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DEBAT SUR  LA PRIVATISATION DE L'ONATEL AU BURKINA FASO

Le Comité des jeunes du Syndicat national des télécommunications (SYNATEL) a, dans le cadre de l'exécution de son programme d'activités 2006, organisé une conférence publique sur le thème : «processus de privatisation de l'ONATEL». C'était le 1er avril 2006 à Ouagadougou.

Le conférencier Valentin Sawadogo (au centre) : «les préoccupations des travailleurs de l'ONATEL n'ont pas été prises dans la stratégie. Le gouvernement cherche seulement à satisfaire les partenaires».

«Processus de privatisation de l'ONATEL». C'est le thème d'une conférence publique organisé le 1er avril 2006 à Ouagadougou par le Comité des jeunes du syndicat national des télécommunications (SYNATEL). Le choix du thème n'est pas fortuit, selon le président du comité, Eric Ouattara. Il est d'actualité. «Notre souhait est d'informer, de sensibiliser... le public sur les enjeux de ce grand mouvement qu'est la privatisation qui n'épargne pas notre entreprise», a confié M. Ouattara. La conférence a été animée par le secrétaire général de SYNATEL, Valentin Sawadogo.

Des expertises nécessaires pourraient dégager un schéma qui garantisse l'intérêt des travailleurs.

Pour lui, la privatisation se déroule dans un contexte mondial et le Burkina Faso n'est pas en marge de ce mouvement. Il affirme que le processus de privatisation partielle de l'ONAT EL a été lancé en décembre 1998. Le but annoncé de cette privatisation est d'assurer le développement du réseau et des services par un apport de capitaux privés, de s'appuyer sur l'expertise d'un opérateur de télécommunication de rang mondial (un partenaire stratégique) pour développer le réseau et s'adapter au nouvel environnement. Il s'agit également de s'intégrer à travers le partenaire stratégique, au marché mondial des télécommunications.

Valentin Sawadogo soutient qu'investir dans le secteur des télécommunications, n'est pas forcément synonyme de privatisation. Il affirme que la privatisation n'est une panacée au développement des télécommunications. L'ONATEL, selon le conférencier, dispose d'atouts majeurs démontrant sa capacité à faire face à la concurrence et à développer le réseau et les services des télécommunications. Toute chose qui lui permettrait d'atteindre les objectifs définis dans la politique sectorielle du gouvernement. Et même le schéma de cession de 51% du capital à un partenaire stratégique ne garantit pas un succès de l'opération (le schéma contient plus de risques d'échec du processus et comporte beaucoup d'inconvénients). M. Sawadogo, prend à témoin, les privatisations avec partenaire stratégique qui ont réalisé un taux d'échec de 90% en Afrique. Sur vingt (20) pays africains qui ont réalisé la privatisation avec leur «opérateur historique», seuls le Sénégal (avec SONATEL) et l'Afrique du Sud (avec Telkom), peuvent être considérés comme des cas de réussite. Et là encore, il y a lieu de préciser que les dispositions prises par ces pays bien avant la privatisation auraient en partie contribué à ce succès.

Avec seulement un taux de 2 % de succès (avec nuances), la privatisation aurait fait la preuve de son échec en Afrique (le Ghana, la Guinée... rencontreraient des difficultés).

Impliquer tous les acteurs

Pour atteindre les objectifs du gouvernement, le conférencier propose un certain nombre de solutions. Il préconise le développement du réseau fixe. Car, «une large couverture nationale est indispensable pour le développement et la vulgarisation des Technologies de l'information et de la communication (TIC)». Aussi, faudrait-il une décision stratégique d'une politique nationale de développement économique et sociale. Par ailleurs, la convergence des technologies nécessite une synergie d'actions de tous les acteurs intervenant dans la régulation du secteur (ARTEL, CSC Delgi, etc.). Cela implique une révision du cadre légal et réglementaire.

L'ONATEL est, selon M. Sawadogo, un bien national qui relève d'un secteur stratégique dont le développement intéresse toute la communauté.

L'importance des enjeux commande que toute décision dans le domaine puisse impliquer tous les acteurs économiques et sociaux. En effet, la société qui emploie 1 246 agents, génère près de 15 000 emplois à travers la gestion de 7 175 télécentres et cyber (...). Les taxes fiscales payées à l'Etat sont évaluées à près de douze milliards de FCFA. L'ONATEL contribue à l'accès universel en subventionnant la desserte des zones éloignées non rentables permettant ainsi leur désenclavement. Elle est classée 3e entreprise du Burkina après la SOFITEX et la SONABHY. Elle fait partie des vingt-cinq premières entreprises africaines de télécommunication.

(SOURCE : Sidwaya)

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