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SENEGAL - L'ACTION DE LA SONATEL BIENTÔT À 100 000 FCFA ?

En un an, le cours de l'action Sonatel a presque doublé. Jusqu'où ira l'ascension ? Aussi longtemps que l'environnement de la société sera aussi favorable, répondent certains observateurs.

A quand le titre de la Société nationale des télécommunications du Sénégal (Sonatel) à 100 000 FCfa. A- l'allure où évolue la cotation de l'action Sonatel, il est fort probable que ce soit pour bientôt. " Peut-être même cette semaine, ou dans les mois à venir ", avance M. Gabriel Fal, le président-directeur général de Cgf-Bourse, une société d'intermédiation financière. " J'ai déjà des ordres d'achat à 100.000 FCfa ", précise-t-il. En moins d'un an, le titre Sonatel qui joue depuis longtemps le rôle de tête de gondole à la Bourse régionale des valeurs mobilières d'Abidjan (Brvm) est passé de 50.000 FCfa à 91.500 FCfa, comme fixé hier lors de la séance de cotation du lundi 23 janvier. Le directeur de l'antenne nationale de la Brvm confirme de son côté l'existence d'ordres d'achat à 100.000 FCfa en même temps qu'elle précise que la poussée du titre n'est pas liée à des transactions portant sur de gros volumes. " Les transactions enregistrées correspondent simplement à l'offre et à la demande ", souligne Mme Ndèye Khady Sy.

Sur les raisons de cette envolée du titre qui ne valait que 22.000 FCfa, le 02 octobre 1998, date de son introduction à la Brvm, la propension des fonds de pension anglo-saxons à faire de l'action Sonatel un titre refuge est pour beaucoup dans cette tendance. On se souvient que vers la fin 2003, des représentants de ces organismes avaient séjourné à Dakar pour mieux faire connaissance avec la Sonatel. Ce type de voyage d'affaires, qui est au milieu de la bourse ce que les éductours sont au tourisme, était le prélude, pourrait-on dire, à l'envolée du titre phare de la Brvm.

L'arrivée des fonds d'investissement anglo-saxons est d'autant plus intéressante pour la Brvm qu'ils ont souvent adeptes de la surenchère au point d'oser payer plus cher pour décrocher un titre, là, où, selon Gabriel Fal, les francophones sont plutôt habitués à attendre un mouvement à la baisse pour lancer leurs ordres d'achat.

Avant le rush anglo-saxon, la meilleure performance de l'action Sonatel datait d'avril 1999, époque à laquelle il avait atteint 31.000 FCfa. Ce qui apparaissait, à ce moment, comme un formidable essor fait aujourd'hui figure de nain devant les performances actuelles du titre dont le cours a plus que triplé entre 1999 et maintenant. Pour ceux qui douteraient de la soutenabilité d'un tel rythme au point de penser, " y a l'info " ainsi qu'on désigne dans le langage de la Bourse le délit d'initié, et que certains donneurs d'ordre anticipent, de ce fait, sur un événement majeur à survenir dans la vie de la société, Gabriel Fal balaie d'un revers de main. " La seule info qui existe, c'est la fiabilité des prévisions de Sonatel. Ce sont des prévisions fiables depuis 8 ans que la Sonatel est introduite en bourse ", dit-il. " Chaque fois que des résultats ont été annoncés, ils ont été au rendez-vous de façon assez précise. Cela sig nifie que la direction de Sonatel connaît assez bien son affaire et son milieu ", ajoute le patron de Cgf-Bourse. Sonatel qui a, depuis le 1er août 2002, une filiale de téléphonie mobile malienne avec Ikatel fait plutôt une bonne affaire au pays de la Diatiguia où le marché est en plein essor. Après les pertes du début, Ikatel engrange de substantiels bénéfices et est en pleine expansion. " La seule chose qui peut modifier la situation de la Sonatel est la modification des accords internationaux de rétrocession des balances de trafic ", avise Gabriel Fal. Le Sénégal et le Mali étant des pays de très forte émigration, les opérateurs de téléphonie en tirent des recettes non négligeables. " Si des pays comme les Etats-Unis, qui ont habituellement des soldes négatifs, décident que les montants d'argent qu'ils paient sont trop élevés au point de vouloir réviser les accords d'Intelsat, là la Sonatel et Ikatel pourraient alors avoir du souci à se faire ", explique le Pdg de Cgf-Bourse.

La Sonatel est devenue en Afrique de l'Ouest le deuxième opérateur de télécommunications et son action passe, aux yeux de certains investisseurs à la recherche de valeurs refuge, de loin devant le Nigeria et le Ghana à en croire Gabriel Fal. En 2004, la Sonatel a réalisé 76,3 milliards de FCfa de bénéfices pour un chiffre d'affaires de 252,263 milliards de FCfa. En 2003, le résultat net était de 56,14 milliards de FCfa pour 195,621 milliards de FCfa de chiffres d'affaires. Les dividendes distribués en 2003 et 2004 étaient respectivement de 3960 FCfa et 5085 FCfa, ce qui représente un doublement de dividendes de 1998 qui étaient de 2340 FCfa. Quid de l'exercice qui vient de s'achever ? Avec un chiffre d'affaires de 148,735 milliards pour les six premiers mois de 2005, les résultats publiés à la fin du premier semestre indiquaient une hausse de 27,74% de l'activité par rapport au premier semestre 2004 et une croissance de 31,55% du résultat d'exploitation. De quoi laisser penser que les actionnaires en auront encore, au moment de passer à la caisse, largement pour leur argent.

L'action Sonatel était cédée au moment de la privatisation, à 10.500 FCfa aux employés, à 17.500 FCfa aux particuliers et 19.500 FCfa aux acheteurs institutionnels.

Le Soleil

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