Technologies de l'information - L'Antic veut arrêter la cacophonie dans les administrations camerounaises

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Elle vient de définir un schéma directeur visant à harmoniser l'implémentation de tout ce qui touche à l'informatique dans le secteur public.

Peut-être pour bientôt la fin de la navigation à vue au sein des différentes administrations publiques et parapubliques camerounaises en matière d'implémentation des technologies de l'information et de la communication (Tic). L'Agence nationale des technologies de l'information et de la communication (Antic) et ces dernières ont adopté hier un schéma directeur visant à mettre un terme à la navigation à vue ambiante qui a cours au sein de l'administration publique camerounaise dans l'acquisition et l'utilisation des Tic. Depuis l'avènement de celles-ci, chaque administration n'en fait qu'à sa guise. Dans certains bureaux, on retrouve par exemple des profanes en lieu et place des experts formés en la matière.

Tout comme il existe des services disposant chacun de son service Internet.

Ce qui, à la différence d'un abonnement général, grève les budgets. Jusqu'à ce jour, certaines administrations tardent toujours à intégrer en leur sein le Système intégré de gestion informatisé du personnel de l'Etat et de la solde (Sigipes). Pis encore, l'acquisition de l'outil informatique dans certaines administrations est devenue un véritable fonds de commerce pour certains responsables qui détournent des moyens colossaux à d'autres fins. A l'Antic, l'on décrie aussi cette disproportion qui a parfois cours entre l'outil informatique alloué à certains personnels et les missions à eux dévolues. A titre d'exemple, il existe des secrétaires qui disposent d'un Pentium 4 alors que leurs tâches qui ne se limitent généralement qu'aux simples saisies ne conviennent pas à ce type de matériel. Autant de pratiques qui font qu'aujourd'hui le traitement des dossiers et la gestion des ressources au sein des différentes administrations connaissent autant de lenteurs et de lourdeur. Avec au final les nombreux désagréments qu'on sait dans le service. En initiant cette harmonisation, l'Antic entend apporter plus de fiabilité, de célérité et de confidentialité dans la gestion du service public.

Cependant, dans les administrations, beaucoup restent sceptiques quant à la réussite d'une telle opération. Connaissant bien une certaine mentalité camerounaise qui veut que "la chèvre broute là où elle est attachée", les représentants de certaines administrations présents à cet atelier qualifient un tel projet d'utopique. Beaucoup pensent plutôt que "lorsqu'il y a des crédits dans les ministères pour l'achat du matériel informatique, l'on pense d'abord aux commissions, frais de mission et autres per diem." Raison pour laquelle ils recommandent, avant toute chose, à l'Antic de "soumettre les responsables des différentes administrations au renforcement des capacités. Eux qui tirent profit de cette navigation à vue."

A l'Antic, l'on se veut rassurant quant à la réussite d'une telle initiative. D'après Paulette Abenkou, directeur général adjoint de cette structure, "beaucoup d'administrations seront frappées si elles ne respectent pas le cahier de charge lié aux Tic. Désormais les budgets relatifs aux Tic devront au préalable faire l'objet d'une appréciation de l'Antic avant leur adoption. Car, de nombreux milliards ont été engloutis dans projets n'ayant aucun lien avec les Tic."

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