un accord de 54 millions de dollars a été signé entre le Gabon et la Banque mondiale pour construire le premier réseau de câbles à fibre optique qui reliera cinq provinces du Gabon et traversera la frontière jusqu’au Congo-Brazzaville.
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Actualités Internet

  • L’Agence nationale du service universel des télécommunications (ANSUT) a procédé, vendredi, à la remise de kits téléphoniques mobiles CDMA (Code Division Multiple Access) à l’administration publique de la sous-préfecture d’Ananda (276 km au Centre-Est) dans la région de l’Iffou, en présence du ministre de la Poste, des Technologies de l’information et de la communication, Bruno Nabagné Koné.

    Le CDMA, une technologie qui permet à plusieurs liaisons numériques d’utiliser simultanément la même fréquence porteuse (la voix, le fax, l’internet etc.) est un projet porté par l’ANSUT pour pallier au manque d’infrastructures de téléphonie fixe, sans avoir la contrainte d’effectuer des travaux de génie civil inhérents au déploiement d’un réseau filaire.

    Source : APA publié le : 11/10/2014

  • Selon la Ministre des TIC du Nigéria, Dr. Omobola Johnson, le pays a réalisé des progrès conséquents dans les TIC et serait devenu le plus grand marché de l’internet du continent.

    Cette déclaration a été faite lors de la troisième réunion du Conseil National des Technologies de la Communication. Elle indiqua que la télé-densité du Nigeria avait augmenté de 86,62% par rapport aux 114,76 millions atteints en 2011 et les 95,9 millions de 2010. Une croissance dûe au nombre élevé de souscripteurs actifs – plus de 121 millions.

    Dr. Johnson mentionna en outre des statistiques de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), qui soulignent l’évolution du nombre d’internautes dans le pays qui est passé de 45 millions en fin 2011 à 48,4 millions en 2012. Ces données datant de 2012 représente 28% de la pénétration de l’internet et 29% du total des internautes en Afrique, cela ferait ainsi du Nigéria le plus grand marché de l’Internet sur le continent.

    “Au sujet de l’utilisation des TIC par les gouvernements et suivant le dernier classement des pays selon l’indice de gouvernance électronique des Nations Unies, le Nigeria a gagné 21 places pour atteindre la 141ème position, améliorant ainsi ses scores de participation de 22 points”, a-t-elle précisé.

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    Source: Afrique News.com   18 sept. 2014

  • Radio, octobre 2014 : Le directeur général d'Africa no 1 Paris, Dominique Guihot a fourni une présentation sur les avancés de sa radio dans l’univers numérique lors de la conférence sur les médias francophones de Montréal en octobre 2014.


     
    Africa n°1 Paris a 180.000 auditeurs chaque jour en Ile de France, et enregistre 960.000 auditeurs globalement (source : Médiamétrie 2014) sur FM, IP et satellite (via Fransat, Canal+Afrique). L’écoute moyenne est de 143 minutes par jour. La radio a également 175.000 fans sur Facebook dont 80% en Afrique. Son application mobile a été téléchargée 90.000 fois sur Iphone.

    Africa n°1 travaille avec des labels pour découvrir les nouveaux talents musicaux africains et est engagé avec iTunes pour promouvoir ces talents. Par le biais de son site web, Africa pointe par exemple vers une ‘coupé décalé session’ sur iTunes, une selection des plus grands tubes de coupé décalé et de musique africaine de 26 titres à 6.99€. La playlist de la compile peut être écoutée sur la chaîne YouTube Mélynga ici.
     
    On trouve par ailleurs sur le site web d’Africa n°1 des podcasts de ses émissions phares. Africa No 1 propose également 4 web-radios : air coupé décalé, air mandingue, air naija, et air rumba. Accès ici.
     
    Africa N°1 est née au Gabon en 1981. Cette radio a longtemps diffusé ses programmes sur toute l'Afrique en ondes courtes, avant de développer un réseau d'émetteurs FM. Africa n°1 Paris s'est mise au service des cultures d'Afrique en Europe il y a 22 ans. 
     
    Africa n°1 émet à Paris en FM sur 3 fréquences 107.5 (Paris), 87.6 (Mantes la Jolie) et 92.3 (Melun), ainsi que sur internet (africa1.com). Ses vedettes sont entre autres Manu Dibango, Robert Brazza, Francis Laloupo, Aïssa Thiam, Fatou Biramah, Pheel le Montagnard, Patson, Phil Darwin, Lamine Badiane…

    Source : Africa n°1 - octobre 2014 - propos recueillis par Balancing Act.

  • Des avancées significatives ont été constatées en Afrique, en terme d’infrastructures télécoms ces cinq dernières années. Cependant, le secteur est toujours confronté aux défis de la connectivité sur le continent.

    Ce sont ces problématiques qui ont réuni un panel d’experts dans le bulletin électronique Connected du mois d’août 2014. Dans ce dossier de WIOCC, les spécialistes ont pu livrer leur point de vue sur l’état de la connexion haut débit en Afrique à travers le thème intitulé: Quelles sont les considérations stratégiques pour ceux qui fournissent des services Internet en Afrique et comment elles pourraient évoluer?

    Paul Brodsky, Analyste Senior à TeleGeography: “La connectivité réseau sous-marine et terrestre en Afrique a considérablement augmenté au cours des dernières années mais l’industrie reste confrontée aux défis de fournir une qualité de transit sur IP abordable pour les pays africains“. En Afrique, les marchés locaux de transit IP ont limité la concurrence et la plupart des fournisseurs d’accès internet continuent d’acheter des lignes privées internationales à l’Europe et auprès des principaux points d’interconnexion Internet. Cela est l’une des principales raisons faisant que les coûts de l’internet en Afrique soient parmi les plus élevés du monde.

    François Lemaigre, VP European Sales à Cogent Communications, indique pour sa part que: “Le taux d’adoption d’internet dans les pays émergents ne cesse d’augmenter, étant donné que les barrières à l’entrée sont de plus en plus faibles et les avantages en terme d’efficacité justifient davantage les investissements dans l’infrastructure supportant l’Internet”.

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    Source : afriqueitnews – 16 september 2014 | le Rédacteur

  • Benin : Pliby.com est une plateforme musicale de découverte d'artistes 'underground' en Afrique. Pliby.com permet de découvrir de nouveaux artistes encore méconnus à l'echelle internationale, en streaming et gratuitement. Les utilisateurs peuvent donc écouter, télécharger, faire des dédicaces à leurs amis et laisser aussi des commentaires sur le son ou exporter le son sur un blog ou un site. Retenu parmis les 20 meilleurs startups d'Afrique de l'Ouest en mars 2014 au AngelFair à Lagos, Pliby.com était au Demo Africa2014 à Lagos en septembre dernier et au EastAfricaCom à Nairobi toujours en septembre 2014. Pliby.com est localisé en République du Benin (Frontière avec le Nigéria) à Cotonou (3ème étage Immeuble BOA, Qtier Zongo). En 1 an, Pliby.com a enregistré plus de 100k écoutes par environ 10+k utilisateurs inscrits, grâce à un catalogue de 3k musiques de plus de 10 pays l'Afrique : Nigéria, Benin, Cameroun, Kenya, Congo, Côte d'ivoire, etc. Pliby.com est en pleine expansion sur toute l'Afrique et bientôt sur les autres continents.

    Côte d’Ivoire : le quotidien Fraternité Matin et MTN lancent un nouveau portail d’actualités. Lire+

    L’entreprise Coca-Cola a annoncé sa volonté de doter les distributeurs de canettes de Coca d’une borne Wifi en Afrique du Sud. Projet mené en partenariat avec BT, ces bornes pourraient être la solution pour amener l’Internet dans les zones les plus reculées. Lire +

    CFI, Canal France Internationale, très présent en Afrique s’est lancé dans la mise en ligne de MOOCs (Massive Open Online Course) destinés aux cours en ligne ouverts à tous, en langue française. Le portail fournit entre autres « 24h dans une rédaction : 96 fiches pédagogiques sur le journalisme » en partenariat avec le CFJ de Lille. Lire+

    Enquête sur l'entrée de la télévision numérique terrestre en Afrique…et son impact sur internet.

Actualités informatiques

  • Afrique du Sud, le 16 octobre 2014: La tablette « Vodacom smart Tab 3G » est disponible pour R59 par mois sur un plan de 500 Mo / 24 mois. Cela inclut 500 Mo à utiliser à tout moment et 500 Mo de données supplémentaires entre minuit et 5 heures du matin.
     
    Les clients Vodacom sont désormais en mesure d'acheter la première tablette 3G conçue spécifiquement pour le marché sud-africain. Appelé Vodacom intelligente Tab 3G, cette tablette 7" fonctionne sur le dernier système d'exploitation « Android 4.4 KitKat » et est disponible sur contrat pour tout juste R59 par mois avec 1 Go de données par mois compris.
     
    Le « Chief Commercial Officer » (PDG) de Vodacom, Phil Patel dit:
     
    "Il ya tout juste un an, nous avons pris du recul et regardé les appareils actuellement sur le marché en Afrique du Sud et réalisé y avait un écart énorme. Les smartphones et tablettes avaint soit un coût prohibitif ou bon marché et bas en spécifications. Nous avons esquissé ce que nous pensions être les spécifications idéales pour l'Afrique du Sud, et en utilisant le pouvoir d'achat de l'équipe globale de Vodafone, nous avons pu avoir l'appareil fabriqué à un prix qui revient à R2 par jour ".
     
    Smart Tab 3G, qui ne pèse que 275g, dispose d'un "écran de 7", 960x540 TFT avec écran tactile, un appareil photo orienté vers l'arrière de 2 mégapixels pour les photos et la vidéo, un appareil photo de face de 0,3 mégapixels pour les appels vidéo et selfies, 4 Go avec une mémoire extensible jusqu'à 32 Go via une carte microSD, Wi-Fi, Bluetooth, et support de la langue zoulou.
    Vodacom prévoit d'introduire un autre appareil propre à sa marque avant la fin de l'année.
     
    Pour en savoir plus sur les dispositifs de Vodacom RV sur : www.vodacom.co.za

    Source : Vodacom Communiqué de presse - 14 Octobre 2014 . Traduit de l’anglais par Balancing Act, Sylvain Béletre.

