Nouvelle taxe de 17 %: Appréhensions et expectations des vendeurs informatiques algériens

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La mise en application de la nouvelle taxe de 17 % comprise dans la loi de finances complémentaire est prévue pour le courant du mois de septembre, ce qui fait réagir les différents opérateurs du marché de l’informatique. De prime abord, les vendeurs appréhendent une baise de l’activité. Par contre, d’autres connaisseurs du marché prédisent une meilleure répartition des activités d’import et de commercialisation du matériel informatique.

Ce marché a connu un certain essor après 2005 où l’importation des équipements informatiques a fait l’objet de plusieurs politiques incitatives par les pouvoirs publics afin de promouvoir cet outil technologique incontournable. Appuyée par une diminution de taxe allant à 8 % au cours de l’an 2008, l’activité commerciale de matériel informatique a prospéré à travers les villes de l’intérieur du pays. A Alger, les magasins de vente se sont multipliés dans les grandes artères et boulevards chics d’Hydra, d’El Biar et de Kouba, en plein milieu de la capitale où s’installent de luxueux magasins de vente d’équipements informatiques aux rues de Ben M’hidi, Didouche et Hassiba. Ce phénomène est également visible à la périphérie de la capitale, en particulier depuis la généralisation de l’utilisation de l’informatique par de larges couches de la société.

Inquiets, les vendeurs de matériel informatique établis à Hussein Dey et Kouba nous expriment leur hésitation quant à la poursuite de leurs activités. « Les téléphones portables envahissent les espaces au détriment d’autres outils informatiques », explique un agent commercial dans un magasin ouvert depuis 2006 au boulevard Tripoli. La vente de microordinateurs semble gênée, ces derniers temps, par la prolifération d’importateurs. Selon notre interlocuteur, les ventes sont en baisse à cause du faible pouvoir d’achat des citoyens. Avis partagé par un vendeur installé à la rue Hassiba. Salim dit avoir des craintes quant à l’impact de la prochaine application de la nouvelle taxe en septembre 2009. « Ça va geler le commerce, qui n’est déjà pas au beau fixe en particulier pendant la saison estivale, en raison des dépenses familiales excessives à l’occasion des vacances et de frais de Ramadhan coïncidant avec la rentrée sociale ». A Kouba, un magasin de vente par facilité se plaint aussi des méventes : « Les clients salariés renoncent à leurs achats sous l’effet de déficit en pouvoir d’achat. Cela n’augure rien de rassurant pour les mois à venir. » A côté, dans l’espace de Data News, ouvert il y a 10 ans, Abderrahmane, technicien en informatique agrégé de l’ESI de Oued Semar, parle de ralentissement des ventes et est carrément pessimiste à propos de la nouvelle taxe. « Contrairement à ce que j’ai constaté l’année passée quand j’étais chargé du commercial dans une société privée à Alger où les ventes de PC, par exemple, étaient très intéressantes, le même marché paraît, ces dernières semaines, en régression. Et il sera paralysé avec la prochaine mise en œuvre de la nouvelle taxe. »

En comparaison de la situation du marché au cours de Ramadhan 2008, la plupart des vendeurs disent qu’il était un mois de prospérité en raison de la diminution de la taxe. Un technicien en informatique évoque l’impact déterminant de la taxe sur ce marché sensible aux fluctuations des prix. « Partout dans le monde, l’augmentation des frais d’imposition ou d’importation des produits conduit à la stagnation du marché en raison de la cherté des prix », explique un professeur à l’université, soulignant également que les conséquences retomberont aussi bien sur le vendeur que sur le consommateur qui, dans ce cas, « aura beaucoup de difficultés pour acquérir un moyen de travail et de vie très sollicité de nos jours. » « Certes, la dimension sociale sera touchée par la nouvelle taxe », lance un agent commercial au fameux espace PC2000 du Vieux Kouba.

S’agissant du mode de paiement, un autre vendeur de PC pense au recours à la formule de facilités de paiement au profit des clients fidèles. A cet effet, les grandes galeries d’équipements informatiques en émergence sont candidates à appliquer ce mode. Ce dernier, estime-t-on, arrangera les accros de l’Internet qui sont prêts à consentir des sacrifices supplémentaires pour l’acquisition et l’usage des TIC, devenues vitales à l’ère de la mondialisation. Face à cette situation, certains estiment que le marché verra, après l’augmentation de la taxe, une répartition des rôles entre opérateurs : les importateurs vont se regrouper en petits cartels afin de diminuer les charges de l’importation. Les vendeurs en détail, pour leur part, vont se spécialiser : vente de micros, vente d’écrans, vente d’accessoires, vente de téléphones portables… Ainsi, « une sorte de redéploiement des activités commerciales relatives au matériel informatique sera de mise », prévoit un chercheur en informatique à l’INPTIC des Eucalyptus.

IT Mag