Lancement au Sénégal d’un opérateur virtuel (MVNO) : Les mises en garde du Restic

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Le premier opérateur mobile virtuel a l’initiative du Groupe Sonatel et de Kirene Mobile a été lancé le 26 mai à Dakar. Après avoir salué cette innovation, le Rassemblement des entreprises du secteur des technologies de l’information et de la communication (Restic) a émis quelques réserves sur les probables bouleversements que cela pourrait engendrer.

Selon le Restic, les rapports de force concurrentiels entre les trois opérateurs mobiles et l’animation dans le secteur de la téléphonie mobile seront de toute évidence bouleversés par le prochain lancement du premier opérateur mobile virtuel à l’initiative du Groupe Sonatel et de Kirene Mobile.

Le Restic, à travers un communiqué qui nous est parvenu, note que : « un opérateur mobile virtuel (Mvno) ne dispose pas de réseau, mais achète en volume des minutes et des données à un opérateur mobile historique ou de réseau (Opérateur hôte) pour pouvoir commercialiser des services mobiles sous sa propre marque ».

La même source de préciser que « dans tous les pays, l’apparition des Mvno a été précédée par des séries de consultations publiques entre acteurs et parties prenantes du secteur pour réglementer, réguler et encadrer le marché naissant de gros (opérateur ôte) et de détail (opérateurs virtuels) ».

Le Restic estime que : « il n’en est rien dans notre pays, d’ailleurs l’apparition tardive des Mvno dans un marché local du mobile pénétré a plus de 60%, au bord de la saturation, ou tous les segments, niches et poches de clientèles sont déjà adressées par les opérateurs existants ne produira aucune valeur ajoutée dans le secteur, à l’évidence les Mvno ne seront qu’un moyen pour consolider les parts de marchés et préserver les marges ».

Par contre, estime cette organisation, « le lancement de Mvno aurait toute son utilité pour booster l’accessibilité à l’internet pour les ménages et la connectivite moyen et haut débit pour les professionnels, entreprises et institutionnels ». En effet, fait remarquer le Restic, « sur plus 1 200 000 foyers et ménages que compte le Sénégal, selon les statistiques officielles, seules 50 000 a 55 000 foyers ont un abonnement internet ». La même source pense que « si l’opérateur historique leader avait fait montre d’un esprit d’ouverture et d’anticipation à l’endroit de candidats au dégroupage comme c’est le cas aujourd’hui pour les candidats aux réseaux virtuels, le Sénégal aurait un tableau plus reluisant en termes d’accès universel à internet et la connectivite moyen et haut débit serait à foison ».

C’est ainsi qu’il fait savoir que : « Notre Trade Group, le Rassemblement des Entreprises du Secteur des TIC n’acceptera que Kirene mobile soit un quatrième opérateur de fait et compte inviter l’Artp à prendre ses responsabilités conformément à sa mission ».

Cependant, il souligne qu’il reste « très favorable » à l’essor des Mvno à condition qu’ils contribuent à plus de fluidité et de dynamisme dans le secteur des télécoms et réseaux. Pour le Restic, « le tarif low cost, la souplesse organisationnelle, la réactivité commerciale des MVNO doivent contribuer à renforcer la concurrence et contribuer à atteindre partout et satisfaire l’utilisateur final ».

Sudonline