Burkina Faso: “Que les femmes fassent leur la semaine nationale de l'Internet"

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La Ve édition de la Semaine nationale de l'Internet (SNI) se déroule du 22 au 30 mai 2009 sous le thème "TIC et genre". Actuellement, le ministère des Postes et Technologies de l'information et de la communication (MPTIC) fait les derniers réglages pour réussir la manifestation. Dans cette interview, le secrétaire général du MPTIC, Lamoussa Oualbéogo, en même temps président de comité national d'organisation de la SNI situe l'état des préparatifs. Il évoque aussi, entre autres, le bien-fondé de l'événement, le thème de la présente édition, de même que les activités-phares qui y sont prévues.

Sidwaya (S.) : Pouvez-vous revenir sur le bien-fondé d'organiser une Semaine nationale de l'Internet (SNI) au Burkina Faso ?

Lamoussa Oualbéogo (L.O.) : l'idée d'organiser une Semaine nationale de l'Internet (SNI) qui n'est pas un événement ponctuel mais annuel, est un engagement. L'objectif principal est de promouvoir et de vulgariser l'Internet d'abord, et les autres technologies de l'information et de la

Lamoussa Oualbéogo : "Nous comptons former durant la SNI, plus de dix mille personnes dont 52% de femmes".

communication, ensuite, sur tout le territoire du Burkina Faso. Le gouvernement en adoptant une démarche, une vision de ce qu'il veut de la société de l'information pour notre pays, a inscrit en lettres d'or cette manifestation de la SNI. Cette promotion entre dans la dynamique de créer au Burkina Faso une société d'information et de savoir. Cela est à saluer et est un idéal que nous nous efforçons d'atteindre en organisant régulièrement ces journées de sensibilisation, de formation, d'interpellation. C'est une démarche qu'il convient d'avoir et ne jamais se lasser de faire. En effet, c'est très important que les populations s'approprient les nouvelles technologies.

S. : En quoi consiste la tâche dévolue au comité national d'organisation de la SNI ?

L.O. : Déjà, au niveau du Ministère des Postes et des Technologies de l'information et de la communication (MPTIC), nous avons décidé d'organiser la SNI.

Ce n'est pas seulement le MPTIC qui est concerné, mais plutôt tous les ministères. Notre ministère a pour rôle de créer les conditions d'organisation, de coordination des activités. Le MPTIC doit également susciter l'engagement des partenaires et des acteurs pour créer la synergie autour de cette semaine. C'est pourquoi nous avons mis à jour, un comité national d'organisation de la SNI qui regroupe non seulement les cadres du ministère mais aussi, ceux des autres ministères.

S. : A quelques jours de la Ve édition de la SNI, où en est-on avec les préparatifs ?

L.O. : A la date d'aujourd'hui (ndlr : lundi 18 mai 2009), nous pouvons dire que tout se passe bien. Nous sommes satisfaits. Il y a un engagement visible des acteurs du secteur, des partenaires au développement, du gouvernement.

A l'heure actuelle, les choses vont bien et nous allons sûrement réussir cette semaine.

S. : pourquoi avoir choisi le thème "TIC et genre" pour cette édition de la SNI ?

L.O. : Je voulais d'abord rappeler que chaque année, nous essayons de trouver un thème accrocheur à la semaine. L'année dernière, nous avions choisi, "TIC et environnement". Avant cela, il y a eu "TIC et décentralisation", "TIC et éducation" et "TIC et santé". Vous voyez que ce sont des thèmes clé du développement. Lorsque vous considérez aussi les référentiels de notre développement, vous verrez que ce sont les éléments essentiels qui interviennent.

