Abbas Azzouzi : « Medi 1 TV veut devenir la chaîne d’infotainment de référence des Africains »

Diffusion Audiovisuel

Suivant les pas de ses annonceurs, la télévision privée marocaine veut élargir son audience au sud du Sahara. En exclusivité, son patron nous dévoile sa stratégie.

Entre la création d’A+ et le lancement prochain d’AfricaNews, le secteur des médias télévisuels en Afrique francophone bouge. En exclusivité pour Jeune Afrique, la chaîne marocaine à vocation maghrébine Medi 1 TV dévoile à son tour ses ambitions. Après avoir accumulé les pertes, frôlé la banqueroute, la troisième télévision du royaume, la seule qui soit privée, s’est peu à peu refait une santé depuis 2010.

Elle a fait entrer de nouveaux actionnaires à son tour de table et a mis peu à peu en place une nouvelle grille centrée sur l’infotainment (info, info-divertissement et émissions de débats, souvent sociétaux). Une recette que la chaîne née en 2006 (sous le nom de Medi 1 Sat) veut appliquer à l’Afrique francophone subsaharienne, sans pour autant renier sa vocation maghrébine. Explications d’Abbas Azzouzi, son PDG.

Jeune Afrique : Vous désirez développer Medi 1 TV en dehors du Maghreb. Pourquoi ? Et comment ?

Abbas Azzouzi : Après avoir voulu créer une chaîne pan-maghrébine, nous avons travaillé depuis 2010 à bâtir avant tout une chaîne de télévision solide au Maroc. Nous sommes passés d’une audience cumulée de 1 million de personnes par jour à 7 millions, d’une part d’audience de 0,6 % à 7,5 % et d’une part de marché publicitaire proche de 0 à environ 12 %. Nous avons aussi travaillé à la convergence sur internet.

Notre site figure parmi les quatre premiers au Maroc et reçoit 10 millions de visites par mois. Medi 1 TV est devenue l’an dernier la chaîne préférée des Marocains. Même quand nous avons cherché à être généraliste, nous avons gardé notre ADN info, avec des émissions de débat. Maintenant, nous avons l’ambition d’acquérir le statut de chaîne d’infotainment de référence des Africains, sur le continent mais aussi en Europe.

En Europe ?

Oui, nous voulons nous adresser aux Africains, là où ils habitent.

Vous gardez donc votre cap maghrébin ?

Bien sûr. Nous sommes plus maghrébins aujourd’hui qu’en 2010. Nous faisons des émissions tournées vers la région. Par exemple, nous avons lancé une émission d’infotainment en arabe, Jari Ya Jari, avec des chroniqueurs algériens, mauritaniens, tunisiens, libyens et marocains autour de thématiques sociétales communes au Maghreb. Nous l’avons arrêtée temporairement pour la relancer en janvier sur un format panafricain.

Quelle est votre audience dans cette région ?

On l’ignore et je ne sais pas qui peut vraiment en avoir une idée précise. La seule mesure d’audience qui fonctionne, avec l’utilisation de boîtiers, est celle utilisée au Maroc. Ailleurs au Maghreb, il n’y en a pas. Il y a des études qualitatives qui mesurent la pénétration, la couverture mais pas l’audience, car on ne connaît pas la durée exacte de visionnage.

J.A.
Y a-t-il réellement un marché publicitaire régional au Maghreb ?

Non, il n’y en a pas. Le Maroc y représente 70 % des annonces publicitaires. L’Algérie est complètement fermée puisque c’est l’État qui gère la publicité via une régie publique. La Tunisie est un petit marché qui n’est déjà pas suffisant pour alimenter les chaînes locales.

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Source : JA, le 26 novembre 2015 - Frédéric Maury

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