Highway Africa 2009 - Entre football et développement des médias numériques

Actualités de la convergence

La conférence a centré ses débats sur la maîtrise des outils numériques, en particulier l'Internet, et le contenu en vue de la Coupe du Monde de foot 2010.

Marion Obam écrit : « La 13ème conférence des journalistes africains prépare la couverture de la coupe du monde et (aborde les) nouveaux supports de communication.

Les spécialistes de la stratégie en marketing devant ce cas diront que c'est une opportunité en or qu'a su exploiter le Comité d'organisation sud africain de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud. Pour l'ouverture de Highway Africa 2009 du 6 au 8 septembre 2009, conférence annuelle des journalistes africains sur les problématiques de développement des médias numériques sur le continent à Grahamstown, le comité d'organisation a invité les 500 hommes et femmes de médias traditionnels et modernes au Nelson Mandela Bay Stadium à Port Elizabeth. L'extérieur de ce stade ressemble à un nid d'oiseau blanc taillé en petits losanges qui accentuent la forme contemporaine de l'infrastructure qui fera partie des 10 stades qui accueilleront les matchs de la coupe du monde en 2010.

La visite des cinq étages, 37 suites présidentielles avec ascenseurs, issues de secours et pour handicapés, bars et salles de télévision du stade d'une capacité de 48.000 places, a laissé les participants à Highway Africa 2009 sans voix. Danny Jordann, président de ce comité a par la suite fait une présentation des autres stades où on retrouve le Soccer city stadium, le plus grand au monde avec 94.000 places. Pour lui, l'enjeu de ce regroupement "est d'outiller les journalistes pour qu'ils réalisent la meilleure couverture de la coupe du monde 2010. Nous avons tous un énorme défi à relever, tous ensemble parce que nous sommes africains. L'Europe a déjà organisé 18 coupes du monde et nous ce sera la première. Prouvons au monde que nous sommes les meilleurs".

C'est sur cette vague qu'a surfé également Chris Kabwato, le directeur de Highway Africa pour dire aux journalistes, venus de 43 pays africains d'expressions francophone, anglophone et lusophone, que "pour faire mieux que les autres, il faut travailler. C'est pour cela que notre conférence a pour thème cette année : reportage sur l'actualité africaine et la coupe du monde 2010 et le développement des médias pour faire face à la démocratie." Un thème autour duquel une trentaine de sous thèmes et ateliers ont été développés en vue d'apporter des outils aux journalistes et de permettre l'augmentation des capacités en partageant les expériences. Le lien transversal, au-delà des moyens et techniques entre ces éléments, c'est la construction effective de l'autoroute numérique.

Comment être un maillon dans la chaîne de cette autoroute qu'est Highway Africa sans avoir la maîtrise les outils Internet ? Pour Cherrif Sy, conférencier, "les journalistes doivent dépasser le stade basique d'envoyer et de recevoir des emails. Il faut que chaque journaliste puisse créer son blog et participer aux forums de développement. Dans le blog, on n'est pas sanctionné par la ligne éditoriale du journal ou les pressions des financiers du média." Pour Dibussi Tande, "les journalistes africains ont une plateforme extraordinaire avec Internet, car ils peuvent toucher dix fois plus de personnes que le support papier et faire entendre leurs voix plus loin que les barrières naturelles du pays. Mais cela passe par une formation et un recyclage permanent".

Les journalistes sont-ils encore capables de couvrir toute l'actualité de leur pays ? A cette question qui a opposé les journalistes et journalistes citoyens dans la salle de conférence Eden Grove blue de l'Université de Rhodes lundi 7 septembre 2009, John Kaninda, panéliste et correspondant sport en Afrique du Sud pour Radio France international (Rfi), répond par la négative. D'après lui "l'évolution des médias a dépassé les techniques traditionnelles de collecte de l'information. Aujourd'hui avec un téléphone portable ou une caméra amateur, un citoyen donne une information en exclusivité qu'il aurait fallu une journée et de l'argent pour qu'un envoyé spécial le fasse. Le journaliste n'a pas le don d'ubiquité pour être partout et CNN a compris cela et crée une rédaction pour les reportages populaires. Faisons le maintenant dans nos médias pour ne pas rater le train de la modernité".

La majorité des participants de Highway Africa ont effectivement évoqués à travers l'arrivée d'Internet la mort prochaine du média presse écrite. Raison pour laquelle Guy Berger, responsable du département de journalisme et média a préconisé "le développement dans les médias et auprès des journalistes citoyens l'utilisation d'Internet en tant fournisseurs de solutions à la difficulté de survie après la vulgarisation complète du numérique. Il faut rendre les hommes et femmes de médias autonomes face au Tics. Ce n'est pas normal que des participants présents ici n'aient pas d'ordinateurs portables pour communiquer avec le monde sur ce rendez-vous."

Pour les chercheurs, académiciens, praticiens des médias, la presse écrite en Afrique (où 11% ont accès à Internet), a encore du temps pour s'améliorer car en Europe il se pose déjà le problème de la survie du journal papier parce que la bande passante est énorme et permet aux supports numériques, sites, blogs, forums, etc. de diffuser l'information à la seconde près.

Une dizaine d'ateliers pratique sur la construction des sites, les blogs, le journalisme d'investigation, les techniques de reportages avec les Tics,le journalisme citoyen ; le journalisme de développement, etc. ont été ouverts au près de 500 participants pendant deux jours.

Pour Laurent Charles Boyomo Assala, Directeur de l'Esstic, qui prend part aux travaux "c'est une leçon que donne l'Afrique du Sud aux pays africains quand à la préparation d'un évènement. La coupe du monde se déroule en 2010, mais ils ont invités les journalistes de plus de 40 pays pour les former aux techniques de reportage et de couverture de cet évènement. Highway Africa s'appuie sur les applications et équipements Internet, téléphone, twister, sites, etc. peuvent optimiser la qualité de la collecte, du traitement et la rapidité de diffusion. Il faut également saluer le modèle de partenariat qui existe ici entre l'Université de Rodes, les entreprises et gouvernement et enfin la société".

C'est notamment grâce à ce modèle de partenariat que 500 africains, journalistes, chercheurs, académiciens, experts de l'industrie en ligne, société civile et de défense des droits de l'homme ont pu se réunir à Grahamstown pour construire une nouvelle vision du développement des médias sur le continent, améliorer les capacités des hommes de médias et recycler les participants aux nouveaux supports numériques. »

http://fr.allafrica.com/stories/200909080474.html

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