ACTUALITéS INFORMATIQUES

L'Ile Maurice: Nouvelles technologies - Hinduja s'installe

Officiellement lancée hier, la douzième filiale internationale du géant du BPO indien, a élu domicile à la cybertour. L'occasion pour le Premier ministre Navin Ramgoolam de dégager les axes de sa politique en matière de technologies de l'information et de la communication.

Vasu Srinivasan, de l'état- major de Hinduja, s'est déplacé pour l'inauguration.

Namasté, vous êtes chez Hinduja TMT, géant indien en pleine croissance du secteur de l'externalisation. Car pour franchir le seuil de cette grosse pointure des Technologies de l'information et de la communication (tic), il suffira de pousser la porte d'entrée de la société au troisième étage de la cybertour d'Ebène. La filiale mauricienne a en effet officiellement été lancée hier, portant ainsi à 12 le nombre d'implantations du groupe indien sur le plan international.

Et ce n'est qu'un début, à en croire le coprésident de la compagnie, Ramkrishan Hinduja, qui était accompagné de plusieurs membres de son état-major venu à Maurice pour l'inauguration.

Filiale du groupe Hinduja, une des plus importantes corporations de l'Inde, avec des activités dans plus de 20 pays et employant 25 000, Hinduja TMT est dans le top six des compagnies du domaine technologique à plus forte croissance sur le sous-continent indien. L'année dernière, Hinduja TMT employait encore 1 700 personnes alors que le chiffre est déjà passé à 5 000 cette année. Un tel palmarès mérite une attention particulière.

Le Premier ministre Navin Ramgoolam, ainsi que plusieurs ministres, étaient logiquement présents à l'événement, que n'a pas manqué le gotha local du secteur informatique.

Face à un tel parterre de professionnels, le chef du gouvernement a profité de l'occasion pour aborder sa vision du secteur des Tic pour le pays.

Et dans le domaine, Maurice a une faim de lion. Elle veut passer pour une destination phare dans le monde du Business Process Outsourcing (BPO) à moyen terme. «Les Tics vont être au centre de notre politique nationale et vde l'investissement», affirme-t-il. Au précédent gouvernement, il reproche de «n'avoir pas pu établir de clear policy roadmap » pour le secteur.

Aussi, « il y a du rattrapage à faire », pour s'assurer que Maurice puisse être perçu comme «un pays sérieux qui est impatient d'intégrer le monde du numérique».

Pour se faire, « toute l'attention voulue sera accordée au développement des ressources humaines et des aptitudes des jeunes dans le secteur », précise le chef du gouvernement. Il appelle également le secteur privé à s'adapter à ce changement et à faire sa part des choses pour atteindre les objectifs fixés par le gouvernement.

L'Inde est un vivier de compagnies qui pourraient poser leurs valises à Maurice, à l'instar des Hinduja TMT ou encore Infosys, également présente à Ebène. Pour sa prochaine visite officielle en Inde, Navin Ramgoolam se propose « d'inviter davantage de compagnies informatiques indiennes pour étendre leurs activités à Maurice et capturer ainsi une plus grande part des marchés régionaux et français ». Rien qu'à travers les pays membres de la SADC, Maurice peut atteindre 200 millions de personnes.

Du potentiel, le pays en a indubitablement, mais il faut encore pouvoir l'exploiter. Ramkrishan Hinduja identifie le manque en ressources humaines comme le désavantage principal du pays, que sa compagnie a toujours perçu comme « une destination parfaite » grâce notamment à sa stabilité sociale et politique.

Le haut-commissaire indien Pripuran Singh Haer salue la contribution des compagnies à faire de Maurice une cyberîle. Si Ramkrishan Hinduja identifie les ressources humaines comme une lacune majeure, le haut-commissaire voit son aspect plurilingue comme un atout phare.

Cet atout permettrait aux entreprises indiennes d'exploiter les marchés anglophones et francophones. Il a également rappelé la contribution de Navin Ramgoolam aux « fondations du partenariat de Maurice avec l'Inde ».

La venue de Hinduja TMT a été concrétisée au début de cette année. Ayant loué la moitié du troisième étage de la cybercité, l'entreprise a débuté ses opérations il y a quelques semaines avec 30 personnes.

Celles-ci, dont la grande majorité sont des universitaires, ont été recrutées et formées par un spécialiste dans le domaine, Transcend. Une vingtaine de personnes supplémentaires sont en formation. Dans un délai plus ou moins court, la compagnie espère employer jusqu'à 350 personnes.

Le Premier ministre, accompagné de son épouse, a confié au coprésident Ramkrishan Hinduja (centre) et aux professionnels du secteur, sa volonté d'attirer les grosses boîtes indiennes.

L'Express

Tweet  LinkedIn  Send to a friend  Share