Afrostream, le Netflix afro « né sur Facebook » veut conquérir le monde

Distribution Audiovisuel

…Il a l’énergie de ceux qui se lancent dans un nouveau projet avec beaucoup d’ambition. Au bout du fil, Tonjé Bakang parle vite. Trop vite. Le début de la conversation est confus, je lui fais répéter. Il me parle d’Afrostream, la société de vidéo à la demande (VOD) qu’il a créée, et d’un e-mail que je lui ai envoyé. Je percute enfin.

Afrostream, c’est un peu l’histoire de la petite plateforme qui monte. Cette entreprise française, passée par le prestigieux accélérateur californien Y Combinator, vient de lever de l’argent auprès de plusieurs fonds d’investissement, dont celui d’Orange dans le numérique et The Family (de Nicolas Colin).

Une aubaine pour cette start-up qui propose des contenus vidéo mettant en avant la culture africaine, afro-américaine et afro-caribéenne. Pour Tonjé Bakang, il faut faire attention aux amalgames :

« Ce n’est pas une plateforme dédiée aux Noirs, ça m’horripile quand j’entends ça. C’est trop restreint. Notre cible est autant les personnes d’origine d’africaine que celles attirées par la culture afro. Il n’y a pas besoin d’être noir pour aimer par exemple le RnB et Beyoncé. »

Etude de marché 2.0

Dans les faits, Afrostream, ça marche comme Netflix, c’est de la vidéo à la demande par abonnement. On paie 6,99 euros par mois ou 59,99 euros l’année pour avoir accès à des contenus de façon illimitée. Seuls la nature des contenus et le public visé sont différents. Tonjé Bakang affirme avoir identifié un manque de ce côté-là :

Il travaille sur des partenariats pour qu’Afrostream soit distribué via les box des opérateurs. Pour accélérer le processus, le site invite les internautes à demander directement aux fournisseurs d’accès internet via un tweet type.

Le site de VOD est accessible dans plusieurs pays d’Europe et d’Afrique francophones (France, Belgique, Suisse, Luxembourg, Côte-d’Ivoire et Sénégal). Tonjé Bakang aimerait étendre sa plateforme à d’autres pays africains. Il lorgne même les Etats-Unis. Son objectif : devenir numéro un dans son secteur. Et pas se cantonner au rôle de « Netflix africain ».

Source : rue89.nouvelobs.com - Marine Couturier | Journaliste
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