Fonds francophone-TV : 12 projets aidés reçoivent 225 000 euros

Eco-finances

Douze projets ont été retenus par la commission " Télévision " du Fonds de l’OIF rebaptisé ‘Fonds Image de la Francophonie’.

La commission réunie à Paris début avril 2015 a accordé neuf aides à la production et trois aides au développement de séries destinées au public jeune dans le cadre d’une opération spéciale de promotion des programmes jeunesse en Afrique sub-saharienne. Le montant total attribué s'élève à 225 000 euros. La Commission de sélection « télévision » du Fonds francophone est composée de sept personnes : les représentants de l'Organisation Internationale de la Francophonie et du Conseil international des radios et télévisions d'expression française (CIRTEF) ainsi que cinq professionnels issus de trois continents et représentant la diversité culturelle et géographique de la Francophonie. La prochaine session de la commission télévision du Fonds francophone se tiendra en septembre 2015. Elle examinera les projets déposés entre le 15 et le 30 juin 2015, lesquels doivent être soumis exclusivement via l’espace professionnel du site Images francophones.

Liste des projets retenus lors de la session d’avril 2015 :


Bois d’ébène
de Moussa Touré (Sénégal)
Docu-fiction, 90’
Production : Les films du Crocodile (Sénégal)
10.000 €
 
Zaineb n’aime pas la neige
de Kaouther Ben Hania (Tunisie)
Documentaire, 80’
Production : Cinétéléfilms (Tunisie)
23 000 €
 
Le berceau nomade
de Saïda Janjague (Maroc)
Documentaire, 52'
Production : Le Moindre Geste (Maroc)
10.000 €
 
Hissène Habré, une tragédie tchadienne

de Mahamat-Saleh Haroun (Tchad)
Documentaire, 90’
Production : Goï Goï Production (Tchad)
20.000 €
 
Gade

de Hermane Desorme (Haïti)
Documentaire, 52’
Production : Fanal (Haïti)
16 000 €
 
Les hirondelles de l’amour
de Jawad Rhalib (Maroc)
Documentaire, 90’
Production : Switchpro (Maroc)
15.000 €

La gendarme enquête

de Guy Foumane (Cameroun)
Série fiction, 15 x 45’
Production : Sundown Pictures (Côte d’Ivoire)
50.000 €
 
Bruits de tambours
de Magagi Issoufou Sani (Niger) et Charli Beleteau (France)
Série fiction, 30 x 26’
Production : MJP (Niger)
40.000 €

Zem

D’Angela Aquereburu (Togo)
Série fiction, 25 x 5’
Production : Caring international (Togo)
10.000 €
 
 
AIDES A L’ECRITURE


Madame Tapsoba
de Luis Marques (Espagne) et Mahamadou Tindano (Burkina Faso)
Série fiction, 12 x 26’
Production : Abissia (Burkina Faso)
15.000 €
 
La promesse

de Lazare Pale (Burkina Faso)
Série d’animation, 13 x 13’
Production : Millenium Arts Center (Burkina Faso)
5.000 €
 
A toi de jouer
de Nantenaina Lova (Madagascar)
Série documentaire, 10 x 13’
Production : Endemika Films (Madagascar)
11.000 €
 

Présentation des projets

Bois d’ébène

Au 15ème siècle, un gigantesque trafic humain se met en place entre l'Europe, l'Afrique et l'Amérique, qui ne cessera qu'au 19ème . Entre temps, plus de 11 millions de personnes auront été arrachées à la terre d'Afrique, échangés contre du tissu des armes, de l'alcool. Construit comme une fiction, ce film choral  verra se croiser, se répondre les récits que nous ont laissé les protagonistes et victimes de la traite et de l'esclavage. Voix mêlées révoltantes ou émouvantes, toutes nées au cœur du drame et à qui 2 siècles n'ont rien fait perdre de leur capacité à nous émouvoir.

