Le gouvernement camerounais cherche un fermier pour la Camtel

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La Société d’infrastructures de transmission des télécommunications (Sitelcam) est la nouvelle entreprise de patrimoine qui devrait dorénavant établir et exploiter le réseau national de transport en fibre optique, mais aussi l’accès satellitaire et les points d’échanges. Tout comme dans le cas de la privatisation de la Société nationale des Eaux du Cameroun (Snec), le gouvernement a opté pour un système d’affermage. Concrètement, le gouvernement va scinder la Camtel en deux entités : Une première entité qui va gérer les infrastructures et équipements de l’opérateur historique des télécommunications (Sat 3, réseau du téléphone fixe, fibre optique du pipeline Tchad Cameroun…), et une deuxième société (le fermier) qui va s’occuper de la commercialisation des services de télécommunications. (Services de communication téléphonique, Internet ; abonnement, etc.…).

En attendant la nomination des dirigeants de la Sitelcam, l’on peut d’ores et déjà conclure que le gouvernement a déjà fait un pas bien appréciable pour ce qui est de la constitution de la société de patrimoine. Les choses restent en l’état pour ce qui est du choix du fermier. Selon une source proche du Minfi, un avis d’appel d’offres pour le recrutement du fermier sera lancé avant la fin du mois courrant. Question une fois de plus de tempérer la colère des bailleurs de fonds. En attendant la publication de cet avis d’appel d’offres et la manifestation des candidatures, notre source au ministère des Finances n’exclut pas que la moitié des dix entreprises pré qualifiées à l’issue de l’appel à manifestation d’intérêt du 15 février 2006 reviennent à la charge pour la commercialisation des services de communication. Il s’agit de Dhabi Group, Econet, Celtel, Essar, Etisalat, France Telecom, Maroc Telecom, Mtn International, Portugal Telecom, Telkom Vodacom qui se lancent encore dans la compétition pour la commercialisation des services de communication de Camtel. Vu sous cet angle, il est évident que la bataille risque fort bien d’être âpre pour le contrôle de ce juteux marché jusqu’ici contrôlé majoritairement par les multinationales Mtn et Orange.

Cette nouvelle évolution dans le processus de privatisation de l’opérateur historique des télécommunications intervient au lendemain d’un communiqué du ministre des Finances, Essimi Menye, qui, le 14 janvier 2009, indiquait que l’appel d’offres lancé par le gouvernement pour la privatisation de cette entreprise avait été déclaré infructueux. C’est en 1999 que le processus de cession de 51% des actifs de l’Etat dans la société Camtel a été lancé. Avril 2000, le Sud-Africain Telecel se positionne comme un repreneur sérieux avant de se rétracter par la suite. Pour éviter que l’entreprise ne sombre dans une déliquescence avancée, le gouvernement marque son accord pour un programme d’investissement d’un montant de 27 milliards de Fcfa en 2003. Le 15 février 2006, soit six ans après l’échec de la première tentative, un appel à manifestation d’intérêt va aboutir à la désignation, le 29 juin 2006, de dix entreprises pré qualifiées. Au rang de ces prétendants au rachat de Camtel, l’on dénombre au moins deux entreprises étrangères qui ne sont pas en terrain inconnu au Cameroun (France Telecom et Mtn International). Mais la désignation de ces pré qualifiées sera suivie d’une vaste campagne orchestrée par les syndicats et diverses organisations de la société civile, qui vont manifester leur désaccord sur la poursuite de la privatisation de Camtel, société qui se portait bien du fait de la bonne tenue du Ct phone. Avec la création de Sitelcam, un nouveau pas vient d’être engagé.

Le Messager