La privatisation de Bénin Télécoms S.A. est irréversible

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Le ministre de la Communication, Désiré Adadja a échangé hier à Cotonou avec le personnel de Benin télécoms au sujet de la mesure de privatisation de la société décidée par le gouvernement et qui suscite de vives réactions. Pour M. Adadja, la mesure de privatisation de Bénin Télécoms est une option à la fois responsable et incontournable pour sortir l'entreprise du gouffre.

«Aujourd'hui, il n'y a plus de secteur de télécommunication sous monople ». Cette affirmation, Désiré Adadja l'a martelée plusieurs fois lors de la rencontre qui a duré plusieurs heures. Expert en télécomunication, dirigeant de cette structure durant plusieurs années, Désiré Adadja et le gouvernement auquel il appartient sont convaincus que la privisation de Benin Télécom constitue, dans le contexte actuel, la seule alternative possible pour éviter le dépôt de bilan et la mise en liquidation pure et simple de la société.

«C'est une question grave qu'on doit éviter d'aborder avec légèreté », a indiqué le ministre de la Communication. Selon M. Adadja, la principale raison de la mesure de privatisation tient au fait que l'Etat n'a pas la capacité de faire face à la concurrence implacable dans ce secteur en pleine évolution. Il n'y a que les promoteurs privés pour maîtriser les contraintes modernes de ce secteur et le rentabiliser «L'Etat ne peut plus avoir la réactivité nécessaire pour répondre à la concurrence dans ce secteur», a longuement expliqué le ministre de la communication. Le rôle de l'Etat consiste aujourd'hui à réguler et à encadrer le secteur. Aux impératifs liés aux contraintes du secteur de la télécommuniaction, viennent se greffer quelques spécificités présentées par Bénin Télécoms qui est une société très endettée. La société traîne en effet une ardoise de plus de 200 mlliards F.cfa. Depuis cinq ans, elle n'a plus produit d'états financiers. Ces créanciers ont plusieurs fois menacé de saisir ses comptes et de provoquer sa mise en liquidation. En 2006, un plan de restructuration de Bénin télécoms est mis en place. Ce plan a permis d'obtenir des créanciers un moratoire de deux ans et des financements à hauteur de cinq milliards de Fcfa pour relancer quelque peu l'activité de l'entreprise.

D'après M. Adadja, le plan de privatisation de la société prévoit, la libéralisation à la fois de la téléphonie mobile et du fixe, le maintien de l'Etat dans le capital de la société et la sauvegarde des emplois. Il prévoit en outre un partenaire stratégique qui détiendra au moins 51 % du capital. « Désolé, il n'y a plus rien à faire », a poursuivi le ministre de la Communication. une banque d'affaires aurait été commise pour aider l'Etat à évaluer le patrimoine de Bénin Télécom. Aucune option définitive de la structure complète du capital de la future société n'est encore déterminée. Le gouvernement a mis en place une structure pour lui faire des suggestions. De même, M. Adadja a créé un comité interne de suivi dans son ministère pour veiller à une bonne conduite de la procédéure. Les syndicats du pesonnel y sont représentés. La rencontre du ministre de la communication permettra-t-elle de désamorcer la crise qui couve à Bénin Télécom ? Les réactions notées hier au niveau des responsables syndicaux laissent penser qu'une partie du personnel n'est toujours pas convaincue de l'opportunité de la mesure de privatisation.

L’Autre Quotidien