Parfaire l'écriture de scenarii en Afrique : une priorité pour l’OIF

Production Audiovisuel

Chez les cinéastes francophones du Sud, on connaît généralement le Fonds Image de la Francophonie mais on est parfois moins familier des autres modes d'intervention de l'OIF (l'Organisation Internationale de la Francophonie) : bourses, prix, soutien à des ateliers, qui viennent compléter les interventions du fonds d'aide. L'OIF privilégie de plus en plus l'accompagnement par rapport à l'intervention directe et a développé des partenariats avec les initiatives suivantes :  Aides à la finition : Takmil (Journées cinématographiques de Carthage (Tunisie) et Final Cut in Venice (Mostra de Venise), Ateliers et plateformes de coproduction : Fabrique des cinémas du monde (coproduction, financement, distribution, etc.), Atelier Sud Ecriture (Tunisie), Atelier Méditalents (Maroc), Ouaga film Lab (écriture et coproduction, Burkina Faso), Atelier de Namur (Belgique), Rencontres de coproduction francophones (SODEC) Bourses d'aide à la réécriture ou au développement : Durban Filmmart (Afrique du Sud) Dubai Film Connection (Emirats Arabes Unis) Fonds d'aide au développement du scénario du Festival d'Amiens (France), Festival du film des Lagunes (Côte d'ivoire), Atelier Grand Nord (SODEC, Québec).
Certaines de ces interventions ont été présentées lors de la rencontre organisée par l'Institut français le 14 mai 2016 au Pavillon des cinémas du monde pendant le Festival de Cannes. Cette rencontre a mis en exergue les initiatives récentes menées par "le terrain" ; elle a permis de valoriser les synergies entre partenaires et de constater la volonté desdits partenaires de participer à la conception et à la gestion de leurs propres outils de développement du cinéma. Nous vous proposons ci-dessous le compte rendu de cette table-ronde écrit par Olivier Barlet, d'Africultures.
Souad Houssein (OIF)


NOUVEAUX RÉSEAUX DE CRÉATION CINÉMATOGRAPHIQUE EN AFRIQUE
Table-ronde au festival de Cannes 2016

La Fabrique des cinémas du monde est un dispositif de soutien à dix projets de premier ou second long métrage des pays du Sud ou émergents pour que les réalisateurs et producteurs rencontrent des décideurs porteurs de reconnaissance, financement et diffusion. Elle est basée dans un stand du village international au festival de Cannes. Durant l'édition de mai 2016, une table ronde animée par Emilie Pianta Essadi, responsable du pôle cinéma du monde à l'Institut français, a groupé les partenaires de l'Institut dans le soutien à la création cinématographique en Afrique, et notamment les récentes initiatives de développements de projets de films.
Après une présentation de la Cinémathèque Afrique de l'Institut français par Véronique Joo'Aisenberg, Gabrielle Béroff-Gallard, coordonnatrice générale de la Fabrique des cinémas du monde, a présenté plus en détail ce dispositif. 130 candidatures en 2016 pour 10 élus, invités à Cannes sur dix jours mais coachés en amont. Ils sont recrutés sur projet de scénario, note d'intention, synopsis, profil du réalisateur et du producteur, plan de financement et liens vers les œuvres existantes. Et peuvent à Cannes rencontrer de potentiels coproducteurs. Les retours permettent de peaufiner le scénario. Depuis trois ans, l'accent a été mis sur l'Afrique grâce au partenariat avec l'Atelier Grand Nord au Québec.

Justement, Elaine Dumont de la SODEC était là pour présenter cet Atelier qui fonctionne depuis 13 ans, avec 200 scénarios développés dont 40 ont vu le jour en tant que film. Les partenaires étaient la France, la Belgique, le Luxembourg et la Suisse mais depuis trois ans se sont ajoutés l'Organisation internationale de la Francophonie et l'Institut français. 14 scénaristes et 7 consultants sont mobilisés pour soutenir des projets qui en sont en général déjà à la deuxième version du scénario : "il est en effet plus aisé de soutenir efficacement lorsque le scénario est déjà assis", a indiqué Elaine Dumont, le but étant "d'accompagner un auteur pour faire le film qu'il veut". Trois rencontres d'une heure et demie avec un consultant permettent à chaque porteur de projet d'avancer mais tous les scénarios sont également discutés durant des plénières, le tout se situant dans un hôtel de l'Ouest québécois fin janvier, où le froid est si vif qu'il n'y a plus qu'à travailler !

C'est l'occasion d'un regard multiculturel sur le scénario qui permet d'avancer vers des codes que peuvent comprendre tous les auditoires, si bien que sur 40 films réalisés, une bonne moitié a disposé de coproductions, facilitées par une soirée de rencontre avec des producteurs québécois. Des Rencontres de coproduction francophones sont en novembre une suite logique de l'Atelier Grand Nord, où les producteurs viennent présenter les projets avec une vidéo de cinq minutes, des photos de plateau, des éléments d'ambiance qui permettent d'appréhender le film en devenir.

Souad Hussein a présenté le Fonds d'aide à la production mis en place depuis 1988 par l'Organisation internationale de la Francophonie, qui regroupe 80 pays. "On est plus dans les tables rondes des lamentations !", s'est écriée Souad Hussein en insistant sur les collaborations entre institutions qui font évoluer l'existant. Cependant, l'écriture reste le talon d'Achille, le maillon faible de la production cinématographique en Afrique. Cette pierre d'achoppement fait rater à de nombreux films la chaîne du financement.

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