Nouvelles technologies : les bureaux de poste démocratisent l'internet

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Dès avril, 96 bureaux de poste seront équipés d'un mini-cybercafé . Objectif : rendre l'internet, dans sa version la plus rapide, gratuit et accessible à toutes les régions.

Il y aura des préposés, dans chaque bureau de poste, pour aider les intéressés à mieux utiliser le nouveau service.

La poste continue à explorer sa "cyber vocation". Après sa récente corporatisation, elle se sentait à l'étroit dans sa vieille enveloppe. D'où la nouvelle orientation. Fournisseur d'accès à Internet avec Mauripost.net en 2004, la poste participe depuis à un très ambitieux projet piloté par l'Information & Communication Technologies Authority (Icta) qui commencera en avril.

Dans un premier temps, le projet Community Access Points (Cap) touchera 96 bureaux de poste du pays qui se verront aménager des mini-cybercafés avec accès gratuit à l'internet. Interrogé, le ministre des Technologies de l'information et de la communication, Pradeep Jeeha, a confirmé la gratuité de cet accès. De plus, là où c'est possible, l'usager disposera d'un Internet rapide (ADSL).

"Nous espérons ainsi enraciner la culture des Tic dans les foyers", a déclaré le ministre Jeeha. Dans un deuxième temps, ce sont 35 Community Advice Bureaux ainsi que les 121 centres communautaires du pays, qui pourraient être inclus dans le projet. Cela serait réalisé si la première étape est couronnée de succès.

Les Cap avaient été mentionné pour la première fois en octobre 2003 dans un document présenté à l'Union internationale des télécommunications (UIT), puis tombé dans les oubliettes. Vers la mi-2004, le projet refaisant surface, des cadres s'y sont attelés. Deux appels d'offres, l'un pour la fourniture des équipements, l'autre pour l'accès à Internet, viennent d'être lancés par l'Icta. Le délai de soumission pour ces appels d'offres est prévu pour le 14 février.

Mais pour l'instant, et à la demande du gouvernement, les Cap se limitent aux bureaux de poste. Un protocole d'accord en ce sens a déjà été signé avec Mauritius Post Ltd (MPL).

En emménageant au moins trois ordinateurs reliés à ADSL par bureau de poste, l'Icta espère pouvoir rendre les technologies de l'information et de la communication (Tic) aussi courantes qu'une lettre à la poste. Cela, indépendamment de l'endroit où se trouverait l'usager.

"Avec ce projet, nous toucherons tous les coins du pays", explique en effet Krishna Oolun, directeur exécutif de l'Icta. Dans chaque succursale, une personne devrait être présente pour assister tous les intéressés.

On ne s'arrête donc pas à mettre à disposition des ordinateurs pour rendre plus familiers les Tics. On favorise leur plein usage par chaque citoyen. C'est ainsi que l'autorité régulatrice du secteur des Tic a songé à la gratuité de l'internet.

"Nous pensons financer entièrement le projet par le biais du Universal Service Fund auquel chaque opérateur du domaine des télécommunications contribue", souligne Krishna Oolun. La première phase du projet, qui coûtera plus de Rs 10 millions, sera également financée à travers ce fonds qui est en voie de création avec comme objectif de financer la dissémination des nouvelles technologies.

A travers les Cap, Maurice entend répondre à un des Millennium Development Goals des Nations unies, selon lesquels "l'accès aux Tic est un droit essentiel de l'homme ".

Pour le gouvernement, il s'agit, certes, de faire bonne figure parmi les pays qui ont accès aux nouvelles technologies. Actuellement Maurice est située à la seconde place en Afrique, selon un rapport de l'UIT.

C'est honorable mais peu parlant dans un continent qui connaît la plus faible télédensité au monde. Certains pays ne sont même pas équipés d'un téléphone pour dix habitants.

Pour Maurice, le chemin à parcourir pour se hisser au niveau des pays développés en termes d'accès aux Tic est encore long. L'ambition gouvernementale d'équiper chaque famille mauricienne d'un ordinateur a d'ailleurs dû être revue.

C'est donc après mûre réflexion que le gouvernement a décidé de faire de la poste la carte maîtresse du projet. Pourvu d'un réseau étendu à toutes les régions du pays, il répond aux besoins géographiques du projet.

L'Express