Afrique : si vous étiez ministre, que feriez-vous pour soutenir le secteur audiovisuel?

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A l'heure du numérique, les gouvernement africains planchent sur la refonte de leur paysage médiatique : lancement de la TNT, liberté de la presse, protection des médias, formations, nouvelles règlementations, etc. Fin 2014, dans le cadre des Etats généraux de la communication, le gouvernement du Gabon avait invité des experts des médias à contribuer aux stratégies institutionnelles afin de préparer l'organisation de l'espace médiatique et de soutenir le secteur dans les années à venir. L'objectif final est entre autres choses d'arriver à établir un nouveau code de la communication.

Si une personne connaît bien la problématique en question, du moins en tant que réalisateur et producteur africain, c'est Balufu Bakupa-Kanyinda, un voyageur dans l'âme originaire de RDC. Il a livré ses points de vue (voir les détails dans la section "PRODUCTION AUDIOVISUELLE" de cette édition, "Afrique : Produire quoi? Produire comment? Produire avec quoi?") lors de ces états généraux. Voici entre autre ce qu'il propose. « Cinéma et TV: produire en Afrique pour l'Afrique. Enjeux et défis.


Les enjeux de la production ne se limitent pas à la question des fonds nécessaires, de l'expertise technique ou de la passion artistique. Le succès financier au box-office ou sur le compte bancaire n'est pas l'unique but de la production. La télévision et les films sont le meilleur moyen de transmettre la mémoire et la culture populaires.

En produisant un film, il s'agit aussi d'examiner la marche du monde et de donner son opinion dessus, de cerner et d'enquêter sur la mémoire collective, d'attirer, de distraire et d'informer.

Propositions : Comment produire? Comment financer? Des options pratiques et adaptées à l'Afrique :

1)« Bouchon de bouteille d'alcool »: prendre une infime somme sur chaque bouchon de bouteille vendue (bière, vin)
2) « carte SIM »: prélever une infime somme sur chaque carte SIM télécoms vendue
3) Droits d'auteurs (supports et lieux de diffusion) : réorganiser la collecte des droits d'auteur et en prélever un % pour l'attribuer au financement
4) Mettre en place une politique de l'image (différente du «code de la communication »)
5) Etablir la primauté des télévisions africaines dans la hiérarchie des TV sur les bouquets
6) Constitution d'une société panafricaine de production audiovisuelle
7) Création d'un Festival des programmes audiovisuels
8) Mise en place d'un Forum annuel des médias et de la communication.

Photo ci-dessous : Balufu Bakupa-Kanyinda, en décembre 2014. Crédit : frontrowimage@icloud.com (Eric Sino).