    PS: Balancing Act a recencé à ce jour 12 feature phones, smartphones et tablettes "made in Africa".

  • Après l'exploration du Sénégal et de son écosystème startup en plein boom, sur la route de TECHAfrique se trouvait le Mali... et ses multiples défis. En effet depuis 2012, le Mali doit affronter de nombreux obstacles: instabilité politique, maintien de la sécurité dans le Nord du pays, tensions géopoliques... et un taux de pauvreté qui frôle les 45%. Chaque jour, ce pays sahélien qui compte 14,5 millions d'habitants et possède une immense jeunesse (le pays compte l'un des taux de fécondité parmi les plus élevées au monde) doit croire un peu plus en lui-même.

    Aujourd'hui à Bamako, entreprendre, innover, créer de la valeur, lancer sa startup devient une alternative, une façon d'aller de l'avant malgré les difficultés. "Face aux nombreux blocages rencontrés dans les secteurs économiques traditionnels, les nouvelles technologies permettent une certaine agilité pour démarrer et développer des initiatives" m'expliquait Aliou Yattassaye, startupeur malien, durant notre rencontre à Bamako.

    Aliou Yattassaye a lancé en 2013 le YuvSmart, premier smartphone entièrement conçu au Mali et aujourd'hui commercialisé dans tout le pays grâce à un partenariat noué avec l'opérateur télécom Orange Mali. Cet entrepreneur veut aujourd'hui corriger certaines idées reçues: "à l'étranger, on se représente le Mali comme étant un pays très peu connecté, en retrait de tout. Alors qu'ici on dénombre 20 millions de cartes SIM pour 14 millions d'habitants. La pénétration mobile est ici très, très importante, ce qui veut dire qu'il y a des opportunités, un marché à créer et à développer localement".

    Autre avantage que l'on met souvent en avant à Bamako, le positionnement géographique: "le Mali constitue de facto un Hub en Afrique de l'Ouest: le pays relie par exemple le Sénégal à la Côte d'Ivoire et donc au Golfe de Guinée", conclut Aliou Yattassaye. Son rêve à l'horizon 2017? Que les versions futures du YuvSmart, aujourd'hui assemblé en Asie pour être réexporté au Mali, soit demain intégralement assemblé sur le sol malien pour ensuite être distribué dans les pays voisins.

    Source : Samir Abdelkrim - Consultant et fondateur de StartupBRICS, blog spécialisé sur l'actu Startup des pays émergents. 15/10/2014

  •  Metropolitan Health, une entité du holding MMI Holdings, le plus grand administrateur de soins de santé en Afrique du Sud, a annoncé l’utilisation en mode Cloud du système cognitif Watson d’IBM pour fournir des soins personnalisés à ses patients. D’après cette entreprise qui fournit des services d’administration et de soins intégrés à plus de 20 organismes d’assurance maladie privés et publics, forts de plusieurs millions d’affiliés en Afrique du Sud, ses clients pourront bientôt bénéficier de services en mode « self-service » à n’importe quel endroit et moment.

    Justifiant l’adoption du Watson comme la nécessité d’associer la technologie à la santé pour offrir de meilleurs services, Dylan Garnett, le directeur général du Metropolitan Health,  a expliqué que  « grâce à ses capacités cognitives, IBM Watson nous aide à aller au-delà du simple conseil en traitement médical ; nous faisons une avancée remarquable et sommes à présent capables d’offrir des services sans équivalent sur le marché à nos clients. Nous avons l'intention de transformer chaque interaction client grâce à l’analyse pertinente de leurs données et ce, afin de leur fournir des services de soins personnalisés. »

    Le système cognitif Watson rentre dans le cadre du projet «Lucy en Afrique» que la firme américaine IBM avait annoncée en février dernier et évalué à 100 millions de dollars sur 10 ans. IBM avait soutenu que l’introduction de ce système en Afrique avait pour but de multiplier « les nouvelles opportunités d'affaires à travers le continent dont la croissance est considérée comme la plus rapide au monde ».

    Présenté comme une copie informatique améliorée du cerveau humain, le Watson traite et analyse le langage naturel. Il assimile et répond rapidement aux flux du Big Data.

    Accessible grâce à la technologie du Cloud, il est censé révolutionner l'acte de prise de décision dans de nombreuses industries.

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    Source : agenceecofin

  • Au terme d’un séminaire de formation en informatique de deux jours (du 22 au 23 septembre 2014), l’Institut Africain d’Informatique du Cameroun (IAI-Cameroun), en partenariat avec Orange Cameroun et le Cabinet Volving Consulting, a formé 31 femmes élues locales, maires et une demi-douzaine d’adjointes au maire du Cameroun… De 2002 à 2012, 103.350 femmes camerounaises ont été arrimées à la modernité par l’institut qui réunit en son sein plusieurs pays africains.

    L’application Viber ne fonctionne plus de nouveau sur le réseau de Maroc Télécom. Lire+

    La société Intel Maroc a rendu publics les résultats d’une enquête réalisée sur l’usage, par les Marocains, d’appareils informatiques. Plus de la moitié des sondés possèdent un appareil obsolète, selon Intel Maroc. L’autonomie de la batterie reste la revendication majeure des utilisateurs. Lire+

    Mardi 14 octobre 2014, les serveurs OVH qui hébergent l’Agence Ecofin ont subi une sévère attaque informatique en provenance de Hongrie, qui a rendu le site web inaccessible jusqu’en milieu de soirée.

    Pour réduire la fracture numérique et donner la même chance aux enfants des villages du Togo, l’association Afro Technologie a procédé mercredi 08 octobre 2014 au lancement du projet PTV (Pont Technologique Virtuel au Togo). Le projet « Pont Technologie Virtuel » comprend  l’installation de librairies informatiques composées de 10 ordinateurs par village alimentés par des panneaux solaires pour 500 bénéficiaires…

Actualités économiques

  • Le monde des médias ne change pas. Il a déjà changé ! De toutes les industries culturelles, celles des médias est peut-être celle qui connaît les plus grands bouleversements. Et ces changements sont porteurs de risques mais avant tout d’immenses opportunités. Au Nord comme au Sud, on parle d'enjeux majeurs. D'une part, dans les pays déjà « immergés » totalement dans le monde numérique, il est question d'un nouvel âge d’or de la télé, rendu possible par les technologies de distribution capables d’offrir une couverture de tous les territoires, sur tous les supports et avec abondance.

    En découle toute une série de questions dont celle, constamment présente, de la diversité culturelle. Ces nouveaux outils numériques marquent-ils la fin ou la disparition graduelle des différences culturelles nationales ? Offrent-ils en contrepartie de nouvelles possibilités de « communautés mondiales » fondées sur la culture, la langue ou la religion ? Jusqu’où transforment-ils la géopolitique mondiale? Sont-ils annonciateurs de nouvelles possibilités « d’affaires » dans l’univers francophone? Permettent-ils d’éviter un élargissement de la fracture numérique entre le Nord et le Sud?
    Et la question se pose pour la francophonie dans son ensemble: est-ce le début d’un eldorado pour la culture ou les affaires....ou encore est-ce le risque de l'addition de nouvelles frontières?

    Une tempête parfaite : On peut attribuer à plusieurs facteurs la transformation de la planète culturelle et médiatique. D’abord, les innovations technologiques. Elles changent tout en rendant possible l’abondance, l’instantanéité, la mobilité, l’échange transmédias et une forme de « mondialisation » des médias. Le numérique et l’émergence d’internet ont, soyons francs, totalement modifié la relation traditionnelle entre émetteurs et récepteurs.

    Ce qui en découle ; une perte de pertinence des modèles d’affaires traditionnels. Les formes actuelles d’abonnements ou de financement par la publicité sont mises à mal par la concurrence des formes de publicité émergente dans le monde numérique. La gratuité s’impose sur plusieurs fronts et de nouvelles concurrences naissent chaque jour. Les médias traditionnels au financement publicitaire comme les chaînes spécialisées liés à un « abonnement » doivent donc gérer l’ensemble des bouleversements au moment où les modèles de financement sont eux-mêmes en ébullition.

     
    Mais le plus grand bouleversement, la véritable révolution, vient des usages. Le citoyen consommateur de média a muté. Il veut ses histoires tout de suite, sur des supports nouveaux et dans des formes diverses. Ses intérêts sont variés et ses habitudes sont influencées par des produits venus de partout. Il est devenu plus que jamais citoyen du monde et lorsque la technologie le permet sur un territoire donné, il s’abreuve aux médias de la planète via des formes nouvelles de distribution et de traitement de l’information. Tout cela se fait d’ailleurs souvent sans la « médiation » habituelle des médias ou des grands joueurs de l’info. Le citoyen, l’entreprise et les marques sont - à toutes fins utiles - devenus des médias. Ils peuvent communiquer directement avec leurs auditoires sans intermédiaires via les réseaux sociaux et les nouvelles plateformes numériques.

    Qu’en est-il plus spécifiquement des médias de la francophonie ? Sommes-nous trop isolés les uns et les autres dans nos avancées ? Pouvons-nous profiter des opportunités découlant du déploiement numérique en continu ? Les « produits » francophones, en musique, en littérature, en audiovisuel, passeront-ils le grand test de la mondialisation ?
    Les consultations sous-jacentes à la préparation de cette conférence indiquent clairement le désir des leaders médiatiques, au Nord comme au Sud, de créer une plus-value originale « francophone » de la somme des expériences vécues, dans les technologies comme dans la production de contenus et la distribution.
    Mais quels outils pour quelles ambitions? Comment tirer profit des nouvelles technologies pour bâtir une francophonie plus forte et plus « organique » ? Quel rôle peut jouer l’Organisation Internationale de la Francophonie face à ces nouveaux défis ? Voilà d’autres grandes questions auxquelles nous devons maintenant répondre.

    Le défi francophone : Notre langue est dispersée aux quatre coins du monde dans des statuts de langue officielle ou de langue seconde. Les parlants français ne représentent que quatre pour cent des habitants de la planète. Grâce à l’histoire qui lui a valu un positionnement stratégique dans les grandes organisations mondiales, notre langue peut capitaliser sur sa stature internationale pour influencer certaines règles du jeu.
    En se dotant d’une stratégie internationale médiatique, faisant rayonner encore davantage le contenu de nos productions, et faisant circuler le savoir-faire et les valeurs communes, il serait possible de marquer des points sur plusieurs fronts à la fois.
    Le temps presse car la jeunesse est très présente dans cet espace numérique où le facteur linguistique n’est pas le premier mobile de fréquentation.

