Selon les scientifiques, un "avenir dystopique" nous attend à moins d'apprendre à créer des liens

Technologies et Convergence

Selon les scientifiques, un "avenir dystopique" nous attend à moins d'apprendre à créer des liens

Les principaux économistes, scientifiques et experts en technologie veulent nous avertir que, dans le cas où nous ne serions pas capables de gérer plus efficacement la mondialisation et notre monde de plus en plus interconnecté, nous devrons faire face à un « avenir dystopique ».

Professeur Ian Goldin, directeur du Martin Centre de l'Université d'Oxford - et l'un des experts de renommée internationale en matière de mondialisation - annoncera en décembre à l'occasion d'OEB que, bien que nous nous trouvions au cœur d'une « nouvelle renaissance » dans laquelle la diffusion des idées, des innovations et des changements évolue rapidement, « nous ne devrions pas partir du principe que la technologie entraîne forcément des résultats positifs, car ce n'est pas forcément le cas. »

Goldin, en tant qu'ancien vice-président de la Banque mondiale et conseiller du président défunt d'Afrique du Sud Nelson Mandela, affirme qu'un des plus grands défis de l'humanité, après la révolution scientifique et sociétale engendrée par Internet, sera de gérer notre connectivité avec plus d'efficacité.

« Il y a eu de grands progrès, pas seulement concernant les niveaux de vie, mais également en matière de santé, libertés etc. Cela est dû à la diffusion d'idées : allant de simples constats, comme se laver les mains pour limiter la propagation de maladies contagieuses, à des concepts plus complexes, tels que les nouvelles vaccinations. À tous les niveaux, ce type d'avancées a permis aux êtres humains de vivre plus longtemps et en meilleure santé. Ceci est le fruit de la connectivité dans son ensemble... »

 « Parallèlement à la diffusion d'initiatives positives, se propagent également des idées nuisibles et très perturbatrices. Des groupuscules mal intentionnés comme l'EI utilisent les nouvelles technologies pour véhiculer leur idéologie. Il s'agit ici d'utiliser la technologie comme d'une plateforme mais ce qui importe réellement c'est le contenu diffusé sur ces plateformes... »

« Les idées néfastes se propagent plus rapidement. L'EI est devenu l'organisation regroupant le plus grand nombre de recrues étrangères depuis la Guerre civile espagnole. Ceci est en parti dû à son efficacité sur les réseaux sociaux et Internet. Alors que les opportunités sont multiples et que la capacité d'apprentissage des personnes est en augmentation exponentielle dans de nombreux cas, notamment grâce aux technologies d'informations ouvertes au public, nous devons néanmoins rester conscients de l'extrême importance de cette connectivité. Il faut gagner en efficacité dans la gestion de la connectivité et de la mondialisation afin de s'assurer que cette dernière soutienne les valeurs positives et minimise les valeurs négatives... »

« Nous nous croisons et recroisons à de nombreux niveaux différents de la toile et ce sera notre efficacité ou inefficacité en termes de connectivité qui déterminera si nous allons vers un futur heureux ou plutôt vers un avenir dystopique. »

Cory Doctorow, futurologue renommé, soulignera que le manque d'ouverture représente un risque considérable et que les gouvernements contribuent, de manière souvent délibérée, à l'affaiblissement du système.

« Le thème de la sécurité fait partie du débat public. On a jamais pu exercer de science lorsqu'on supprime les rapports sur les défaillances ou les erreurs. Ou il s'agit alors d'une science peu fiable. Il est aujourd'hui devenu extrêmement urgent de mettre ces sujets à l'ordre du jour mais les règles ont changé... La mise en place de verrous numériques est de plus en plus stricte et non plus souple... Aux États-Unis s'est tout juste tenue une audition à ce sujet. Des intervenants ont souligné des défaillances dans les machines à voter, les pompes à insuline, les pacemakers, les véhicules, les avions, les centrales nucléaires et il leur a été interdit de divulguer ces dernières. »

Doctorow affirme que certains gouvernements vont jusqu'à ajouter délibérément des problèmes lorsqu'ils découvrent des anomalies, « plutôt que d'y remédier, ils tentent de les faire durer le plus longtemps possible afin de les utiliser comme armes numériques... Les gouvernements qui sont sensés nous protéger des problèmes de sécurité les maintiennent pour les transformer en armes... »

L'éminent expert en technologies de l'éducation David Price affirme quant à lui que « les innovations citoyennes » représentent probablement une source de solutions nouvelles que beaucoup d'autorités et d'entreprises de pointe renient. »

« La demande de plus en plus exigeante en matière de rythme d'innovations, associée à l'ouverture et à l'aisance de la collaboration, ont donné naissance à un nouveau phénomène : l'innovation citoyenne. De nombreuses entreprises et la plupart des autorités de réglementation sont certainement dans le déni, mais engager une discussion avec les hackers et les utilisateurs novateurs est absolument primordial, si l'on ne veut pas être laissé pour compte. »

Goldin, Doctorow et Price présenteront leurs théories lors de la session plénière d'OEB (précédemment connue sous le nom de Online Educa Berlin) le 3 décembre 2015. La conférence, se tenant à l'hôtel Intercontinental de Berlin, accueillera plus de 2 300 éducateurs, managers, entrepreneurs et décideurs venus de plus de 100 pays.

L'OEB 2015 se déroulera à l'Hôtel InterContinental Berlin, du 2 au 4 décembre 2015. Pour en savoir plus sur la conférence OEB, découvrir la liste des intervenants et vous inscrire, rendez-vous sur www.online-educa.com

OEB 2015
21e conférence mondiale interprofessionnelle dédiée aux technologies de l'apprentissage
du 2 au 4 décembre 2015
Organisateurs : ICWE GmbH, Leibnizstr. 32, 10625 Berlin
Contact : Mme Rebecca Stromeyer, info(at)online-educa.com, Tél. : +49 (0)30 310 18 18-0, www.online-educa.com

Source : ICWE Press Service-Communiqué de presse, 24.11.2015