Faible taux de pénétration des TIC dans les entreprises algériennes

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Le niveau d'appropriation des technologies de l'information et de la communication (TIC) par les entreprises algériennes, tous secteurs et dimensions confondus, est encore assez faible. Comment expliquer une telle frilosité alors que l'efficacité des TIC dans l'amélioration des performances des entreprises n'est plus à démontrer ? C'est sur cette question que se sont penchés les invités de la conférence sur «les TIC et les entreprises» au centre de presse d'El Moudjahid.

Le directeur général au ministère de la Poste et des Technologies de l'information et de la communication (MPTIC), Cherif Ben Mahrez, se référant à une étude du Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (CREAD), dira que les entreprises algériennes affichent une frilosité envers l'usage des TIC. L'enquête menée en 2008 a dévoilé que, sur près de 593 000 entreprises, dont 95% sont des microentreprises, 82% sont connectées au réseau Internet et 75% seulement en font réellement usage. 4 à 5% d'entreprises disposent d'un site Web et, dans ce nombre, on compte beaucoup d'entreprises employant plus de 20 personnes.

En ce qui concerne les entreprises versées dans les TIC et qui font dans la distribution et la vente, l'étude en dénombre 25%. Celles qui fournissent des services dans ce domaine sont, en revanche, très peu nombreuses, 3% seulement. L'étude du CREAD révèle également que les entreprises spécialisées dans la création de sites sont moins de 1%.

A propos des sites créés, le représentant du ministère a rappelé qu'ils sont passés de 10 000 (total : 2007) à 50 000 en une année (2008). «Nous ne disposons pas de données fiables puisqu'une autre étude a révélé que 40% des entreprises en activité disposent au moins d'un micro-ordinateur et que moins de 20% sont connectées», dira Ben Mahrez. Selon cette deuxième enquête, le taux de pénétration des TIC au sein de nos entreprises est de 4,1%.

A propos du faible intéressement des entreprises aux TIC, le président de l'association Afti, Bouzar Mohamed, dira : «Tant que nos entreprises n'arrivent pas à admettre que l'introduction de l'outil virtuel (TIC) peut leur assurer la rentabilité de leurs activités, le taux actuel de pénétration restera sans changement important.»

De son côté, le directeur de l'Université de formation continue (UFC) a émis des griefs au programme e-Algérie 2013, affirmant qu'il aurait été préférable «de se pencher sur l'usage de la stratégie (e-Algérie 2013) avant son application et cela pour une meilleure utilisation». «L'outil idoine serait de créer un observatoire des usages des TIC en Algérie, faute de quoi on risque d'investir beaucoup mais avec une rentabilité moindre», ajoutera-t-il.

Le programme e-Algérie 2013 a trois objectifs : soutenir l'appropriation des TIC par les PME, développer les applications pour l'amélioration des performances des entreprises et développer l'offre de services en ligne par les entreprises.

La Tribune