    Il s’agit d’une bataille sur le champ de la créativité et de la visibilité qui mérite d’être appuyée par l’ensemble des intervenants et qui ne peut pas se gagner sans miser sur
    les forces et les originalités de tous les médias de la francophonie.

    Et ces défis ne peuvent être relevés sans la mise en place de modèles d’affaires innovants. Les défis économiques sont majeurs et doivent s'appuyer sur les expertises qui se développent aux quatre coins de la francophonie. En réalité, l’expansion de la culture francophone est maintenant plus possible que jamais, mais les ressources financières ne seront au rendez-vous que si nous avons mis en place des moyens de produire mieux et de se distribuer partout où se trouvent sur la planète un intérêt potentiel si marginal soit-il à première vue. Cela commande la concertation de tous les joueurs du privé comme du public.

    Les enjeux démographiques : À tous ces bouleversements s’ajoute aujourd’hui un enjeu de taille sur le plan démographique. Selon une étude de l’OIF, le nombre de « parlants français » dans le monde pourrait passer de 220 millions en 2012 à 750 millions en 2050. Si ces prévisions se confirment, on peut estimer qu’à l’horizon 2050, 9 francophones sur 10 vivraient alors sur le continent africain à l’horizon de 2050.

    Il s'agit d'une opportunité d'une ampleur considérable pour autant que nous puissions être créatifs et suffisamment innovateurs pour imaginer et propulser sur la planète un espace médiatique francophone véritablement international malgré les écarts de départs sur les enjeux de formation, de technologies ou de moyens financiers.
    Les différences culturelles sont elles aussi immenses et, au Nord comme au Sud, on n’échappe pas à l’attrait des contenus anglo-saxons de plus en plus « disponibles » sur l’ensemble des plateformes de diffusion.

    Les particularités culturelles entre pays francophones sont parfois majeures, et la fracture numérique est pour l’instant immense, mais nos valeurs communes, notre volonté d’exister et nos outils de partage et de communication peuvent permettre de créer un véritable espace francophone. Ce potentiel existe. Les francophones sont déjà rassemblés sous une organisation internationale solide. Mais comment aujourd’hui peut- on faciliter le passage de paradigmes médias « nationaux » à de nouvelles réalités multinationales ?

    La francophonie possède déjà quelques atouts. TV5Monde et certains grands diffuseurs à vocation mondiale peuvent certes jouer un grand rôle dans ces transformations.
    Les blogueurs et artisans des réseaux sociaux, des blogues et de la planète web sont immensément présents et constituent un potentiel mobilisable avec une force énorme pour rejoindre les nouveaux auditoires et « rassembler » dans l’espace numérique.
     
    Un univers balkanisé : Ceci dit, si on décrivait aujourd’hui l’ensemble de la réalité médiatique francophone de la planète, force nous est de constater qu’elle est fragmentée, voire balkanisée, généralement prisonnière de réglementation aux objectifs nationaux, peu encline aux partenariats publics-privés et que les modèles d’affaires internationaux se développent en son absence. ( Ex : Netflix, Google, YouTube etc....)
    De plus, les différents territoires ne sont pas tous au même niveau de développement technologique, loin de là. Les défis de « cohérence » n’en sont que plus grand mais ne doivent pas freiner l’ambition d’un espace médiatique plus intégré.

    Le temps est venu de jeter un regard plus large et plus prospectif sur cet univers. L’heure est à la concertation et à la collaboration entre les joueurs. Le monde des médias est marqué depuis quelques années par des partenariats improbables qui voient naître de nouveaux joueurs mondiaux puissants. C’est la piste que nous devons suivre. Créer des alliances nouvelles pour accélérer l’innovation et forcer des changements de paradigmes.

    Le temps de la concertation : La rencontre de Montréal devrait permettre de bien identifier les pistes d’avenir et les actions concrètes qui permettront l’émergence d’un véritable espace médiatique francophone mondial qui tire son énergie des nouvelles technologies et des transformations qu’elles suggèrent ou engendrent.

    Parmi ces pistes, améliorer l’offre de contenu, la promouvoir plus efficacement et créer un environnement de créativité et d’affaires qui permettent à tous les acteurs, du public comme du privé, de construire l’avenir nous semble incontournable.
    Et ces transformations doivent se faire dans le respect d’un certain nombre de valeurs :
    Diversité: Toute action vers le développement d’un véritable espace médiatique francophone doit se faire dans le respect des diversités culturelles qui sont celles de la francophonie.

    Démocratie : Plus que jamais, les médias sont essentiels à la vie démocratique des États et des communautés. Toute action doit nourrir une vie démocratique riche et variée.
    Partage : Dans cette nouvelle réalité démographique francophone, le Sud devient plus que jamais incontournable sur le plan économique, culturel et linguistique. Mais ce nouvel espace doit se construire sur des bénéfices mutuels pour les joueurs du Nord comme du Sud. Une occasion idéale de fonder un nouvel ordre économique au-delà du concept Nord-Sud.
         
    Innovation et créativité : C’est par l’innovation et nos capacités créatives que nous devons construire ces transformations. Nous devons favoriser la circulation et le choc des idées pour « transformer » véritablement et durablement les modèles actuels.
    L’important sera de ne pas perdre de vue l’essentiel : les enjeux sociaux, culturels et politiques de ce siècle commandent plus que jamais que les médias créent de la « conversation, de la cohabitation et de la cohésion sociale » dans un monde complexe et changeant.

    L’univers médiatique nous donne aujourd’hui l’occasion de devenir nous-mêmes plus que jamais, et de porter plus loin encore les grandes valeurs partagées de démocratie, de culture et de partage.
    C’est le défi qui nous attend au cours des prochains jours. Bonne conférence !

    Pistes d’action pour réflexion : On peut déjà entrevoir certaines actions concrètes qui permettraient à la francophonie de « favoriser » une croissance de l’offre médiatique :

    1. La création d’un Laboratoire des Médias de la Francophonie (Media Lab) où seront regroupées et partagées les réflexions des spécialistes et des universitaires et les expertises de l'industrie pour assurer une veille stratégique et l'avancement continu des connaissances de l'univers numérique.

    2. Le réseautage d’une dizaine de grandes universités de la francophonie parmi les plus réputées pour leurs recherches et leur enseignement dans le monde des médias dans l’objectif de nourrir les contenus soumis au Laboratoire Média.

    3. L’implication de l’OIF, à la demande des leaders médiatiques nationaux, dans les discussions entourant l’attribution des spectres liées au passage à la TNT en Afrique pour soutenir auprès des gouvernements et des organismes de régulation la nécessité d’un pourcentage obligatoire de production locale pour tous les opérateurs

    4. La création au sein du Laboratoire Média d’un bureau de soutien à l’industrie de la distribution audiovisuelle afin d’augmenter la visibilité de la créativité de notre culture et toute sa diversité et de développer une stratégie de marché plus spécifique aux contenus d’expression française.

    5. Le développement d’une plateforme « tout contenu » qui permette de retrouver aisément les contenus musicaux, littéraires, audiovisuels de la francophonie. Cette future plateforme devrait « créer » une approche éditoriale propre à ses « nouveaux » publics francophones des plateformes numériques.

    6. Les organismes de regroupement de diffuseurs francophones doivent accepter de revoir leur portée et inclure, dans certaines instances, des partenaires du secteur privé. Toutes les forces vives de l’univers médiatique francophone doivent travailler à développer des projets communs porteurs d’avenir.

    Source : OIF, octobre 2014.

    Crédit photo: Sylvain Béletre, Balancing Act.

     

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    Voici le texte de la chronique publiée aujourd'hui dans "L'HEBDO" (Suisse).

     

    La bataille des langues est mondiale

    La langue française part elle à la conquête du monde ? C’est l’hypothèse que défend notamment Jacques Attali. 230 millions de personnes la pratiqueraient. Et on peut imaginer qu’en 2050, elles seront plus de 700 millions.  Le futurologue veut croire que cette émergence pourrait induire un espace économique de poids. Mais faute d’efforts massifs, le scénario pourrait aussi s’inverser. Et voir fondre le nombre des «francophilophones».

    A Montréal, l’Organisation internationale de la francophonie a débattu du sujet à travers l’évolution des médias. L’ère du digital fait trembler les éditeurs qui parfois innovent brillamment (comme «La Presse» au Québec). La télévision de papa a aussi du souci à se faire : la video dégouline de partout sur les supports mobiles. Les organismes publics et privés rament pour rester dans le coup. Avec dynamisme et succès notamment pour TV5Monde, à laquelle la Suisse participe. Ou Canal Plus, retiré du Maghreb mais à la conquête du continent noir.

    Mais par ailleurs, cette technologie donne la parole à des groupes qui, sans elle, ne l’auraient jamais eue. Un exemple impressionnant : le magazine online tunisien dirigé par Sana Sbouai, Inkyfada, de haute qualité journalistique sur la forme et sur le fond.

    La spectaculaire percée d’internet et du portable en Afrique bouleverse la donne. L’information, le divertissement et le savoir se déversent chez des gens jamais habitués au papier, dans des régions jusque là isolées. L’offensive africaine de l’EPFL dans l’enseignement en ligne ouvre à cet égard de grands espoirs.

    Mais qui parlera encore le français demain ? La bataille des langues fait rage, peu connue, sous-tendue d’enjeux géostratégiques mal identifiés. Le président du groupe de presse marocain L’Economiste, Abdelmounaïm Dilami, a douché les participants de la conférence. Dans son pays, le français recule au profit de l’arabe (quatre nouveaux quotidiens lancés ces cinq dernières années !) et de l’anglais. Ce grand éditeur ose la provocation: « Dans une dizaine d’années, le français n’occupera plus qu’une place marginale au Maroc. » Pourquoi ? « Parce que la France n’est plus un pôle d’attention. Elle doute d’elle-même, son rayonnement faiblit. Pourquoi rester fidèles à cette langue ? C’est le public qui en décidera.»

