Burundi : "…le régime tente de faire glisser le débat politique sur le terrain de la haine ethnique", explique le journaliste Innocent Muhozi, directeur de la télévision "Renaissance"

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En réalité, la situation du Burundi n’est pas tout à fait comparable à celle de son voisin il y a vingt ans. La société burundaise est plus mixte, la police et l’armée comptent des membres qui sont tantôt hutus, tantôt tutsis. Le président Nkurunziza lui-même est hutu (né d'un père hutu et d'une mère tutsi), mais parmi les opposants au régime et les victimes des représailles, on trouve à la fois des Hutus et des Tutsis.
Réaliser un génocide au Burundi sera compliqué, mais des crimes de masse restent possibles.

"Cela fait des années que le régime tente de faire glisser le débat politique sur le terrain de la haine ethnique", explique le journaliste Innocent Muhozi, directeur de la télévision "Renaissance", aujourd’hui réfugié à Kigali. "Dans ces conditions, réaliser un génocide sera relativement compliqué. Il n’est pas facile de faire basculer les gens dans ce genre de folie. Mais des crimes de masse et de grands massacres restent possibles. Et la rhétorique haineuse du régime ainsi que ses actes criminels restent très préoccupants".
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