La masterclass du réalisateur Alain Gomis (Fespaco)

23 March 2017

Production Audiovisuel

date : 05.03.2017

Par Morgane Le Cam (contributrice Le Monde Afrique, Ouagadougou) - LE MONDE.

Lauréat de la 25e édition du festival de Ouagadougou avec son film « Félicité », le Franco-Sénégalais Alain Gomis a livré sa vision du cinéma aux étudiants de la capitale.

Alain Gomis était face aux étudiants en cinéma de Ouagadougou. Masterclass à l’Institut supérieur de l’image et du son de Ouagadougou (ISIS) pendant la 25e édition du Fespaco.

– Quand je fais un film, il y a d’abord des personnages que j’ai envie de voir à l’écran. Ces personnages sont souvent issus des quartiers populaires car j’ai toujours vécu dans cet univers. Comme dans Félicité, je m’inspire souvent de choses qui ont été vécues par mes proches. Un de mes jeunes frères a perdu sa jambe. Il a été mal soigné, il a fallu l’amputer. Je me souviens de son regard vide, il ne parlait plus, il avait l’impression que sa vie était terminée. J’ai son visage en mémoire et j’ai voulu le montrer à l’écran. Et puis, il ne se passait pas deux jours sans que je reçoive un coup de téléphone de quelqu’un me disant qu’untel était malade, qu’il fallait l’aider. Il y avait cette difficulté quotidienne qui était là. J’ai eu envie d’en parler. Enfin, il y a ces femmes qui font partie de ma vie. Leur droiture m’a toujours impressionnée, cette capacité à ne pas plier sous les coups. Des femmes qui résistent. Elles m’ont toujours fasciné. »

– Mais comment se passe la réalisation ?, demande Freddie, étudiant ivoirien en art du spectacle, avec une certaine impatience.

– Une fois le scénario écrit, je me mets en quête des acteurs. Une chose est importante pour moi : il faut qu’il se passe quelque chose entre les comédiens et moi. C’est comme dans la vraie vie. Quand une personne vous accepte dans sa zone de sécurité, une relation de confiance s’installe et c’est à partir de là qu’on peut commencer à créer. Ensuite, je me demande à quel endroit je vais mettre ma caméra pour capter un maximum de cette énergie, de cette relation. Pour moi, le cinéma a toujours été un rapport de sensations et de sentiments. »

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