     

    En Afrique subsaharienne, l’horizon n’est pas si sombre, car l’usage du français est officiel dans plusieurs pays qui en ont besoin pour leur unité. Mais là aussi, l’anglais progresse, propulsé par une politique américaine offensive. Le chinois ? Pas pour demain. Mais Pékin sait aussi jouer du «soft power» et propose à bas prix des programmes de qualité aux télés locales. Elle investirait deux milliards de dollars à cette fin.

    Autre terrain de manoeuvres : l’Europe de l’est. La journaliste moldave, basée auprès de l’ONU à Genève, Margareta Stroot, constate que les Etats-Unis invitent à tour de bras des jeunes journalistes qui reviennent anglophones mais surtout acquis à la vision du monde ainsi dictée. Dans un pays pris entre les feux des propagandes américaine et russe, un espace francophone, qui existait hier, serait aujourd’hui plus que bienvenu pour une approche indépendante. Beau rêve. Dans les cours de français donnés à Chisinau, on enseigne le parler québecois ! Parce qu’ils sont fréquentés par les candidats à l’émigration au Canada.

    La réalité, c’est que nombre de pays dits francophones au sein de l’organisation de ce nom ne le sont pas ou plus. Tel le Vietnam et bien d’autres. L’espoir est ailleurs : il y a plus de vingt millions de personnes qui, en ce jour, dispersés dans le monde, apprennent le français. Peut-être aussi pour échapper aux jeux d’influences des grandes puissances et des idéologies.

    Qui se doute que l’Ukraine compte une dizaine de bureaux de l’Alliance française, soutenus par Paris mais émanant d’initiatives locales ? Qui sait que l’armée brésilienne encourage ses officiers à apprendre le français en plus de l’anglais. Afin de faciliter sa présence dans les missions de paix en Afrique et en Haïti.

    L’enjeu est géostratégique, mais surtout culturel. Cette culture, la nôtre, peut et doit mieux rayonner. Dans la définition qu’en donne la remarquable présidente de France Médias Monde, Marie-Christine Saragosse : «La culture n’est pas un divertissement mais un avertissement.»

     

     

  • Alors que la tendance est à la crise économique dans les pays occidentaux, l’Afrique reste un continent plein de perspectives encourageantes. Lamudi, le site immobilier numéro 1 en Afrique, décide de se pencher sur l’avenir de ce continent et cherche à comprendre pourquoi les investisseurs sont de plus en plus nombreux à venir y tenter leur chance.

    Un rapport intitulé «Continent remarquable : les opportunités futures dans les villes africaines», révèle que la croissance économique en Afrique devrait dépasser d’ici 2030 celles de l’Asie, de l’Amérique latine et de la Russie.
    Les grandes métropoles africaines qui devraient voir leur population augmenter fortement, avec 300 millions d'habitants en plus d’ici 2030, seront «le prochain grand marché de consommation de masse dans le monde», souligne ce rapport publié par le cabinet Oxford Economics. Le nombre d’habitants de Lagos va ainsi plus que doubler d’ici 2030, pour atteindre 25 millions d’âmes. Ce sera alors la plus grande ville du continent.

    L'étude tient compte des 96 villes (43 pays) les plus importantes du continent, que ce soit en termes d'économie et de population. Celles-ci contribuent à hauteur de 36 % (700 milliards de dollars) au PIB africains et d'ici à 2030, cette contribution devrait plus que doubler pour atteindre 1 700 milliards de dollars, estime le rapport. Le constat est clair, plus l’économie et la population croissent, plus vite l’Afrique s’urbanise. Ainsi, cette hausse du PIB s’accompagnera d’un boom démographique : 51% de ces villes connaîtront une croissance démographique de plus de 50% d'ici 2030.

    Sans compter que la hausse du PIB et ce boom démographique que connaîtront les métropoles africaines vont engendrer une explosion de la consommation. «Le volume total des dépenses dans les grandes villes africaines grimpera à 1000 milliards de dollars en 2030, faisant de ces villes la dernière frontière du marché de consommation de masse dans le monde», a déclaré Adrian Cooper, PDG d'Oxford Economics. Dans l'ensemble des villes étudiées, les dépenses de consommation qui augmenteront le plus rapidement seront les dépenses culturelles et de loisirs (291 % d'ici à 2030) ainsi que les dépenses liées au secteur des services d'une manière générale. Toutefois, l'alimentation restera la plus importante catégorie de dépenses.

    Le revenu disponible des ménages augmentera en moyenne de 5,6 % par an et le pouvoir d'achat total devrait passer de 420 à 1 000 milliards de dollars. Cette croissance du pouvoir d'achat devrait s'accompagner d'une redistribution des revenus à travers le continent. Ceux-ci devraient d’augmenter de manière plus importante en Afrique subsaharienne qu'en Afrique du Nord et en Afrique du Sud.
    Cette croissance économique particulièrement rapide (5% chaque année sur le continent), permettra selon les prévisions du rapport à des villes telles que Dar Es Salaam (Tanzanie) ou Luanda (Angola) de faire partie des géants économiques urbains africains.

    Lire + :

    Source : 10 octobre 2014  - 237online

  • Le groupe Emirati des télécommunications Etisalat voudrait émettre ses toutes premières obligations islamiques. L’entreprise serait en discussions avancées avec des banques sur le sujet. L’argent que le groupe voudrait obtenir de cette opération servira aux améliorations des infrastructures de son réseau de télécommunications. Lire+

    L’opérateur historique des télécommunications Maroc Télécom vient de mettre sur le marché son offre télécom illimitée. Quelques semaines après la société de téléphonie mobile  Inwi, en mi-septembre dernier. Lire+

Actualités de la convergence

  • Compte rendu et analyse de Pierre Barrot, responsable coopération audiovisuelle à l’OIF.

    A la Conférence de Montréal sur l’avenir des médias francophones, deux mots étaient sur toutes les bouches : Afrique et… Netflix.

    Organisée par l’Organisation Internationale de la Francophonie et l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales de Montréal, la Conférence internationale sur l’avenir des médias francophones (tenue du 8 au 10 octobre à HEC-Montréal) a rassemblé des professionnels de quatre continents  et de tous les horizons concernés : radio, télévision, internet et presse écrite. Mais force est de constater que l’audiovisuel public était le mieux représenté, les patrons des principales entreprises d’Europe, d’Afrique et du Canada ayant fait le déplacement : Rémy Pfimlin (France Télévisions), Marie-Christine Saragosse (France Médias Monde), Mathieu Gallet (Radio France), Yves Bigot (TV5 Monde), Ahmadou Bakayoko (Radio-Télévision ivoirienne), Louis Lalande (Radio Canada), Suzanne Gouin (TV5 Québec-Canada) et Jean-Paul Philippot (RTBF). Les sociétés de radio et télévision publiques francophones étaient également représentées par Guila Thiam, secrétaire général du CIRTEF (Conseil international des radios et télévisions d’expression française) et Mohamed Maïga, secrétaire général du RAPAF (Réseau de l’audiovisuel public d’Afrique francophone).  Du côté du privé, quelques ténors ont tout de même pu faire entendre leur voix : Françoise Le Guennou-Remarck (groupe Canal +), Constant Nemale, patron d’Africa 24, Dominique Guihot (Africa N°1), André Provencher (groupe Québecor) et Mactar Silla, promoteur d’une nouvelle chaîne panafricaine qui devrait être lancée en 2015 à partir de Libreville.  
    Des multiples interventions entendues lors de ces rencontres de Montréal, il ressort que la télévision de demain existe déjà et qu’elle obéit à trois mots d’ordre : délinéarisation, mobilité et interactivité. Plus question d’être enchaîné à un poste fixe ou à des horaires contraignants pour regarder des programmes. Plus question non plus de consommer des images sans réagir.


    Surfer sur les images : En matière de « délinéarisation », lorsque France Télévisions a lancé sa télévision de rattrapage, elle a atteint 50 millions de vidéos vues dès la première année. Elle en est aujourd’hui à 140 millions par mois. Le phénomène n’épargne pas l’Afrique où de plus en plus de téléspectateurs utilisent smartphones et tablettes pour s’affranchir à la fois du téléviseur familial et des horaires de mise à l’antenne des programmes. Comme l’explique Ahmadou Bakayoko, les jeunes sont les premiers concernés car, « dans des foyers de sept à huit personnes où ils n’ont pas accès à la télécommande », les écrans connectés leur permettent de sélectionner leurs programmes favoris en s’affranchissant du téléviseur familial. Mais ils ne sont pas les seuls à faire ainsi « bande à part ». Le même Bakayoko raconte sa stupéfaction lorsqu’il a découvert que son propre fils de neuf ans avait appris à sa cuisinière à surfer sur internet avec un smartphone, ce qui permet à cette brave dame  - pourtant illettrée - de regarder des vidéos sur YouTube...

    Ahmadou Bakayoko n’avait pas attendu cette révélation pour engager la révolution numérique à la RTI, avec un site internet qui a atteint 3 millions de pages vues, une chaîne YouTube, une page Facebook suivie par 350 000 «amis » et une application pour téléphones portables téléchargée 90 000 fois.

    Marie-Christine Saragosse aligne des chiffres encore plus vertigineux pour France Médias Monde (Radio France Internationale, France 24 et Radio Monte-Carlo Doualiya) : 13,5 millions d’« amis » sur Facebook, 4,3 millions de « suiveurs » sur Twitter. France Télévisions, de son côté, possède désormais le troisième site d’information de France (derrière ceux du « Monde » et du « Figaro »).

    Hégémonie des géants de l’internet : Mais la présence sur internet et, de plus en plus, sur les réseaux de téléphonie mobile, crée une situation inédite : les organismes de télévision ne sont plus maîtres de leur diffusion et une énorme part du nouveau marché ainsi créé est captée par les « agrégateur de contenus » ou les fournisseurs d’accès, qui servent d’intermédiaires. Jean-Paul Philippot, président de la RTBF, cite l’exemple de la BBC : en 2007, la totalité de ses contenus diffusés sur internet était en libre accès. Aujourd’hui, 59 % du total passe par des fournisseurs d’accès.

