Sénégal : des feuilletons hindous à 400 dollars l’épisode

Distribution Audiovisuel

Sénégal : Après les telenovelas sud-américaines, les télévisions sénégalaises se sont mises, depuis quelques années, à la mode des feuilletons hindous, qui connaissent un franc succès. Qu’est-ce qui explique un tel succès ? Faut-il y voir une nouvelle forme de domination culturelle ? Explications.

…le «Destin de Joya», une série hindoue qui passe actuellement sur une chaîne sénégalaise) va incessamment commencer. Résigné, le mari transmet la télécommande et se retire dans sa chambre, laissant sa femme suivre religieusement sa série culte.

La scène est presque devenue un rituel dans cette petite famille habitant à Pikine, un quartier de la banlieue dakaroise. D’ailleurs, quand il entend le générique de la série, le mari s’exclame : «Diamm djekhna !» (Fini la tranquillité). Il sait que sa femme ne lui prêtera plus aucune attention avant la fin de l’épisode.

Les mêmes thèmes qui reviennent : Pour Moumini Camara, spécialiste en sciences de l’information et de la communication et enseignant chercheur au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (CESTI) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, le succès des séries hindoues s’inscrit dans le cadre global et mondialisé des industries culturelles, notamment les telenovelas, ces "histoires à l'eau de rose" qui, du point de vue des industries culturelles, entrent dans ce que certains appellent une "culture de marché" ou "une culture mainstream" en référence à l'opus de Frederic Martel, dans lequel le chanteur met en relief les rapports de force entretenus par les différentes zones géographiques et économiques à travers la question du leadership des industries culturelles.

la suite