Un nouveau rapport conclut qu’en Afrique, l’ARPU du segment mobile sera en déclin jusqu’en 2013 à l’exception des pays jouant la carte de l’Internet mobile

L'éditorial du mois

Une bonne nouvelle pour les consommateurs se traduit par une mauvaise nouvelle pour les opérateurs. Avec l’extension de la couverture des réseaux et plus de concurrence, l’ARPU baissera dans un certain nombre de pays africains, une tendance à long terme jusqu’au moins 2013. Dans les pays qui exploiteront les opportunités offertes par l’Internet mobile, l’ARPU augmentera.

Les opérateurs mobiles africains sont entrain d’ajuster leurs objectifs et se concentrent sur l’amélioration de leur ARPU plutôt que la croissance du nombre des abonnés. Ils essayent d’enrailler son déclin en rationalisant leurs opérations et en lançant des services « nouvelle génération ».

L’émergence des technologies 3G combinées à la quasi non-existence de réseaux fixes en Afrique offrent une opportunité d’introduire de l’Internet haut débit en conjonction avec des services multimédia et de divertissement.

Balancing Act vient de publier un nouveau rapport intitulé « African Mobile ARPU, Subscriber and Market Size Forecasts (2009-2013) » qui analyse la baisse des revenus dans différents pays et propose des projections du nombre des abonnés ainsi que de la taille des marchés dans les pays sélectionnés.

Les 24 pays figurant dans ce rapport reflètent la diversité des marchés du mobile en Afrique. Certains des pays retenus sont petits en termes de nombre abonnés tandis que d’autres sont beaucoup plus grands. Les pays sélectionnés offrent aussi un éventail d’exemples en termes de taux d’alphabétisation, de croissance du PIB et de langues. Le chapitre d’introduction comprend une analyse détaillée des origines du déclin de l’ARPU. Le rapport identifie les niveaux d’utilisation et les revenus générés dans les différents pays ainsi que les navigateurs utilisés et le contenu qui est accédé.

Parmi les 24 pays analysés dans ce rapport, 17 d’entre eux ont à faire face à une baisse de l’ARPU au court et moyen terme. Les 7 pays restants verront leur ARPU augmenter. L’ARPU n’est pas toujours suffisant pour déterminer la profitabilité mais il y a assez de données permettant son utilisation pour l’évaluation globale de la performance d’une société.

Au cours des trois à cinq dernières années, l’ARPU en Afrique est passé de 10-20 $US à 5-8 $US. Deux raisons principales expliquent ce déclin. En premier lieu, le niveau de concurrence dans le segment mobile est plus élevé et cela a entraîné une guerre des prix : c’est bon pour les consommateurs mais c’est une moins bonne nouvelle pour les opérateurs. Avec l’entrée par exemple de deux nouveaux opérateurs au Kenya portant le nombre total d’opérateurs à quatre, l’ARPU d’Orange Kenya est tombé à 2.67 $US à la fin de 2008 pour remonter par la suite. Zain Ghana a annoncé des chiffres similaires lors de sa récente phase de lancement.

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La seconde raison expliquant le déclin de l’ARPU est relative à l’extension de la couverture des réseaux. En étendant leur couverture, les opérateurs mobiles offrent un accès à des populations moins aisées. En d’autres termes, ils s’étendent à la limite du marché accessible. Avec l’augmentation du nombre d’abonnés dépensant peu, l’ARPU moyen baisse.

Parmi les 17 pays dont la l’ARPU est en baisse, 13 d’entre eux auront à nouveau un ARPU en croissance vers 2013 à la fin de la période des projections. Pour les pays cherchant à augmenter leur ARPU, la clé de leur succès réside dans l’exploitation des revenus potentiels des services mobiles de données : en termes de définition, cela couvre l’ensemble des revenus générés par les SMS et l’Internet mobile.

Pour les opérateurs mobiles, le challenge n’est pas seulement l’ARPU mais aussi une position de leader dans le segment de l’Internet haut débit en Afrique. Au Maroc par exemple, WANA, un outsider, a lancé son offre d’Internet mobile en mars 2007. A la mi-2008, il avait acquis 74% de ce marché sous le nez de son rival bien mieux établi sur le marché. La part de marché de WANA sur l’ensemble du segment Internet s’établit à 19%.

Balancing Act en collaboration avec Intelligent Networx a développé un modèle de projection de l’ARPU spécifiquement pour les marchés mobiles africains qui tient compte du pouvoir d’achat du consommateur, de la maturité du marché en termes de pénétration et du niveau de concurrence qui existe ou qui existera dans le futur. Avec son approche « comparative empirique », le rapport « African Mobile ARPU, Subscriber and Market Size Forecasts 2009-2013 » propose un modèle qui a été testé pendant plusieurs années d’être utilisé. Durant cette période test, le modèle a bien fonctionné offrant une précision considérable. En combinant les projections du PIB et de la croissance du nombre d’abonnés pour chaque pays, il permet de faire des prévisions quant à la valeur globale du chiffre d’affaires du secteur mobile.

Le rapport contient des projections du nombre d’abonnés mobiles, de l’ARPU et de la taille totale de 24 marchés africains sur la période 2009-2013 en conjonction avec une analyse du marché et des statistiques pour chaque pays du nombre d’abonnés et de l’ARPU entre 2003-2008. Au regard des incertitudes quant aux conséquences de la crise économique mondiale sur la région, deux type de projections ont été établis pour chaque pays : une croissance basse ou une croissance élevée. Cela permettra aux lecteurs de choisir les marchés les plus rentables et d’adapter leur politique d’investissement en fonction des potentiels dans chaque marché.

Le rapport intitulé « African Mobile ARPU, Subscriber and Market Size Forecasts (2009-2013) » couvre les 14 pays suivants : Algérie, le Bénin, le Botswana, le Burkina Faso, le Cameroun, le Tchad, le Congo-Brazaville, la Côte d’Ivoire, la République Démocratique du Congo, l’Egypte, le Gabon, le Ghana, le Kenya, Madagascar, le Maroc, le Mozambique, le Niger, le Nigéria, l’Afrique du Sud, le Soudan, la Tanzanie, la Tunisie, l’Uganda et la Zambie. Ce rapport de 180 pages comporte 121 graphiques, 50 tableaux et des cartes détaillées des pays avec la densité de la population, la couverture GSM et les réseaux.

Pour plus d’informations sur le rapport, cliquez sur le lien suivant

http://www.balancingact-africa.com/publications.html

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