    Or, les géants de l’internet comme Google, YouTube, Facebook ou Twitter s’approprient une énorme part des ressources générées par la diffusion de contenus sur la toile (publicité mais aussi données  personnelles dont l’exploitation est une mine d’or pour certains opérateurs). Apple « confisque » une part substantielle des revenus liés aux applications pour téléphones portables. Une situation absolument inédite dans l’histoire des médias. Comme l’explique plaisamment Marie-Christine Saragosse, « La main invisible des agrégateurs se glisse dans la poche des diffuseurs ».

    Sylvain Lafrance, ancien patron de Radio Canada et directeur du pôle médias de HEC-Montréal, n’hésite pas à parler d’hégémonie et d’abus de position dominante de la part des géants de l’internet.  Si l’on a coutume de dire qu’il n’y a pas de modèle économique viable pour la diffusion de contenus sur la toile, Sylvain Lafrance estime qu’il y a bien un modèle économique mais « Il n’est pas pour nous autres », la plus grande part des revenus potentiels étant prélevée en amont par les « agrégateurs de contenus » et les « fournisseurs d’accès », voire par les réseaux sociaux qui jouent un rôle de « prescription » de plus en plus important. En clair, Facebook est devenu le support moderne du bouche à oreille et du téléphone arabe. La différence avec ces modes traditionnels de recommandation, c’est qu’aujourd’hui, d’énormes revenus sont générés au profit des exploitants de réseaux sociaux, via l’exploitation des données personnelles : tout usager de ces réseaux est en effet traité comme un consommateur sous surveillance dont les goûts et les préférences sont scrutés au jour- le- jour, analysés puis transformés en données monétisables auprès des annonceurs.

    Que faire, face à l’hégémonie de quelques groupes américains dans l’univers du numérique ? Pour Constant Nemale, patron de la chaîne d’information panafricaine Africa 24, les Francophones ont perdu successivement la bataille de la technologie, puis celle du financement. Il leur reste une bataille à livrer : celle des contenus. Or, pour lui, le champ de bataille principal pourrait bien être l’Afrique. Les projections démographiques selon lesquelles 85 % des 715 millions de francophones de 2050 se trouveront en Afrique  ont déjà mis en émoi les professionnels francophones et le continent africain était présent dans tous les discours tenus à Montréal. Mais,  du discours aux actes, il y a un pas et, selon Constant Nemale, « Le seul groupe français qui a compris l’enjeu africain, c’est Canal+ ». Françoise Le Guennou-Remarck, a rappelé à Montréal que son groupe était présent sur le continent depuis plus de vingt ans et que le plan « Africa One », lancé en 2010, visait à atteindre le million d’abonnés en 2015. L’objectif a été atteint dès 2014, grâce à un élargissement de l’offre de chaînes et à un abaissement du « ticket d’entrée » (le coût de l’investissement parabole + décodeur a été divisé par dix depuis le démarrage du bouquet Canal Satellite). Le nouvel objectif fixé au groupe Canal +, « Africa 2 » (deux millions d’abonnés) passe par un renforcement de l’offre de contenus africains, notamment avec le lancement de la nouvelle chaîne A+. Dès maintenant l’appétit des abonnés pour les fictions africaines se traduit par le succès de la chaîne Nollywood TV, qui arrive en quatrième position des chaînes les plus regardées du bouquet Canal Satellite (derrière TV5, France 24 et Euronews).


    Puissance des opérateurs non francophones : Malgré l’expansion africaine de Canal + et l’arrivée de nouveaux opérateurs comme Mactar Silla dont la future télévision panafricaine se veut « une vitrine de l’Afrique émergente », les francophones pourraient se trouver confrontés, en Afrique également, à la puissance des opérateurs non francophones.  La chaîne qatari Al Jazeera a déjà proposé 200 millions de dollars à Constant Nemale pour le rachat d’Africa 24. Le même Nemale indique que le groupe chinois Star Time a investi 5 milliards de dollars pour conquérir l’Afrique. Il rappelle également que des moyens considérables sont en train d’être mobilisés en Afrique anglophone. Ainsi, le groupe kenyan Wananchi (télévision à péage et internet) vient de récolter 130 millions de dollars auprès de ses actionnaires pour financer son nouveau plan de développement. Enfin, Jamal Eddine Naji, directeur de la Haute autorité de l’audiovisuel du Maroc estime que le continent africain pourrait être la prochaine zone d’implantation de Netflix, le géant américain de la vidéo à la demande dont l’arrivée en septembre dernier sur les marchés français, belge, suisse et luxembourgeois a déjà créé une certaine panique.  Les craintes que fait naître Netflix sont liées au fait que cet opérateur utilise principalement internet et échappe ainsi en grande partie aux organismes de régulation des médias. Avec internet, souligne Tom Pentefountas, vice-président du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, il n’est plus question de licences payées aux Etats (contrairement à ce qui se passe jusqu’ici avec les télédiffuseurs et les opérateurs de télécommunications). Si cette tendance se confirme, les organismes publics de soutien à la production audiovisuelle n’auront donc bientôt plus les moyens de financer la production de contenus nationaux. 

    Pour illustrer la menace que Netflix fait peser sur les pays visés, le Belge Jean-Paul Philippot cite l’exemple de la Norvège. Dans ce pays, les abonnés du roi américain de la VàD ne consomment auprès de cet opérateur que 8 % de contenus norvégiens. Face à la menace Netflix, Jean-Paul Philippot déplore que les Européens avancent en ordre dispersé : il existe, indique-t-il, 3500 services de vidéo à la demande en Europe ; 8 % d’entre eux seulement appartiennent à des opérateurs non européens mais ces 8 %-là génèrent 60 % de l’activité. A cause de la dispersion des moyens, l’Europe risque pour lui d’être « laminée » par Netflix. En sera-t-il de même en Afrique ?  Le risque existe car, comme l’explique Tom Pentefountas de l’organisme de régulation canadien, internet donne aux téléspectateurs la possibilité d’accéder à des programmes du monde entier et expose tout le monde aux programmes atteignant les plus hauts niveaux de qualité. Dans ce contexte, bientôt « le consommateur ne supportera plus la piètre qualité du contenu local ». D’autant plus que la disproportion entre francophones et anglophones est spectaculaire sur le plan des moyens disponibles.  Au Canada, explique-t-il, pour produire une heure de fiction, on dispose de 300 000 dollars à Montréal contre 2 millions à Toronto. Si l’on va aux Etats-Unis, on atteint 4 millions pour une série-vedette comme « House of cards » et jusqu’à 10 millions pour “Le trône de fer”.

    S’unir pour ne pas être laminés : Que peuvent faire les francophones pour éviter d’être laminés ? Selon Tom Pentefountas, « II faut penser grand et gros ; il faut s’unir pour atteindre une taille critique qui nous permette d’être concurrentiels ».  Jean-Paul Philippot lui-même suggère de « mettre ensemble la créativité africaine et la puissance économique européenne ». « Il faut mutualiser les contenus » proclame Constant Nemale.  Mais la grande famille francophone n’est pas si facile à unir : « Lorsque j’étais directeur des programmes, je n’ai jamais acheté une série française. Et les Français me l’ont bien rendu » avoue  André Provencher, du groupe Québecor. Ce qui ne l’empêche pas de suggérer « la création d’un grand marché francophone, avec le soutien des Etats ». Son compatriote Pentefountas dit la même chose sur l’objectif mais le contraire en ce qui concerne les moyens : « Il faut s’unir et compter de moins en moins sur les financements publics. »

    La conférence de Montréal a permis de poser un diagnostic. Quant aux pistes de solution, elles sont multiples mais contradictoires. De quoi rendre pessimiste ? Peut-être mais Ibrahim Sy Savané, président de la haute autorité de la communication audiovisuelle de Côte d’Ivoire a proposé, en conclusion, l’option du « pessimisme actif ». « Cela vaut mieux que l’optimisme passif », a-t-il ajouté.

    Source : OIF, Pierre Barrot, octobre 2014.

    Crédit photo: Sylvain Béletre, Balancing Act.

  • En partenariat avec le Pôle médias HEC Montréal, Montréal, 8 – 10 octobre 2014.

    Par Monsieur Ibrahim SY SAVANÉ, Rapporteur général de la Conférence.

    Préambule
    Dans sa très grande diversité, la Francophonie ne donne pas toujours le même sens aux mêmes mots. Ainsi lorsqu'on m'a demandé d'être le Rapporteur général de cette conférence, je me suis demandé quelle signification se cachait derrière ce terme. Dans certains contextes, rapporteur peut avoir un sens très noble, dans d'autres, rapporteur n'est pas le compliment le plus recherché. Durant ces deux jours, j'ai surpris beaucoup de soupirs de commisération à mon égard : comment en effet rapporter ce genre de rencontre ?

    Mais dans ce genre de situations, il ne faut pas se poser trop de questions métaphysiques. Et de toutes les façons, nous avions convenu, avec les organisateurs, qu'il s'agissait de capter quelques mots clés, de saisir l'esprit, au-delà des mots, tout en s'autorisant quelques commentaires.
    Évidemment, il ne s'agit donc pas d’un verbatim. Qui prendrait le risque de transmettre aux chefs d'Etats et de gouvernements francophones tout ce que l’on a pu dire lors de ces journées. Sauf à prendre le risque de nous faire passer pour des gens qui ne se sont pas contenter de sirop d'érable mais ont envisagé bien d'autres breuvages !

    De même que Clément Duhaime, Administrateur de l'OIF, disait qu'il ne s'agissait pas d'Etats généraux des médias, ce rapport n'est pas, non plus, un rapport général.
    Séance d’ouverture

    Parfois, les cérémonies d'ouverture sont redoutables. On les considère comme des sessions protocolaires, un peu ennuyeuses. Or, force est de reconnaître qu'il n'en fût rien, que, bien au contraire, des choses essentielles ont été dites à l'entame de la Conférence. L'on pouvait craindre un trop grand consensus. Or, bien souvent, derrière un consensus, il y a un malentendu. Il est vrai que le but n'était pas, non plus, de créer des « dissensus » juste pour épicer les choses.
    [J'entends d'ici quelque puriste se demander si le mot dissensus existe. Il faudrait savoir : on ne peut pas à la fois demander à la Francophonie de faire preuve d'audace et récuser les mots qui expriment le mieux certaines idées.]

