Un 3e opérateur pour doper le mobile au Cameroun

Actualités Télécom

Le Cameroun doit se dépêcher d’accueillir son troisième opérateur mobile. A croire le rapport de Pyramid Research, celui-ci devrait entrainer la baisse des tarifs et le doublement du taux de pénétration.

« Le Cameroun se caractérise par des prix à la minute élevés et un faible taux de pénétration par rapport au PIB par habitant, avec seulement 30% fin 2008 », indique le rapport Communications Markets in Cameroon (les marchés de la communication au Cameroun) publié le mois dernier par Pyramid Research, la filiale de recherches en télécommunication de Light Reading Communications Network.

Cette situation, estime le rapport de 23 pages réalisé par Mme Yejide Onabule, analyste chez Pyramid Research, est appelée à se modifier rapidement. L’arrivée d’un troisième opérateur de téléphonie mobile et l’augmentation de l’utilisation des services mobiles devraient entraîner la baisse des prix, grâce à la pression réglementaire. Le rapport prévoit plus que le doublement du taux de pénétration du mobile au cours des cinq prochaines années, en passant de 36%, estimation pour 2009, à 80% en 2014.

« Il existe actuellement trois grands acteurs sur le marché des télécoms au Cameroun : l’inamovible CAMTEL, qui domine le marché du fixe, et MTN et Orange qui se partagent celui du mobile », peut-on lire dans le rapport.

L’arrivée annoncée de CAMTEL sur le marché de la téléphonie mobile, estime l’auteur du rapport, « affectera notamment la part de marché de MTN, tandis qu’Orange conservera une position plus stable ».

Fausse alerte !

CAMTEL, en effet, va bénéficier de sa qualité d’unique opérateur sur le réseau filaire fixe qui va lui conférer un avantage en tant que fournisseur de services combinés. Toutefois, il lui faut d’abord réussir son processus de privatisation.

Son arrivée comme troisième opérateur est annoncée depuis longtemps. En mai 2006 déjà, la mise en service de Cameroon Mobile Telecommunications, sa filiale mobile, avait été annoncée avec un capital social de 600 millions de FCFA, 900 000 euros. Depuis, rien de concret malgré plusieurs déclarations jusqu’en décembre 2008. Le ministre d’Etat des Postes et Télécommunications, Bello Bouba Maigar, informe alors les parlementaires de son entrée en service. Fausse alerte, une nouvelle fois, puisque l’appel d’offres pour sa privatisation était déclaré infructueux par le ministre des Finances dans un communiqué en date du 15 janvier dernier. « Au terme du processus d’évaluation des deux propositions techniques et financières reçues par rapport à la stratégie et aux objectifs fixés par les autorités en matière de développement du secteur des télécommunications, le gouvernement a décidé de déclarer infructueux ledit appel d’offres ! Une nouvelle stratégie de réforme sera définie dans la perspective d’un partenariat public-privé permettant d’accompagner financièrement et techniquement le développement de Camtel. »

L’évolution du marché, ainsi liée à la réussite de la privatisation de CAMTEL, suppose aussi que par la suite les trois opérateurs investissent dans la modernisation

Les Afriques