Un siècle de mémoire audiovisuelle africaine en train de disparaître

1 December 2016

Production Audiovisuel

Le patrimoine filmique très riche de la Cinémathèque africaine de Ouagadougou est en danger.

Il s’agit de la survie d’une partie de notre mémoire collective: les fonds de la Cinémathèque africaine de Ouagadougou (CAO), au Burkina Faso, sont en train de dépérir et avec eux un siècle de mémoire audiovisuelle africaine.

Environ 6 000 photos ainsi que 2 000 bobines originales – dont beaucoup ne sont toujours pas inventoriées – doivent être sauvées. Comment préserver ce patrimoine filmique? La numérisation des archives, avec une solution de gestion électronique des documents (GED), voire de système d’archivage électronique (SAE) selon le statut donné aux contenus, peut contribuer à mener à bien cette mission.

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Installée depuis 2005 dans les nouveaux locaux du Fespaco, à proximité du lit du marigot Kadiogo, la CAO détient dans ses locaux du matériel, des projecteurs (35 mm et numérique), des écrans et des outils de sonorisation. Elle possède surtout – outre des milliers de photos et autres affiches de films – quelques centaines de bobines d’archives audiovisuelles inestimables.

Certaines remontent à la période 1920-1950 et furent tournées dans les colonies africaines; d’autres nous plongent dans les années 1960, abordant l’agriculture, la santé ou les échanges marchands. D’autres encore concernent les œuvres des grands réalisateurs africains : Souleman Cissé, Idrissa Ouedraogo, Sembene Ousmane, Moustapha Alhassane, Paulin Soumanou Vieyra ou Djibril Diop.

Un patrimoine sans cesse fragilisé : Ce patrimoine a subi de multiples agressions – climatiques et humaines – depuis sa création. Il a notamment été touché par l’inondation de septembre 2009 et l’incendie de sa salle multifonctionnelle en janvier 2013. Malgré une modernisation des locaux en 1995, la cinémathèque est confrontée à une humidité excessive et à une température élevée dues aux variations du climat de la zone sahélienne, ainsi qu’aux effets du vent et de la poussière.

Faire appel à des acteurs privés, comme la fondation de Martin Scorcese ou aux cinémathèques mondiales, voire à l’Unesco, pour tenter de sauver ces milliers de bobines de la CAO peut représenter une option.

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