    Toujours est-il que chaque intervenant a délivré sa part de message avec ses propres nuances.
    Madame Sylvie Barcelo par exemple, a insisté sur la diversité qui fait partie de l'ADN de la Francophonie, mais elle a également pointé la nécessité de préserver une information de qualité qui doit prendre le pas sur la rumeur. [Il est vrai que l'Internet, ce merveilleux internet est aussi parfois un système de blanchissement de l'information].

    Une des réponses à cet état de fait ainsi qu'à la domination de l'anglais est selon Mme Barcelo, le développement d'une offre de contenus de qualité équivalente ou supérieure à ce qui se fait.
    Toutefois, cela suppose, au-delà de l'énonciation et nécessairement, le renforcement de l'espace économique francophone.

    L’Honorable Christian Paradis a ainsi mentionné les grandes lignes de cette stratégie économique de la Francophonie. Tout en rappelant à son tour, l'obligation pour les médias francophones d'innover. Son intervention fut empreinte de beaucoup de volontarisme qui manque parfois.
    Faisant échos tout en prolongeant, Clément Duhaime, Administrateur de l'OIF, note que l'espace francophone dispose d'atouts non négligeables pour jouer un rôle de tout premier plan dans la révolution technologique qui se déroule à vitesse accélérée. Cette tâche, il est vrai, est d'autant plus ardue qu'elle consiste à changer tout en demeurant ce que l'on est.

    La révolution technologique selon M. Duhaime, ne doit en aucun cas se faire au détriment de la culture. La culture qui demeure, en ces temps chaotiques et de confusion, le socle le plus solide de la Francophonie. D'ailleurs, l'Administrateur de l'OIF, rompant avec une certaine orthodoxie langagière, a même évoqué un « soft-power » francophone.

    Et, comme les deux premiers intervenants, il considère que le continent africain aura un rôle majeur du fait de son poids démographique. Cependant, cette opportunité qu'offre l'Afrique ne se transformera en avantage décisif que dans la mesure où l'éducation, le pluralisme et la démocratie joueront leur rôle d'adjuvants indispensables.

    Tout en rappelant le contexte de confrontation économique et capitalistique, Sylvain Lafrance, Directeur du pôle media d'HEC, a commenté l'existence et l'inexistence des modèles d'affaires et surtout les risques de marginalisation qui guette les espaces comme la Francophonie, si celui-ci demeure velléitaire et hésite à s'engager plus résolument dans le grand jeu des rapports de force.
    Différentes forces sont en effet en interaction, parmi lesquelles, celles de la démographie et des configurations géopolitiques peuvent être de bonnes cartes dans le jeu francophone. Mais pour les médias, un enjeu essentiel - peut-être le plus important - est la capacité de ceux-ci à créer ce qu'il appelle « la conversation », au sens de cohésion sociale. À la fin des fins, le défi majeur est d'accroître la contribution de l'espace médiatique à la construction sociale.

    Analysant l'impact des mutations, Marie-Christine Saragosse, PDG de France Medias Monde, et grand témoin [remarquons au passage que témoin n'a pas d'équivalent féminin, je n'ose pas imaginer pourquoi], perçoit le caractère ambivalent des technologies qui ne sont, selon elle, ni bonnes ni mauvaises. Le plus important étant l'usage qui en découle. Il n'est pas cependant question de minimiser les questions d'adaptation aux réalités et aux évolutions. Ni de céder, selon ses termes, à « l'ivresse des flacons des contenants en oubliant les contenus ».

    Une des préoccupations de Mme Saragosse, réside dans l'inéquité qui règne parfois sur ces marchés asymétriques, se drapant dans les plis confortables de la loi de l'offre et de la demande.
    Le second grand témoin, Mactar Sylla, à la fois homme de grande expérience et de grands projets, après avoir décrit son parcours tellement dense, relève, en le déplorant, le sous-investissement dans les médias de l'espace francophone en général et en particulier en Afrique. L'immense contribution du Continent dans les domaines de l'art, de la culture, du sport ne se reflète pas dans le domaine médiatique. Ce paradoxe ne peut être dénoué d'après lui, qu'en ayant recours à de véritables partenariats qui commencent par la mise en commun de moyens humains, techniques, technologiques et financiers. M. Sylla a vanté à juste titre, les énormes potentialités du continent qui ne peuvent que se réaliser à brève échéance. Cela peut et doit se faire avec la bonne volonté de l'espace francophone. Mais il existe aussi le risque que cela se fasse sans lui, mais avec d'autres.

    Commentaires

    Les médias francophones avancent à marches forcées, vers la gestion des contraintes économiques volontairement ou non occultées pendant trop longtemps. Naguère et parfois encore maintenant, les simples notions de « business plan » étaient considérées comme sacrilèges. Peut-être fallait-il, pour adoucir les choses parler de « plan d'affaires ». Aujourd'hui peut-on continuer d'opposer Économie et Culture ?

    Je préfère citer ici Malraux (on lui a déjà mis tellement de citations sur le dos, que cela ne lui fera pas plus de mal). Il aurait donc dit cette chose essentielle, je cite: « par ailleurs, le cinéma est une industrie ». Tout est dans le « par ailleurs ». Avec cela on peut réconcilier, sur cette question, les positions en apparence contradictoires.

    Avant d'aller plus loin, je voudrais faire un dernier commentaire sur cette nouvelle vision de l'Afrique qui serait l'avenir du monde francophone et même du monde tout court. Comment ne pas apprécier ces instants rares de félicité, quand on sait que cette Afrique-là, vient de très loin et qu'elle a échappé à plusieurs tentatives de « « lynchages médiatiques. Voici ce qui a été publié il y a des années dans un très grand quotidien d'un très grand pays francophone du Nord. Certes, il s'agissait d'une tribune libre, mais cela a été publié.

    Ouvrons donc les guillemets : « l'Afrique, un ramassis de républiquettes clochardisées, sans passé ni avenir, dont la disparition ne changerait rien à la marche du monde ». Un célèbre intellectuel africain dit qu'il faut faire attention à la balistique des mots. Oui, en effet.
    Au moment où gonfle cette espérance africaine, il est bon d'accroître notre vigilance collective en faveur d'une véritable solidarité francophone.

    [Comme on l'entend chez moi, on ne peut dire quand tout va bien: « tu es mon frère », et quand tout va mal : « tu n'es plus mon frère ». Il n'existe pas d'anciens frères. Alors, quitte à prôner un œcuménisme de raison, nous avons un devoir d'attention réciproque, faute de quoi, toutes ces constructions, tous ces échafaudages de l'espace francophone ne pourront tenir au-delà de notre génération actuelle.]

    Comme je l'ai laissé entendre, cette cérémonie inaugurale avait déjà tout dit. Mais, il fallait dire le reste. Cela a été l'affaire des panelistes. Se faisant, nous n'avons pas véritablement changé ni d'échelle ni de registre.
    Premier panel
    Onze panelistes et un modérateur ont traité du thème « Nouvelles techniques, nouveaux usages des médias. »

    De nombreux constats et diagnostics ont été faits autour de la maîtrise des nouvelles techniques et de la prise en compte des attentes des nouveaux publics. Certains de ces constats estiment que les médias sont, de gré ou de force, soumis à la logique de l'offre et de la demande. Les usages sont en effet bouleversés par des offres plus instantanées, interactives et surtout gratuites. Dans ces conditions, une meilleure connaissance de l'audience est indispensable. Que cela nécessite le recours à des algorithmes analytiques que certains dénoncent par ailleurs, ou à des méthodes plus empiriques, il s'agit là d'une indispensable adaptation. C'est ce qui pourrait accroître les chances de survie et d'expansion des médias francophones.

    Dans ce contexte, le passage au numérique devrait être une occasion pour se défaire de modèles obsolètes de gestion et pour restructurer toute la chaîne de valeur. Il ne faut pas que la fascination pour la composante technologique fasse perdre de vue la production de contenus attractifs.
    L'on ne peut en effet espérer capter et retenir l'attention de nouveaux usagers tout en n'offrant que des programmes largement usagés. Le ratage de ce nouveau virage ferait courir à des médias du Sud, comme du Nord, le risque d'une soumission à une sorte de néocolonialisme. [Chacun peut relever qu’une certaine verdeur de langage de bon aloi a été de mise dans les panels].
    L'adaptabilité, l'innovation et même ce que plusieurs interventions ont appelé « l'agilité » sont à même d'éloigner ces funestes perspectives.

    Des exemples, aussi bien au Vietnam, en Afrique, en Europe et ici au Canada, montrent clairement que cet esprit de créativité n'est l'apanage de personne. Il reste que des cas de réussites évidentes, à défaut d'être copiés, peuvent inspirer. Il faut aider à développer la culture du changement et ne pas avoir peur du futur dans les médias francophones.
    Ce changement doit-il se faire graduellement, de façon incrémentielle ou consiste-t-il à engager une vraie rupture ? Il doit surtout s'opérer de façon permanente, dans la mesure où les évolutions sont-elles mêmes, continues.

    En tout cas, plusieurs intervenants au panel ont noté que l'innovation ne saurait consister à utiliser de nouvelles technologies pour perpétuer d'anciennes méthodes. L'outil seul ne suffit pas. Il faut penser et adapter toute l'organisation ainsi que les produits. Si chacun est appelé à fournir des efforts individuels, il y a également lieu d'agir ensemble pour élargir l'espace de la Francophonie numérique. Une suggestion explicite d'un moteur de recherche francophone a été ainsi faite.
    S'il fallait faire un commentaire, on peut dire que la diversité des intervenants, le caractère très varié, hétérogène mais pas hétéroclite, des expériences ont été une des caractéristiques du panel. Le risque de substituer des monologues superposés à un véritable dialogue n'était pas négligeable. Ce risque a été évité.