Dans notre cyber stratégie nationale, ce sont des éléments sur lesquels nous nous appuyons pour construire notre développement. Vous le savez également, nous sommes majoritairement, près de 52% de femmes. Nous ne pouvons pas nous développer et lutter contre la pauvreté si cette composante de la population est ignorée. C'est normal qu'après avoir traité d'autres thèmes, nous puissions nous pencher sur cet aspect. Tous les acteurs que nous avons rencontrés ont estimé que le thème : "TIC et genre" était vraiment pertinent, au regard du rôle que joue le genre. C'est vrai que nous voyons plus le côté femme quand nous parlons de genre, mais il y a d'autres aspects du genre liés à tous ceux qui sont marginalisés. L'accent est mis sur la femme en ce sens que c'est le côté visible quand on évoque le genre.

S. : Quelle sont les activités-phares retenues pour l'édition 2009 de la SNI ?

L. O. : Ce sera assez classique. Nous aurons d'abord une journée officielle de célébration de la fête de l'Internet. Cette cérémonie a lieu le 22 mai et sera sous le haut parrainage du Premier ministre, Tertius Zongo. Il faut noter que notre semaine est placée sous le haut parrainage de l'épouse du chef de l'Etat, Mme Chantal Compaoré.

Ensuite, nous aurons comme autres activités, des campagnes d'initiation à l'Internet. Ce seront des formations aux TIC adressées essentiellement aux femmes, puisque nous voulons nous conformer au thème. 52% de ceux que nous voulons former seront des femmes, à l'image de leur représentation sur le plan national. Nous avons un objectif de former plus de dix mille personnes. Avec l'engagement de nos partenaires, nous comptons dépasser ce chiffre. Nous comptons même atteindre le chiffre de 13 000 formés. En marge de ces formations, nous allons engager des conférences-débats, sans oublier la Journée des logiciels libres et celle dite "Journée sans papier".

La "Journée sans papier" est une innovation que nous apportons par rapport aux autres éditions. Après, il y aura le salon des TIC qui regroupera des exposants, venus du Burkina Faso et d'Asie, notamment la République de Chine qui va envoyer huit entreprises des TIC.

Ce sont là les activités principales auxquels il faut ajouter des ateliers, des diffusions de films sur les TIC, etc.

La nuit du Web viendra corroborer la semaine.

Ce sera une occasion de récompenser les meilleurs concepteurs de sites Web.

S. : De façon générale, après chaque édition de la SNI, sentez-vous qu'il y a un changement positif, un engouement pour les TIC ?

L.O. : L'accès à l'information, c'est tout un programme. Notre rôle en tant que gouvernement c'est de créer les conditions de développement, de promotion du domaine. Il faut favoriser également l'accessibilité. En regardant la politique du gouvernement en matière de développement de ce secteur, vous verrez que l'Etat a mis un cadre réglementaire qui permet la concurrence.

L'évolution du secteur montre qu'avant 1998, il n'y avait qu'un seul opérateur (Ndlr : ONATEL) qui faisait tout. A partir de 1998, il y a eu une loi ayant permis de libéraliser le secteur, avec l'entrée de nouveaux opérateurs, de nouveaux régulateurs.

Cela a favorisé l'augmentation du nombre d'abonnés.

Pour illustrer, nous disons qu'au début, il y avait 30 000 à 35 000 abonnés mobiles. Aujourd'hui ce nombre a dépassé les trois millions. Les conditions que le gouvernement a créées a permis donc un bond qualitatif et quantitatif dans le domaine.

C'est dire qu'en ayant un cadre légal adapté, le secteur va se développer de façon efficace. Et les résultats sont visibles. C'est plus de 60% de taux de croissance par an. Tout ce que nous faisons vise à permettre au secteur des TIC de se développer.

Le gouvernement a une vision à travers les cyber stratégie adoptée en 2004. En plus, chaque année, en organisant la Semaine national de l'Internet (SNI), nous voulons rappeler aux uns et aux autres qu'il ne faut jamais se lasser de sensibiliser, d'interpeller pour que les populations s'approprient cette technologie. Notre rôle n'est pas de faire quelque chose de ponctuelle, puis s'arrêter. Il faut faire tout le temps.

Sidwaya