ICT stakeholders' forum : Tic - le pays se pose en modèle pour l'Afrique

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Sur l'autoroute des Tic (Technologies de l'information et des communications), nombre de pays africains peinent à démarrer. Maurice qui a commencé à accélérer l'allure, pourrait les aider à trouver leurs marques.

L'Africa ICT Stakeholders'Forum, qui se déroule à l'hôtel Le Méridien, Pointe-aux-Piments depuis hier, porte une attention particulière aux pays les moins développés. L'expérience mauricienne sera analysée, tout comme celle de pays ayant réalisé un beau parcours.

Les mesures prises pour faire des Tic le cinquième pilier de l'économie, tant sur le plan des infrastructures, de la législation que du développement des ressources humaines, se révèlent payantes. Le Premier ministre par intérim, Jayen Cuttaree, et son collègue, Pradeep Jeeha, ministre des Technologies de l'information et des télécommunications, ne manquent pas de le rappeler à l'assistance composée de plus de 200 personnes venant de 58 pays, dont une dizaine de ministres africains. "Le gouvernement a lancé des initiatives majeures et innovatrices dans le secteur des Tic. Plusieurs d'entre elles ont amené des changements stimulants et positifs", dit Jayen Cuttaree.

Il est clair, aujourd'hui, que les Tic sont indispensables au développement. Et à ce niveau, les secteurs privé et public jouent un rôle prépondérant. "Nous devrions envisager des partenariats public-privé pour atteindre les objectifs de développement en Afrique", estime Mohan Kaul, directeur général du Commonwealth Business Council. Le but du forum est, après tout, d'identifier des projets qui marchent.

Malheureusement, les pays les moins développés d'Afrique, rongés par la pauvreté, ont d'autres préoccupations : combattre des fléaux comme la famine et les maladies telles que le sida ou la malaria.

Sans l'aide de la communauté internationale, il sera très difficile d'accorder une attention particulière aux Tic. Pour réduire le gouffre technologique entre pays riches et pauvres, note Mamadoun Toure, un des directeurs de l'International Telecommunications Union, "les pays africains ne devraient pas être en compétition mais plutôt se compléter".

Pessimisme mis de côté, le "fossé digital" en Afrique se réduit d'année en année. Les leaders du continent qui ont pour la plupart compris les enjeux des Tics mettent en oeuvre des réformes, ce qui constitue une petite victoire en soi. Le taux de pénétration des télécommunications augmente. De deux lignes fixes pour 100 habitants en 1995, l'on est passé à une moyenne de huit. Plus de 90 % des communications téléphoniques au Congo ou en Mauritanie se font à travers le cellulaire. L'Internet offre des chiffres tout aussi optimistes : de 2002 à 2003, le nombre d'abonnés a augmenté de 30 >% en Afrique. Certes, le taux de pénétration de l'Internet n'est que de 2 %, mais ce chiffre est appelé à augmenter.

Certains pays africains sont considérés comme des cas très difficiles. A fin 2003, 23 pays avaient entre deux et cinq lignes téléphoniques pour 100 habitants tandis que onze autres en avaient moins d'une. L'aide étrangère est donc plus que bienvenue.

L'Express