VoD et Afrique: un nouveau rapport dresse un état des lieux

15 June 2017

Distribution Audiovisuel

Une analyse sur le segment de la VoD liée à l’Afrique : le cabinet ‘Balancing Act’ a suivi la croissance du secteur de la vidéo à la demande (VoD) liée à l’Afrique depuis ses débuts en 2010. Son dernier rapport sur le secteur montre la croissance continue de nouvelles plateformes et de leur utilisation. En Afrique, le coût des données reste un défi pour obtenir une vraie percée auprès du grand public. Cependant, les choses ont beaucoup changé depuis les premiers balbutiements, comme l'explique Sylvain Béletre, analyste principal. Est-il temps de consolider le marché ?

Impact de la VoD sur le marché : relativement élevé pour le secteur audiovisuel africain; Pour les gouvernements africains, les producteurs, les radiodiffuseurs, les consommateurs et les entreprises de télécommunications. A terme, un segment important pour les agences publicitaires et les annonceurs.

Des extraits du rapport:

Il y a 7 ans, des experts du secteur ont rapidement réalisé que la VoD en Afrique était potentiellement une zone de croissance parce que le continent manquait d’accès aux contenus africains (musique, Nollywood, etc.) et aux contenus internationaux de qualité. Les segments du piratage tout autant que ceux de la TV payante légale ont montré que les clients étaient là et qu'ils avaient faim de contenu. En outre les 18-35 ans (voir les beaucoup plus jeunes) avaient déjà placé YouTube dans les 5 sites web les plus visités en Afrique.

Les tentatives de lancement

Depuis lors, les tentatives de lancement de plates-formes VoD se sont multipliées pour servir les Africains sur le continent et ses diasporas dans le monde. Balancing Act a récemment mis à jour son rapport sur la VoD et l’Afrique – fournissant un examen des services, des moteurs, des défis et des opportunités de services VoD (mise à jour en juin 2017). On a alors assisté à des tatonnements et des tentatives plus ou moins fructueuses.

Le premier succès du secteur VoD a été iROKO et sa chaîne YouTube,chaîne initialement destinée à la diaspora africaine (représentant plus de 50% du trafic à l'époque), essentiellement nigériane établie aux États-Unis et en Grande-Bretagne. iROKO s'est concentré sur le contenu de Nollywood, une industrie qui prétend produire 1000 à 2000 films par an. Depuis son lancement, il existe maintenant plus de 20 services VoD en concurrence avec le contenu de Nollywood.

Depuis longtemps, Orange en pionnier du segment avait également lancé une offre VoD à Maurice et au Sénégal, mais n'a pas pu ou voulu l’étendre sur tout son réseau en Afrique. Ce mois-ci, l’opérateur vient de lancer de nouvelles offres VoD.

Parallèlement, Naspers (Afrique du Sud) - acteur numéro 1 de la télévision payante en Afrique avec Multichoice / DStv - a lancé 5 services VoD successifs, dont le dernier est Showmax. En reconnaissant les problèmes liés aux prix de l’accès au haut débit et aux données, Naspers a lancé des packages contenu-données avec des opérateurs dans plusieurs territoires, dont le Kenya et l'Afrique du Sud. Naspers est sans doute celui qui a le plus travaillé ce segment sur le terrain Africain.

Netflix

Ensuite, le 6 janvier 2016, l'industrie a été prise de court lorsque Reed Hastings, PDG de Netflix, leader américain de la SVoD, a annoncé le lancement de ses services dans 130 pays, dont toute l'Afrique. Mais Netflix n’a pas encore réellement adressé les besoins des consommateurs du continent: contenus, moyens de paiement ne sont pas adaptés à la demande. Depuis lors, Amazon a également déployé sur le continent. Suivi par iflix la semaine passée...

Du côté francophone, plus de quarante plateformes se confrontent sur ce segment et de nouveaux services seront prochainement ajoutés à cette liste. Le récent accord de Canal+ avec IrokoTV pour lancer l'application mobile iROKO+ fut une mesure apparemment inoffensive, mais très significative pour ce leader de la télévision payante dans la région francophone.

Aujourd'hui, il existe plus de 180 services (listés dans le rapport) qui concourent dans différentes niches et régions, avec du contenu culturel et de la musique locale, des films de Nollywood, des séries de télévision africaines, jusqu’aux blockbusters de grandes majors d'Hollywood. L'accès à ces offres est gratuit (des chaînes africaines sur YouTube dont ses YouTubeurs comme Observateur), payant (Showmax, Netflix, iflix, etc.) ou freemium, par abonnement ou à la carte, sur n'importe quel appareil.

Puisque la consommation de programmes de télévision est possible sur tous médias - TV, ordinateurs, tablettes, smartphones, et même en utilisant des projecteurs vidéo - nous avons assisté à une explosion de l'offre.

Adaptation des mesures d'audiences

L’audience de la télévision est de plus en plus fragmentée sur plusieurs terminaux. Dans toute l'Afrique, la mesure officielle de l'audience se concentre toujours sur la télévision linéaire et ne fournit pas vraiment d’informations sur les autres modes de consommation, en particulier chez les Africains de 18 à 35 ans. En effet, la mesure de la consommation de VoD n'est souvent pas prise en compte dans les résultats des sondages. De plus, les grands acteurs internationaux de services VoD (YouTube, Netflix, etc.) en disent très peu sur leurs résultats de trafic en général, et encore moins en Afrique. Il faut vraiment mettre en place des sondages pour établir des modèles de visualisation de la VoD africaine.

Les 'ratés'

Avec un nombre significatif de plates-formes VoD lancées en Afrique, il n'est guère surprenant de constater que certaines ont échoué : environ 20 services ont fermé ou sont en attente de financement, en raison d'un manque de résultats convaincants et d'investisseurs potentiels, alors que de nouveaux acteurs sont prêts à explorer la continent. Le segment VoD lié à l'Afrique attend sa phase de consolidation. Le premier signal est venu lorsque Buni TV a été acheté par Trace Play.

Les 'leaders'

À ce jour, trois organisations semblent dominer le marché; L'un d'entre eux est originaire d'Afrique du Sud, les deux autres sont américains. Mais ces trois-là ne captent pas tous les citoyens d’Afrique (1,2 milliards) en manque de programmes audiovisuels qui les séduisent. Des places restent donc à prendre.

Quinze plateformes ont annoncé qu'elles veulent acquérir des contenus de qualité. En outre, 43 services VoD répertoriés dans le rapport semblent avoir des atouts ou ont gagné d'autres avantages concurrentiels pour attirer des investisseurs potentiels. Enfin, au moins 3 services qui sont maintenant fermés auraient mérité d'être achetés par de plus grandes plates-formes.

Pour résumer, il n’y a aucun doute que le segment va croitre en Afrique, ce n’est plus qu’une question de temps et de constitution d’offres alléchantes.

Lire+ et acquérir le rapport ici >>.

 

Définition : La vidéo à la demande (VàD), vidéo sur demande (VsD) ou encore vidéo à la séance (définition juridique Service de média audiovisuel à la demande), souvent abrégée en Europe francophone en VoD (de l'anglais Video on demand), est une technique de diffusion de contenus vidéo numériques bidirectionnelle (interactive) ...
Vidéo à la demande — sur Wikipédia