    Deuxième panel
    Ce panel a réuni un modérateur et 15 participants, pour échanger autour du thème « Quelles adaptations aux mutations technologiques et pour quels nouveaux publics ? »
    La nécessité de s'adapter à des évolutions techniques et même sociologiques a d'emblée été évoquée. Avec la mobilité, ainsi que les bouleversements des temps d'usage de l'audiovisuel, Il s'agit, à la fois d'être attentif à son public et de tirer le maximum de profit des nouveaux outils du numérique. Une des questions évoquées au cours de ce Panel a été de savoir comment mettre ces avancées techniques, en particulier celle du numérique, au service de contenus culturels, de l'éducation par exemple. Cela suppose également que les financements publics qui ont eu tendance à s'éroder ces derniers temps, soient maintenus, voire renforcés. D'autant que la spécificité de l'audience de l'audiovisuel public a été rappelée. Celle-ci, à en croire un des intervenants, n'est pas constituée de consommateurs mais de citoyens. Ce distinguo justifiant l'interpellation des Etats et gouvernements à continuer de financer l'audiovisuel public. Une trop grande fragilité de celui-ci étant de nature à mettre en cause son indépendance.

    L'idée qu'il existe une corrélation entre les contraintes des Etats impécunieux et leur parcimonie à l'égard des entités publiques n'a pas fait l'objet de débats. Avec l'avènement de nouveaux acteurs dans l'audiovisuel qui suscitent des peurs fondées ou irrationnelles, la question du financement de l'audiovisuel public sera une des plus importantes des prochaines années.

    Par ailleurs, si la coopération en général a été exaltée, certains intervenants ont proposé des modalités concrètes qui mériteraient d'être relayées. Ainsi, Radio France Internationale a fait la promesse de mettre son fond numérique à la disposition de tous, alors que de son côté, France Médias Monde se propose de développer une base de données d'experts et d'universitaires francophones susceptibles d'apporter des éclairages lorsque surviennent certains événements. Un projet de « résidence numériques d'artistes francophones » a été également annoncé. Ces propositions ont paru très concrètes et méritaient donc d'être mentionnées.

    Si le panel a été plus ou moins consensuel, il faut noter qu'un des rares représentants de l'audiovisuel privé a posé un diagnostic que certains trouveront pessimiste et d'autres lucide. Selon ce diagnostic il ne reste à la Francophonie que la bataille du contenu. Les autres batailles, à savoir celle de la technologie et celle du financement, étant déjà perdues depuis bien longtemps. Au demeurant, même cette dernière bataille est loin d'être gagnée. Pour accroître ses chances, la Francophonie devra se mobiliser, y compris au plan institutionnel, et de façon plus massive autour de cet enjeu majeur de la production de contenu. La création d'une agence dédiée à cette problématique a été proposée. L'intervenant a suggéré de façon très lyrique que la Francophonie rompe avec un certain lyrisme improductif.

    L'analyse de la vitalité de la Francophonie n'est pas entièrement partagée par certains participants qui ont mis en garde contre une sorte d'optimisme béat, alors que de fait, le français aurait tendance à reculer, du moins dans les colloques et les productions médiatiques. C'est pourquoi, une fois encore, la créativité, le renforcement des moyens, la confiance et la fameuse agilité, ont de nouveau été évoqués comme des leviers importants.
    Troisième panel

    « Quel espace médiatique francophone dans dix ans ? » était le thème du dernier panel. De ce point de vue, il était d'une importance capitale, dans la mesure où la question de l'anticipation, de la vision du futur paysage médiatique a structuré pratiquement toute la rencontre.

    Un des premiers intervenants, Abdelmounaïm Dilami, Président du groupe l'Economiste, a d'emblée noté un certain recul du français dans les médias au Maroc par exemple. Il est probable que le français ne conserve qu'une place marginale dans son pays. Si l'on ne peut extrapoler à partir de cet exemple, reste que cette tendance ne saurait être occultée. Au demeurant, ce recul de la langue française ne signifie pas un recul des médias qui sauront s'adapter à ces évolutions linguistiques.

    Le second paneliste s'est demandé si, en ce qui concerne l'avenir des médias francophones, il n'est pas déjà trop tard. Mais, comme l'avenir dure longtemps, André Provencher, vice-Président, développement international de Quebecor, a répondu lui-même, en présentant une réalité certes préoccupante mais loin d'être désespéré.

    Là aussi, la créativité a été évoquée, comme une réponse adéquate. Autrement dit, le futur dépend de la capacité à créer y compris ensemble, en nouant éventuellement des alliances en la matière, en associant des talents de divers pays. Avec, à terme, l'idée de créer un marché de contenus francophones.

    La troisième intervenante, Madame Françoise Le Guennou-Remarck, directrice des relations institutionnelles et de la communication de Canal+ Afrique, a apporté un témoignage sur l'évolution de son groupe qui s'est déroulé dans un relatif scepticisme. Selon elle, il s'agit d'un succès, même s'il a fallu s'adapter en permanence aussi bien au plan technologique que dans la mise en valeur de contenus de proximité. L'idée de la création d'une chaîne de séries francophones s'inscrit bien évidemment dans la recherche de croissance mais représente une contribution importante à la structuration de l'espace audiovisuel francophone.

    Elle a cependant rappelé que la qualité, qui dépend de la formation, est indispensable pour mieux appréhender le futur. Une allusion a été faite à la télévision numérique terrestre, dont l'avènement est inéluctable, mais qui emprunte dans bien des pays d'Afrique francophone notamment, un chemin d'accès très escarpé.

    La saga d'Africa N°1 a été narrée par Dominique Guihot. Cette histoire, qui est loin d'être terminée, a connu de nombreuses contrariétés. L'on retient cependant que l'idée qui est à la base de la création de cette radio a été perçue en son temps, comme un exemple réussi de coopération Nord-Sud.

    Une perception originale a été apportée par un intervenant, Jacques Pilet, journaliste, Conseiller internationale du groupe suisse Ringier. Selon lui, et en dépit des batailles entre grands groupes au niveau mondial, les médias francophones, ont encore toutes leurs chances. Tout n'est pas dit et des possibilités de faire évoluer les modèles en douceur pour soutenir l'expansion existent bel et bien. La qualité de l'information, la valeur ajoutée éditoriale sont susceptibles de faire la différence.

    Parmi les intervenants, Madame Sana Sbouai a présenté une initiative originale et très ambitieuse qui, au-delà de l'exemple de la Tunisie, pourrait être une alternative crédible à la désaffection des médias par une nouvelle génération avec laquelle il faudra évidemment compter, si on considère qu'elle est l'avenir.

    Jean Kouchner, Secrétaire général international de l'Union de la presse francophone, considère que le plus important est une pratique et une éthique professionnelles du métier. La langue, certes importante, n'est pas indépassable. L'essentiel est l'information des citoyens. Selon lui, il ne faut pas minimiser les nouvelles formes du journalisme. Ce serait une erreur de les garder aux marges.

    Tom Pentefountas, vice-Président du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) note les difficultés de la régulation, à cause entre autres raisons, de la vitesse des changements qui interviennent dans ce secteur. En filigrane, c'est l'adaptation des modes régulatoires qui est en cause. La dimension économique devant être mieux appréhendée. Comment réguler les grands groupes et contenir leurs tentations trop hégémoniques, sans pour autant contrarier leur capacité d'investissement ?

    La protection des intérêts du consommateur demeure cependant une mission essentielle du régulateur. En revanche, la régulation de l'Internet est considérée par lui, sinon comme impossible, du moins extrêmement difficile à mettre en œuvre.

    Une des dernières interventions de ce panel 3 a été celle de Mohamed Soumana Maiga, secrétaire général du réseau de l'audiovisuel public d'Afrique francophone, qui a analysé l'impact d'Internet sur l'ensemble de l'audiovisuel et des médias. D'après lui, il y aura une véritable explosion. De nombreuses productions qu'il qualifie de « low cost », verront le jour et contribueront à la création d'emplois. Il s'est penché plus spécifiquement sur le cas des télévisions publiques en Afrique, qui ont plus que jamais besoin de meilleurs systèmes de management, de formation et de financements de productions qui intègrent l'ensemble des attentes citoyennes, en dépassant les particularismes identitaires.

    Pour finir
    Au total, même si la parole a été parfois minutée, ces journées ont été extrêmement riches. L'avenir se construit chaque jour. Il faut agir entre, l'euphorie excessive, le pessimisme qui ne l'est pas moins, en organisant de véritables partenariats.

    Avant de conclure, je reviens sur l'Afrique qui a été la grande vedette de notre rencontre. On ne peut que s'en réjouir. Mais, c'est une opinion personnelle que je vais exprimer : L'Afrique, dans les batailles à venir, aura-t-elle ou non une place à l'état-major? Elle ne peut plus être un soldat supplétif, un tirailleur. À elle aussi de montrer et de démontrer son intention d'occuper la place qui lui revient.

    Nous terminerons par une interrogation : quel sort peut être réservé aux suggestions, avis recommandations qui ont émaillés notre rencontre?
    Au fond, la réponse à cette question dépend de chacun de nous, individuellement et collectivement.

    Il faut croire, mais surtout agir.
    Cela revient à faire preuve de pessimisme actif. Ce qui est toujours mieux qu'un optimisme passif.
    Je vous remercie. Monsieur Ibrahim SY SAVANÉ.

     

    Crédit photo: Sylvain Béletre, Balancing Act.

       

Plus d'Infos

  • Les assise de la transformation digitale en Afrique :

    le 30 et 31 octobre 2014

    au Pavillon Dauphine à Paris, France.

    organisateur : CIO mag 

    Après le colloque sur l’innovation numérique et l’Africa innovation & invest Forum Paris  en 2013, participez aux premières Assises de la Transformation Digitale dédiées à l’impact du Digital pour l’Emergence en Afrique.

    Ce thème fera l'objet d'une session plénière d'ouverture avec la présence du Maroc représenté par Mme Latifa ECHIHAI Secrétaire Générale du Ministère de l'Economie Numérique. La transformation digitale est un levier pour l'emergence des economies africaines. Plus d’infos ici.

     

    AfricaCom

    11-13 NOVEMBER 2014

    CTICC CAPE TOWN, SOUTH AFRICA

    Organisateur: Informa

    Salon et conférences: Le plus grand RV des télécoms, de l'informatique et des fournisseurs de contenu pour l'Afrique. Environ 10 000 délégués.

    http://africa.comworldseries.com/

     

    Le SATIS  

    18 au 20 Novembre 2014 

    Porte de Versailles - Paris - France

    Dans le cadre de son ouverture vers la Francophonie, le programme des évènements du SATIS sera largement orienté sur les enjeux des medias francophones.