Pour traiter d’un thème aussi important que l’esclavage, la forme du documentaire-fiction nous paraît tout particulièrement adaptée : elle nous permet d’approcher au plus près la réalité de ces trafics humains, de l’étudier à l’échelle de chacun des protagonistes en jeu, tout en la resituant dans son contexte. Il s’agira ici d’aller plus loin que le simple constat d’exploitation de l’homme par l’homme pour explorer en profondeur un système commercial et social complexe qui a dominé l’économie mondiale entre le 17ème et le 19ème siècle, et qui a installé durablement des concepts qui régissent aujourd’hui notre système économique: monopole, libre commerce, rentabilité.
 
Zaineb n’aime pas la neige
2009 : Zaineb a neuf ans et vit avec sa mère et son petit frère dans une petite maison de la banlieue de Tunis. Son père est décédé dans un accident de voiture. Sa mère s’apprête à refaire sa vie avec l’homme dont elle était amoureuse avant de se marier avec le père de Zaineb. Cet homme vit au Canada. On a dit à Zaineb que là-bas elle pourrait enfin voir la neige ! Mais elle ne veut rien savoir. Son beau-père et le Canada ne lui inspirent pas confiance et puis Zaineb n’aime pas la neige. Couvrant six ans de la vie de la petite Zaineb et de Sa vie de famille en complète mutation, « Zaineb n’aime pas la neige» est l’histoire d’une initiation à la vie, au monde des adultes, racontée à travers les yeux d’une enfant qui grandit physiquement et mûrit émotionnellement...
 
Le berceau nomade
Au sud du Maroc avant d’arriver aux dunes dorées, se trouve une étendue déserte aride et rocailleuse qui se perd à l’infini. C’est dans cet environnement à l’allure hostile que vivent des familles invisibles. Elles n’ont pas de documents, ne figurent sur aucun registre et ne connaissent pas de frontières géographiques, ni de structures sociales autres que celles de la famille. C’est ainsi qu’elles vivent, en errant dans ce désert aride, depuis la genèse des temps. Le berceau nomade est une tentative de portraits croisés entre deux familles qui vivent selon ce mode de vie. L’une refusant toute forme de sédentarisation tandis que l’autre commence à y songer et remet en question son mode de vie actuelle.

Une immersion totale dans le quotidien de ces deux familles, qui malgré la distance géographique et l’isolement de chacune, communiqueront entre elles via ce film en soulevant les mêmes questionnements tout en y donnant des réponses différentes. Le Berceau nomade, est une plongée profonde dans le monde des petites familles nomades essentiellement à travers le regard des plus jeunes d’entre eux, leurs enfants, qui au milieu de ces divers enjeux et bien qu’isolés dans le large désert, cherchent à compenser l’aridité qui les entoure, en inventant leur petit univers et en imaginant un ailleurs, fruit de leur fantaisie.
 
Hissène Habré, une tragédie tchadienne

Hissène Habré a été arrêté le 30 juin 2013 à Dakar où il s’était réfugié après sa fuite du Tchad le 1er décembre 1990. Ce jour-là, pour les victimes du régime Habré et leur avocate Jacqueline Moudeina, c’est la fin d’un long combat. Cela fait plus de treize ans qu’ils ont porté plainte contre l’ancien dictateur tchadien. Ils réclament justice, ils exigent que Habré réponde de ses actes. Pour juger l’ancien dictateur, une juridiction spéciale, financée par l’Union africaine, a été mise sur place -les Chambres extraordinaires africaines. Pour Hissène Habré, c’est la fin d’une cavale qui a duré plus de vingt ans. Détenu à la maison d’arrêt de Dakar, Hissène Habré sera jugé en 2015, selon toute vraisemblance… C’est un fait sans précédent dans l’histoire de l’Afrique. C’est le premier dictateur africain vivant qui devra répondre de ses actes devant une cour africaine. Les victimes, nombreuses, attendent avec impatience ce procès. Il n’est pas sûr que toutes pourront y assister. Certaines sont gravement malades, d’autres, très âgées… Arrêtées souvent pour leur appartenance ethnique ou pour leur opinion politique, les rescapés de cette tragédie tchadienne ont été brutalisés, torturés, violés, « esclavagisés»… Clément Abaïfouta, ancien détenu sous la dictature de Habré, désigné comme fossoyeur, s’est promis, dès sa libération, de se faire le porte-parole de tous les morts dont il a eu la charge. Il a, à cet effet, créé une association des victimes. Il s’est battu pour qu’une plainte soit déposée afin que les responsables de ces crimes barbares soient jugés. Il travaille pour cela de concert avec l’avocate des victimes, Me Jacqueline Moudeïna.

