Vivendi lorgne sur Zain en Afrique

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Le géant français des télécommunications, Vivendi, auraient entrepris des négociations avec le koweïtien Zain pour le rachat de ses activités en Afrique, où il compte près de 40 millions d'abonnés. L'acquisition pourrait se faire par échanges de titres où via la filiale de Vivendi en Afrique, Maroc Télécom.

Déjà bien implanté en Afrique subsaharienne via sa filiale Maroc Télécom, le géant français des télécommunications, Vivendi, cherche à accroître ses marges de croissance sur le continent émergent en lorgnant les activités africaines de l'opérateur koweïtien Zain, leader en Afrique.

Le groupe français serait en train de négocier le rachat des activités africaines du koweïtien Zain, une opération qui pourrait atteindre 10 milliards de dollars et qui donnerait à Vivendi une présence dans une vingtaine de pays d'Afrique, avec les marges de croissance que cela représente.

Dans la course au marché africain, France Télécom est en pleine bataille pour asseoir son contrôle sur l'opérateur égyptien Mobinil et ses 21 millions d'abonnés. Pas de quoi effrayer Vivendi qui vise la récupération de pas moins de 40 millions d'abonnés en Afrique avec les filiales de Zain.

Depuis que les rumeurs de ces négociations ont filtré dans les médias koweïtiens et nigérians, aucun démenti n'a été communiqué par les deux opérateurs, qui ont même évoqué la possibilité d'une telle opération.

Celle ci pourrait se faire de deux manières, soit une fusion entre Vivendi et Zain par échange de titres, qui serait une opération lourde et financièrement risquée pour l'acquéreur français, ou encore l'acquisition des actifs de Zain en Afrique par Maroc Télécom, filiale à 53 % de Vivendi.

A cet sujet, «si des dossiers circulent, nous les regarderons mais rien n'est imminent», a déclaré le porte-parole de Vivendi.

Des analystes expliquent à cet effet que «les koweïtiens pèsent lourd en Afrique depuis le rachat de Celtel en 2005 pour 3,4 milliards de dollars, mais leur croissance s'est faite en cassant les prix du mobile au détriment de la marge. Et ils ont des problèmes avec les autorités politiques dans certains pays».

Présent dans 23 pays du Golfe persique jusqu'à l'Afrique des Grands Lacs et Madagascar, avec près de 65 millions d'abonnés, Zain présente un marché plus qu'opportun pour récupérer les marges de croissances africaines de l'activité mobile.

Mais cela a un prix, un prix non négligeable avec la montée en puissance de l'opérateur koweïtien qui pèse aujourd'hui pas moins de 4,8 milliards de dollars à la Bourse de Koweit City, soit 12,3 milliards d'euros.

Parallèlement, Vivendi a chuté de 25 % depuis le 1er janvier dernier et pèse aujourd'hui 20,6 milliards d'euros. Un rapprochement entre les deux groupes créerait donc un géant du mobile avec un total de 105 millions d'abonnés, sachant que Vivendi en compte 40 millions répartis à égale mesure entre ses filiales SFR et Maroc Télécom.

Fin 2008, Vivendi supportait une dette nette de 8,3 milliards d'euros, de quoi freiner les ardeurs du groupe français, surtout dans la morosité de la conjoncture financière mondiale actuelle. Des paramètres qui pourraient inciter Vivendi à privilégier une opération moins ambitieuse.

De son côté, la dette de Zain, évaluée à 5,4 milliards de dollars, est essentiellement portée par les différentes branches africaines. Les 16 opérateurs contrôlés par Zain sur le continent pourraient donc valoir environ 10 milliards de dollars, dette comprise. Or, dans certains pays comme Madagascar, la facture mensuelle moyenne est inférieure à 8 dollars.

Du reste, le géant français des télécommunications ne pourra pas feinter le marché africain. Alors que l'Inde a déjà été conquise par le britannique Vodafone et l'Amérique du Sud par l'espagnol Telefónica, le continent africain fait un peu figure de dernier eldorado du mobile.

Orange est devenu le premier opérateur en Afrique avec 45 millions d'abonnés dans 15 pays (dont l'Egypte, la Côte d'Ivoire ou le Sénégal), alors que Vivendi en compte 20 millions dans quatre pays (notamment le Maroc, la Mauritanie, le Burkina Faso et le Gabon) à travers sa filiale Maroc Télécom.

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