    Consultez l’ensemble du programme de conférences du SATIS ici : http://bit.ly/1E3q29s

    http://www.satis-expo.com

    _____________

     

    SATIS 2014 : DECOUVREZ LE NOUVEAU PAYSAGE AUDIOVISUEL AFRICAIN AU SATIS 2014

    Puteaux, le 6 octobre 2014 – Dans le cadre de son ouverture vers la Francophonie, le programme des évènements du SATIS sera largement orienté sur les enjeux des medias francophones.

    Conformément à l’accord approuvé par les pays membres et autres institutions adhérentes de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), le continent africain basculera le 17 juin 2015 de la télévision analogique vers la télévision numérique. Cette évolution ouvre des perspectives de développement du paysage audiovisuel africain de la production cinématographique et télévisuelle, à la diffusion, en passant par la publicité et les équipements. D’ailleurs, les grands acteurs de l’audiovisuel tels que Canal +, Eutelsat, Orange, Lagardère, StarTimes pour la Chine, MultiChoice/DStv, SES ou encore Intelsat se sont déjà positionnés dans cette perspective.

    Dans ce contexte, le programme des conférences du SATIS éclairera notamment sur la culture, les medias des pays francophones et fera un état des lieux de la production de films francophones lors de la conférence du mercredi 19 novembre à 17h. Plusieurs experts, directeurs techniques de chaînes de télévision africaines, consultants seront présents parmi les panelistes des différentes conférences du SATIS.

    Par ailleurs, le SATIS accueillera le Forum « TNT & Audiovisuel en Afrique – Evolutions et perspectives d’affaires ». Organisé avec le Comité d’Echanges Afrique-France de la CCI Paris Ile de France. Le forum se tiendra le mardi 18 novembre 2014 de 14h à 18h30. L’après-midi sera rythmé de dix conférences qui éclaireront sur les opportunités et les enjeux que représente cette révolution.

    Ainsi, le phénomène Nollywood fera notamment l’objet d’une conférence, avec Serge Noukoue, Responsable des acquisitions chez A+, fondateur du festival Nollywood Week, qui partagera son expertise sur la production audiovisuelle en Afrique. Né dans les rues de Lagos à la fin des années 80, Nollywood illustre l’industrie du cinéma nigérian. Le Nigeria est le deuxième producteur de films au monde, après Bollywood et avant Hollywood, avec plus de 1000 productions par an.

    De plus, Pierre Jalladeau, Directeur Afrique CFI, Mactar Silla, Directeur Général MS Consulting et Africa Communication et Conseil, François Thiellet, Fondateur et directeur Théma TV, Jean-Christophe Ramos, Directeur des Affaires Corporate de Canal + Afrique, Eve-Lise Blanc-Deleuze échangeront sur le développement de l’audiovisuel en Afrique et les opportunités pour les PME/PMI française. Ils partageront leurs conseils sur les stratégies à mener et développeront également les enjeux liés à la concurrence chinoise. En effet, les responsables de l’audiovisuel chinois ont déjà flairé le potentiel très prometteur du marché africain.

    Consultez l’ensemble du programme de conférences du SATIS : http://bit.ly/1E3q29s

    Consultez le programme détaillé Forum « TNT & Audiovisuel en Afrique – Evolutions et

    perspectives d’affaires » : http://bit.ly/YUfkRV

    Informations pratiques :

    Pour assister au Forum « TNT et Audiovisuel en Afrique », enregistrez-vous avant le 11

    novembre :

    Journalistes : réservez votre place gratuitement auprès de Marion Caillol :

    marion@avancerapide.com

    Participants : suivez le lien pour vous enregistrer http://bit.ly/1x1iUps

    Le SATIS se tiendra du 18 au 20 novembre 2014 à Paris Expo, Porte de Versailles, Halls 5.2 - 5.3.

    Suivez le SATIS sur les réseaux sociaux pour suivre les dernières actualités :

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    Twitter : https://twitter.com/satisexpo Facebook : http://on.fb.me/1urOBc9 LinkedIn : http://urlz.fr/Ffg

    A propos du SATIS :

    Le SATIS est le rendez-vous unique en Europe pour des métiers spécifiques : live, événementiel, audiovisuel et

    des solutions transversales : installations / intégrations et médias. Le SATIS est organisé par Reed Expositions -

    avec 50 salons professionnels et grand public en France, Reed Expositions France organise des salons dans 18

    secteurs d’activité : l'art, l'audiovisuel, la bijouterie, la communication et le marketing, le confort et

    l'équipement de la maison, la construction, l'édition, de l'environnement, la franchise, l'hôtellerie et la

    restauration, les loisirs, l'industrie, le médical, l'informatique, la sécurité, le transport et la logistique, le

    tourisme. C’est une filiale de Reed Exhibitions, premier organisateur mondial de salons, présent dans 40 pays

    avec 500 événements. Il intervient principalement sur les marchés de : l'aéronautique, des arts, du bâtiment,

    du commerce-distribution, de l'édition, de l'électronique, de l'énergie, de l'hôtellerie-restauration, de l'industrie,

    de l'informatique et des hautes technologies, du marketing, de la sécurité, du sport, des loisirs et de la santé,

    du tourisme...Reed Exhibitions appartient au groupe Reed Elsevier, leader mondial dans l’édition et la diffusion

    d’informations professionnelles.

    Contacts Presse : Avance Rapide

    Marion Caillol – marion@avancerapide.com - 01 49 66 97 85

    Razika Baa - razika@avancerapide.com - 01 49 66 97 80

     

  • Congo-Kinshasa: Téléphonie mobile - L'auteur du succès de Bharti Airtel au Niger nommé en RDC

    Alain Kahasha vient d'être porté à la tête de cette filiale à la suite des permutations opérées par les autorités du holding Bharti Airtel au Niger et en RDC.

    Le management d'Airtel RDC est ainsi confié à un natif qui a passé quatre ans à la tête de la filiale nigérienne. Il occupait cette fonction depuis 2010, avant d'arriver à Kinshasa et de céder son fauteuil à son successeur au Niger, Djibril Ouattara, un ancien d'Atlantide Telecom Togo. Ce dernier a reçu pour objectif clair de relancer la stratégie commerciale de la filiale nigérienne après les efforts de rentabilité menés par son prédécesseur Alain Kahasha. Il s'agit des nominations qui s'inscrivent dans le cadre de la nouvelle feuille de route managériale de la compagnie indienne de téléphonie mobile Bharti.

    Lire+

  • TNT en Afrique : nouveaux emplois en perspective

     

    Le lancement de la TNT va générer de nombreux emplois dans le secteur audiovisuel en Afrique : de nouvelles sociétés de production vont voir le jour, le contenu local va prendre un nouvel essor, et les chaînes auront besoin d'équipements, et donc d'installateurs et de formateurs pour intégrer les technologies concernées. Il faudra aussi installer et assurer la maintenance de tout le réseau terrestre en relais TNT. Les besoins en contenu requiereront également l'emploi de traducteurs pour des programmes dans divers langues. La TNT va nécessiter des distributeurs d'antennes et de boîtiers TNT et smartTV agrées, des installateurs et réparateurs formés.

     

    Mais pas seulement; Le déploiement de la TNT demande la mise en place de centres d'appels, et l'appel à des publicitaires en charge de promouvoir les avantages et l'utilisation de la TNT, ou encore des juristes pour mettre à jour la réglementation. Si la TNT offre l'option de se connecter à internet, le secteur des télécoms sera mis à contribution pour installer le haut débit et permettre par exemple de fournir de la TV de rattrapage sur le grand écran.

    C'est donc un tout nouvel écosystème économique qui va se mettre en place.

     

     

    Forum Économique de la Francophonie :

    La Francophonie, un potentiel économique à dynamiser !

    Le Sénégal organise le 1er Forum économique de la Francophonie (FEF) les 1er et 2 décembre 2014 à Dakar

    DAKAR, Sénégal, 16 octobre 2014/African Press Organization (APO)/ – À l’issue du XVe Sommet de la Francophonie qui se tiendra les 29 et 30 novembre prochains, le Sénégal organise le 1er Forum économique de la Francophonie (FEF) les 1er et 2 décembre 2014 à Dakar (http://www.forum-economique-francophonie.com).

    L’objectif est d’impulser une action collective autour du potentiel économique que représente la Francophonie, avec ses 720 millions d’habitants et ses 7,200 milliards de dollars de PIB générés par 57 États membres répartis sur les 5 continents.

     

     

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    Le RAPAF toujours en quête de partenaires : le Réseau de l’audiovisuel public est une force au service de l'Afrique francophone

    Mohamed Maïga, secrétaire général du RAPAF (Réseau de l’audiovisuel public d’Afrique francophone) a relayé la parole de son organisation lors de la conférence sur l’avenir des médias francophone de Montreal.

    Le Rapaf suit les grandes tendances des médias et des NTIC dans le monde et en particulier en Afrique. « La convergence, les usages et le problème de la marginalisation des populations non-connectées sont au cœur des préoccupations du RAPAF » a-t-il dit.



    Le Réseau de l’audiovisuel public d’Afrique francophone entend structurer l’avenir de la TV en Afrique pour guider les téléspectateurs vers les valeurs de liberté d’expression et de démocratie, tout en rappelant un certain « savoir-vivre ensemble ». Le but du service public est aussi de toucher les populations locales et de les aider à la prévention de conflits et à leur résolutions.

    Monsieur Maïga entend aussi trouver des fonds pour soutenir les coproductions Nord-Sud et améliorer le champ d’expertise des professionnels de l’audiovisuel du Sud.

    Enfin, la question de la TNT en Afrique francophone est également un sujet brûlant auquel le RAPAF est attelé.

    Parmi ses mission, le Rapaf se fait un devoir de promouvoir et consolider le service public de la radio et de la télévision dans l’espace francophone africain ; de Favoriser la formation et la valorisation des expertises africaines au sein des médias audiovisuels publics francophones ; de négocier et conclure des accords de partenariat avec d’autres institutions similaires; Aider à la réorganisation rationnelle du paysage audiovisuel africain avec l’avènement des opérateurs privés audiovisuels et de télécommunication, et établir des relations de partenariat avec ces derniers.

     

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