MTN Côte d’Ivoire mobilise plus de 70 milliards de FCFA auprès des banques ivoiriennes

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En ces temps de frilosité du système financier international, MTN Côte d’Ivoire vient de réussir la performance de « décrocher la timbale » auprès des banques ivoiriennes, sous la conduite de Citibank, pour servir son plan d’investissement.

Dans un secteur ivoirien de la téléphonie où la concurrence s’annonce de plus en plus difficile, avec l’arrivée prochaine de deux nouveaux opérateurs de téléphonie mobile et la tendance à l’intégration des activités (mobile, filaire, Internet et transfert de données), MTN Côte d’Ivoire se donne les moyens de jouer les premiers rôles. L’entreprise de téléphonie vient de mobiliser dans le système bancaire ivoirien, avec la maîtrise d’œuvre de Citibank Côte d’Ivoire, plus de 70 milliards de FCFA pour s’équiper, améliorer la qualité de ses services et diversifier son offre.

L’opération, bouclée avec succès, est officialisée cette semaine par une cérémonie de signature de la convention afférente entre les différentes parties. Il s’agit d’une « facilité de crédit à terme syndiquée » impliquant pas moins de neuf banques de la place d’Abidjan, avec pour chef de file arrangeur sénior mandaté, Citibank Côte d’Ivoire. Dans le climat ambiant de méfiance extrême des milieux financiers, traduite par le resserrement du crédit, cette opération de syndication bancaire, inédite en Côte d’Ivoire en ce qui concerne les montants en jeu, ne manque pas de symbolisme. « Le secteur bancaire ivoirien sous la houlette de la Citibank, dont le leadership dans les opérations d’espèce dans notre pays est établi, voudrait marquer en ces temps de doute sa confiance dans l’économie ivoirienne en général et plus particulièrement dans le plan d’affaires et la signature de l’opérateur téléphonique MTN Côte d’Ivoire, qu’il ne se serait pas pris autrement » s’extasie un analyste financier. Au niveau du ministère ivoirien des NTIC, au-delà de la confiance du secteur bancaire national en l’orientation et la viabilité du modèle économique de la société de téléphonie mobile, cet engagement des banques ivoiriennes est interprété comme le signe de leur foi sous-jacente dans les activités de télécommunication.

La pénétration sur le marché ivoirien et sous-régional de banques disposant de fonds propres conséquents, notamment les groupes bancaires nigérians et marocains, devrait contribuer fortement à un plus grand recours des entreprises à ce type de transaction.

Le moins qu’on puisse dire, est que le deal, par les ressources importantes qu’il permet à MTN Côte d’Ivoire de mobiliser, renforce la capacité de cette entreprise à poursuivre la mise en œuvre et le développement de sa stratégie globale sur la période 2009-2013. Les fonds ainsi levés vont donc servir son ambitieux programme d’investissement dans ce cadre. Notamment « développer la couverture du réseau en améliorant la capacité et la qualité, investir dans de nouvelles solutions de téléphonie fixe, Internet et données… », explique-t-on dans les locaux de la société. Mais, outre la réalisation de son programme d’investissement, l’opérateur de téléphonie, par le biais de cette transaction, entend également « optimiser le profil actuel de sa dette en consolidant certaines de ses facilités existantes en une seule facilité syndiquée présentant des termes et conditions harmonisés ».

Cette transaction, la première du genre d’un tel montant pour une entreprise privée, et entièrement exécutée par des banques locales, marque un tournant décisif dans le développement des marchés de capitaux en Côte d’Ivoire et dans la sous-région. Si, jusque-là, les opérations de syndications réalisées en faveur du secteur privé ivoirien ont porté, dans leur grande majorité, sur des sommes en dessous de 10 milliards de FCFA et étaient globalement soutenues financièrement par les maisons-mères des différents établissements bancaires qui les arrangeaient, « il faudra s’attendre à voir les entreprises, notamment celles de tailles moyenne et grande, recourir beaucoup plus fréquemment à cette source de financement externe importante et flexible » prédit l’analyste financier. La pénétration sur le marché ivoirien et sous-régional de banques disposant de fonds propres conséquents, notamment les groupes bancaires nigérians et marocains, devrait contribuer fortement à un plus grand recours des entreprises à ce type de transaction. En tout cas, en comparaison aux émissions obligataires et à plusieurs prêts bancaires bilatéraux, elle offre bien des avantages en termes de flexibilité, de palette de possibilités de financement et de coût.

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