Digital Lab Africa : interview avec l’organisateur

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Ces deux dernières semaines furent encore riches en annonces et articles. Cette édition permet de faire un bilan du semestre dans le secteur de l’audiovisuel en Afrique. Parmi les innovations et virages décisifs, on note des avancées concernant la TNT : lancement du service TNT EasyTV à Lubumbashi par Canal+, l’appel d’offres de la TNT en Côte d’Ivoire à lire dans cette édition, et une TNT à l’étude au Burkina Faso.

On espère que la création de la Commission africaine de l'audiovisuel et du cinéma (AACC) par l’Union Africaine boostera le secteur. L’appel d’offres de Côte Ouest (voir dans nos précédentes éditions), et celui du Fespaco 2017 vont certainement mettre en valeur de nouveau talents d’Afrique. L’appel d’offres du Digital Lab Africa  est également une excellente initiative au service des économies et cultures d’Afrique.

Pour Balancing Act, Sylvain Béletre a interviewé l’initiateur du Digital Lab Africa (DLA), Monsieur Frédéric Chambon, attaché audiovisuel de l’Institut français d’Afrique du sud rattachée au ministère des affaires étrangères de la France.

En marge de la deuxième édition du Discop Abidjan 2016, Monsieur Chambon, en présence de Monsieur Maurice Bandama, ministre de la culture et de la Francophonie de Côte d’Ivoire, avait procédé au lancement de ce projet axé autour de l’innovation multimédia. Dénommé Digital Lab Africa, le projet comprend un appel à créations.

Le jury de DLA sélectionnera 4 talents africains qui gagneront un prix de 3000 euros chacun, soit environ 2 millions de FCFA. Mais au delà de cette somme, « DLA fait surtout office d’incubateur, de plateforme d’échange et de partage d’expertise, c’est sa vraie valeur ajoutée » confirme M. Chambon. En 2017, les sélectionnés bénéficieront de voyages tous frais payés en France - sur Paris et dans de grandes villes de province - pendant quelques semaines, dans d’excellentes sociétés de la French Tech. Selon les initiatives, le parcours pourrait être complété par une recherche d’investisseurs.

DLA aide à puiser dans les ressources de sociétés à la pointe pour faire émerger un projet. Cela permet de libérer son potentiel. « Si cela marche, DLA vaut un MBA dans une école de commerce internationale, et en plus c’est du sur-mesure ! » avait confié une artiste ivoirienne lors du Discop Abidjan.

DLA est donc un incubateur à talents. Car « l’objectif premier est d’offrir un tremplin aux créateurs de productions multimédia sur le continent en permettant à leurs projets de voir le jour et de devenir durable, avec l’appui des partenaires français référents. Le but de cette action est d’engager le dialogue et de mettre le savoir-faire français au service des talents africains’’ explique Frédéric Chambon.

L’heure est en effet à la convergence numérique, et les talents peuvent parier dans 4 catégories : web création/ transmédia/télévision et audiovisuel, la musique numérique, les jeux vidéos et la réalité virtuelle. La date limite de dépôt des dossiers est fixée au 31 Août 2016.

«Lors du prochain Discop Africa Johannesburg qui se tiendra du 2 au 4 novembre 2016 , les candidats sélectionnés participeront à une compétition de pitch. Le deuxième jour, nous lancerons 4 tables rondes correspondant aux 4 catégories avec 3 intervenants par session : 2 sessions le matin, 2 l’après-midi. Nous cherchons actuellement de bons intervenants dans ces 4 segments (contactez M. Chambon si vous pensez maitriser l’un de ces domaines). Puis nous annoncerons les 4 gagnants» indique M. Chambon, ajoutant : « nous avons reçu une cinquantaine de dossiers avec une bonne parité pays anglophones/francophones, et parmi eux, nous avons identifié des idées très intéressantes dans chaque catégorie », signe que l’expérience pourrait être répétée en 2017 afin de ne pas laisser d’autres talents prometteurs sans moyens conséquents.

Le Digital Lab Africa est une initiative de l’ambassade de France et de l’Institut Français d’Afrique du Sud, qui s’inscrit dans le cadre de leur soutien aux industries culturelles et créatives. Les partenaires du projet sont nombreux. Parmi eux, on compte Lagardère Studio (l’un des leaders de la production en Europe et en Afrique) et Arte, la grande chaîne de télévision culturelle franco-allemande ainsi que Trace et Basic Lead, organisateur des marchés Discop.

Déposer un dossier avant le 31 Août 2016