Rétablissement du service minimum à Gabon Télécom

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Le Conseil des ministres réuni ce jeudi au Palais de la présidence de la république a « exprimé sa satisfaction à la suite du rétablissement du service minimum à Gabon Télécom ».

Dans un communiqué, le gouvernement a invité la ministre de la Communication, de la Poste, des Télécommunications et des Nouvelles Technologies de l'Information, Laure Olga Gondjout, à « continuer son travail de médiation entre les parties en conflit afin d'aboutir au dénouement de la crise ».

Quelques heures avant les travaux du Conseil des ministres, Madame Gondjout avait obtenu, au cours d'une descente urgente sur le terrain, le rétablissement du service minimum par le Syndicat National des Télécommunications (SYNATEL) en grève illimitée depuis près de trois semaines.

L'intervention de madame Gondjout intervenait à la suite d'une nouvelle suspension dans la matinée, par le personnel du secteur des télécommunications, de l'Internet, de la téléphonie mobile (réseau Libertis) et filaire (Gabon Telecom). Les différents internautes et autres entreprises dont le fonctionnement repose essentiellement sur l'utilisation de la connexion Internet, autant que les services publics et privés, ont pu vaquer normalement à leur occupation dès jeudi après-midi, avec le rétablissement de la connexion sur le réseau national, de la téléphonie mobile (Libertis) et de la téléphonie filaire. « Je suis venue ce matin rencontrer le personnel de Gabon Telecom suite au mouvement de grève observé depuis le mois de janvier. Le gouvernement a essayé de trouver des solutions au problème d'absence de dialogue qu'il y a entre le personnel et la direction générale ; nous sommes donc en négociation avec le personnel aujourd'hui, pour qu'il puisse rétablir le réseau téléphonique Libertis, pour le mobile, et Gabon Télécom, pour le téléphone filaire. Ils ont donc accepté de le faire et pendant ce temps, le gouvernement s'engage à trouver des solutions aux problèmes qui minent la société », a déclaré Mme Laure Olga Gondjout, au sortir des pourparlers avec les grévistes.

Bien plus, avant de regagner son cabinet de travail, la ministre de tutelle a tenu à rassurer le personnel en mouvement d'humeur, du prix qu'attache le gouvernement gabonais pour un retour efficient de la stabilité dans le secteur très porteur des télécommunications au regard même de sa sensibilité et de sa rentabilité sur le plan national. « Vous savez que Gabon Telecom/Libertis est un patrimoine gabonais et le gouvernement se doit de le préserver, de le maintenir intact. La contribution du secteur des télécommunications dans l'économie gabonaise est très importante, nous occupons le troisième rang national en terme de contributions, alors vous comprendrez que nous devons nous investir sérieusement pour trouver des solutions durables et qui satisfassent les deux parties. Maroc Télécom et l'Etat gabonais sont actionnaires et les deux actionnaires doivent avoir la même logique d'entreprise de manière à pouvoir pérenniser le secteur des télécommunications au Gabon », a-t-elle ajouté. Après avoir salué le déplacement de Mme Laure Olga Gondjout malgré ses multiples occupations de l'heure, gage de l'attention que le gouvernement accorde à cette crise qui perdure, le personnel des télécommunications affilié au Syndicat National des Télécommunications (SYNATEL), par le biais de son secrétaire général, Bonjean Imongault, a promis de rétablir les connexions téléphoniques et Internet dans le cadre de la poursuite des négociations devant aboutir aux solutions durables et adéquates à leurs réclamations. « Les problèmes que nous vivons aujourd'hui ne peuvent trouver des solutions qu'au sommet de l'Etat, donc le gouvernement a pris le problème à bras le corps, et nous restons dans l'espoir que des solutions seront trouvées. Mais nous ne pouvons pas arrêter ou suspendre le mouvement de grève étant donné que c'est un principe de négociation. Il faut qu'on obtienne quelque chose, si nous n'avons rien nous allons intensifier davantage », a-t-il déclaré.

« La responsabilité incombe à la Direction générale qui est comptable de ce qui pourrait arriver, et non les partenaires sociaux ou les salariés. Donc, nous remercions Madame la ministre d'être venue, c'est preuve qu'elle est sensible à nos problèmes. Elle a toujours joué un rôle de médiation, contrairement à la Direction générale qui n'a jamais réagi et nous nous insurgeons contre cette dernière », a conclu le secrétaire Général du SYNATEL.

Les revendications du personnel de Gabon Télécom et Libertis sont d'ordre social et professionnel ; notamment l'harmonisation des salaires au sein des deux entreprises et un rappel rétroactif desdits salaires partant de l'année 2007, date à laquelle les deux entités, fusionnées pour former le Groupe Gabon Télécom, ont été privatisées au profit de l'adjudicataire marocain et majoritaire (51% du capital) Maroc Télécom. Ces mouvements d'humeur dans le secteur des télécommunications au Gabon avaient débuté sous l'ancien Directeur général d'origine marocaine, Mostapha Laarabi, lancé dans une vaste campagne de licenciement de la plupart des employés gabonais au lendemain de la privatisation. Le défunt président Bongo Ondimba n'avait donc de cesse d'instaurer le dialogue entre les deux parties, allant jusqu'à convoquer le présidium du Groupe Maroc Télécom à Libreville pour un partenariat équitable.

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