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L’expérience de l’université virtuelle tunisienne (UVT) vient de donner ses premiers résultats. Ayant démarré l’année dernière et dont la première phase a consisté en la mise en place d’une plate-forme technologique permettant de dispenser des cours à distance à partir de quatre universités (Iset Radès, Sousse, Sfax et Charguia), l’UVT vient d’enregistrer un taux de réussite de 60% pour la première session. Les lauréats : un groupe d’environ 200 étudiants inscrits en première année qui ont décidé de suivre des cours en régime non présentiel assistés par des tuteurs. Pour l’heure, les étudiants n’ont passé les examens que dans deux modules de premier niveau de la filière de «gestion des entreprises» mis en ligne, à savoir l’introduction générale à la gestion et le français, l’UVT n’ayant mis en ligne que 20% du programme d’enseignement de cette filière qui comprend en tout huit modules.

Les étudiants ont pu suivre les mêmes cours que ceux dispensés à leurs camarades en régime présentiel à la différence près qu’ils ont dû communiquer avec leurs enseignants à distance, grâce à la mise en place de plusieurs services d’accompagnement pédagogique dont un service de tutorat par messagerie électronique, un autre service de tutorat par correction personnalisée des devoirs et des travaux, un tutorat par réunions programmées sur le réseau (chats) et l’organisation de forums et de foires à questions (FAQ) pour chaque module.

«Le programme d’enseignement à distance comporte, outre les cours numérisés, des exercices et des travaux pratiques. L’étudiant qui suit l’enseignement de ces deux modules à distance n’a pas besoin d’assister aux séances de cours et de travaux pratiques. Il peut y participer à partir d’un publinet ou assis chez lui devant son ordinateur. Il est assisté par un tuteur à qui il peut envoyer des questions sur les points obscurs. L’étudiant passe par contre les examens en régime présentiel», explique Mustapha Ouerghemmi, secrétaire général de l’UVT.

Prévu à l’origine pour les personnes qui ont interrompu leurs études ou qui ont eu des difficultés de parcours, afin de les aider à réintégrer le système (cartouchards, anciens bacheliers, fonctionnaires ), le télé-enseignement par la voie des nouvelles technologies de l’information et de la communication (Ntic) sera généralisé dans les prochaines années à l’ensemble des franges estudiantines de toutes les universités. Pour l’heure, l’UVT s’attelle à mettre en ligne les cours des modules de deuxième niveau de la filière «gestion des entreprises» dont la micro-économie, le marketing, la comptabilité analytique d’exploitation, la finance, l’analyse des données et l’informatique.

«Nous comptons également étendre l’enseignement à distance à la filière de l’informatique, et ce, pour les trois niveaux, a ajouté Mustapha Ouerghemmi. Nous nous intéressons par ailleurs aux cours dispensés dans le cadre des maîtrises scientifiques à l’instar de la filière mathématiques-sciences physiques. On prévoit de mettre en ligne sur la plate-forme le cours d’algèbre générale de la première année du 1er cycle. Il en sera de même pour les cours de la 2e année du 2e cycle pour la filière sciences physiques. Notre objectif : généraliser l’enseignement à distance pour tous les modules enseignés dans les universités. Il ne s’agit pas là d’une mince affaire dans la mesure où la scénarisation et la numérisation de ces cours requièrent une grande maîtrise de l’outil informatique».

L’UVT a déjà démarré une série de sessions de formation afin d’initier les universitaires à l’utilisation des outils technologiques permettant la scénarisation et la numérisation de leurs cours destinés ensuite à être installés sur la plate-forme de l’université. A cette fin, vingt enseignants-chercheurs se rendront aux Etats-Unis pour suivre, du 4 au 13 avril, un stage à l’université de Géorgie au cours duquel ils pourront mieux se familiariser avec la technique du e-learning.

«C’est un défi que nous devons relever, souligne le secrétaire général de l’UVT. C’est tout le système de l’enseignement qui doit se mettre à l’heure des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Notre objectif est qu’en 2006, 20% des modules dispensés dans toute les universités soient enseignés à distance».

La Presse