Burkina Faso : vers un quota des œuvres diffusées de 70 à 90 % pour la musique burkinabè

Règlementations

Les 05 et 06 avril 2016 dans la salle de conférences du Conseil supérieur de la communication, les femmes et hommes de médias, les artistes, des cadres du ministère de la culture, les associations de promotion de la culture et les cadres du CSC ont échangé au cours d’un séminaire autour du thème : « Les modalités de promotion de la culture burkinabè dans les médias ». Il s’agissait pour eux, sur l’initiative du CSC en partenariat avec le ministère de la culture et du tourisme, de faire de nouvelles propositions de quotas de musique burkinabè à diffuser dans les médias et d’identifier d’autres éléments de la culture burkinabè à promouvoir dans les médias.

Avant de se mettre en Commissions pour réfléchir sur les sous thème « la promotion de la musique burkinabè dans les médias » et « les autres éléments de la culture burkinabè dans les medias », les participants ont été d’abord édifiés par les communications en plénière sur «La Politique Nationale de la Culture », développée par Monsieur Hamed Patric LEGA OUEDRAOGO, Directeur général des politiques sectorielles au ministère de la culture, «Medias et promotion de la culture à l’heure de la mondialisation de la communication», présentée par Dr BONOU Gninty Boniface, fonctionnaire à la retraite et «La promotion de la musique burkinabè dans les médias» livrée par Monsieur Aboudou DABO de la CORA/BF, Producteur éditeur de musique.

Le sous atelier 1 sur « la promotion de la musique burkinabè dans les médias » qui a fait l’état des lieux de la musique en termes d’acteurs et de pratiques a relevé que des efforts sont faits en termes de qualités et de quantités d’œuvres musicales produites d’une part et de promotion desdites œuvres dans les médias d’autre part.  Mais ces efforts restent insuffisants au regard du constat sur le terrain. Il a, par conséquent, proposé de situer le quota de musique burkinabè, qui était de 40% pour les médias commerciaux et 60% pour les autres, entre 70 à 90 % au moins des œuvres diffusées. Pour cela, des mesures doivent être prises, notamment, la formation des animateurs, promoteurs de médias, entreprises culturelles, la sensibilisation du public en vue de les inciter à s’approprier la musique burkinabè.
Par ailleurs, le groupe a suggéré qu’une une étude nationale sur la faisabilité de mise en œuvre des quotas soit réalisée en termes de contrainte et de mesures d’accompagnement. Il a proposé également que des actions d’encouragements soient menées à l’endroit des médias à travers la distinction des animateurs et promoteurs de médias qui font la promotion de la culture, l’institution d’un prix BBDA, CSC et Ministère de la communication. Parmi les propositions, figure aussi l’encouragement à la création de chaînes de télévision et radio spécialisées dans la promotion culturelle.

L’atelier 2 sur  « les autres éléments de la culture burkinabè dans les medias » a quant à lui procédé à une catégorisation des éléments culturels autres que la musique à promouvoir, à des propositions de quota de diffusion, à l’identification des objectifs et à des recommandations. Des quotas de diffusion des œuvres culturelles autres que la musique, il a proposé la promotion des arts du spectacle tels la danse, le théâtre et les arts apparentés avec un quota de diffusion de 80%, la promotion des arts plastiques et appliquées à un quota de 50%, la promotion du livre à un quota de diffusion de 70%, et la promotion du patrimoine matériel, c’est-à-dire les personnages, les lieux historiques, les objets symboliques, à un quota de diffusion de 80%. En ce qui concerne les œuvres audiovisuelles et cinématographiques, il a été proposé la mise en œuvre du fond d’appui à la production. Aussi, le groupe a proposé un quota de diffusion des œuvres cinématographiques de 60% au moins pour les œuvres africaines et 40% au moins pour les œuvres Burkinabé. Et pour les œuvres audiovisuelles, il a proposé un quota de diffusion de 70% au moins pour les œuvres africaines et 50% au moins pour les œuvres burkinabè.

Les recommandations que le groupe a faites ont porté, entre autres, sur la nécessité d’encourager et d’accompagner  la presse écrite burkinabè dans son élan de promotion de la culture burkinabè, de former les journalistes et animateurs en critique d’art, de former les artistes et les journalistes en promotion culturelle, d’encourager les médias à faire la promotion de la culture burkinabè, d’introduire les œuvres d’auteurs burkinabè dans les programmes d’enseignement, de faire la promotion du patrimoine immatériel, notamment, les savoirs locaux, les traditions, les croyances, les systèmes de valeur, d’utiliser les décors naturels, sites touristiques dans la filmographie et dans les clips vidéos et de donner le statut de mécène culturel à un média qui fait des efforts de promotion de la culture burkinabè, avec des exonérations fiscales et autres avantages.

Source. CSC Burkina Faso