Cyberjournalisme - Quand la toile donne des ailes aux journaux camerounais

Actualités de la convergence

Le journal en ligne est né pour un public plus diversifié, avec ses règles, son langage et ses corps de métiers.

Un clic sur l'adresse Internet d'un quotidien paraissant à Yaoundé. Une page s'affiche, presque pareille à la Une de l'édition papier. Avec des liens à volonté. Une bannière s'anime, faisant défiler les grands titres d'ouverture... Langage rébarbatif pour initiés ? Sans aucun doute. La toile a son jargon et le journalisme en ligne n'y échappe pas. Ici on parle d'ailleurs davantage de cyberjournaliste ou de cyberécriture pour désigner la personne qui exerce ce métier, d'une part et l'activité qu'elle pratique, d'autre part. Un domaine où gravitent du reste d'autres corps de métiers, infographes et web masters notamment.

Aujourd'hui tout journal qui se respecte possède sa version en ligne. Il naît aussi des journaux qui ne paraissent que sur le net. Simple effet de mode ? « Non ! » répond sans hésitation, Alain Blaise Batongué, directeur de publication (Dp) de « Mutations » pour qui le journal en ligne permet d'informer les Camerounais de la diaspora et tous ceux qui se trouvant à l'étranger, s'intéressent à ce qui se passe au Cameroun. Un défi difficile à relever avec un journal papier.

Au quotidien « Le jour », des raisons similaires ont amené les responsables à créer une édition en ligne. Diamoun Moussa, responsable de cette édition, trouve une complémentarité entre les deux versions du journal. Voire de retombées financières en rapport avec la création de bannières pour la publicité en ligne. Cette possibilité de gain s'ajoute à l'économie d'intrants, à l'instar des encres ou du papier et se soustrait aux charges de la distribution de l'édition papier qu'épargne le net.

Les avantages du cyberjournalisme ne s'arrêtent pas là. L'édition en ligne, parce que plus souple, est plus rapide. La disponibilité sur la toile, dès la veille, des informations contenues dans l'édition matinale, renforce la crédibilité du journal, selon le Dp de Mutations : « Les principales radios internationales reprennent ces nouvelles et nous citent dans leur revue de presse ». L'archivage constitue aussi un argument non négligeable que relève Diamoun Moussa : « Les recherches sont devenues faciles sur le net pour le lecteur qui voudrait retrouver des informations diffusées dans une édition antérieure ou pour le journaliste soucieux d'enrichir son papier ». L'archivage est un domaine où compte s'investir à fond Cameroon Tribune Online, au service de ses 70. 000 visiteurs/jour.

On le voit, la crainte de voir mourir la presse écrite à cause d'Internet n'a pas de place au Cameroun. La toile donne plutôt une envergure nouvelle à nos journaux. Lesquels auront intérêt à mieux se référencer auprès des moteurs de recherche et à protéger leurs textes qui aujourd'hui profitent davantage à des portails d'informations, lesquels collectent et regroupent les articles de plusieurs journaux.

(Source : Cameroon Tribune)