Hissène Habré, ancien rebelle devenu président du Tchad de 1982 à 1990, a semé la terreur dans le pays grâce à sa police politique, la DDS (Direction de la documentation et de la sécurité). En huit de règne sous la houlette de son parti unique UNIR, (Union nationale pour l’Indépendance et la Révolution) l’ancien geôlier de l’ethnologue française Françoise Claustre, s’est révélé un dictateur hors pair sur le continent… Il a laissé derrière lui 40 000 morts et des milliers de victimes. Des rescapés qui réclament justice.

Gade

Haïti est souvent mal représenté dans la presse internationale. Sans nier les difficultés importantes de ce pays, Paolo Woods, photographe italien, s’intéresse à d’autres situations, avec des enjeux différents tels que l’élite économique, les radios de la ville des Cayes, la présence des protestants américains… Au travers de l’œuvre de cet artiste, installé depuis 2010 en Haïti, Gade ! est un film documentaire qui interroge le regard porté par l’étranger sur Haïti, mais aussi la façon dont les  Haïtiens se perçoivent eux-mêmes. De l’exposition de son travail en Suisse jusqu’au vernissage à Port-au-Prince, ce film ausculte les clichés qui encombrent le regard international sur ce pays, ainsi que la complexité de la société Haïtienne. Le titre du film, « Regarde » en créole, affirme une  exigence : celle d’une réciprocité, d’un échange de regards qui permettent une nouvelle approche d’Haïti.
 
Les hirondelles de l’amour

Karin Trappel a en mémoire une insulte lancée par un voisin ou un camarade d’école. “Poupée bougnoule”, “rentre dans ton pays”, “sale Marocaine”… Les soldats marocains de l’armée française qui ont occupé le Vorarlberg, le Land le plus occidental de l'Autriche, pendant l’été 1945, ont engendré, sans le savoir, des centaines d’enfants. Contrairement aux autres Kriegskinder (enfants de la guerre), ces enfants, 200 à 300, avaient le teint trop brun ou les cheveux trop frisés pour passer inaperçus. Dans une Autriche encore marquée par la propagande Nazie et dans le Vorarlberg, une région rurale et très catholique, il n’en fallait pas plus pour être rejeté par la société. Avoir un enfant hors mariage et, qui plus est, avec un marocain, a valu à ces mères autrichiennes injures et humiliations, au point que beaucoup d’entre elles ont refusé, jusqu’à la fin de leur vie, de parler de ce fameux été 1945. L’été des Marocains, l’été des Hirondelles de l’amour. Aujourd'hui, Karin Trappel a entreprit de suivre à la trace l’histoire de son père marocain… Reconstitution d’un volet méconnu de l'histoire de la deuxième guerre mondiale

La gendarme enquête

« La gendarme enquête » est une Série TV Africaine (Côte d’Ivoire) dont le parti-pris est d’ancrer ses épisodes exclusivement dans le milieu rural. Elle relate les aventures de trois gendarmes intrépides dont le courage fou n’a d’égal que la détermination à faire respecter la loi, coûte que coûte, dans les zones où ils sont affectés. L’héroïne, une jeune gendarme de 25 ans sans attaches civiles, fraîchement affectée dans une brigade de gendarmerie parmi les plus paumées du pays à des centaines de kilomètres de toute vraie civilisation, a le goût du risque et de l’adrénaline à revendre. Epaulée par deux collègues durs à cuire, ils donnent du fil à retordre aux chefs de villages véreux, autochtones, sorciers, allogènes, marabouts, trafiquants et chercheurs en tout genre qui écument les profondeurs de la jungle sauvage et qui, se croyant en terrain conquis, se rendent coupables des crimes les plus sordides, parfois au nom de croyances d’un autre temps.

