ACTUALITéS éCONOMIQUES

Le marché des SSII en Tunisie

«La Tunisie a fait des Technologies de l'information (TI), et plus particulièrement de l'industrie du logiciel, des services et du multimédia, l'un des principaux axes de sa stratégie de développement. Elle met les bouchées doubles pour pousser ses entreprises high-tech à se développer à l'export, notamment en Europe.

Notre pays n'est pas disposé à rater le train de l'off-shore high-tech, comme cela a été le cas pour l'industrie manufacturière depuis très longtemps déjà. D'autant plus que notre pays offre des ingénieurs hautement qualifiés et des prestations à des coûts plus bas qu'en Europe occidentale.

Le pays offre également une proximité géographique et sa deuxième langue, l'anglais, attire de nouveaux clients. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si la Tunisie commence à se distinguer en matière de prestations de développement et d'ingénierie informatiques. Le pays formerait près d'un millier d'ingénieurs de différentes disciplines par an, avec une douzaine d'instituts supérieurs d'études technologiques», soutient M . Moez Souabni, président de l'Association tunisienne d'Internet, et professionnel.

Les SSII essaient de trouver de nouveaux segments de marchés pour se développer, compte tenu de la petite taille du marché tunisien. M.Souabni assure que le marché se limite au développement des applications au profit des banques, des assurances , un savoir-faire que la Tunisie développe pour exporter vers les pays d'Europe. Il ajoute, d'autre part, que des SSII étrangères opèrent également sur le marché tunisien, et font également travailler une main-d'oeuvre tunisienne.

M.Souabni met, par ailleurs, en évidence les efforts de l'Etat pour appuyer ce tissu et développer davantage l'exportation du savoir-faire tunisien et aussi le partenariat public et privé (PPP). Il assure que l'enseignement supérieur suit parfaitement le mouvement et fait ressortir chaque année un bon nombre d'ingénieurs qualifiés.

Il ajoute qu'il serait important, dans un prochain avenir, de développer des consortiums entre les différents intervenants des secteurs afin, entre autres, de faire face à la crise mondiale, «car il est vrai que ce secteur est fragile».

Il est à noter que les technologies de l'information et de la communication se développent d'une manière régulière et sûre. En effet, la part des technologies de l'information dans le PIB est passée de 0,27% en 2002 à 1,5% en 2006.

Pour ce faire, une attention particulière a été portée sur l'environnement, l'infrastructure et le cadre législatif. Un ensemble d'incitations et d'encouragements des plus attractifs a été mis en place.

Selon les dernières données disponibles qui nous ont été fournies par M. Souabni, les exportations tunisiennes en logiciels et services informatiques ont doublé entre 1999 et 2000, profitant d'une demande internationale pressante en services informatiques pour assurer la passage à l'an 2000.

L'activité à l'export est naissante (1997) et se caractérise par une forte valeur ajoutée technologique ne se limitant pas à la simple sous-traitance qui ne représente que 18,5% des exportations, alors que la part des logiciels et services bundles est de 72,5% . Les plus grands clients de la Tunisie en Europe sont la France, la Grande-Bretagne, l'Espagne, l'Italie... En Afrique, nous comptons l'Algérie, le Maroc, la Libye, la Mauritanie, le Mali, le Rwanda, le Cameroun, l'Afrique du Sud, et au Moyen-Orient les Emirats Arabes Unis, Oman...

La Presse

Tweet  LinkedIn  Send to a friend  Share