Côte d'Ivoire: Le patron de Koz s’explique sur les prix de l'interconnexion

Actualités Télécom

Bien connu dans les milieux ivoiriens de la téléphonie cellulaire, François N'zé, directeur général de Koz', jette un regard sur l'épineux dossier de l'interconnexion entre les opérateurs de la téléphonie.

Pensez-vous que tous les opérateurs du secteur sont logés à la même enseigne ?

En théorie, tous les opérateurs sont logés à la même enseigne, avec des règles définies par le code actuel. Il peut cependant apparaître que, du fait des intérêts en jeu, des groupes se forment. Cela a été le cas lors des discussions sur les interconnexions en 2008. La loi dit que nous sommes obligés de connecter et les prix se fixent librement. Mais les anciens opérateurs se contentent de leur parc acquis et attendent de récolter le prix de l'interconnexion. Et en Côte d'Ivoire, le quotient est le plus élevé de l'Afrique de l'Ouest. Il était de 57 francs par minute en 2008. Des efforts ont été faits pour parvenir à un accord, et il est passé à 45 francs en 2009. Cette année, nous nous battons pour qu'ils fassent encore mieux. Mais pour 2010, on parle de 43 francs. Ce qui n'est pas très bon pour les consommateurs. Cela dit, nous avons tous la loi implacable de l'offre et de la demande : c'est le marché qui sanctionne nos actions à nous tous.

Quelle est la situation de la téléphonie cellulaire ivoirienne par rapport aux autres pays de la sous-région ?

Selon les statistiques de l'ATCI (ndlr, le régulateur), le secteur enregistre 3 millions de nouveaux abonnés en 2009 contre 2 millions en 2008. Ce qui montre que le marché croît toujours. En ce qui concerne Comium-ci, grâce à nos deux marques, nous sommes parvenus en 2009 à capter des parts de marché. Ce qui nous conforte dans l'idée que Comium pourrait parvenir à la 3ème place en 2010 après seulement 3 ans d'activité contre une douzaine d'années pour les leaders de ce marché.

On dit souvent que le gouvernement a été surpris par l'ampleur du phénomène. Quelles sont, selon vous, les mesures qui ont été négligées et qui peuvent plomber le secteur aujourd'hui ?

Il n'y a pas que les gouvernements ou les groupes internationaux qui aient été surpris par le boom de la téléphonie mobile en Côte d'Ivoire ou en Afrique. Les spécialistes avaient fondé leurs prévisions sur le PNB (ndlr, produit national brut) par habitant, le niveau de vie, l'indicateur de seuil de pauvreté. En 1996, le business plan des premiers opérateurs indiquait 100.000 abonnés au bout de la deuxième année, mais ce fut le million d'abonnés. Cela a amené les entreprises de téléphonie à adapter leurs investissements techniques ou en ressources humaines.

L'ATCI lance une campagne visant à identifier chaque utilisateur de téléphone cellulaire. En tant qu'opérateur, que pensez-vous de cette mesure ?

C'est une exigence règlementaire mais aussi stratégique. Si nous voulons satisfaire les attentes de nos abonnés, il nous faut les connaître et les identifier. Mais le challenge porte aussi sur l'environnement sociopolitique actuel et sur les coûts de cette identification. Nous pensons qu'une part de ce coût devrait être supportée par l'Etat. Sous forme de déduction de nos charges ou des redevances ou encore des taxes prélevées par l'ATCI ou même le fonds de régulation des Télécoms au titre de l'accès universel.

Notre Voie