Centres de traitement des données: Est-ce le prochain gisement de croissance alors que le secteur se prépare pour l’arrivée de la fibre optique ?

L'éditorial du mois

Un certain nombre de sociétés dans différents pays en Afrique ont installé ou se préparent à installer des centres de traitement des données. Certains de ces centres sont directement gérés par des opérateurs télécoms tandis qu’autres n’ont pas d’affiliation avec un opérateur en particulier. Comme dans toutes ces situations de partages d’infrastructures, la confiance et les standards de service seront des éléments cruciaux. Russell Southwood s’est entretenu avec Tim Parsonson, Directeur Général de Teraco sur le pourquoi des centres de traitement des données et pourquoi à présent?

Ancien Directeur Général de Storm, une société fournissant des services d’accès Internet en Afrique du Sud avant qu’il l’ait vendue, Tim Parsonson estime que le secteur est mûr pour des acteurs indépendants souhaitant installer des centres de traitement des données. Il a des projets à long terme visant à offrir ce service dans tous les pays qui seront desservis par Seacom, le câble sous-marin de fibre optique en Afrique de l’Est. A présent il se concentre sur le développement de trois centres de traitement des données en Afrique du Sud.

Teraco Data Environments (Pty) Limited a annoncé la semaine dernière une levée complémentaire de capitaux de 50 millions de Rands principalement constituée de capitaux propres et de prêts. Cette annonce s’inscrit dans la conclusion d’une première levée de capitaux de l’ordre de 45 millions de Rands en 2008.

L’installation du premier centre de traitement des données a été achevée en février 2009 et il se situe dans le même bâtiment que Verizon (maintenant la propriété de MTN) à Cape Town. Parsonson explique que « le centre accueille l’ensemble des opérateurs qui disposent tous de câbles de redondance ». Cela inclut des opérateurs comme Telkom South Africa, Neotel, Fastnet, T-Systems, Dark Fibre Africa et Vodacom et des fournisseurs d’accès Internet tel que Web Africa. Un certain nombre de sociétés spécialisées dans l’externatisation des services utilisent aussi le centre comme site de secours.

La disponibilité du service est de type 5x9. Cela signifie que le temps de panne est proche de zéro et qu’il y a assez de capacité de redondance ainsi qu’une alimentation électrique indépendante et la climatisation. Tous les clients bénéficient d’un contrat de service garantissant ces éléments.

Avec la libéralisation du secteur des télécommunications et le nombre croissant d’opérateurs qui ont besoin de s’interconnecter, ils se retrouvent face à un double choix : construire leur propre centre de traitement des données pour s’interconnecter à d’autres opérateurs ou louer les services d’un centre indépendant. Le problème avec la première option, c’est qu’il s’agit presque « d’une course à l’armement nucléaire » que seuls les grands opérateurs sont capables de remporter. IS, Telkom South Africa, BCX et Vodacom ont par exemple construit leurs propres centres. Celui de Vodacom cible aussi le segment voix et données des grandes entreprises privées.

Certains penseront que ces centres sont comparables à la construction d’un point d’échange Internet mais bien plus grand et avec une orientation purement commerciale. Parsonson nous répond que « le centre offrira un service de point d’échange ainsi qu’un service de peering à moindre coût. Nous tenons fortement à rester neutre et à ne pas empiéter sur les activités des autres. L’objectif est de démarrer avec les opérateurs TIC et ensuite d’aller vers la clientèle entreprise. Nous cherchons à reproduire le modèle de Telehouse à Londres au Royaume-Uni ». Selon Parsonson, des accords de partenariat avec des sociétés comme T-Systems leur permettra de pénétrer ce segment de marché.

Le second centre de traitement des données se trouve à Johannesbourg sur un site près de l’aéroport. Tous les centres existants sont principalement situés dans les quartiers de Mid Rand et Centurion ou il y a de plus en plus de problèmes d’infrastructures en particulier quant aux besoins supplémentaires en électricité. Le nouveau centre de Teraco se trouve à Isanda à une vingtaine de kilomètres de ces zones et la commune leur a promis la fourniture de 7MVA d’électricité. L’ouverture du centre est prévue pour la fin de cette année avec les mêmes clients que ceux du centre de Cape Town.

Il est possible d’avoir une idée plus précise de la taille de ces opérations en fonction de leur surface d’occupation. Le centre de Johannesbourg à Isando occupe une surface de 3,500 m² tandis que le centre de Cape Town dispose d’une surface de 600 m². Un troisième centre de traitement des données sera probablement construit à Durban et aura la même taille que le centre de Cape Town. Pour comparaison, un centre de traitement des données dans un pays de taille moyenne en Afrique de l’Est est de l’ordre de 110 m ².

La construction de ces centres a coûté 12 millions de dollars US. Les investisseurs dans Teraco sont la direction et Sir Peter Michael, un investisseur britannique spécialisé dans les nouvelles technologies qui avait déjà investi dans Storm, la société que Parsonson dirigeait auparavant. Parmi les autres investisseurs, on compte aussi une société privée d’investissement dont les capitaux proviennent majoritairement de la communauté économique noire.

Est-ce que vous avez des projets d’investissement à l’extérieur de l’Afrique du Sud ? « Oui, nous comptons nous développer à l’extérieur de l’Afrique du Sud mais ses plans sont toujours au stade d’étude. Tous les pays connectés à Seacom sont des points potentiels de présence ».