La modernisation de l'Office congolais d'informatique est un marathon qui coûte très cher

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Le 26 février dernier, le ministre de l'Économie, des finances et du budget, Pacifique Issoïbeka, nommait François Ambendet, un ingénieur informaticien, directeur général par intérim de l'Office congolais d'informatique (OCI). Le climat social dans cette société d'État s'était détérioré en raison des dissensions qui opposaient le directeur général de l'époque et les syndicats de l'entreprise. Abordé par Les Dépêches de Brazzaville, François Ambendet a bien voulu nous faire part de ses premières analyses.

Les Dépêches de Brazzaville (D.B.) : Vous arrivez à la tête de l'OCI. Quel état des lieux dressez-vous ?

François Ambendet (F.A.) : Je crois qu'il est un peu trop tôt pour déjà dresser un état des lieux. Nous allons organiser des sortes de journées d'étude qui mettront les commissions en place pour mieux recadrer les missions assignées à cette structure. L'informatique a beaucoup évolué. À l'époque, dans les années soixante-dix, l'informatique était à peine naissante. Un seul informaticien pouvait maîtriser toute la chaîne de ce qui se produisait. C'était une informatique relativement simple, variée et multiple. C'est ainsi que pour l'assainissement de notre environnement, nous avons une structure de base de production d'informatique ici, ce qu'on appelle le bureau d'études.

D.B : Quelle politique entendez-vous mener ?

F.A : D'abord, il faut actualiser la structure, et après, concevoir des projets qui vont nous amener à changer notre façon de servir. Il faut modifier l'environnement, le changer. Aujourd'hui en Europe il y a des réseaux métropolitains et tout passe par là. L'Internet est un grand réseau ; nous pouvons dans une grande ville comme Brazzaville en avoir un du même genre, et mettre de nombreux services à la disposition des usagers. Cela peut aussi générer des emplois.

D.B : Y a-t-il des problèmes spécifiques auxquels l'OCI est confronté ?

F.A : Il y a un problème d'équilibrage. Le personnel est pléthorique, et la plupart ne travaillent pas. Il faut faire la part des choses pour ne pas créer de problèmes sociaux, et en effet, voir de quelle manière rediriger les choses : la rigueur dans la façon de travailler ; redonner un caractère scientifique à l'entreprise ; s'ouvrir à l'extérieur, communiquer et se mettre à jour. Le problème est que beaucoup de gens ont été engagés : cela a-t-il été fait dans les règles de l'art ?

D.B : L'OCI, aujourd'hui, peut-il se dire satisfait ?

F.A : La modernisation de l'Office est un marathon ; nous venons à peine de commencer. Cela fait quinze jours que je suis dans mes fonctions. L'informatique coûte très cher aujourd'hui. L'OCI ne devrait pas avoir une politique isolée. Ses ambitions devraient être partagées avec le gouvernement. L'Office doit être un outil de l'État, pour garantir un certain niveau d'informatique dans le pays, sous peine de rester très en retard. C'est une question de souveraineté.

Les depeches de Brazzaville