Bruits de tambours

À la veille des élections municipales de Zinder, Moutari (45 ans) est lâché par les Conservateurs, mais il maintient sa candidature en s’alliant aux Progressistes. Or, au même moment, un groupe occulte kidnappe sa femme et sa fille. Ce nouveau coup bas profite aux Conservateurs et achève son programme qui défend un “Code de la famille”. Le cas de Mammie Shugger (42 ans), détenue à Zinder est au centre des débats. Sa fille Aïcha (23 ans) a le privilège de la voir, grâce au soutien inextinguible de Moutari. Mais Aïcha est tiraillée entre le désir de connaître sa mère en prison et celui de se révolter contre son homicide. Elle a tué son père lors de sa nuit de noces. Née de cette union forcée, Aïcha en tire une ambition : défendre le statut de la femme.

Zem
ZEM raconte l’histoire de Yaya, Gog et Agbasco, tous les trois conducteurs de taxis-motos «zemidjans», ce qui signifie « emmène-moi vite » en fon (langue du Bénin). De personnalités très différentes, ils se retrouvent quotidiennement pour débattre de leurs mésaventures professionnelles et familiales, tout en abordant de façon drôle et originale des thèmes forts, tels que l’immigration, la corruption ou le sida. Malgré les chamailleries et les divergences d’opinions, nos trois personnages sont très proches. Les quiproquos et les discussions insensées forment un lien indéfectible, qui les rend encore plus attachants.

Madame Tapsoba

Madame Tapsoba est une série relatant les aventures d’une Mary Poppins africaine avec action, suspens et humour à plusieurs degrés, de sorte que si elle est d’abord destinée aux enfants, elle s'adresse aussi à toute la famille. Le fait que Madame Tapsoba soit un être prédestiné, qui a le don de communiquer avec le monde de l'invisible et ses créatures, sera prétexte à faire connaître l’univers fantastique de la cosmogonie Ouest-Africaine. Chaque épisode sera l’occasion de faire découvrir des personnages de la mythologie, comme Mamy Watta (la déesse des eaux), Mousso Koroni (la mère de la calamité), ou encore les Djinns, les Géants de lumière, les Lutins, etc. Le téléspectateur pourra également entrer dans les secrets des anciens peuples disparus, comme les Telems. Suite à sa rencontre avec Dao, jeune orphelin d'une dizaine d'années, elle décide de l'accompagner dans la quête de ses parents.

La promesse
Quelque part sur cette terre, dans un village situé entre trois grandes montagnes vit un jeune homme du nom de Olo. Son père est mort avant sa naissance et sa mère dix années plus tard. Quelques années après la mort de sa mère, il décide de partir le plus loin possible du village, pour ne plus entendre les rumeurs colportées à son égard : cet enfant a tué son père en étant dans le ventre de sa mère et sa mère à l'âge de dix ans. Olo quitte son village avec un rêve, avoir un royaume et en être le roi. Au cours de son voyage il traverse plusieurs villages et rencontre plusieurs personnes, mais jamais satisfait, il continue toujours et toujours. Un jour, dans une forêt, il est interpellé par un génie du nom d’Ani qui devient son ami et l'aide à réaliser son rêve, au prix d'une promesse. 
 
A toi de jouer
Chaque épisode est l’histoire d’une rencontre. Une rencontre entre le héros de la série, un enfant réunionnais d’environ 9 ans, Mathias, et des enfants malgaches entre 9 et 12 ans. Mathias va sillonner la grande île pour apprendre les jeux de ses nouveaux amis. Des jeux, qui demandent de l’imagination, de la créativité et le sens de la récup’, et pas grand-chose d’autres. Le générique plante le décor avec les images des jouets préférés de Mathias : des jouets achetés au supermarché et des jeux vidéo à la mode. Il a un carnet de voyage où il note ses impressions quotidiennes et les modalités du jeu qu’il a apprises. Il y compile aussi des photos de son voyage, des dessins de lui ou de ses nouveaux amis malgaches. L’enfant malgache l’invite à jouer avec lui en parlant sa langue (sous-titrée ou doublée) et Mathias répond en Français. Un épisode raconte une journée de rencontres et de jeux entre ces enfants d’îles voisines qui pourtant vivent dans des réalités si différentes et n’ont pas le même rapport à la consommation.