Baziks, première plateforme musicale congolaise avec 139,229 pages vues et 3000 titres

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Le nombre de plateformes musicales liées à l'Afrique continue de se développer. Mais il ne suffit pas de se rendre sur Google App store pour toutes les trouver, car certaines ont uniquement des sites web. Par ailleurs, les 'app stores' n'expliquent ni l'historique de chaque plateforme, ni l'audience ou le trafic exact. Cette semaine, Sylvain Béletre, rédacteur en chef de cette newsletter et analyste marché chez Balancing Act s'est entretenu avec Monsieur Narsix Baya, Propriétaire et fondateur de baziks™, établi à Kinshasa, République démocratique du Congo.

M. Baya dirige la première société congolaise spécialisée dans la promotion de la musique et d'artistes en Afrique à travers notemment les plateformes numérique BAZIKS.net & BAZIKS-PULSE.com.

Q. Pourquoi Baziks?

Notre plateforme musicale s’appelle Baziks (http://baziks.net). Le nom est un mot valise de « ba miziki » en lingala qui veut dire «les musiques». C'est une expression à travers laquelle nous voulons soutenir la démocratisation, ou encore l’accessibilité de la musique africaine sur le net. Baziks a pour but de contribuer au développement d’une industrie digitale de la musique en Afrique.

Q.Dites-nous en plus sur la plateforme..

Avant l’été, la première version de la plateforme était totalement consacrée au téléchargement de musique à la demande en MP3 gratuitement. Nous comptons à ce jour un catalogue en développement de près de 3000 titres d’artistes émergents locaux. Avec le lancement de la nouvelle plateforme nous espérons multiplier ce nombre par 10, d’ici 2017 notamment en recrutant des artistes sur l’ensemble des deux Congo, de l’Afrique centrale et de l’Afrique de l’ouest. Nous voulons vraiment couvrir l’Afrique francophone entièrement, et apporter notre expérience pour l’émergence de cette industrie. Il faut savoir aussi que le prototype de Baziks a été conçu par des jeunes africains entre Johannesburg et Kinshasa en 2012 jusqu’à son activation le 19 Mai de la même année.

Q. Pouvez-vous élaborer sur le trafic de votre plateforme? Les modes de paiement pour les utilisateurs?

Durant 3 ans nous avons testé le produit et le marché. Nous avons comptabilisé durant cette période plus de 50 000 téléchargements, plus de 115 000 sets (play) pour plus de 100 000 visites. Avec les nouvelles orientations nous voulons aborder les choses différemment. Faire le même record en si peu de temps, si pas mieux. Le site web www.baziks.net devient la carte de visite de la start-up Baziks Entertainment qui a vu le jour en 2014 alors que son nouveau produit www.baziks-pulse.com, la nouvelle plateforme à la croisée du streaming et du téléchargement basée sur un modèle freemium sera son fer de lance. Elle sera opérationnelle avant décembre 2015, ou au mieux quelques semaines après la rentrée. Pendant une certaine période nous allons offrir des titres gratuitement en contrepartie de la publicité, avant de passer par un modèle payant qui va aboutir à la rémunération des artistes et autres ayants droits.

Q. Quelles sont les technologies utilisées?

BAZIKS PULSE utilise les formats mp3 et AAC. La majorité des morceaux sont en mp3 et la taille d'un fichier ne peut dépasser 50 MB. Le nombre d'artistes est illimité, tout comme le nombre d'utilisateurs. La vitesse de téléchargement dépend de la connexion de l'utilisateur. Baziks Pulse est doté d’un API destiné aux applications iOS et Android. Nous voulons vendre la musique en téléchargement MP3 et par abonnement streaming via les cartes à scratcher et via le mobile banking.

Q.Avez-vous établi des partenariats?

Oui, nous avons un contrat en cours avec l’opérateur mobile Tigo en tant que fournisseur de contenu. Nous venons de collaborer sur la télé-réalité de l’opérateur mobile Vodacom baptisé Vodacom Best Of The Best a qui nous avons fourni une plateforme de téléchargement des chansons des candidats.
Des négociations sont en cours avec certains opérateurs notamment pour le lancement de Baziks Pulse et opérations spéciales. Nous développons également une offre de marketing musical et de brand content pour les annonceurs que nous comptons lancer à la rentrée.

Q.A quel endroit êtes vous établi?

Nous avions un bureau dans le centre-ville mais vu la non-rentabilité du projet initiallement, la startup s’est installée à domicile. Nos rendez-vous se tiennent en ville. Nous faisons fréquemment des réunions avec les équipes notamment à Kinshasa, ou des conference calls avec l’Afrique du sud et l’Europe pour les travaux liés au projet. Nous avons un relais au Gabon pour l’Afrique de l’Ouest. Nous installons une antenne à Paris qui est la plaque tournante de la musique africaine francophone.

Q. Concernant les plateformes musicales numériques dédiées à l'Afrique : Savez-vous combien l'Afrique compte de plateforme musicale numérique environ à ce jour, ou à une date précise? Quelles sont les 5 plus grosses plateformes en Afrique? En RDC?   

Je crois savoir qu’il existe une centaine de plateforme de musique en Afrique tel que Spinlet, The Kleek et Mdundo etc. Mais dire que telle ou telle est la plus grande je ne sais pas. Plusieurs facteurs interviennent. En RDC nous avons eu le leadership pendant 3 ans, et de nouveaux arrivants commencent à faire parler d’eux. Cela nous fait plaisir parce que c’est la musique et le digital qui gagne.

Q. Quels sont les 5 plus gros concurrents hors Afrique présents ou bientôt présents en Afrique?

Il existe des géants comme Deezer et probablement Spotify ainsi que Tidal qui sont déjà à l’international et nous nous devons de proposer nous aussi des solutions propre et équitable pour nos artistes sur le plan africain.
 
Q. Selon le type d'utilisateurs, comment les citoyens utilisent ces plateformes (ou la vôtre), à quel moment de la journée?

La majorité de notre audience est constituée des jeunes, et essentiellement des individus du sexe masculin dont l’âge varie entre 15 et 35 ans. Ils viennent sur notre plateforme pour diverses raisons télécharger de la musique ou suivre l’actualité musicale. La connexion se fait généralement entre 8h et 22h. Le temps moyen passé sur la page est de 2 min 32 par utilisateur. Le taux de rebond est de 65,52%. Près de 50% de nos utilisateurs sont francophone, 20% Anglophone et le reste échangent en d’autres langues. Nous comptabilisons 100 000 visites avec 183 833 visiteurs uniques et 139,229 pages vues à ce jour.

Source : Balancing Act, 10 septembre 2015.


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