Quand l'informatique chinoise délocalise en Afrique

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Une nouvelle intéressante a retenu mon attention dernièrement, le spécialiste de l'électronique et de l'informatique China Great Wall Computer (CGWC) a signé à la fin du mois de mai 2009 la mise en place d'une joint venture en Algérie en vue de construire localement des cartes mères pour micro-ordinateurs portables.

Grande « première en Afrique », selon Nouar Harzallah, le directeur de l'Eepad - l'Établissement de l'enseignement professionnel à distance -, partenaire algérien du projet. Il s'agit, selon lui, « d'une délocalisation totale de l'usine et des machines de fabrication du partenaire chinois ». L'idée étant à terme de proposer des ordinateurs portables à prix réduit pour le marché local et régional. Rien d'exceptionnel me direz-vous, les Chinois investissent depuis longtemps à l'international et Lenovo s'est bien offert la branche PC d'IBM en 2005 alors que Great Wall Computer sera minoritaire avec 30 % de la joint venture en Algérie. Mais ce qui change ici, c'est le but de la démarche.

Alors que pour Lenovo, le rachat d'IBM était fait pour bénéficier du transfert technologique et surtout s'offrir une image de marque à l'international, CGWC suit une autre logique. Pour gagner des parts de marché au Maghreb, le groupe reprend la stratégie d'implantation des entreprises occidentales... en Chine ! En échange de créations d'emplois et de transferts de technologies, des géants comme Microsoft ou Dell ont pu se faire une place sur le marché chinois avec la bénédiction des autorités locales. Aujourd'hui, CGWC fait exactement pareil en Algérie avec l'ensemble de l'Afrique en ligne de mire.

« Je ne vois pas ce qui t'étonne dans cette affaire, s'irrite un ami chinois, consultant IT à Pékin. Les groupes d'ici sont matures désormais et ils vont vers les nouveaux marchés comme l'Amérique latine ou l'Afrique. D'autant qu'ils ont souvent financièrement plus à l'aise que leurs concurrents occidentaux. La roue tourne, c'est tout ! »

Effectivement, la roue tourne et la crise accélère encore la « vitesse de rotation ». On verra peut être un jour un holding panafricain investir massivement dans la high tech à l'international mais pour l'heure, c'est la Chine qui a le vent en poupe.

01net