Processus de privatisation de la SOTELMA: La machine s’est-elle grippée ?

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L’ouverture du capital de la Sotelma (à hauteur de 51%) avait suscité l’engouement de plus d’un opérateur de télécommunication à travers le monde. Où en sommes nous aujourd’hui avec le processus de privatisation ?

Lancé depuis plusieurs années, le processus de privatisation de la Sotelma devait connaître son épilogue au premier trimestre de l’année en cours. Hélas, force est de reconnaître que de nos jours, encore ce chronogramme initialement fixé a été largement dépassé.

Le processus, à la limite semble grippé dans son entièreté. Car, depuis un certain moment, les autorités en charge du dossier n’en parlent plus.

A en croire le chef de la cellule technique en charge de la privatisation (au niveau de la Sotelma), M. Sidibé, le département de la Communication et des nouvelles technologies, ne donne aucune information depuis bientôt un certain temps.

Encore, faudra t-il être dans le secret des dieux pour savoir ce que le département prépare ?

En effet rien ne filtre comme information par rapport à la question.

Approché par nos soins, M. Youssouf Diaouné, Conseiller technique au ministère de la Communication et des Nouvelles Technologies, nous a sèchement dit qu’il ne saurait pour le moment se prononcer sur la question.

On se rappelle que, la Société marocaine (Maroc Telecom) avait fait l’offre la mieux disante lors de l’ouverture des plis le 15 janvier 2009.

Ainsi, à la faveur de la conférence des investisseurs tenue en juillet 2008, à Paris, 18 Sociétés avaient été pré qualifiées pour la reprise des 51% d’actions de la Sotelma ; dont Zain Télécommunications, Vodafone, MTN, Deutsch Telecom, Tunisie Telecom, Maroc Telecom, Sudatel, Alwal Telecom, Saoudia Telecom, Portugal Telecom…

Au regard de l’engouement suscité, chez les investisseurs étrangers, l’Etat avait même revu à la hausse le prix de la transaction en le faisant porter de 80 à 200 milliards de F CFA.

Toute chose qui affichait clairement ses ambitions d’ouvrir 51% du capital de l’opérateur historique de télécommunication.

L’offre de la firme marocaine était de loin la mieux-disante avec 250 millions d’euros, soit quelque 164 milliards de F CFA, contre 110 millions d’euros pour son suivant immédiat et seulement 80 millions d’euros pour le troisième.

Aussi, la commission d’évaluation avait-elle déclaré sans difficulté, Maroc Télécom, adjudicataire provisoire de l’appel d’offres international. Seulement voilà : deux semaine après cette adjudication, l’Etat a déclaré l’appel d’offre infructueux pour, semble-il, un manque de transparence.

Il faut noter que la société Sotelma, contrairement à ce que l’on pouvait croire, se portait relativement bien, avant qu’elle ne soit promise à être privatisée.

C’est du moins ce qui ressort des révélations faites par le chargé d’audit de la société. «L’opérateur historique de téléphonie au Mali a enregistré un chiffre d’affaires, de plus de 70 milliards de F CFA en 2007 et un bilan de 176 milliards de F CFA la même année. En outre, le déficit budgétaire, qui était estimé à 12 milliards de F CFA, a été absorbé de moitié en 2008 », a-t-il signalé.

Dès lors, l’on comprend aisément l’énorme potentialité qu’offre le marché malien, et pourquoi les repreneurs se bousculent au portillon

En déclarant l’offre marocaine infructueuse, le gouvernement n’a d’autre choix que de réorganiser dans la transparence, le processus dans son entièreté.

Mais une chose est bien certaine ; si d’éventuel prétendant il y a pour le rachat des 51% d’actions de la Sotelma, l’Etat malien pourrait perdre beaucoup d’argent.

A rappeler que la répartition des actions de la Sotelma désignait un partenaire stratégique qui aurait le contrôle de 51 % des actions, le reste des actions était ouvert aux travailleurs de la Sotelma pour 10%, au grand public pour 19%, et à l’Etat malien pour 20%.

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